‹ Essai sur la conservation de la vieChapitre 2 sur 146 · AVANT- PROPOS. V · texte numérisé non relu

AVANT- PROPOS. V

des localités variées , et j^udmt de longues années.

La publication de ce livre a pour but principal d'arriver à ce résultat.

On y trouvera donc des élixirs de Cagliostro, des poudres de longévité de l'école alchimique, et même quelques nouveaux moyens de produire les mystérieux phénomènes du somnambulisme magnétique. Mais on y trouvera surtout la démonstration claire et évidente de la connexité des forces qui gouvernent les mouvements des choses d'ici-bas, avec la force qui préside aux divers phénomènes de l'existence terrestre du roi de ce globe.

En se plaçant à ce point de vue, la médecine proprement dite n'est plus qu'un chapitre de la science de la vie; et cette science n*embrasse pas seulement l'étude des forces qui font vivre l'individu isolé, elle doit aussi s'étendre aux agrégations d'hommes. L'humanité, dans ses mouvements en apparence désordonnés, est soumise à des lois, comme le sont les volcans, la vaste étendue des mers, la plante qui sort de terre, fleurit et fructifie avec une ponctuelle régularité, et ces innombrables races animales qui se partagent les étincelles du grand flambeau de la vie. 11 faut étudier ces lois, soit que l'on veuille guérir l'homme ou gouverner les nations, et plus on approfondira ces études, plus on découvrira des connexités mystérieuses entre les causes qui président aux mouvements des choses terrestres. Les grands comme les petits phénomènes, sont toujours le résultat d'une force. Ce sont des forces d'expansion qui ont soulevé les pics gigantesques de nos montagnes, quand leur dur granit a percé Técorce plus molle des couches qui se sont ouvertes pour leur livrer passage. Leurs sommets altiers s'abaissent lentement sous Taction continue des force

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ehîmiques qui, peu à peu, pulrérisent le rocher et l'envoient rouler en sable vers les plaines éloignées. Les ouragans sont produits, on le sait aujourd'hui, par une force électrique. Ce sont aussi des forces déplacées qui déch.'itnent ces terribles tempêtes humaines que l'on appelle des révolutions; c'est l'ensemble des mêmes forces, combinant leur action dans une heureuse harmonie, qui réunit les éléments dont se compose un grand peuple et qui constitue un gouvernement régulier.

Peut-être, quelque jour, le vieux diplomate qui se présente pour la première fois au public, essaiera-t-il de généraliser ces rapports entre les forces en traitant un sujet encore neuf, la Physiologie des nations; mais, dans ce volume, il n'est question que de l'homme individu, de sa vie, de sa santé et des moyens de conserver l'une par l'autre.

Là encore^ il s'agit d'une étude de forces. Un savant médecin de Montpellier a dit : « Ce qui fait vivre, comme « ce qui fait mourir, ce sont des forces. Une cause mor- <i bide est toujours et partout le produit d'une force : « c'est une force, un soufQe qui nous crée, nous con- « serve ou nous tue (1 ). »

Mais l'intelligence humaine dispose aussi d uDe force qui s'appelle la volonté ;• et, quand cette force devient collective, elle augmente de puissance. C'est ainsi que chacun, par le concours de sa volonté intelligente, peut contribuer à la bonne direction des forces qui président à la vitalité de tous. Une pensée demeure inféconde aussi longtemps qu'elle est restreinte à l'individu qui l'a conçue; elle ne peut recevoir des applications utiles, qu'après qu'elle est devenue la pensée d'un grand nombre.

(1) Hlsueno d'Amador. Mémoire sur Vaction des agents imperceptibles.

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Voilà pourquoi ce livre, plus spécialement destiné aux médecins, est cependant recommandé à la sérieuse attention de tous les hommes d'intelligence et d'étude. L'intérêt ressort de la nature même du sujet ; il s'agit de savoir s'il est possible de prolonger la vie humaine en développant l'énergie des fonctions et conservant leur équilibre, qui constitue la santé* L'importance du problème, la nouveauté de quelques-unes des questions soulevées, feront peut-être oublier les imperfections de l'œuvre.

En de telles matières, il ne s'agit pas de faire parade d'esprit ou d'érudition ; l'essentiel est de présenter au public des idées utiles et susceptibles d'applications pratiques.

La possibilité de prolonger la vie humaine, l'indication des moyens à employer pour y parvenir, tel est, nous le répétons, le but de ce livre. Déjà, en 1845, l'auteur avait appelé sur cette idée l'attention du monde. savant.

Dix ans plus tard, M. Flourens a traité le même sujet avec l'autorité de sa réputation et la supériorité de son talent ; il a démontré, par des considérations d'anatomie et de haute physiologie, que la loi de durée de la vie humaine est de cent cinquante à deux cents ans ; mais il n'indique aucun moyen nouveau de conservation .

Enfin, en 1858, M- Ed. Robin a publié un intéressant travail sur la même question. Pour cet éminent chimiste, la longévité n'est arrêtée que par l'incruslation des tissus ; il est persuadé qu'en usant de certains dissolvants chimiques, il est possible de prolonger la vie humaine à cent cinquante ou deux cents ans.

Voilà donc trois hommes, dont deux sont haut placés dans la science, et qui, sans s'être concertés, sont arrivés à la même conséquence. Cependant chacun avait

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envisagé la question à des points de vue bien différents, et ces divergences n'ont pas empêché l'identité de la conclusion. Voilà une coïncidence qui semble prouver en faveur de l'idée aujourd'hui soumise au public. * Dans l'espoir d'être lu par d'autres que les savants de profession, l'auteur s'est efforcé d'être clair, de suppléer, par une entière franchise, aux talents qui lui manquaient; il n'est pas donné à tout le monde d'écrire comme Buffon, comme Cuvier ou comme M. Flourens; mais, au moins, on peut toujours exprimer sa pensée sans réticences ni ambiguïté.

Quelques idées et quelques systèmes assez généralement adoptés par la science moderne, sont énergiquement attaqués dans les pages qui vont suivre. 11 n^est pas besoin de dire que de telles controverses ne peuvent avoir rien de personnel pour les hommes éminents qui ont soutenu ces doctrines. Honoré de l'amitié de quel- (|ues-uns des princes de la science, Tauleur de ce livre professe, pour tous, admiration et respect; il est fier d'avoir vécu le contemporain de ces noms illustres qui jettent sur leur siècle un éclat impérissable.

Encore une dernière explication.

L'auteur a été conduit, par son sujet, à exposer ses idées sur la nature de l'âme ; il les croît parfaitement orthodoxes, mais si, contre son intention, il lui était échappé quelque expression qui ne fût pas entièrement conforme à la doctrine catholique, elle est désavouée d'avance et avec une entière soumission.

Toulouse, décembre 1859.

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