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CONNEXITÉS DES FORCES ÉLECTRIQUES ET VITALES

cette force, qui a servi à développer les organes du corps aaiméy servira à diriger les mouvements vitaux, quand ce corps sera complètement organisé.

m. — C'est ainsi que, d'induction en induction, d'expérience en expérience, on arrive à reconnaître des analogies et des cônnexités intimes entre la force qui fait vivre et la force électrique. Connexité, analogie, disons-nous ; et non pas identité. Plus nous avancerons dans Fétude des forces qui régissent la vie, plus nous reconnaîtrons qu'elles sont complexes et que les forces physiques et chimiques sont dominées, dans leurs rapports avec la vie, pat des causes d'un ordre supérieur ; mais cette supériorité n'est bien caractérisée que dans les animaux complets ; et elle n'éclate dans toute son intégralité, que chez l'homme où la force intellectuelle agit dans une sphère supérieure aux fonctions purement animales. Au contraire, chez les animaux inférieurs, la force électrique est plus apparente^ parce qu'elle joue un rôle plus important. Ceci pourrait au besoin être démontré par les expériences sur les animalcules microscopiques. On modifie à volonté leurs formes et les conditions de leur existence, en ajoutant à l'eau dans laquelle ils nagent, ou des sels ou des acides, ou bien en les soumettant à l'aclion des divers rayons du prisme, ou a celle d'un courant magnéto-électrique (1). On a aussi remarqué que les phénomènes de phosphorescence ou autres qu i dépendent de l'électricité sont d'autant plus caractérisés que les animaux sont plus petits et moins parfaits. Ceux qui, comme la torpille et le gymnote, sont pourvus d'un véritable appareil électrique destiné à émettre autour d'eux les violentes secousses d'une force protectrice, ces animaux, disons-nous, sont organisés comme les feuilles de ces plantes rouges en

(i) Si l'on Terse des sels dans Teau contenant des infusoires, on électrise .positivement et on obtient certaines formes; on aura les mêmes résultats par le rayon violet, ou par un courant positif; par les acides, ou par le réophore négatif, on a des formes différentes. [Expériences de V auteur.)

dessous, vertes en dessus, et dont une face est électrisée positivement, tandis que l'autre Test négativement ; de même, la torpille émet de l'électricité positive ou négative, suivant que Ton opère sur son dos ou sous son ventre. Enfin, tous ces êtres doués de propriétés électriques bien caraclcrisées, les entretiennent par le fait même de leur existence ; elles sont liées à leur vie, elles disparaissent à la mort (1).

Nous pourrions ajouter d'autres expériences à ces expériences, entasser observations sur observations; mais nous arriverions toujours à la même conclusion, la connexité des forces électriques et des forces vitales. Ce qui importe à nos recherches, c'est de savoir s'il existe une électricité humaine proprement dite, et de connaître ses rapports avec la vie. De là deux questions qui doivent être traitées séparément. Sur la première noiis| serons brefs, car l'état de la science nous permet de répondre par une affirmation ; sur l'autre, nous nous efforcerons d'élucider quelques obscurités, et peut-être parviendrons-nous à soulever un tout petit coin du voile qui recouvre les mystères de la vie.

IV. — L'expérience la plus ancienne, pour démontrer l'existence de l'électricité dans l'organisme humain, est celle de Sulzer qui l'a publiée en 1 767. Elle est fort simple.

Ou introduit dans la bouche deux lames, l'une de zinc et l'autre d'argent, de manière à ce qu'elles soient séparées par la langue; aussi longtemps que les extrémitésdes deux lames ne sont pas en contact, on n'éprouVe aucune sensation ; mais sitôt qu'elles viennent à se rencontrer, on ressent une secousse, la bouche se remplit d'une saveur amère ou acide suivant la position de la lame d'argent au-dessus ou au-dessous delà langue; et, en même temps, l'éclat d'une lumière vive et brillante passe devant les yeux (2).

(1) Comptes rendus de l'Académie des sciences, t. VII et VIUj Mémoires de M. Becquerel. — /6id., t. H ; Mémoire de M. Colladon.

(2) Sclzer's Unicrsuchung ûber den Ursprung der angenekmen Empfindungen.

DE l'électricité HUMAINE. 187

Cette expérience a été l'objet de nombreuses controverses, et peut-être n'est-elle pas tout à fait concluante; car le dégagetnent d'électricité qu'elte occasionne, pourrait être dû seulement à l'action du liquide alcalin de la bouche sur les lames métalliques, bien que la lumière, qui passe devant les yeux, semble indiquer un concours des nerfs dans la manifestation du phénomène. Mais les physiciens modernes ont éloigné les doutes en magnétisant le fer doux par son contact avec des organes vivants, et enfin, on semble être arrivé à la certitude par Tinvention de cet ingénieux appareil qui permet à l'homme de faire marcher Taiguille d'un cadran électrique par la seule action de sa volonté.

L* homme porte donc en lui- même une puissance électrique qui lui est propre et qui est susceptible, comme toutes ses autres facultés, de se manifester, soit par l'action des agents extérieurs, soit par celle des mouvements vitaux, soit enfin par celle de la volonté. Par conséquent, pour bien apprécier le rôle de l'électricité dans les phénomènes de la vie, il faut étudier l'ensemble des forces; déjà nous avons dû parler électricité, en traitant de Taction des substances médicamenteuses, de l'oxygène et du calorique ; nous aurons à y revenir à Toccasion des forces instinctives et des forces morales ; maisi ici, il nous reste à examiner, d'un point de vue plus général, les rapports de la force électrique avec la vie.

Pour apprécier, avec une rigoureuse exactitude, le rôle de l'électricité dans les phénomènes vitaux, il faudrait connaître lanalure de celte force et celle du principe même de la vie, c'est-à-dire remonter aux causes premières; mais, là s'élève une barrière infranchissable à la pensée humaine. Notre intelligence ne conçoit qu'une seule cause générale, la volonté de Dieu ; et encore faul-il, pour la bien comprendre, s'isoler des liens de la matière et s'envoler, par la pensée, au delà des limites de notre globe terrestre ; mais quand il s'agit de démontrer par l'expérience, c'est-à-dire par le jugement de nos sens, il faut se contenter d'étudier des phénomènes,

de comparer des effets, pour n'arriyer qu'à présumer les causes secondes. Dans cette misère de la science, force nous est de nous borner à citer des expériences, de tâcher dé rapprocher leurs résultats pour en tirer des conséquences.

V. — Quand on arrive aux expériences, on rencontre un autre embarras^ leur multiplicité. Autant la science est pauvre en connaissances sur les causes premières, autant elle est riche en expériences. Ce luxe de faits, cette multiplicité d'observations quelquefois contradictoires, ne sont pas seulement une fatigue pour le malheureux étudiant qui s'efforce de les retenir et de les classer, mais aussi une véritable difficulté pour l'esprit philosophique qui n'étudie les phénomènes et leurs rapports que pour essayer d'en déduire la connaissance des lois de la vie. Si nous voulions seulement résumer, dans une rapide analyse, toutes les expériences, ce chapitre deviendrait un volume. Pour ménager nos lecteurs, nous nous bornerons à rappeler un petit nombre de faits admis sans controverse, en nous attachant au résultat des expériences plutôt qu'à en présenter tous les détails.

Si l'on soumet des combinaisons métalliques à l'action d'un appareil électrique, il s'opère une décomposition instantanée ; l'un des éléments constituants se porte au^ pôle positif, l'autre au pôle négatif de l'appareil ; la force électrique a donc agi sur la matière inorganique, d'abord comme cause de désagrégation, et puis comme principe d'agrégation. C'est sur ce phénomène que se fondent les belles applications industrielles de M. de Ruolz. II est évident qu*il y a là une loi générale de la nature ; mais celte loi se modifie dans son application à la matière organique, et plus profondément encore quand elle agit sur la matière vivante. En effet, une dissolution d'albumine, soumise à l'action d'une pile, n'est pas décomposée, comme le serait la dissolution métallique, en ses éléments chimiques ; elle éprouve seulement un changement d'état moléculaire, puisqu'une portion vient se

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coaguler au pôle positif, tandis qu'il se forme au pôle négatif une sorte de gelée semblable au mucus (1).

Deux conséquences semblent résulter de cette expérience.

La première, c'est que la force électrique, quand elle Tient à agir sur une matière organisée, telle que l'albumine, obéit à la loi générale en séparant le composé albumineux en deux nouveaux produits, coagulumet mucus; mais comme, d'un autre côté, cette action est modifiée et qu'il répugne à la raison d'admettre qu'une force, c'est-à-dire une loi, un des modes d'expression de la volonté suprême, puisse être modifiée autrement que par une autre force, il faut nécessairement chercher la cause modificatrice dans la force organique qui maintient les atomes et les globules de l'albumine.

Autre conséquence plus féconde en applications pratiques. C'est que l'électricité doit être avec le calorique, une des causes de solidification de la matière albumineuse du sang et de sa transformation en chair, en cartilages, en nerfs ; de là, action électro-dynamique sans cesse renouvelée dans tous les phénomènes de la vie animale. De là aussi, possibilité de modifier ces phénomènes au moyen de la force électrique.

Toutes ces conséquences sont rendues plus évidentes par les expériences de nos savants (2) sur le venin des serpents.

Le venin du serpenta sonnettes, comme celui de la vipère, devient inoffensif après qu'il a été soumis à l'action d'une pile voltaîque. C'est sur ce fait, constaté par la science, que s'appuie le procédé qui consiste à traiter les individus mordus par des reptiles ophidiens par un courant électrique. S'il venaità être démontré que, dans ces cas, la force électrique agit comme spécifique neutralisant le venin d'une manière absolue, la médecine curative aurait fait un grand pas. En effet, il est évident que, dans cette hypothèse, l'on pourrait aussi employer cette force à neutraliser l'action de certains

(1) Expériences de MM. Prévost et Dumas.

(2) MM. Matteucci, Breschet, Orflla, etc. Je cite de mémoire, et demande grâce pour les omissions — bien involontaires de ma part.

poifons foudroyants qui agissent à la manière des yenins : peut-être même Topposer à quelques-unes de ces maladies terribles et instantanées qui brisent la vie, sans qu'aucune lésion apparente puisse être retrouvée dans les organes. Il y aurait là un beau champ de recherches, pour nos hardis investigateurs. Un moment, celui qui trace ces lignes, s^était flatté de l'espoir de découvrir toute la vérité sur cette importante question ; mais bientôt les moyens d'expérimentation lui ont manqué, et il lui a fallu laisser à de plus heureux l'honneur de la découverte.

Un fait important semblerait cependant déjà acquis à ces expériences incomplètes. C'est qu'une dose de poison suffisante pour tuer un animal, peut être neutralisée par l'action de l'électricité ; mais si Ton augmente le [«oison, on aura beau augmenter aussi la puissance électrique, la mort arrivera inévitablement (1).

Ce curieux phénomène, s'il venait à être bien constaté, pourrait peut-être jeter quelque lumière sur des questions encore fort obscures de physiologie et de thérapeutique, surtout si on le rapprochait d'un autre fait de même nature, l'innocuité des poisons stupéfiants dans les cas de violente excitation. On comprendrait, jusqu'à un certain point, comment l'organisme vivant peut servir de champ de bataille à des forces opposées : résistance vitale d'un côté, force délétère interposée entre les molécules du poison de l'autre, et comment la force électrique intervient dans la lutte, en surexcitant les organes et aidant ainsi la force vitale à neutraliser la force ennemie. En même temps, il est bien évident que cette lutte doit être maintenue dans de certaines limites proportionnées à la nature même des orga^nes et à la puissance de l'organisa-

(1) Les expériences ont été faites sur des chiens et des lapitis. Les poisons employés, l'acétate et l'hydrochlorate de morphine ; deux chiens et trois lapins ont résisté, grâce à un courant voltaïque, à des doses de poison qui avaient tué des animaux de même force; mais la dose doublée a été mortelle pour tous. (Expériences de i'auteuren 1850 et 1861.)

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i ion • C'est ainsi que raction d' un appareil électrique très- faible ne produit aucun effet appréciable sur les grands animaux, et tue instantanément des infusoires; de même, la commotion d'une batterie électrique qui ne produira qu'une légère secousse sur un bœuf, sera un peu plus forte sur un homme et foudroiera instantanément un papillon.

Quoi qu'il en soit des suppositions et des hypothèses, achevons notre tâche en résumant encore quelques expériences.

Tout le monde connaît celle de l'école de Volta et de Galvani, qui avaient fait concevoir, au commencement de ce siècle, l'audacieuse espérance de suppléer la \ie par la force empruntée à un appareil électrique. On avait vu le cadavre d'un supplicié se contracter, se redresser même sous l'action d'une pile puissante, et, nouveaux Prométhées, quelques savants s'étaient flattés de rallumer ce flambeau, qui ne peut brûler que par une étincelle venue d'en haut. Bientôt hélas ! la faiblesse humaine a rencontré Tobstacle infranchissable, et il n'est resté, de tous ces efforts, qu'un petit nombre de faits.

L'électricité, développée par nos appareils, produit sur les muscles de Tbomme et des animaux, des mouvements analogues à ceux qui sont causés par les nerfs excités par la volonté. On a pu constater sur le corps vivant des actions et réactions électriques entre les divers organes (1); et d'autres savants se sont assurés qu'il n'en était point ainsi sur le cadavre (2). C'est sur ces faits et d'autres encore que s'appuient les savants qui considèrent l'électricité comme analogue et non pas identique au principe même de la vie (3). Enfin M. Dutrochet, qui a comparé les mouvements rotatoires du camphre sur l'eau, à la circulation de la sève dans les végétaux, a trouvé, dans les forces qui produisent ces phénomè-

(J) Expériences de M. Donné. .,

(2) Expériences de M. Matteucci.

(3) DuGÈs, Traité de physiologie comparée, 1. 1, p. C3. ^.<

neSy si ce n est identité absolue, au moins analogie avec la force ilcctrique(l).

Mais c'est surtout dans l'observation des maladies, que l'on voit se présenter fréquemment des phénomènes qui se rattachent à Faction électrique et à ses connexités avec la vie. Tout le monde sait l'influence des perturbations atmosphériques sur la santé et combien elles impressionnent les malades dans le fond de leur appartement, jusque sur leur lit de douleur. Et comme, d*un autre côté, il est bien établi que ces perturbations sont des phénomènes électriques, on peut, avec certitude, déduire la conséquence. Un médecin observateur a parfaitement établi cette influence de l'électricité sur les attaques de goutte. « La cause déterminante des souffrances des gout- « teux est physique, c'est l'état électrique si variable de l'air : (( toutes les affections nerveuses en sont là. Ceci est surtout (( manifeste quand on quitte une zone du globe pour passer (( sous l'influence d'une zone voisine, lorsque le temps devient (( orageux et quand il survient un coup de vent. Lorsque l'on (( a tenu la mer pendant longtemps, le voisinage de la terre « réveille aussi les souffrances des goutteux; les calmes huc( mides et étouffants de la ligne, le passage du cap Horn et « du cap de Bonne-Espérance produisent le même effet (2). »

Voilà donc des effets bien constatés de la force électrique sur le système nerveux et sur la sensibilité ; si on les rapproche de ce que nous avons dit un peu plus haut de l'action de cette même force 3ur les liquides humains, si enfin on vient à se rappeler les curieux phénomènes développés par l'acupuncture, où l'on voit les organes les plus délicats^ tels que le cœur et le poumon, être impunément traversés par des aiguilles métalliques, tandis qu'un corps aigu, mauvais con* ducteur de l'électricité, comme une épine, une arête de pois*

(1) Comptes rendus des séances de l* Académie des sciences, t. XII j Mémoire de M. Dutrochet.

(2) DumontDuryille, Voyage au pôle sud, t. VIH, p. 261; note do docteur Hombron.

EMPLOI THÉRAPEUTIQUE DE l'ÉLECTRICITÉ. 193

son introdaits dans les organes les moins irritables y causent des douleurs intolérables (1). Quand, disons-nous, on vient à rapprocher tous ces faits, on commence à comprendre.

Peut-être est-il à regretter que, dans la pratique médicale^ on ne tienne pas asser compte de Fétat électrique de Torganisme, qui pourrait être indiqué par divers symptômes, entre autres l'acidité de la salive et des sécrétions ; mais l'erreur la plus grave de la médecine moderne est, à notre avis, la fausse application de la force électrique à la guérison des maladies.

VI. — Dans la plupart de nos traités modernes de thérapeutique et de matière médicale, l'électricité est considérée seulement comme un excitant du système musculaire, et classée parmi la foule des médicaments, entre l'ergot de seigle et la fève de saint Ignace. Aussi, quand nos praticiens emploient cette force, est-ce toujours par secousses plus ou moins douloureuses; leur opinion, à cet égard, est énoncée, par les plus savants, d'une manière tellement tranchée que le doute n'est pas possible, a 11 faut des chocs : eux seuls ont de l'efiPet (( sur la sensibilité et la contractilité ; et c'est, dans leur plus a ou moins de force, leur plus ou moins fréquente répétition, « et dans la direction qu'on leur imprime, que consiste la m méthode curative des afiections susceptibles d'être traitées « par l'électricité (2). » Cette opinion a tellement prévalu^ parmi les médecins, que l'appareil dit électro-médical, construit sur le modèle de ceuxde Clarke, n'agit que par secousses, et que lorsqu'on juge à propos d'employer une pile galvanique, c'est toujours avec une disposition qui permette de produire de temps en temps des chocs et des secousses.

Depuis longtemps» déjà, nous nous sommes élevés contre cette funeste erreur de la science médicale ; et nous voudrions pouvoir donner à notre voix assez d'éloquence pour que nos protestations fussent écoutées.

(1) Pelletan, Physique médicale^ t. U« p. 393.

(2) Sarlandière, Journal des connaissances médicchchirurgicales, 1836, — Trousseau et Pii>oux, Théretpnttique, 1. 1, p. 939.

i94 CHAPITRE X.

A.U défaut du génie qui nous manque, laissons au moins parler la logique des faits.

' Gomment s'y prend la nature quand elle fait agir sur nos organes les forces électriques du dehors ? Est-ce par secousses? Quelquefois, sans doute, par exemple, quand elle nous foudroie par cette puissante étincelle que l'on appelle le tonnerre ; électrisation, Dieu merci, assez rare, depuis que Jupiter a été détrôné par un médecin d'Amérique. Quelquefois aussi les variations atmosphériques agissent par secousses sur l'électricité humaine; mais nous venons de le faire observer, c'est alors d'une manière perturbatrice. Quand il s'agit de conserver ou de rétablir les forces et l'équilibre des fonctions, la nature n emploie pas des secousses; elle cherche à donner plus de régularité et d'énergie aux mouvements de la vie qui se succèdent les uns aux autres dans une constante progression. Voyez ce vieillard qui arrive lentement et vient réchauffer ses membres engourdis au soleil de la place publique ; à mesure que les rayons bienfaisants frappent les organes, on voit ses traits s'animer, sa démarche est plus ferme et ses mouvements plus énergiques. C'est là une électrisalion naturelle et sans secousses, salutaire par cela même. Trop brusque ou trop violente, son action serait pert urbatrice. Nous avons déjà, dans le chapitre qui précède, parlé de ces effets électriques de l'insolation; ici, il nous suffit de faire voir que l'action électrique, pour être vitale et conservatrice, doit être modérée et surtout qu'elle doit éviter les secousses.

Arrivés à cette importante conséquence, nous pourrions peut-être nous appuyer encore sur d'autres faits, d'autres expériences; mais ceux que nous venons de rapprocher suffisent à Tordre logique des raisonnements, et quelquefois la multiplicité des preuves fatigue l'esprit au lieu de le convaincre. Il sera plus utile de résumer nos déductions de manière à indiquer des applications pratiques.

Puisque la force électrique, pour agir d'une manière salutaire sur l'organisme humain, doit être appliquée sans

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