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GONNBXITÉS ENTRE LES DIVERSES FORCES

certaines maladies, que quelqu'une des forces vient à dominer les autres, qui demeurent momentanément inertes. Ces états exceptionnels, tels que le somnambulisme magnétique, peuvent servir à démontrer la réalité de Texistence des trois éléments 'dont le faisceau constitue notre vie ; mais, chez l'homme sain et complet, tous les phénomènes attestent TaetioD simultanée de ces forces, ainsi que leurs connexités intimes.

VIII. ->— L'étude de ces rapports entre les forces naturelles est une lacune de la science; quand elle sera comblée, on trouvera que certains phénomènes produits, en apparence, par des forces opposées, sont en réalité le résultat des modi-> fications d'une seule et même cause. En réduisant ainsi le nombre des forces, on généralisera les lois de la nature et l'on facilitera l'étude des sciences. Les complications, nous l'avons déjà dit, sont le résultat des erreurs de nos sens, sujets à se tromper, parce que la sensation s'adresse d*abord à l'instinct et fait momentanément dominer cette faculté sur les facultés intellectuelles; mais quand l'esprit reprend le dessus et cherche à générdiser, il aperçoit les raj^rts entre les phénomènes^ et il entrevoit l'unité du grand plan.

^ La science a déjà recoonu des connexités entre les phénomènes lumineux, caloriques et électriques : c'est la trinité des forces rnatérielles, comme la vie humaine, trinité supérieure» est la résultante de toutes les forces et de toutes les vies répandues sur le globe terrestre.

La plupart des forces qui nous sonjt révélées par l'étude des phénomènes, présentent des analogies qui permettent de croire à l'identité des causes premières.

Quand le chimiste fait réagir, les unes sur les autres, dans sa capsule ou dans son creuset, les molécules de certains corps, ils viennent se juxtaposer dans un ordre invariable. Le soufre, l'oxygène et la chaux, mis en présence, s'unissent toujours immédiatement et énergiquement pour former du

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plâtre : c'est en vertu d'une force spéciale que l'on appelle la loi des affinités. Mais, d'un autre côté, les physiologistes ont observé que, dans la formation du corps des animaux, l'arrangement des organes et leurs positions respectiyes étaient soumis à une loi qu'ils ont appelée loi de symétrie. Or, comme les phénomènes de cette loi de symétrie sont exactement semblables à ceux de l'affinité, il faut en conclure qu*il y a identité dans la cause qui les produit.

On retrouve encore cet empire de la loi des affinités, si l'on s'élève aux phénomènes de l'instinct et de Tintelligence, parce que la vie instinctive et intellectuelle ne fait qu'un tout avec la vie matérielle.

Si l'on veut prendre la peine de réfléchir et de rapprocher les faits, on aperçoit entre les phénomènes de l'ordre matériel, de l'ordre instinctif et de l'ordre intellectuel, des analogies qui démontrent l'identité des causes premières.

Les passions sont évidemment sous l'empire de cette loi générale dont les chimistes ont défini l'application aux mouvements de la matière, l'affinité des corps. Cette affinité s'exerce entre les corps les plus opposés de formes et de propriétés. Toutes les fois que Ton mettra en présence de l'acide acétique, corps liquide, et de l'ammoniaque, corps gazeux, il se formera invinciblement et immédiatement de l'acétate d'ammoniaque, corps solide. De même, les moralistes ont observé que l'amour passionné unit de préférence les caractères les plus opposés, la femme la plus timide à l'homme le plus courageux. Mais l'amour, « celle passion de « s'unir à quelque chose^ suivant l'expression de Bossuet, do- « mine toutes les autres passions. Otez l'amour, a dit encore c( Bossuet^ il n'y a plus de passions ; posez l'amour, vous « les faites naître toutes. » On peut, en efiet, classer toutes les passions en deux grandes catégories : passions actives, qui ont pour but de s'unir ou d'acquérir, comme le courage, la joie, l'ambition, etc. ; passions répulsives, quand nous craignons de perdre, la haine, la peur, l'avarice, etc. Ces dernières sont

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une coDséqaence de l'amour^ de même que, par un résultat de la loi des affinités chimiques, certains corps refusent énergiquemeut de s'unir en combinaisons, de même enfin que, dans l'affinité électro-magnétique, on voit l'aiguille aimantée repoussée par certains corps, attirée par d'autres.

A côté de la loi des affinités, il y a aussi la hiérarchie des forces qui, en chimie, explique le déplacement des acides forts par les acides faibles.

Les lois physiques, les forcer naturelles^ comme disent les philosophes, et chimiques sont toutes des causes secondes. Les causes premières, au contraire» appartiennent toutes à l'ordre spirituel.

Cette division des causes en secondes, dans l'ordre matériel, et premières dans l'ordre intellectuel, peut expliquer un grand nombre d'anomalies : c'est l'analyse Tenant au secours de la synthèse ; c'est le fil qui peut nous guider dans le dédale des faits enregistrés par la science ; c'est la seule explication des phénomènes en apparence contradictoires.

Il existait une planète qui parcourait son orbite dans quelque lointaine profondeur de l'empyrée, du côté de Jupiter. Cette planète a été détruite, il y a quelques siècles seulement; c'est M. le Verrier qui nous l'apprend. On ne pourrait nier ce fait sans révoquer en doute les bases de la science astronoçii-. que ; mais comment le concilier avec l'immobilité de la loi de gravitation, avec l'harmonie des lois de cohésion et d*affinité, qui maintenaient les molécules constituantes de la matière de cette planète ? Il s'explique, au contraire, s*il y a eu nécessité morale, par exemple, lïn grand acte de justice etd'expiation ; la loi de Tordre supérieur a primé celle de l'ordre inférieur.

C'est ainsi que l'on doit expliquer, chez l'être humain, les phénomènes de la santé et de la maladie.

Les forces physiques et chimiques constituent les organes ; elles sont dominées par les forces qui président auxfonctions, et celles-ci sont dirigées par la raison et la volonté, facultés ou forces psychiques.

Chacun de ces ordresde forces trouve en dehors de l'homme, qui ne vit que par leur action, des forces de même nature qui peuvent également servir à faciliter on à troubler Téquilibre normal des mouvements vitaux; et c'est ainsi, nous^l'aTons déjà dit, que l'être humain est ea rapport constant ayee le monde extérieur.

LX. — Sans pousser plus loin ces rapprochements, et sans essayer une nomenclature des forces, classification peut-être impossible dans Tétat actuel de la science et qui nous entrât* oerait au delà Ae notre sujet, nous nous bornerons à. répéter que ces forces naturelles, moins nombreuses qu'on ne le croit généralement, concourent toutes au phénomène de la vie, dont elles sont causes intégrantes. Par conséquent, l'homme peut jusques à un certain point et dans de certaines limites^ s'assi- . miler les forces homogènes à sa force vitale, placées par lé Créateur à la disposition de ses instincts et de son intelligence, et réparer ainsi la déperdition de ses forces propres.

C'est ce que fait chaque homme, en état de santé, quand il s'assimile, par une bonne nourriture, les forces physiques et chimiques interposées entre les molécules des substances ahmentaires, et entretient ainsi sa vie matérielle; quand, par un exercice modéré, il maintient l'équilibre fonctionnel des divers organes, et répare, par le sommeil, les déperditions de ses forces instinctive» ; puis enfin, quand s'assimilant la pensée des autres, ou ajoutant de nouveaux faits à ceux que pos* sède déjà sa mémoire, il développe ses forceià intellectuelles et devient ainsi l'être complet auquel rien ne manque plus pour remplir sa mission terrestre.

Mais l'homme parfait, tel qu'il est sorti de la main du Créateur, tel qu'il était encore au moment de la première faute, n'est plus qu'un souvenir ou un type, idéal. Le péché a amené la mort et la maladie, parce que les lois morales sont des forées d'un ordre supérieur aux forces qui régissent la matière. Cependant, la première période dç l'humanité of-

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frait encore une vie plus longue et plus énergique, parce que Forganisme et les forces qui le régissaient étaient encore ce qu'ils ayaient été au premier moment ; les forces psychiques seules avaient été troublées. Mais quand, après le grand cataclysme diluvien, les conditions de la vie humaine ont été modifiées^ il est permis d'affirmer que les péchés des hommes, causes du déluge^ ont aussi occasionné la hrièveté de la vie et la multiplication des maladies ; par conséquent, enfin, les habitudes viciaises dans une famille, dans .une race, chez ime nation» doivent influer sur la longévité et la santé. Tous les moralistes en ont fait Tobservation ; l'expérience est ici 4'accord avec la théorie.

Mais en dehors de ces causes de vie rattachées /aux lois qui règlent le monde des esprits, il reste les causes qui gouvernent la vie organique et la vie instinctive; sur celle-là, nous l'avons démontré, L'homme peut exercer uneaction ; il reste à examiner dans quel cercle et jusques à quel point il est possible d étendis cette action conservatrice de la vitalité humaine.

1 L'homme, avons-nous dit, est une machine dont les rouages matériels appelés organes sont constitués et gouvernés, dans lemrs. fonctions, par desfoixes de cKverse nature, mais homo-. gènes les unes aux autres et ne formant qu'un seul tout pendant la vie de l'homme. Si, lorsqu'on arrive à Tâge adulte, les organes sont régulièrement constitués, si les forces sont intaoles et si elles sont assez heureusement équilibrées, pour cpi'aacun de leurs éléments ne domine sur les autres, la santé est parfaite. Il est même possible que, dans certains cas exceptiobnds et malheureusement fort rares, des individus ainsi constitués proviennent jusques à Textrême vieillesse sans avoir connu ni la douleur, ni la maladie. Ceux-là meurent par e:Ktinetion des forces et parce que Tassociation intime des tof<xs physiques, instinctives et psychiques ne peut durer qu'un certain temps. Jusques à cette limite, il n'y aurait qu'à venir en aide aux forces-vitales par l'assimilation des forces de même nature mises à la dispbsitiwi de Thomme par la

divine proyidence, et il entretiendra sa vie jusques à la limite extrême marquée par la loi de durée.

Cette loi, nous l'ayons dit ailleurs, est réglée par un rapport proportionnel à la loi de croissance; elle assigne à l'être humain une existence terrestre d'un siècle et demi à deux siècles; s'il atteint rarement cette limite, c'est par Teffet d'autres causes qu'il lui serait possible d'écarter : nous espérons achever de le démontrer dans les chapitres suivants. Mais avant d'entrer dans cet ordre d'idées qui va nous conduire à jeter un rapide coup d'œil sur diverses branches de la science médicale, il nous reste à résumer les conséquences les plus importantes de la théorie que nous venons d'exposer.

1"^ Les combinaisons de la matière sont régies par des forces ; ces forces constituent la diversité des corps, et maintiennent leur état moléculaire, jusqu'à ce qu'elles soient déplacées par une force supérieure, qui occasionne d'autres combinaisons^ en modifiant la constitution moléculaire.

2'' La division de la chimie en minérale et organique est fautive : cette science est une, et on ne devrait pas la séparer de la physique. Cette science des corps se résume en une étude de forces ; ces forces se manifestent à nos sens par des phénomènes ; ces phénomènes nous indiquent des connexités entre les diverses forces.

3"" L'étude des phénomènes vitaux permet de les classer dans une hiérarchie ternaire : vie végétative, vie animale, vie humaine. Ces trois formes de la vie sont manifestées et entretenues par des fonctions ; ces fonctions elles-*mêmes obéissent à des forces ; le faisceau de ces forces constitue une force unique qui entretient la vie de la plante, de l'animal ou de l'homme.

4** La vie humaine représente aussi une trinité : vie végétative, vie animale, vie intellectuelle, en ce sens que toutes nos fonctions, toutes nos facultés, sont régies par trois ordres de forces : forces physiques et chimiques, forces vitales ou instinctives, forces intellectuelles ou psychiques.

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