‹ Essai sur la conservation de la vieChapitre 4 sur 146 · I. Considérations générales. — il. Double nature de l'homme · texte numérisé non relu

I. Considérations générales. — il. Double nature de l'homme

m. Matérialistes. — IV. Spiritualistes. — V. Anatomie. — VI. Chimie

organique. — Vli. La médecine et les médecins.

1. — La curiosité humaine a tout étudié» tout analysé ; mais quand elle arrive au phénomène de la yie, il semble qu*elle reculé devant les impossibilités.

Nous avons une science qui essaie de soulager nos souffrances ; mais si nous lui demandons ce que c'est que la vie, comment la prolonger, elle répond : «J'ignore et ne sais posi- « tivement qu'une seule chose : la certitude de la mort! »

Cependant l'homme est roi viager de cette terre. Les éléments lui ont été livrés pour les pétrir à son gré ; la foudre, les vents, la flamme, la vapeur, sont devenus ses esclaves, aussi bien que le cheval, le taureau et Téléphant ; et Ton voudrait qu'il n'eût aucune action sur ce peu de matière dont l'assemblage forme son corps ! Supposition qui conduirait à une absurdité.

On répondra que « Fhomme est maître de sa vie, qu'il peut <c à son gré se suicider, ou bien abréger son eiistence par ses « désordres et ses passions, d ' ■ -

Mais de cette puissance de destruction, il résulte nécessairement que nous devons aussi posséder une faculté de conservation ; sans quoi il y aurait une loi de la nature demeurée imparfaite, et il faudrait admettre que la volonté créatrice aurait voulu à demi, ou n'aurait pu achever son ouvrage.

De ce que T homme a une influence quelconque sur la durée de sa propre vie, il résulte encore que son action, dans ce sens, doit éfre soumise à certaines règles, à certains principes; car rien, dans la nature, n'est déterminé par un hasard capricieux : tout est gouverné par des lois immuables.

L'étude de ces lois devrait former une science spéciale, que l'on cherche en vain dans la vaste encyclopédie des connaissances humaines. Singulière anomalie ! L'art de fabriquer des allumettes^ celui d* élever des lapins ou de tirer les cartes ont chacun leurs doctrines et leur code spécial; il n'y a que celui de prolonger notre vie, dont nous ignorions également la théorie et la pratique. Tout ce que nous en savons se borne à quelques secrets d'empiriques, à quelques vagues préceptes d'hygiène, dispersés ça et là dans les livres de médecine.

11 est temps d'appeler l'attention des hommes studieux et intelligents sur cette lacune de la science.

Une première question se présente à celui qui médite sur le phénomène de notre existence : A-t-on exactement défini la vie?

Ici, déjà, commencent les difficultés : le vague des définitions indique assez l'incertitude des connaissances humaines en tout ce qui touche à la science de la vie. 11 serait aisé de critiquer ces formulas, qui représentent des systèmes, et vont bientôt s'engloutir avec eux dans l'océan de l'oubli. Mais, là où les faits ne sont pas bien solidenient établis, les controverses ne sont qu'un vain bruit. Commençons donc par l'examen des faits.

IL — Le premier qui se présente avec i^n caractère de certitude, est la double nature de Thomme; Nous tenons à la terre

DOUBLE NATUBE DE l'hOMME. ^

par notre corps, au ciel par la pensée. D'un côté, une masse de màtiëre identique, par ses éléments, k celle qui compose la croûte terrestre de notre globe ; de l'autre, un pritîcipé imr matériel et intelligent. . •>

Cette identité de composition entre les éléments du corps du roi de la création terrestre et la poussière qu'il foule à ses pieds, a été pour la première foi^ rétélée à Thomme dans les livres de Moïse : Formavif Deus hôminem de limo terrœ... terra de quâsumpfus es (1)... Les savantes analyses de la chimie moderne ne sont pas autre chose qu*une démonstra* tien, pour les yeux et les mains, die cette vérité incdùtedtaUe, qui peut-être se rattache, par une liaison mystérieuse, aux hartnoYiîes de la création et àu]t'lois de la Vie universelle.

LMntelligence est, de sa nature, impérissable. Le sens intime nous l'apprend aussi bien que les livres siifnts ;' elle est une dans son essence, qui, suivant la belle parole dé Ik Genèse, est née un jour sous la puissante émanation du souffle divin : Ihspiravit in faciem ejus spiraculum vitœ, et facttu est horho in àniînam mventem (2). Maiè, pendant la durée de la vie, elle est tellement et si étroitement liée à la matière, qu'elle subit les impressions de toutes les modifications de nos organes; et aussitôt que ceux-ci, par une cause quellsoAque, viennent à s'arrtter dans le jeu de leur mécanisme, rinlelHgence abandonne le corps, qui n'est plus désormais qu'une masse soumise à toutes les lois des affinités chimiques.

111. — €ette union si intime de l'âme et du corps, pendant la durée de là vie, a causé l'erteur des matérialistes, qui nient l'intelligence, parce Qu'ils ne peuvent la rencontrer ni dans le •creuset de Panalyse, ni sur le porte-objet de leur microscope, ni au bout è^ «calpel le plus délié. Ces savants sont à plaindre; il leur manque un sens. Aforce d'analyser et de disséquer^ ils ont matérialisé leurs sensations ; la faculté de voir par la

(1) Gen., u, 7; ui, 19.

I2)/Wd.,ii, 7.

6 CHâPlTRE I.

pensée, de sentir par le cœur s'est amortie eo eux, et ils sont en quelque sorte devenos semblables à ces pamrres omrriers, qui, condamnés à un travail pénible et uniforme, laissent abrutir leur intelligence, et n'ont plus d'antres sensations que les besoins les plus grossiers.

IV. — Les spirituatistes absolus et les ascétiques du moyen âge étaient tombés dans une erreur tout aussi graTe, quoique diamétralement opposée. A force d'oublier le corps pour ne s'occuper que de Tâme, ils sont anÎTés, de conséquence en conséquence, à nier la réalité de la matière. On se rappelle ce sophiste grec, qui soutenait que toutes nos impressions n'étaient que des illusions des sens. Un logicien sévère lui répondit par des coups de bâton : argument peu logique, mais trèsdémonstratif.

Il faut donc, dans l'étude des phénomènes de la vie, ne jamais perdre de vue cette union intime du principe intelligent et de rélément matériel. Cependant la pauyreté de nos connaissances sur la nature de Tâme oblige à procéder à cette étude par des classifications empruntées à la vie matérielle. Avant de s'élever aux lois générales, il est donc nécessaire d'examiner les diverses fonctions vitales.

Le corps vivant peut être considéré dans ses rapports avec

la mécanique,

la physique

et la chimie.

V. — - L*étude de l'homme machine est l'objet de l'anatomie. Cette science a fait des progrès incontestables et incontestés ; mais la connaissance approfondie des organes les plus déliés du corps humain n'a eu une véritable utilité pratique que pour la chirurgie : la médecine proprement dite y a (leu gagné. Les discussions sont plus claires, il est vrai : on raisonne plus logiquement ; mais, au fond, la théorie de la thérapeutique en est encore aux aphorismes d'Hippocrate. On a fait de magni-

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