ANATOMIE
fiques Ihrres sur toutes les parties du corps humain , mais le monde ne s'en porte pas mieux ; et Bichat, le prince des anatomistes, l'oracle des physiologistes modernes, est mort à trente-deux ans.
11 ne faut pas repousser Tétude pratique et la connaissance approfondie du mécanisme humain ; mais il ne faut pas non plus se flatter d'y trouver autre chose que des enseignements très- généraux et très-?ague$ sur les moyensde conserrer la vie.
Cependant l'anatomie a été utile, en détruisant beaucoup d'erreurs et en simplifiant plusieurs questions médicales. On conçoit aujourd'hui très-clairement le mécanisme vital dans ses fonctions essentielles ; on connaît tous les détails de la charpente osseuse ; on sait à peu près les attributs des muscles et des cartilages ; on a étudié à fond l'appareil des veines et des artères, la circulation des fluides, les systèmes nerveux et cutanés; enfin on peut construire un squelette de carton, qui offrira une hideuse représentation de nos organes, mais qui jamais n'aura une étincelle de vie, pas même celle de la plante ou du zoophyte.
Ici le physicien intervient, et nous fait faire un pas de plus. U nous explique à peu près l'action de l'air atmosphérique sur les organes respiratoires ; il nous donne une idée vague, il est vrai, de l'action du froid et du chaud sur le corps humain, et enfin il commence à s'apercevoir que l'électricité joue un rôle très-important dans les divers phénomènes vitaux. Cependant il est une lacune de la science que l'on doit signaler : c'est l'effet de la lumière. U est hors de doute qu'elle doit avoir une action essentielle sur notre organisme. La loi de l'analogie nous le démontre : l'homme purement mécanique est identique, dans sa construction, avec la plante ; comme la plante, l'homme a des vaisseaux où circulent des fluides alca- Uns; comme elle, il aspire certains gaz pour en expirer d*autres. Si donc il est déùiontré que la lumière influe essentiellement sur les conditions de vitalité de la plante, ce principe doit avwr aussi une action quelconque sur la vie de l'homme.
Mais de quelle nature est cette attion, comment s'exerce* t-elle, quels sont ses effets sur Torgatiisine? Voilà des problèmes qui sont encore à résoudre.
VI.-^ La chîmîe, dernière Tenue dâtisle grand tournois de la science, a fait faire des progrès réels à îa' fconnaissancte' de la vie. Nous en savons beaucoup plus qu*on n'en savait, il y a cent ans, sdr la composition du cb^le et du chyme^ sur la: nature de presque tous nos organes et ménfie^ur celle de nos nerfs. Ma(is tous les efforts de Fart pour appliquer bcbimie pure à la thérapeutique, n'ont abouti qu^à des résultids incomplets. La raison doit en être cherchée dans cette différence mystérieuse entre la matière organique vivante; et la matière organique inanimée. Chimiquement parlant, une membrane ou un nerf enlevés à la pointe du sdalpd à un cadavre, sont identiques à ces organes chez Thomme \fvant ; et, cependant, il manque à lai matière morte des propriétés essentielles qui sont les attributs de la matière vivante. On n'explique ces différences que par une formule souvent répétée dans les livres de thimie modenle « prmeipe qui échappe à r analyse, » Cepetidant la science est arrivée à un: merveilleux pouvoir de décomposition. Depuis le diama&t jusqu'aux excréments des plus vils animaux, tout a* passé dans les^ creusets et les cornues, tout a été dissous, évaporé, calciné, pesé ; mais à quoi est-on arrivé? A démontrer que les corps organisés sont des composés d'oxygène; d*hydrogène, de carbone et d'azote ; si nous devions en demeurer là, autant aurait valu conserver les qtiatre éléments des anciens.
La chimie commence à soupçonner que les corjps, appelés^ corps simples parce qu'on n'a pas su les décomposer, pour-* raient bien n'être que des modifications de la tnalière élémentaire.. Qui nous dit que les diSërences entre les molécnles constituantes, ne sont pas le résultat de ces lois de la création, nommées par quelques-uns les forces de la nature, de sorte
CHIlfllî ORGANIQUE* Ô
qu'on anÎTerait à ridentité des atomes primitifs^ et toutes nos savantes analyses aboutiraient au même résultat que là synthèse des penseurs grecs, la division de la matière en atotries identitpies.
Quand la sciehee Sera arrivée' là, et elle n'en est pas éloî-i" gnée, beaucoup de questions te trouveront sifnpliBées dans leur' tfiéorie.' L'homme réduit à sa dernière expression sera bn compôisé de deux àtomes,.l'un matériel^ l'autre intelligent; et la connaissance des fors de la vie sera celle des lois qui gou^ veraént en même temps les' mouvements de la matière et ses rapports avec l'intelligence.
En attendant, il faut prendre la chimie pour ce qo'ellé est, et nous contenter des faits qu^elle peut nous démontrer.
Elle nous apprend que nos organes sont des composés plus ou moins solubles d^albumine et de divers sels; que leur mécanisme est facilité par certains fluides circulants dont elle nous donne la composition ; que nos digestions sont aidées par des addes contenus dans certains appareilis, elle a analysé nos s'écrétions et enfin elle a reconnu, dans la plupart des fonctions vitales, l'action des agents les plus énergiques du grand laboratoire de la nature, Télectricité, l'oxygène et le calorique.
Telles sont les seules notions positives offertes par cette science à celui qui veut étudier la vie humaine et chercher les moyens de la prolonger*
Ces notions sont vagues et imparfaites sans doute ; mais les autres sciences sont tout aussi incomplètes. La médecine elle-même ne nous apprendra guère davantage.
VU. — Dans les temps primitifs, un médecin était une sorte de demi-dieu. Les prêtres d'Esculape et quelquefois ceux d'Apollon montaient sur le trépied pour donner leurs ordonnances qui ressemblaient un peu à celles de nos somnambules. Hippocrate aussi s'exprimait en langage d'oracle ;
mais ses préceptes sont demeurés et ont encore aujourd'hui force de loi.
Les médecins modernes ne sont pas tout à fait déifiés, mais la société les a investis d'une magistrature ; ils sont privilégiés deyant la loi et, dans toute TEurope, certaines charges et honneurs leur sont réservés.
La science dont ils sont les dispensateurs mérite, par sa vaste étendue, une attention toute spéciale, car elle embrasse les branches les plus importantes dfes connaissances humaines. Un médecin doit savoir Tanatomie, l'histoire naturelle, la botanique, la chimie ; il doit connaître les langues anciennes et les vertus de toutes les plantes, de tous les minéraux; on exige de lui qu'il ait étudié d^abord dans les livres et ensuite sur les pauvres malades, la marche et les progrès de toutes les maladies ; et, enfin, on lui demande une sorte de faculté intuitive et divinatoire, qui est, à elle seule, une science et qui apprécie la maladie par la connaissance de certains symptômes extérieurs.
Certes, des hommes d'une aussi vaste érudition ne sauraient être trop honorés. L'art de prolonger et de conserver la vie devrait être l'objet principal de leurs études ; examinons donc comment s'y prend la médecine pour résoudre ce grand problème.