MAGNÉTISME ANIMAL
« saut le conduisit plus près encore de terre Je m'appro-
a chai sans bruit et je distinguai un gros arpent noir [colth tt ber eonstrictor) arrondi en spirale et tenant sa léte élevée « dans la direction de la pauvre victime, qui bientôt, par un « dernier bond, tomba à environ un pied du reptile. Sur-le- <sc champ, jedécbargeai mon fusil sur le serpentât le misen «pièces. Le pauvre écureuil, immobile et raide, me parut « d'abord mort; mais, bientôt, il revint à lui et, en moins <c de dix minutes, je le vis avec plaisir s'élancer dans les « branches (1). >
Voilà une action à distance «ur l'organisme et sur la volonté : c'est une magnétisation plus puissante que celle qui produit les phénomènes qui nous occupent, car elle surmonte l'instinct de conservation.
Peut-être, si nous voulions creuser la question plus profondément encore, trouverions-nous la véritable cause de Taver^km invincible de certaines écoles scientifiques pour les phénomènes magnétiques. C'est que l'on ne peut recon** naître leur existence, sans admettre une action de la volonté humaine* sur la matière ; c'est qu'il résulte de cette action, que la sensation peut exister indépendamment des sens, ce qui^ren^ verse le fameux axiome surlequd reposent la philosophie moderne : « Nihil est in intellectu^ quod prias non fuerit sub sensu.n Maxime abrutissante, qui fait de rinteiligenee une annexe de la matière et dont il serait aisé de démont rer la fausseté, si cet ouvrage avait la prétention d'être un traité de philosophie. Mais nous ne voulons pas trop abuser de la patience de nos lecteurs ; nous aurons d'ailleurs occasion de revenir plus loin sur la puissance psychique et l'action des forces morales su^ l'organisme humain. lci<, nous nous bornerons à faire observer que les phénomènes magnétiques convenablement étudiés, ouvriraient aux savants des horizons nouveaux et pourraient peut-être éclaircir bien des points obscurs de
(1) Comptes rendus de l'Académie des sciences, t. XIV, p. 497; Mémoires de M. de Gastelnau.
rhistoire de la nature. Cependant les magnétiseurs/il faut Tavouer, n'ont pas encore retiré de lears doctrines ces applications fécondes qui révolutionnent la science. Ils se bornent, en général y à des expériences de curiosité, et à employer cette force qu^ils appellent le fluide magnétique, à la guérison des maladies. lisse flattent de trouver une panacée universelle dans les passes magnétiques. Espoir chimérique, pour celui qui réfléchit sur la complication de Torganisme humain, et sur la multiplicité des forces qui l'influencent ; mais qui repose sur un fait, dont nous donnerons ailleurs l'explication, la possibilité de soulager certaines douleurs par la triple action de la volonté^ du geste et de l'insufflation.
Mais si le magnétisme essaye de guérir les maladies, il se reconnaît impuissant à les prévenir, plus impuissant encore à prolonger la vie et conserver la santé dans un sens absolu et général. Cette conséquence résulte d'un fait admis par tous les magnétiseurs ; c'est que le magnétisme n'a d'action bien caractérisée que sur des organisations exceptionnelles, ou dans des affections chroniques. Quand, après de longs traitements magnétiques, on a obtenu la guérison, le sujet cesse d'être impressionné par le magnétisme, à moins, comme nous venons de le dire, qu'il ne soit doué d'une organisation exceptionnelle et assez rare.
Ce n'est donc ni dans l'homœopathie, ni dans le magnétisme, que l'on trouvera la solution complète du problème que nous nous sommes proposé. Tous les systèmes médicaux ont pour objet la guérison des maladies ; ils agissent en employant des forces plus ou moins bien appliquées. Il nous reste à étudier l'action de ces forces sur la vitalité humaine, afin de voir si elles ne pourraient pas être dirigées dans le sens de sa conservation. Ce sera l'objet du livre suivant.