CONSTISUTION ATOMIQUE DE LA MATIÈRE
plus nécessaire de recourir à la superfétation des molécules intég “untes et des molécules élémentaires. La loi n’en est que plus simple, plus belle et plus complète.
Les molécules ainsi entendues sont dec Corps comme les autres. Les atomes qui les constituent sont maintenus en équilibre sous l'influence des forces diverses qui agissent sur eux. Toute force extérieure, dans le rayo:. d'action de laquelle une molécule peut se trouver, modifie la forme de cette molécule en obligeant es atumes qui la composent à prendre de nouvelles positions l'équilibre. — Or quelles sont les forces connnes qui peuvent agir sur les molécules, et dont nous pouvons disposer ? Ce sont les mouvements Vibra: toires connus sous les noms de chaleur, lumière, éiectricité ; les chocs, c'est-à-dire les mouvements rapides des corps que l’on approche brusquement les uns des autres ; surtout les attractions qu’exercent les uns sur les autres les corps que l’on met en contact plus ou moins immédiat. — Le mode d'action des premières forces que nous venons d'indiquer souiève bien des problèmes que l'expérience n'a pas encore résolus ; la dernière, bien que plus mystérieuse à première vue, esi cependant plus accessible aux prévisions du calcul, Du moment qu'il est admis que les atomes, tout en se localisant dans un point rigoureusement sans étendue réelle, ont cependant une étendue virtuell, : étendant à tout l'univers, c'ess-à-dire ont la propriété de faire sentir leur action à tow* les atomes de même nature, sauf la modification d’intenshé produite par Ja distance, il devient facile de prévoir ce qui arrivera pour les groupements que nous avons désignés sous le nom de molécules, lorsqu'on les mettra en présence. Bien que chacun des atomes qui le: composent soit enchaîné de manière à ne pouvoir (sans l'intervention de forces extérieares) se soustraire à l’action prépondérante des autres atomes du groupe, toutefois son action par rapport aux atomes qui se trouvent en dehors du groupe auquel il appartient, n’est pas détruite. Cette action s'ajoute à l’action semblable des autres atomes du groupe, de sorte qu'une molécule exerce sur un atome extérieur une action proportionnelle au nombre d’atomes qui la compose. C’est la loi de proportionalité aux masses de Newton.
Si deux molécules se trouvent en présence, chacune d'elles agira sur l’autre de la même manière, de sorte que leur action mutuelle sera essentiellement en raison composée de leurs masses. Si ces molécules sont éloignées lune de l’autre à une distance relativement grande par rapport à leurs volumes respectifs, les actions de chacun des atomes d’une molécule sur checun des atomes de l’autre seront sensiblement égales et parallèles ; il en résultera un mouvement d'ensemble, un mouvement de translation des deux molécules l’une par rapport à l’autre, mais sans modification de leurs formes respectives. Si la distance diminue, il arrivera un moment où la différence entre la distance des atomes les plus rapprochés (entre les deux inolécules) et la distance entre les atomes les plus éloignés, sera assez grande pour constituer, par rapport à chacune d'elles, une force extérieure qui modifiera nécessairement les positions d'équilibre des atomes qui la composent. La forme de chaque molécule se modifiera donc de plus en plus profondément à mesure que celles-ci se rapprocheront davantage ; et l’on conçoit qu'il puisse arriver une époque où l'attraction mutuelle sera assez grande pour qu'elles se brisent et s'unissent en tout ou en partie en un même groupe, qui ne ressemblera plus eux précédents. Ce sera une combinaison qui aura produit une nouvelle molécule.
S; l’on suppose une série de molécules semblables entre elles : par exemple, un liquide pur; l'expérience montre que, si le liquide est parfaitement homogène, les molécules qui le composent se conduisent, les unes par rapport aux autres, sensiblement comme si elles
étaient sphériques, c’est-à-dire qu’elles ne manifestent aucune polarité spéciale. Or il est clair que toute modification dans la forme d’une molécule (quelle qu'en soit la cause) devient, pour d’autres molécules qui l’avoisinent, une force extérieure qui tend à les modifier elles-mêmes comme la première. Donc, si l’on plonge dans un liquide homogène un corps étranger qui, par son attraction, modifie la forme des mol“ ‘ules avec lesquelles il est en contact, celles-ci à leur tour modifieront la forme de leurs voisines, et ainsi, de proche en proche, tout le liquide acquerra une polarité qu'il n’avait pas auparavant. Cette polarisation d’un liquide (c’est la même chose pour un solide) est donc, dans notre théorie, une conséquence essentielle de la modification de forme des molécules sous l’action de forces -térieures suffisantes. Elle se produit sur le coup par la simple présence de la cause, et cesse du coup avec l'enlèvement de cette cause. On est ainsi débarrassé de ces polarités préexistantes purement gratuites dans les molécules, ainsi que de ces rotations de molécules, lorsque la polarisation finit par donner lieu à des décompositions et recompositions successives, comme cela se présente sous l'influence des pôles d’une pile galvanique.
Qui n’entrevoit aussi, dans cette théorie, une explication très simple et toute naturelle de la polarisation lumineuse du passage de la réfraction simple à la réfraction double, etc. résultats de toutes les causes capables de produire une modification dans la forme des molécules (telles que l'électricité, le magnétisme, la chaleur, la pression, etc.) ?
Un dernier fait. Tout le monde connait la différence considérable d'énergie chimique résultant de ce qu’on appelle l'état naissant. Or c’est une conséquence immédiate de la théorie que j'expose. Qu'on me permette une comparaison. J'ai deux maisons construites en briques: l’une a exigé » briques et l'autre m. Je veux construire une troisième maison avec les matériaux des deux premières, c'est-à-dire avec les #+m briques qui les constituent. Pour cela, il me faut d’abord défaire les deux premières maisons, afin d'en avoir les briques, puis construire la troisième. Celle-ci me coûtera nécessairement plus cher que si les briques eussent été toutes prêtes à employer, parce qu’il me faudra payer pour le travail de la démolition. Lorsque je veux faire de l'eau avec de l'oxygène et de l'hydrogène, j'ai là deux constructions toutes faites et qui exigent une foice spéciale uniquement pour être brisées ou démolies. Maïs si l'oxygène, par exemple, résulte d’une décomposition qui vient de se produire, on peut considérer les atomes qui sortent de la combinaison et qui doivent former l'oxygène, comme des matériaux qui sans doute, si on leur en donne le temps, se grouperont sous forme d'oxygène, mais qui, en attendant, sont une matière première qui n’est pas plus de l'oxigène qu’un autre corps: ce sont des atomes actuellement désagrégés et qui n'ont plus qu'à être employés dans une autre combinaison. On comprend donc qu'il suffit d'une force bien moindre pour faire entrer ces atomes dans une combinaison nouvelle que si on attend qu'ils aient en le temps d'obéir à leurs actions mutuelles et de se constituer en oxygène.
Ces considérations pourraient s'étendre presque indéfiniment, puisqu'elles sont l'explication la plus naturelle des faits. Ce qui précède suffit amplement pour appuyer cette théorie et permettre de lui appliquer le mot italien: Si non vero, è ben trovalo, ce que je traduirai en disant que, si cette théorie n’est pas vraie, elle mérite bien de l'être.