CHIMIE ET THÉRAPEUTIQUE
interposées enive les moléettles:de8 sidnlaiices qui composent le médiéaaiftiit; elle modàre ou stimule l'action vitale, qui est une anssi, fludsqai se manifeste par une diversité des phénomènes fonetionneis>.el; les fonotionsseroni plus ou moin^afleetéesy dV ptèslft mftbret spécifique de& diverses substances qui composent le œédicatnenfe^ De <p^' unité d'action résulte l'utilité des médieaments composés* Par exemple, lorsque le médecin croira utile de-yeferver le^iystème nerveux et d'exciter en même temps les sécrétions, il atteindra son but en administrant là valériane ou la gentiane associée aux diaphorétiques, aux diurétiques et même à des- drastiques légers, plus sûrement et^ pins vite, que s'il avait donné tous ces médicaments l'un après Tautre.
C'est par des considérations du même ordre que l'on peut expliquer la différence d'action entre le laudanum de Rousseau et celui de Sydenham. Le premier est un médicament essentiellement simple , contenant seulement les principes actifs de l'opium; il est, en général, mal supporté à l'intérieur; aussi les plus chauds adversaires des médicwiients composés lui préfë* rent-ils 4e laudanum de Sydenham, dans lequel l'opium est assobié^à des excitants et à des nervins. De même , enfin , voit-on qncAquefois les pilules de cynoglosse, formule de la vieille pharmacopée, réussir là où l'opium a échoué; de même aussi le sirop de chicorée composé amener des résultats que l'on n'obtient point avec l'extrait de pissenlit.
;.: Ge& faits incontestables n'autorisent^ils point à considérer les associations de -plusieurs substances médicamenteuses comme une' sorte de pile voltaïque où les éléments positifs sont repré- SSflAés par des nervins et des toniques, les éléments négatifs par dessédatifs et des narcotiques. Mais, dans la pile, commedans la potion composée, la force dégagée est une , et l'action de cette foDoe, sur celle qui préside à la vie, doit être une aussi, bien qu'elle soit manifestée par plusieurs phénomènes^^
Quoiqu'il en soit de cette explication^ l'unité de l'action- physiologique des médicaments composés cdnduit à une cotiséqùenee qui n'est pas sans importance, au point de vue des théories chimiques; nous nous bornerons à l'indiquer en passant*
Dans l'état actuel des théories chimiques, deux ou plusieurs corps, mis en contact, forment une combinaison, ou bien demeu-
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rent à Fétat de simple mélange; voilà ce que nous enseignent les livres. Mais en restreignant dans des limites aussi étroites la nature des divers composés^ la science a ouvert la porte à bien des doutes, peut-être à des erreurs. Cette classification est-elle rigoureusement exacte? suffit-elle à caractériser tous les composés? Il est permis d'en douter, surtout lorsque Ton réfléchit à la faiblesse d'affinité qui préside à certaines combinaisons^ et aux propriétés nouvelles qui se manifestent dans certains mélanges, enfin à cette infinité de gradations dont Partisan suprême s'estservi pour adoucir les transitions entre les divers phénomènes. La loi des analogies, comme Tétude des phénomènes^ conduit à admettre Texistence d'un état intermédiaire entre la combinaison chimique et le mélange, état que l'on pourrait appeler d'association.
Ces trois états des composés, mélange, association, combinaison, auraient leur raison d'être dans une loi chimique, reconnue par la science, la diversité d'intensité entre les affinités des corps; on y trouverait une explication plausible de quelques points obscurs de chimie organique et même de chimie minérale. Berzelius indique quelque chose d'approchant dans un mémoire fort curieux sur les composés qui dépendent d'affinités très-faibles : il a été amené, par l'expérience, à penser que, dans certains composés minéraux naturels, les éléments qui les constituent ne sont certainement pas à l'état de mélange , mais pas davantage à celui de combinaison (1).
On pourrait aussi rattacher à cet ordre de phénomènes ceux qui sont produits, dans les décompositions et combinaisons chi* miques, par l'action de ces substances appelées par M. Mitscherlich substances de contact i^); mais ces considérations, purement théoriques, nous entraîneraient beaucoup trop loin. Nous nous bornerons donc à les indiquer aux méditations des savants, et nous rentrerons dans la spécialité des questions qui nous occupent, par l'observation d'un phénomène vulgaire.
Qu'une jeune dame prédisposée aux leucorrhées avale le matin à jeun une tasse de lait, quelques minutes après, une tasse de café pur, elle n'en éprouvera aucun dérangement; mais si elle fait son déjeuner de ces deux liquides mélangés, tous les méde-
(1) Annales de physique et de chimie, i, XIV, 1820, p. 363.
(2) Annales de chimie et de physique (3« série), t. Vif, p. 15.
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cins savent la fftcheiise conséquence qui en résultera presque immédiatement. Le café au lait possède donc des propriétés spéciales différentes de celles du lait et du café pur. Mais ce fait ne pourrait pas s'expliquer si, dans le café au lait, les substances constituantes, caféine, essence, phosphates, caséine, lactine, etc., étaient à Tétat de simple mélange ; il serait tout aussi absurde de dite qu'elles ont formé une combinaison chimique; il faut donc nécessairement qu'elles se trouvent dans un état particulier qui a modifié leurs propriétés, et ce ne peut être que celui que nous avons nommé éC association.
A côté de ce fait de l'action du café au lait , nous aurions pu citer d'autres faits de même nature ; mais un exemple suffit pour bien faire comprendre notre pensée; il ne nous reste plus maintenant qu'à en exposer les applications pratiques.
Quand un composé forme une combinaison chimique régulière, l'action physiologique de cette combinaison ne peut guère être présumée d'avance par les effets physiologiques de ses éléments constituants; il n'y a aucune analogie entre les effets de la soude caustique ou de l'acide sulfurique , et ceux qui sont produits par le sulfate de soude. Le médecin ne peut donc prescrire des composés à Tétat de combinaison chimique, qu'après que l'expérience lui en a révélé les propriétés.
Les composés à l'état de simple mélange ont, en général, une action qui peut se présumer par celle des substances mélangées, mais cette action est souvent infidèle , ou même perturbatrice, comme celle de certains apozèmes, ou médecines noires, des anciens médecins, médicaments difficilement tolérés.
Les composés à l'état que nous appelons d'association, produisent sur l'organisme vivant des effets que le médecin peut présumer, jusqu'à un certain point , par les effets connus des substances associées; mais cette action, ayant cependant une spécificité propre, a besoin, comme celle des combinaisons chimiques, d'être démontrée par l'observation et l'expérience. D'où il résulte, qu'en général, les formules de cette nature devront être considérées comme officinales y plutôt que magistrales; et que le médecin aura rarement à les modifier. Il est aussi bien évident qu'en composant ces sortes de formules, il faudra toujours se rappeler les lois de la chimie et soigneusement éviter de mettre
en CQntact des subslances qui, pas des doubles décompoâtiofns elt des combioaisons nouvelles, fornuersient des sels inertes on toxiques. Par exemple, dans une potion dont le véhicule serait uoe dissolution de sulfate de quinine, on se gardera d'ajouter de l'aromontaque^sous peine de précipiter la quinine àl'état d'alcalî neutra.et sans action sur Torganisme. Ceci est élàatientaire; nous n'avons pias besoin d'y insister, Mais il est une autre conaidératioii sur laquelle nos longues recherches, nous permettent de jeter quelque lumière^
On se demandera à quels signes il est possible de reconnaître si un médicament, composé se trouve dans cet état particulier que nous avons appelé (/"â^soctVi^eon.
Le caractère le plus général nous parait être l'homogénéité, qui entraîne presque toujours la bonne conservation. Quand, p0r exemple, des baumes résines, des essences, des matières extractives sont en dissolution dans de l'alcool ou de Téther, quand le liquide n'offre d'autre précipité que des matières inertes et insolubles, on peut être assuré qu'il y a association entre les principes constituants, et que l'élixir, ainsi préparé, produira des effets physiologiques bien définis.
De même^ si l'on incorpore, avec un corps gras, de la cire, des essences, des baumes, des extraits médicamenteux, des bydroiats et des alcoolats, et si l'on obtient un Uniment homogène et sans grumeaux, on est autorisé à le croire arrivé à l'état d'assodation et à compter sur son efficacité. i
{ Enfiix, quand on voudra associer diverses substances à l'état solide, le mode le plus convenable de préparation sera presque toujours la porpbyrisa;tion. Les poudres, ainsi prépiu^s, acquièrelit une remarquable efficacité; maisjsi l'on veut qu'elles soient, de bonne conservation, il faudra éviter d'eoiployer pour véhicule le sucre de canne. La laotine, la mannite, ou la gomme> donneront des poudres moins, hygrométriques et.moinssujialtes BUK.feroientations. Celles dontae^us publions les formules, peuvent être conservées pendant plusieurs années sans rien perdre 4e leur efficacité. . ,. ^
Hahnemann avaitcoutume de dire que la porphyrisation développe, dans une progression géométrique, les propriétés des substances; cette observation est parfaitement juste; mais il