CHIMIE KT THÉRAPEUTIQUE. 39T
prétendait aussi qu'en triturant des sels de droite à gauche/ bu dégageait 'de l'électricité positive et^ de gauche à droite^ de Ter lectricité négative ; ce fait, qui amènerait à des conséquences importantes en matière médicale^ ne nous a pas semblé vérifié par l'expérience ; mais plus on étudie ces sortes de composési, plus on est firappé de refficacité de leurs effets physiologiquesfy surtout dans les affections chroniques. Non pas que nous pré^ tendioBS repousser entièrement la médication composée^ du traitement des maladies aiguës; la vieille thériaque de Venise, par exemple^ est un héroïque médicament dans les fièvres continues où domine Télément nerveux. De méme^ dans les cas oh la fièvre est ardente^ Tirritation générale intense^ et où il est ui^gent d'amener une diaphorèse vers la peau^ on obtiendra ce résultat avec une association de sel de nitre^ musc^ camphre et opHum, bien plus facilement qu'avec tout autre médicament ffimplOk Mais^ nous ne saurions trop le répéter^ c'est surtout dans les affections chroniques, qu*ii faudra appliquer les poudres et les éiixirs dont nous allons indiquer les formules; l'art médical y trouvera, nous l'espérons, des ressources précieuses toutes les fois qu'il s'agira de suppléer à des fonctions troublées, et de rétablir l'exercice régulier des fonctions normales.
Les effets physiologiques et thérapeutiques de chacune de 6es formules ont été étudiés consciencieusement pendant de longues années, par l'auteur lui-même et par tous les médecins qui ont bien voulu lui accorder leur concours. Depuis 1846, des copies manuscrites de son formulaire avaient été déposées chez des pharmaciens habiles (1), avec l'instruction de les commbniquer à tous les docteurs en médecine qui voudraient les appliquer; enfin tous les moyens d'expérimentation ont été essayés, saufles quatrièmes pages des journaux, ces tréteaux de l'empirisme moderne. C'est donc seulement après avoir soumis sest héories au creuset de Texpérience, et après avoir fortifié ses convictions, par des applications nombreuses, que Tauteur s'est enfin décidé à publier celles de ses formules qui lui ont paru les plus utiles et d'un effet bien constaté. Mais en fait de médicaments, pour que l'expérience soit con-
(I) A Paris, M.Chagnet ; à Toulouse, M. Piette ; à Montpellier, M. Sauvan, aujourd'hui établi à Âgen.
cluante, il faut qu'elle ait été suivie avec persévérance par un grand nombre de médecins, sur un grand nombre de malades, dans des lieux et des climats différents et sous Terapire de diverses constitutions médicales. Voilà pourquoi Tauteur sollicite^ pour ses formules, Texpérimentation la plus consciencieuse et la plus générale ; voilà aussi le motif qui Fencourage à livrer aux critiques un système qui, sur plusieurs points^ est en opposition formelle aux doctrines le plus généralement adoptées par la science moderne.
.. Le moment semble favorable pour cette publication. Il se manifeste^ depuis quelque temps^ une certaine tendance à re- .venir aux idées vitalistes; plusieurs bons esprits ont témoigné leur regret de Tanarchie qui règne dans les systèmes scientifiques et médicaux; et ce retour vers les véritables principes^ doit faire accueillir avec un peu plus d'indulgence des travaux dans le même sens^ entrepris longtemps avant le commencement de cette réaction.
Mais^ en médecine^ tous les systèmes doivent converger vers un seul but : la conservation de la vie et de la santé ; les idées exposées dans ce livre ont abouti à des combinaisons pharmaceutiques, dont Tefficacité semble démontrée par les premières expériences. Peut-être^ un jour^ si des savants plus habiles et plus heureux viennent à s'emparer de ces idées^ à les féconder ; du talent et de la jeunesse qui nous manquent^ sortira-t-il de . leurs travaux des moyens d'application plus efficaces encore. Mais, en attendant, nos formules comblent une lacune de la thérapeutique, elles offrent des moyens de guérir, ou au moins de soulager, dans des cas nombreux où la médecine est, aujourd'hui, impuissante ; espérons qu'elles seront expérimentées consciencieusement !
MEDICATION CORROBORANTE ET TONIQUE.
POCDRB STOMACHIGO-CÉPHALIQUE.
Pr. Biphosphate calcique . . . \
Phosphate sodique ... .1- ^^
Benzoate magnésique. .. > * **
Benzoate potassique — !
Métisse officinale 9,50
Aloës succotrin 3,00
Absinthe, gentiane..
Lichen d'Islande. . . .
Safran, cannelle....
Girofle
Angélique, badiane .
VanlUe
Mannite 30,00
Lactine 60,00
Porphyrisez sans laisser de résidu.
Ces poudres peuvent se conserver, en vases clos, pendant très-longtemps. A la dose de 40 à 50 centigrammes par jour, leur action physiologique est légèrement drastique^ sans coliques ni nausées ; à cette dose, elles pourraient remplacer avec avantage les élixirs suédois^ la médecine Leroi^ et les autres médicaments de ce genre, dans les rares occasions où un médecin prudent croirait devoir recourir à cette médication. Quant aux effets thérapeutiques de ces poudres^ dans les affections chroniques, ou comme agent prophylactique, on ne peut les apprécier que par Tusage quotidien et longtemps répété des petites doses.
Une à deux petites pincées par jour (10 à 20 centigrammes), dans un verre d'eau sucrée, ou dans une tasse d'infusion de
mélisse, régularisent les fonctions dige^ives, facilitent Tassimilation^ et au bout de quelques jours, la tête est plus libre et on éprouve un sentiment général de bien-être.
Mais pour obtenir de ces poudres, dans les cas d'anhémie, une action franchement corroborante, il faudra leur associer les combinaisons d'or et de fer.
SUCCINO-PHOSPHATB D'OR.
Pr. Oxyde d'or (précipité par la magnésie) 5 gr.
Acide succinique 10
Triturez intimement dans un mortier de verre ; introduisez la poudre dans un matras à long col et y ajoutez :
Acide phosphorique sirupeux 15
Chauffez jusqu'à dissolution des paillettes d'or et versez dans le vase encore chaud :
Alcool à 40O bouillant 1 50
Cette dissolution, refroidie à l'abri de la lumière, doit être d'une belle couleur d'or, et très-acide ; elle laissera déposer, par l'évaporation spontanée, des aiguilles régulières et suffisamment stables pour l'usage médical. Mais l'opération est délicate, facilement troublée par la lumière et par la tension électrique de l'atmosphère : elle exige toute la patience des alchimistes.
Les cristaux pulvérisés s'incorporent parfaitement à la poudre stomachico-céphalique, à la dose de i gramme pour 100 grammes de poudre ; et avec cette addition,, le médicament devient plus énergique et plus vital. Mais dans les cas d'anhémie chlorotique, ou dans les cachexies des phthisiques, on devra préférer le succino-phosphate d'or et de fer.
SUGGIItO-PHaSPHATE D'OR ET FER.
Ce composé se prépare exactement comme le précédent: seulement , dans la base métallique, on retirera 2?*',50 d'or pour les remplacer par double quantité d'hydrate de fer. Son action est tonique ; mais elle nous a paru mieux caractérisée, dans le traitement des maladies, en l'associant à d'autres médicaments.