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TRAITEMENT DE LA PHTHISIE

Baume de Tolu 10,00 gr.

Cachou , , . . , 5,00

Extraits secs de quinquina, de lierre terrestre. ) — , ^

— d'hysope et de marrul>e j '

Poudre d'agaric blanc 1 ,00

Thëriaque de Venise 3,00

Poudre de phellandrium ) i

— de belladone j^*-- ^'^

Gomme arabique 40,00

Sucre de lait / —

Mannite \^' ' ^'^

Porpbyrisez sans résidu.

On peut administrer ces poudres à la dose de 30 à 40 centigrammes par jour, soit dans une tasse d'infusion de feuilles de noyers, soit préparées en tablettes, soit en pilules; mais nous leur préférons les poudres anti-catarrhales. Pour préparer des pilules à Timitation de celles de Morton^ voici notre formule.

PILULES AURICO-SULFDRIQUES.

Pr. Poudre anti-catarrhale.. . . 3,00 gr.

Gérébrate d'or 0,40

Baume de soufre anisé. . . 1 ,60

Thériaque de Venise Q. S.

Faites 40 pilules, que vous recouvrii'ez d'une feuille d'or. Dose, de 9 à 3 par jour.

Ces pilules peuvent être considérées comme un succédané^ ou bien comme un adjuvant des eaux de la Basserre et de Cauterets; elles seront donc utiles pour tous les malades qui auront besoin de Télément sulfureux; mais quels sont les phthisiques auxquels ii faut administrer le soufre? L'indication et la contre-indication thérapeutiques de ce médicament doiventelles résulter des idiosyncrasies individuelles^ ou bien des symptômes qui viennent à se manifester pendant le cours de la maladie ?

Voilà dès questions auxquelles la science ne saurait répondre avec certitude, même après les volumineux et savants ouvrages qui traitent spécialement de la phthîsîe. Nous avons aussi cherché la solution de ces difficiles problèmes ; mais après de longues

étudesj nous sommes arrivé à des doutes plutôt qu'à des certitudes. Il nous a semblé seulement que les préparations sulfurées ne réussissent pas dans les phthisies où dominent les troubles nerveux et les douleurs intenses, et qu'elles sont bie.n tolérées par les malades lymphatiques et dont le sang a été appauvri par les chagrins ou la misère.

Nous serons un peu plus explicite pour Thuile de foie de morue et les préparations d'iode.

Nos études nous ont conduit à cette conviction, que Thuile de foie de morue agit chez les phthisiques, comme aliment; que par conséquent, il est possible de la remplacer par d'autres huiles ou d'autres corps gras moins nauséabonds. C'est ce qui explique les bons effets de l'huile de foie de morue dans le carreau, qui est un^ sorte de phthisie puérile; par la même raison, on pourra employer l'huile de foie de morue, chez certains phthisiques adultes dont le tube intestinal est de bonne heure envahi par les tubercules (i).

Quant aux préparations iodurées, elles peuvent être un utile adjuvant du traitement de la phthisie; mais elles ne sont bien tolérées que par les malades d'un tempérament lymphatique et chez lesquels on trouve le vice scrofuleux, presque toujours lié avec la tuberculisation. Dans ces cas, nous pouvons indiquer la formule suivante.

PILULES IODURÉES.

Pr. Poudre anU-phthisique 3,00 gr.

Proto-iodure de fer 0,80

lodure d'or 0,10

Extrait de feuilles de noyer. . . S, 00 Faites 40 pilules, à prendre de 1 à 2 par jour.

Avec ces pilules, on insistera sur l'usage de la tisane de feuilles de noyer, astringent amer, véritable panacée, pour les lymphatiques et les scrofuleux.

(1) Dans ce cas, nous avons vu sonvent réussir une émulsion préparée par M. Piette, pharmacien à Toulouse; Thuile de foie de morue y est combinée avec l'infusion de feuilles de noyer. Cette émulsion est prise avec plaisir par les enfants, et elle agit mieux que Thuile administrée pure.

TRAITEMENTS ANTI-PODAGRIQUES. 433

Un mot encore sur les indications et contre-indications des balsamiques dans le traitement de la phthisie. En règle générale^ ils seront presque toujours utiles : cependant^ chez certains pbthisiques ils pourraient avoir des dangers dans les périodes extrêmes de la maladie. Quand le médecin constatera une peau brûlante, une fréquence du pouls dépassant cent pulsations^ il fera trèsrsage{i)eipit( de, ^upprim^r les vapeurs balsamiques^ 4'eau de goudron, ou les autres préparations de cette nature; le baume de Tolu associé en petites doses aux phosphates, aux amers et aux astringents, sera cependant fort bien supporté^ même dans ces cas extrêmes. Hais si, au contraire, la peau est encore fraîche, si le pouls ne dépasse pas 90 pulsations ; les balsamiques, sous toutes les formes, soulageront toujours, s'ils ne suffisent pas à la guérison (i).

Résumons enfin nos idées sur le traitement de la phthisie. Il est nécessairement compliqué ; il exige avec une connaissance profonde de la science de la vie, toute l'habileté d'un praticien consommé, qui emploiera, tour à tour, simultanément les phosphates, les benzoates, les amers, les astringents, les balsamiques, les narcotiques, le soufre, l'or, le fer etTiode. C'est dans ce but, que nous avons indiqué un grand nombre de formules; mais, nous ne saurions trop le répéter, ce sont les préparations phosphorées quf doivent dominer dans toutes les phases du traitement ; et, s'il existe un spécifique de la phthisie, c'est là qu'il faut le chercher.

TRAITEMENTS ANTUPODAGRIQUES.

Nous réunissons, sous ce titre, un petit nombre de formules et quelques idées pratiques applicables au traitement de la goutte et du rhumatisme articulaire. En effet, nous sommes de ceux qui croient à une connexité entre ces maladies. Peutêtre même„ si Ton voulait bien chercher, pourrait-on rattacher

(1) Nous empruntons cette indication sur les balsamiques à une note sur les effets de Tair balsamique d'Arcachon dans le traitement de la phthisie, note que nous devons à Tobligeance de notre excellent ami le docteur Laffargue. NosobsenrattODS sont toute fait d'accord avec celles de ce praticien distingué.

certaines formes de Tasthme à la diathèse podagrique, mais ce n^est pas ici le lieu d'entrer dans des discussions d'étiologie médicale : passons donc aux formules.

PODDRB ANTI-PODAGRIQDB.

Pr. Biphosphate calcique, phosphate sodique. • • * ) ri 5 (^

Benzoate potassique, henzoate magnësique.. . ) " ' -

Phosphate ammonique (1) 10,00

Bitartrate potassique 4,00

Gomme ammoniaque. 5,00

Lichen d'Islande

Aloès succotrln

Safran, gentiane

Racine d'angéiique

Anis, vanille

Dictame blanc

Follicules de séné 2,50

Asparagine ^. • 0,60

Musc, ambre gris, aa 0,20

Lactine 50 ,00

Mannite 30,00

Gomme arabique Ï0,00

Porphyrisez sans laisser de résidu.

aa... 1,00 ai... 2,00 iâ... 3,00

L'action physiologique de cette poudre^ à la dose de 15 à 20 centigrammes par jour, est diaphorétique^ diurétique^ et légèrement apéritive. A la dose d'une cuillerée à bouche ^ ce médicament occasionne un certain malaise et quelques coliques; troubles qui^ du reste^ ont cédé à un ou deux verres d'eau sucrée.

Quant à ses effets thérapeutiques^ il est bien évident qu'ils doivent être modifiés par les conditions d'âges, de tempéraments^ de milieux extérieurs^ d'intensité de la diathèse podagrique et d'altération des organes. Mais^ en tenant compte de toutes ces circonstances, après avoir apprécié impartialement un grand nombre d'observations, recueillies depuis plus de treize années,

(1 ) Un médecin anglais, qui avait eu connaissance de ma formule, a eu ridée d'employer contre la goutte le phosphate d'ammoniaque seuli ce traitement a eu peu de succès.

TRAITEMENTS ANTI-PODAGRIQUES. 435

contrôlées par plusieurs médecins, observations dont la première a eu pour sujet Tauteur de ce livre, nous n'hésitons pas à considérer cette poudre comme un spécifique antidote de la diathèse podaf$rique.

L'action curatrice de ce spécifique est lente^ par sa nature^ comme par celle de la maladie qu'il doit combattre ; elle n'est pas assez énergique pour que Ton puisse espérer d'en obtenir des guérisons immédiates^ ni môme de guérir complètement tous les goutteux ; mais ces réserves bien établies, nous n'hésitons pas à répéter nettement notre conviction :

La poudre dont nous publions la formule, soulagera toujours les goutteux qu'elle ne guérira pas ; son action spécifique sur la diathèse podagrique est plus efficace et a moins d'inconvénients que celle d'aucun des médicaments usités jusques à cejour(l); nous espérons donc que les médecins l'expérimenteront consciencieusement et que leurs malades s'en trouveront bien.

Il nous reste à indiquer les doses et le mode d'application et, pour cela, à entrer, dans quelques détails, sur le traitement.

Le médecin aura à le conseiller, soit dans l'intervalle des attaques, soit pendant Tattaque même.

Les périodes de rémission sont le moment le plus favorable pour commencer le traitement, au point de vue de la guérison. Les poudres doivent être administrées tous les matins à la dose d'une pincée (12 à 15 centigrammes) et, immédiatement après, une forte tasse de l'infusion suivante, que nous considérons aussi comme légèrement spécifique.

Pr. Conyza ambigua. . . , 16 gr.

Eau bouillante i litre .

Laissez infuser deux heures et administrez cliaude ou froide et sucrée, au gré du malade.

Au bout de quelques jours il se manifestera une amélioration marquée dans la couleur et la composition des urines ; souvent aussi un peu plus d'abondance des selles, sans diarrhées ni

(1) Nous ne parlons pas des remèdes secrets, qui inspirent une sorte de répulsion à tous les cœurs honnêtes. C'est le plus triste des expédients auxquels puisse recourir un malheureux pour gagner de Targent.

ténesmes. Après que ces symptômes auront disparu^ qoand les sécrétions seront revenues à Tétat normal, alors le spécifique commencera à exercer son action régularisatrice des fondions de rassimilation; et cet effet sera caractérisé, chez le noialade, , par le réveil de la vitalité, pajp un sentiment de force et de bien- , être. C'est qu'en effet, la diatbèse podagrique, quelle que soit la nature de son essence, se manifestant à nous par une perturbation de rassimilation, le spécifique de cette maladie doit d'abord rétablir cette fonction.

Cette amélioration se maintiendra pendant des mois et méme^ chez quelques malades, pendant des années entières ; puis i) surviendra une attaque; mais elle sera courte et légère; et si, ensuite, on recommence le traitement, les attaques finiront par disparaître tout à fait.

On reconnaîtra la guérison à une indication bien facile : quand le linge porté sur la peau cessera d'être tftché en jaune orangé, aux aisselles, parla transpiration : c'est alors seulement que l'on pourra cesser le traitement.

Voilà comment les choses se passeront chez le plus grand nombre des goutteux ; mais chez quelques-uns, il serait possible que le spécifique agit homœopathiquement et amenât une attaque, qui serait courte et légère, mais qu'il est plus prudent d'éviter; on atteindra ce but en commençant l'usage des poudres par un centigramme seulement et augmentant journellement jusques à 10 ou 12.

Tel est notre traitement interne de la goutte ; nous le conseillons aussi contre le rhumatisme articulaire, mais avec cette réserve de remplacer, dans certains cas, l'infusion de conyza par celle de douce-amère. Les indications thérapeutiques de cette plante ont été si bien précisées par MH. Trousseau et Pidoux (1) dans leur savant ouvrage, que nous n'avons pas à les répéter ici.

Quant aux moyens d'usage externe, nous indiquerons le liniment dont suit la formule, qui peut être employé en frictions, soir et matin, sur les articulations malades. On lui reconnaîtra, à l'usage, une certaine efficacité pour rétablir le jeu des articulations et résoudre les engorgements.

(1) Traité dematière médicale, t. II, p. 1 1 1 .

TRAITEMBIITS ANTl-FODAGRIQUES. 437

BAUME AKTHRHUMATlSaf At.

Pr. Boîle de vers de terre (formulaire Lémery). . . . 1 20,00 gr .

BeurVe de numaides 40,00

Camphre ^ j

Galbanum l**'* ^'^

Essence de lavande 1 .

Essence de cajeput |"--* ^'^

Incorporez S. A., pour frictions locodolmti.

Cette préparation a quelques rapports avec le baume nerval du Codex ; mais son action semble plus franchement résolutive et anti-rhumatismale ; résultat qu'il faut probablement attribuer à rhuile de vers de terre^ qui soulageait les rhumatismes de nos grands-^pères et qui est aujourd'hui abandonnée : on ne sait pas trop pourquoi.

'Arrivons maintenant au traitement des attaques.

Ici s'élève, comme on dffait au Palais, une question préjudicielle.

Convient-il, en pareil cas, de recourir aux moyens thérapeutiques, et ne vaudrait-il pas mieux opposer l'inertie et laisser la crise aiguë se juger naturellement?

Cette opinion est assez généralement répandue, même chez les médecins ; nous sommes d'un avis diamétralement opposé, d'abord parce qu'il nous semble bien démontré que chaque attaque de goutte laisse le malade un peu plus affaibli et plus infirme que la précédente ; ensuite, parce que les douleurs sont atroces et qu'ail nous paraît du devoir d'un médecin et d'un chrétien de soulager ceux qui souffrent. Tels sont nos motifs pour penser que l'on ddîl traiter méthodiquement les crises ou attà=Éf*és de goutte et de" rhumatiâniè articulaire. Nous les considérons^ comme de véritables malËidies aiguës, implantées sur une affection chronique qu'elles viennent aggraver, et auxquelles on petit opposer lés moyens indiqués par la science et appliqués par l'art.

Voici le mode de traitement que nous indiquerons aux praticiens.

Avant tout, chercher 'à soulager les douleurs. Le meilleur moyen, à notre avis, est l'application sur l'articulation endolorie.

de compresses imbibées du Uniment dont suit la fonnule et qui doivent être souvent renouvelées. Ces applications feront souvent disparaître la douleur instantanément^ et lorsqu'elles ne produiront pas immédiatement cet effets elles apporteront toujours uii soulagement bien caractérisé.

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