Du cobalt arsenical^ avec cobalt terreux rouge
8. Des minerais de bismuth. Bismuth natif, bismuth sulfuré et bismuth oxidé.
g. Du nickel arsenical, avec nickel oxidé.
Et 10. De Varsenic oxidé.
' Les gangues qui accompagnent ces minerais 9 sont ordinairement du quarz, et différentes variétés de chaux carbonatée; la chaux fluatée est fort rare. M, Picot de Lapeyrouse Ta observée dans le filon plombifère de Laquore et dans celui à'Argenthres dans la vallée d'Erce, accompagnant la galène \ D'après ce même savant, la baryte sulfatée s'est rencontrée dans les mines de cuivre de Baigorry, et dans celle d'Aulus, dans la vallée d^Erce ^
J'ai observé de V opale commune é!\x n blanc verdâtre (variété du quarz résinite), dans un filon au milieu du bois à'Aubac près A'Auius dans la vallée d'Erce^ où il est associé avec du spath calcaire, de la galène, du cuivre pyriteux , du vert de cuivre, et de la blende brune.
Une substance minérale dont on doit la connaissance exacte à M. Lelièvre età M. Berthier *, se trouve dans des filons métalliques des Pyrénées. Elle est^
, Journal de Physique, tom. XXVI, pag. 428.
■ Ibidem, pag. 427.
^ Annales des Mines , pour 1817, pag. 471-
d'après Taoalyse qu'en a faite M. Berthier, un hydrate d'alumine êilicifere. M. Picot de Lapeyrouse Ta découverte dans un filon de galène, dans le quartier de montagne, dit Fraichined, dans la commune de Saint-Paul-de^arraU et MM. Gillet deLaumont et Lelièvre^ dans un filon du mrême mi* nerai dans le Talion A^Esquierry^ dans ta vallée de LarbotuU D*après les échantillons que M. Picot de Lapeyrouse a eu la complaisance de me montrer^ Cette substance est d'un blanc jaunâtre et yerdâtre, et passe par cette nuance jusqu'au yert*pomme très pâle. Elle est amorphe et présente des croûtes communément cariées ou poreuses, de six à dix lignes d'épaisseur, semblables à ces concrétions que des eaux calcaires déposent sur les parois de roches inclinées, le long desquelles elles coulent en formé de nappe. Sa cassure est raboteuse passant à la terreuse. Elle présente fréquemment des pièces séparées, testacées, minces; peu éclatante à l'extérieur et mate à l'intérieur; très faiblement trans* lucide, aigre 9 dure et très facile à casser; légère à cause de sa grande porosité , elle happe à la langue, sans l'avoir fait chauffer préalablement. M. Berthier a trouvé que ce minéral est composé de :
Alumine 449^-
Eau 4o,5.
Silice combinée 1 5.
Il parait que cette substance tapisse les parois des cavités dans des filons.
36!i III* PARTIE. DESCRIPTION DES TERRAINS.
Parmi la quantité prodigieuse de filons métalliques , connus dans le terrain de transition des Pyrénées » je ne citerai que les filons cuprifères de Baigorry^ ceux de plomb d'Auliu , et ceux de cobalt de Saint-Jean 9 dans la vallée de GUtain.
Les filons cuprifères de Baigotry ont donné lieu à une des exploitations les plus considérables qui ayent existé dans les Pyrénées. On prétend que les Romains y avaient déjà entrepris des travaux.
Ces mines, qui étaient abandonnées, furent reprises vers le milieu du siècle passé. Mais au commencement de la révolution française , elles furent de nouveau abandonnées, après avoir occasioné des pertes et des sacrifices immenses aux propriétaires et aux compagnies diverses qui s'en étaient successivement chaînes.
Je ne donnerai pas ici de description détaillée de ce bel établissement, jadis. si justement célèbre et si lucratif pendant quelque temps , et qui aujourd'hui ne présente que des ruines. Je me réserve de le faire dans une autre occasion , et je me bornerai à dire quelques mots sur la nature et la manière d'être des filons que l'on y exploitait.
Les principaux filons cuprifères de Baigorry se trouvent à une lieue et demie au-dessus de Saint- Etienne (Donostey), près du hameau de Bikowrietta^ où les usines étaient établies.
La plupart des filons sont dans la montagne qui borde à l'ouest la vallée qui est très resserrée; mais
plusieurs d'entre eux s'étendent audsi sur le côté opposé 9 en traversant le lit de la rivière.
La roche qui les renferme est un sc/Uste argi^ leux à feuillets très fins , souvent quarzeux, alternant fréquemment avec des couches puissantes de quarzy quelquefois avec des couches de grauwacke schisteuse.
Les principaux filons sont, le filon des Trois^ Roisj dont la direction est , d'après la division de la boussole des mineurs saxons , h. 8^ 4 ^^ Tinclinaison 76'' au nord ; celui de Sainte-Marthe^ qui parait être un filon latéral ou plutôt une ramification de celui des Trois^Rois; celui de Bergopzoom se dirigeant sur h. 3, 2, s'incUnant 50*" au nord-ouest; celui de Sainte^Elisabeth se dirigeant sur h. 10» 4» s'inclinant 48'' à l'ouest ; celui de Sainte-Marie se dirigeant sur h. 7. 6, s'inclinant 6o* à l'ouest; et celui de Saint-Louis se dirigeant sut h. 10. 6, s'inclinant 45*" à l'est.' '
Je passe sous silence plusieurs autres filons comme moins importants.
La puissance de ces filons est , en général , peu con^dérable. Les plus puissants sont ceux de Bergopzoom et de Saint^Michel, dont l'épaisseur atteint en plusieurs endroits quatre et même six pieds.
Le filon de Sainte-Marie est celui que l'on con-
^ Le second voliuiie de l'ouvra^ de M. de Dietrich, surks gîtes de mmemis dans les Pyrénées contient un plan des divers travaux entrepris sui* ces filons. M. PalassoA et M. éA Dietrtok ont donné la description de ces raines. ;
364 m* PARTIE. DESCRIPTION DES TERRAINS, nait sur la plus grande longueur. Il est connu sur une étendue d'environ trois cents toises; mais, d'après ce que des mineurs qui y ont travaillé m'ont assuré, non seulement il est stérile, mais il intercepte ceux qu'il rencontre \ • La plus grande profondeur où Ton soit parvenu dans les mines de Baigorry , est sur le filon des Trois- Rois ^ que l'on a approfondi jusqu'à quatre-vingts toises au-dessous du sol de la vallée ; mais le filou y est devenu fort pauvre et n'a plus fourni que de la mine à bocard très médiocre.
Ces filons paraissent être composés tous des mêmes substances minérales, et ne diffèrent entre eux que par les proportions dans lesquelles ces minéraux se sont associés ensemble.
La masse principale est formée de quarz, de braunspath, de fer spathique, plus rarement de spath calcaire ordinaire. Les minerais qui se trouvent mêlés avec ces gangues, sont :
1. Le cuivre gris. Il a été trouvé en masse, constituant à lui seul des portions de filons; mais cette richesse a été fort rare. Il est ordinairement disséminé dans le quarz et le braunspath. On en a rencontré en beaux cristaux implantés sur les
» LVtat actuel des travaux ne permet de visiter qu'une très petite partie de tous ces filons. Les ouvrages qui s'étendent sous le sol de la vallée sont noyés , et ceux qui sont situés an-dessus du niveau de la rivière sont en grande partie obstrués par des éboulements.
druses de quarz ; ils se rapportaient aux variétés ^ épointé et apophane.
2. Le cuivre pyriteux , disséminé dans le fer spathique, rarenaent en grandes masses, quelquefois cristallisé.
Ces deux minerais, qui s'accompagnent ordinairement, faisaient Tobjet de l'exploitation de Baigorry.On en trouvait des massifs très considérables, malheureusement trop rares. Le massif le plus gros et le plus riche que Ton ait trouvé , fut découvert dans le filon dès Trois-Roisy sur le côté gauche de la rivière , et à trepte toises au-dessous de son uiveau. Il avait cinquante toises de longueur, trente toises de profondeur et trois pieds d'épaisseur ; il consistait presque entièrement en cuivre gris et en cuivre pyriteux.
3. Le fer sulfuré 9 disséminé et en masse, accompagnant souvent le cuivre pyriteux.
4* Le zinc sulfuré. Ce minerai y est assez race. On en a trouvé de beaux cristaux d un jaune citron, ou d'un rouge d'hyacinthe et d'une belle transparence.
5. EnûnV antimoine sulfuré.Vzi trouvé des cristaux aciculaires de cette substance, groupés en faisceaux dans une druse de quarz dans le filon de Bergopzoom.
Les gangues aussi bien que les minerais sont mêlés ensemble , sans aucune trace de cet ordre que l'on observe si souvent dans d'autres filons.
On rencontre très fréquemment des fragments
366 III' PARTIE. DESCRIPTION PES TERRAINS. anguleux de la roche qui contient ces filons, empâtés dans les gangues.
L'état actuel de ces mines ne m'a pas permis de reconnaître la manière dont les divers filons se comportent dans leur rencontre, ni les rapports qu'ils ont avec la roche environnante*
A peu de distance au nord-ouest de la fonderie de Baigorry, on trouve dans le quartier de montagne, dit Escourleguif un filon d'une épaisseur considérable , mais de peu d'étendue eu longueur: il paraît être un stehender stock. Il ne consiste qu'en fer spathique et fer sulfuré , mêlé de cuivre gris et de cuivre pyriteux.
Il y a encore plusieurs filons cuprifères dans le terrain de transition de cette vallée ; mais* tous appartiennent vraisemblablement à la même formation , ear ils présentent les mêmes phénomènes géognostiques.
Les environs A'Aulus^ dans la vallée d'Erce, sont remarquables par la quantité de filons métalliques que l'on y découvre, et par les travaux fort anciens et assez considérables que l'on y a entrepris. Ces filons sont plombifères et cuprifères.
Le filon de Laquore est intéressant par le plomb carbonate que l'on y trouve abondamment, et qui ailleurs est très rare dans les Pyrénées.
Ce filon se trouve dans un schiste argileux , qui contient fréquemment des couches calcaires. Sa direction est h. 6. 4» ^t son inclinaison d'environ
4o* au sud« Il parait être très régulier, et son épaisseur varie de dix à vingt pouees.
Le minerai qu'il renferme est principalement du plomb carbonate compacte et terreux , rarement cristallisé. On y rencontre aussi du plomb sulfuré et du cuivre carbonate vert pulvérulent
M, Picot de Lapeyrouse y a découvert du plomb phosphaté vert^ en petits cristaux indéterminables , formant un enduit drusique sur des cristaux de plomb carbonate blanc.
On y trouve aussi du zinc oxidé et du zinc car-bonaté. Le zinc oxidé est toujours cristallisé, et présente la variété trapézienne; les cristaux sont de moyenne grosseur et réunis en groupes fascicules. Le zinc carbonate est ordinairement en petites masses réniformes. L'une et l'autre de ces espèces sont accompagnées d'ocrede fer jaune , et de quarz ferrugineux et carié'.
Le quarzet l'ocre de fer sont les gangues principales des minerais du filon de Laquore-
Il me reste encore à faire mention des filons de cobalt de la vallée de Gistain ou de Gistau, que l'on a exploité jusqu'au commencement de la révolution française , et qui alimentaient la fabrique de smalt , établie par le comte de Beust , à Saint* Mamety près de Bagnères de Luchon '.
I M. Picot de haipeyrùuse a décrit ce minerai de sine dans le Journal de Physique ^ tom. XXYI, pag. 4^*
* M. Palassou a ^onné des détails intéressants sur cette mine dans son Essai sur la minéralogie des Monts-Pyrénées , p. 2Q0.
Ces filons se trouvent à une forte lieue au nordest du village de Saint-Jean , sur la pente de la montagne qui borde la vallée à Test, et à une élévation assez considérable au-dessus de la rivière. Il parait qu'il y existe plusieurs filons, mais je n*ai pu observer que TafiGleurement d'un seul , parce que l'intérieur de la mine n'est plus accessible ; des éboulenients ont rendu les galeries impraticables. La direction de ce filon est du sud au nord, et son inclinaison 65"" à l'est. Il consiste en plusieurs ramifications de spath calcaire à grains de moyenne grosseur, contenant du cobalt arsenical disséminé en parties fines. Le filon et la roche environnante sont recouverts d'un enduit mince de cobalt antniati pulvérulent.
Lorsqu'on exploitait ces mines , on y trouvait dq cobalt arsenical en masses considérables , et d'une grande pureté; du cobalt arseniaté aciculaire, d'une beauté rare; du \nickel arsenical^ du nickel oxidéj du bismuth natifs et du bismuth sulfuré. M. Picot de Lapeyrouse possède de beaux échantillons de toutes ces substances.
Ces filons se trouvent dans un schiste argileux noir, alternant avec des couches de calcaire corn* pacte. Le schiste repose immédiatement sur le granité , et on observe à peu de distance de la mine, le grès ronge , qui , dans la partie supérieure de la vallée de Gis tain et de celle de Bielsa^ recouvre, indistinctement et en stratification interrompue, les roches de transition. Il parait que le terrain de
transition a très peu d'épaisseur dans cette contrée. J'ai dit plus haut que toutes les exploitations que Ton a établies sur des filons du terrain de transition des Pyrénées » ont prouvé que ces gîtes ont en général très peu de continuité , soit en Ion-* gueur^ soit en profondeur.
Cette particularité peut s'expliquer par la structure du terrain qui contient ces filons. Car il n'est pas douteux qu'une fente produite dans un terrain doiî' être plus régulière et plus étendue dans un terrain d'une composition homogène, qu'elle ne le sera » toutes choses égales d'ailleurs , dans un terrain composé de diverses roches , dont la solidité ou la dureté relative présente de grandes différences. L'influence de la structure du terrain sur la formation des fentes 9 doit être encore plus sensible, lorsque ces fentes sont le résultat d'un retrait occasioné par le dessèchement de la roche. Dans ce cas les fentes ne se formeront que dans la roche susceptible de se dessécher, et s'arrêteront à la rencontre de celle qui ne l'est pas , comme on l'observe en petit , mais d'une manière distincte , dans les schistes argileux ruban nés décrits dans le paragraphe i48.
Comme le terrain de transition des Pyrénées est très composé et présente des alternatives fréquentes de roches de différentes duretés et dont les unes sont très susceptibles de retrait , tandis que les autres ne le sont pas ou très peu , on ne doit pas être surpris du peu de régularité et du peu de
370 IIP PARTIE. DESCRIPTION DES TERRAINS, continuité des filons , qui évidemment sont le résultat des fentes qui se sont ouvertes dans ces roches.
M. Picot de Lapeyrouse et M. Palassou pensent également que le peu de continuité des filons dans les Pyrénées est dû à cette cause *.
Débri» S* ^^^' ^^ terrain de transition contient , dans
omniques toutcs Ics parties de la chaîne des Pyrénées , des dans le débris dc corps organisés , soit d'animaux , soit de de végétaux.
Les débris d'animaux sont beaucoup plus fréquents que les autres , et se rapportent tous à des mollusques marins.
J'en ai remarqué plusieurs espèces différentes ; mais je suis trop peu versé dans cette partie de l'histoire naturelle ; pour me hasarder à les déterminer, sinon d'une manière assez générale.
Les corps marins les plus communs dans ce terrain sont des espèces A^entroques ou de zoophytes. Ils présentent un cylindre d'une à trois lignes d'épaisseur, souvent articulé , ayant l'axe marqué par une ligne noire. Leur longueur varie depuis une ligne jusqu'à celle de deux pouces. Cette espèce de pétrification est extrêmement commune ; il n y a presque pas de couche de calcaire de transition qui n'en contienne.
• Voyez de Lapeyrouse , Traité de mines et forges à fer, etc., pag. 53o; et Palassou, Essais j etc. , pag. a6o.
Après les entroques , ce sont les belemnites que Ton observe le plus souvent ; elles sont assez communes dans le calcaire de transition à Angoumer^ au bois de Lembége, près de Saint-Girons ; au pic de Bé^ dillac; à la Penhe d'Escot, dans la vallée d'Aspe^ etc.
Les bivalves sont plus rares , quoiqu'il y ait des contrées où on en trouve en assez grande abondance > telles que la vallée d'Aspe, celles d'Ossau, de Ger, etc.
Les ammonites sont encore plus rares; on en trouve dans le marbre rouge de Cirp, dans le calcaire gris du bois de Lembége^ dans le marbre blanc de Gétea, dans la vallée d*Ossau (§. i5a.) , dans le calcaire de Lacarre , et en beaucoup d'autres endroits; mais on ne les rencontre qu'isolément, jamais plusieurs ensemble.
Au reste , cette observation s'applique non seulement aux ammonites » mais à toutes les autres espèces de pétrifications du terrain de transition. Ces corps marins n'y sdnt jamais réunis par famille et en grande quantité ensemble » comme on l'observe fréquemment dans le terrain secondaire. Je n'excepte de cette règle générale que les entroques que j'ai trouvées quelquefois en grande quantité ensemble. Le calcaire schisteux et argileux de la sommité du port Viel^ dans la vallée d'Estaubé, en est tout rempli.
La roche qui renferme des corps marins est en général le calcaire. Les autres roches intermédiaires n'en contiennent que très rarement. J'ai
37» m* PARTIE. DESCRIPTION DES TERRAINS, trouvé une petite ammonite changée en pyrite sulfureuse dans Tune des carrières d*ardoise A'Arrout^ dans la vallée de Castilion^ et une fungite dans un morceau de schiste argilo^talqueux que j'ai recueilli dans le chemin de Couledoux à Melles, sur la montagne dite Artigascou. La grauwacke commune à petits grains , auprès de la Cabane des étangs f au pied de la Maladetta^ m'a offert une entroque très bien conservée. J'ai déjà fait mention plus haut des en troques trouvées dans le feldspath compacte , dans le ruisseau de Lés^ près Saint-Béat. (§. 167.) Les autres roches intermédiaires ne m'ont jamais présenté aucune trace de corps d'animaux.
Les débris de végétaux que l'on trouve dans le terrain de transition des Pyrénées , ne consistent que dam des empreintes de plantes monocotylédoneSf telles que des roseaux. On n'en trouve jamais des individus complets 9 pas même des portions assez grande» pour pouvoir reconnaître le genre auquel ils se rapportent.
Les portions de feuilles et de tiges de roseaux , parmi lesquelles on observe quelquefois des parties cannelées et articulées^ sont toujours extrêmement aplaties et comprimées. J'ai trouvé des tiges qui avaient deux pouces de largeur et seulement une ligne d'épaisseur. Elles sont complètement changées en anthracite , souvent fendillées , et les fissures sontremplies de talc argentin.
tes empreintes végétales ne se rencontrent que
dans leschiste argileux fortement carburé, et dans la grauwacke schisteuse également mêlée d'anthracite.
Elles sont beaucoup moins répandues que les corps marins , et on ne les trouve que dans quelques points de la partie la plus ancienne du terrain de transition , saroir de celle qui repose immédiatement sur le terrain primitif. Il parait donc que ce sont les fossiles les plus anciens qui soient ensevelis dans les roches des Pyrénées.
Le terrain de transition qui , depuis le port de Caldes et celui de Viella^ ç'étend par la.partiq su« périeure de la vallée de l'Essera jusque dans la gorge à'A$to$ de Bénasque, sur le revers méridional du port d'Oo^ contient abondamment des couches de schiste argileux et de grauwacke schisteuse avec des empreintes de végétaux ; ce9 roches alternent avec de la grauviracke commune , et avec du calcaire blanc veiné de gris à petits grains (§. i5a. ); elles s'appuient en partie contre la pente septentrionale du massif granitique du pori de Viella , contre celle de la Maladetta^ et contre la pente méridionale de la protubérance gram'tique de CrabiouU et du port d'Oo.
Le schiste argileux et la grauwacke schisteuse du port de Gavarnie^ de la gorge de Poëy*E$bé et de la partie supérieure du vallon à^S$pe^ière$ , contiennent des empreintes semblables. C'est M. Ramond qui les a observées le premier '•
' Voyez Voyages au sommet du Mont*Perdu, Journal des Mines , ii<* 83 , pag. 543.
374 ni* PARTIE. DESCRIPTION DES TERRAINS.
J'en ai encore trouvé dans les environs du pic du Midi d'Os$au, savoir au fond de la plaine de Biou et dans le vallon qui depuis la plaine de Broussette conduit au col d'jinneau.'
il est fort remarquable que tous les lieux où Ton observe des empreintes végétales, dans les Pyrénéesy sont très élevés, et toujours situés dans le voisinage des plus hautes protubérances granitiques.
Grottes
dans le
terrain
de
transition.
§. 161. Le terrain de transition des Pyrénées contient un grand nombre de grottes ou cavités souterraines naturelles.
Elles ne se rencontrent que dans le calcaire , et seulement dans les contrées où cette roche est très étendue et où elle ne renferme pas de couches d'autres roches.
Je n'ai pu reconnaître aucune apparence quelconque d'un rapport constant entre la forme et la situation de la grotte avec la stratification de la roche et la forme extérieure de la montagne qui la renferme. Les unes s'étendent principalement dans le sens de la stratification, les autres coupent les strates sous différents angles ; les unes sont situées vers le sommet de la montagne, les autres, au contraire , ont leur entrée vers sa base.
Les grottes les plus vastes et les plus belles sont celles de Ville franche^ dans la vallée du Tech; celles d^Ussat dans la vallée de l'Arriéges notamment la grotte de I^ngbrive; celles de Bédillac dans la petite vallée de Saurai; d^Echeil^ dans la vallée de
Sallai; de Moulis, dans la vallée de Castilbn; de Gargas entre Aventignan et Tibiran, et celle de TroubaU Tune et l'autre dans la vallée de Barousse; mais , ne les ayant pas visitées moi-même , je n'ose pas assurer que le calcaire qui les renferme appar- »
tienne au terrain de transition , comme cependant j'ai tout lieu de le présumer '; celles de Lorlel dans la vallée d'Aure > ; celle de Campan dans la vallée de Campan^ ; celles dites les Espalungues, près de Lourdes , sur la rive gauche du Gave; celle d'jEspalungue, près d'Isesle, dans la vallée d'Ossau^ etc. ; il y en a encore un grand nombre d'autres, mais moins remarquables.
§. 162. Le gisement du terrain de transition Formation
et prouve d'une manière évidente que sa formation a ancienneté
succédé à celle des roches primitives et a précédé a^ îoches
celle du terrain secondaire proprement dit; mais
il n'est pas aussi facile de décider si l'époque de la
formation intermédiaire a suivi immédiatement
celle du terrain primitif, ou si ces deux époques
ODt été séparées par un long espace de temps.
Dans le premier cas , il y aurait eu un passage
insensible d'une formation à l'autre, et ce passage
^ M. Laboulîniére, auteur d'un ouvrage précieux ayant pour tifre Annuaire statistique du déparlement des Hautes-Pyrénées, Tarbes , 1807, * lionne', pag. 93 et suiv. , une description très intëressanle de ces deux grottes.
* M. Labouliniére , ouvrage cite', pag. 78.
^ M. Laboubniére, ouvrage cité, pag. 71.
intermédiaires.
devrait se faire apercevoir par deê rapports dans la nature des rodées et lar stratification des deux terrains. Si, au contraire, un long espace de temps a sépsffé les deux formations , ce passage d'une roche à l'autre ne doit pas exister, et si Ton observe du parallélisme entre les strates des roches de deux terrains , il ne doit être qu'absolument accidentel.
Dans l'état actuel de nos connaissances géognostiques , je ne crois pas que l'on puisse encore décider cette question , ni même la traiter d'une manière trop générale.
Si on se borne à considérer les rapports de gisement qui existent eatre ces deux terrains dans les Pyrénées , on est conduit à présumer que l'époque de la formation intermédiaire a été séparée par un long espace de temps de l'époque de la formation du terrain primitif. En effet , d'après ce qui a été dit plus haut (§. 5â. ) sur la forme originaire présumée du terrain primitif et sur sa forme actuelle, ainsi que sur la disposition du terrain de transition , nous serons portés à croire que l'époque de la formation du terrain de transition n'a pas succédé incessamment à celle du terrain primitif, ces deux époques ont été séparées par un espace de temps considérable, pendant lequel le terrain primitif a subi de grandes révolutions, qui, en le sillonnant et en le dégradant, ont changé sa forme originaire , et ont préparé à ses dépens une partie des matériaux pour la formation du terrain intermédiaire.
TERRAINS DE TRANSITIOM. 377
La structure de la roche , par laquelle la formation intermédiaire parait aroir commencé » présente aussi des faits â Tappui de cette opinion. La grauwacke, la roche la plus ancienne du terrain de transition des Pyrénées 9 est formée de fragments roulés de roches primitives d'un très petit Tolume: je n'en connais point qui atteignent la grosseur de ceux qui composent la grauwacke remarquable de Yalor^ne dans la Saroie, et de Salvan dans le bas Valais. Gela indique évidemment que ces débris ont été exposés beaucoup plus long-temps à l'action destructive des eaux avant de s'être agglutinés, que ne l'ont été les fragments que l'on observe dans les poudingues du bas Valais.
En outre , leur ciment n'est que du schiste argileux, communément très carburé, tandis que celui de la grauwacke du Valais est le plus souvent du schiste micacé et même quelquefois une variété de gneiss. Il semblerait donc, d'après la nature des éléments que le fluide qui déposa cette grauwacke du Valais tenait en dissolution , que c'était encore le même fluide dans lequel le terrain primitif s^était formé ; ce qui confirme ] 'opinion que nous venons d'avancer que la formation intermédiaire a succédé plus promptement à la formation primi* tive dans les Alpes que dans les Pyréuées.
Quant aux diverses roches qui composent le terrain de transition, on ne peut pas déterminer d'une manière précise leur âge relatif, parce que
378 IIP PARTIE. DESCRIPTION DES TERRAINS, ces roches, comme nous l'avons dit plus haut, alternent entre elles, de manière que telle roche qui domine dans une contrée se trouve être subordonnée dans une autre contrée, et qu'une roche qui, dans un endroit, repose immédiatement sur le terrain primitif, en est séparée ailleurs par d'autres roches. Mais, en considérant leur ensemble d'une manière générale, on remarque que certaines roches sont plus fréquentes dans certaines parties du terrain auxquelles elles sont, pour ainsi dire, propres, et que la même roche présente souvent des modifications particulières selon qu'elle se rencontre dans la partie ancienne ^ ou moyenne^ ou moderne du terrain de transition '.
Ainsi la grauwacke commune, la grauwacke schisteuse ( principalement celle qui contient des empreintes végétales), le calcaire grenu, le schiste argileux micacé (§- i46.) et la variété gris-verdâtredu schiste argileux ardoise, constituent principalement la partie ta plus ancienne du terrain de transition. Les roches que l'on observe particulièrement dans la partie moyenne sont les schistes
' J'appelle partie ancienne ceiie qui , en général , se trouve relativement la plus proche du terrain primitif, et partie moderne celle qui en est la plus éloignée ; je ne voudrais pas dire celle qui supporte immédiatement le terrain secondaire , parce que ce terrain , par suite des dégradations considérables que les roches intermédiaires paraissent avoir subies , a recouvert non seulement la partie moderne de ce terrain , mais aussi la plus ancienne^ et même le terrain primitif.
argileux carbures ( cepeudant ils se rencontrent firéquemment aussi dans la partie ancienne) , le calcaire compacte, les marbres colorés, surtout ceux à structure amygdaline (§• i5i.) , la brèche calcaire, le quarz compacte, et le schiste à aiguiser* La partie moderne renferme peu de schistes argileux, lesquels sont tantôt de Tardoise faisant efferyescence avec les acides , tantôt du schiste argileux terreux passant à l'état marneux (§. 147O ; 1^ roche qui y domine est le calcaire compacte qui souyent contient du sable fin et beaucoup d'aigle , et dans lequel on remarque une plus grande quantité de pétrifications que dans le calcaire plus ancien ; on y trouve surtout des coquilles bivalves > classe de corps marins que je n'ai jamais observés dans la partie ancienne de ce terrain.
$. i63. Le terrain de transition atteint dans les EiéTatioo Pyrénées une élévation considérable. La plupart des temin plus hautes montagnes de la moitié orientale des Py- transition. rénées sont composées de roches intermédiaires ; car la bande méridionale du fèrrain de transition constitue le faîte de la chaîne centrale géographique, depuis le port de Puymorens jusqu'au tue de Mauberme. Les montagnes les plus élevées de cette partie des Pyrénées sont la pique d'Estats auprès du mont Calm au fond de la vallée de Vicdessos , et le pic de Montvallier: la première s'élève à 1 55o toises, et la seconde à i44^ toises au dessus de la mer ( §. 25.) ; Tune et l'autre sont principalement
58o IIP PARTIE. DESCRIPTION DES TERRAINS, composées de schiste argileux micacé. (§. i46.) Quoique le terrain de transition forme des montagnes encore plus hautes dans la moitié occidentale des Pyrénées , néanmoins eUes sont encore dominées par les cimes élevées des vastes protubérances granitiques que Ton y observe , comme la Maladetta, le Crabioule^ le Vignemale^'\e Neour vieiU, etc. Le Mont-Perdu, la plus haute montagne des Pyrénées, quoique formé de calcaire» n'appartient point non plus à ce terrain; mais il est le résultat d'une formation encore plus moderne, comme il sera dit dans la suite. (§. 199. ) Le Pic long, dont la hauteur, selon les opérations trigonométriques de MM. Reboul et Vidal, est de 1668 toises (§• 25. ), est la montagne la plus élevée du terrain de transition , non seulement dans cette contrée , piais dans toute la chaîne des Pyrénées. A en juger d'après la partie de cette montagne que j'ai pu observer vers le sud et du côté du port de Cambiel^ la roche principale qui la compose est du schiste argileux, tantôt un peu micacé, tantôt carburé, et contenant des pyrites sulfureuses.
§. 164. Nous avons déjà dit plus haut (§. i4i-)
DifpoûtioD que le terrain de transition s'étend d'une extrémité
terraîD dcs Pyréuécs à l'autre, en longeant, au nord et au
transition sud, la file de protubérances de terrain primitif, i
Pyrénées, laquelle oous avous donné le nom de chaîne gra-
niticjue. (§. 74.)
Il forme donc en quelque sorte deux énormes bandes qui , parallèles entre elles , se dirigent de l'est sud-est à l'ouest nord-ouest» étant séparées l'une de l'autre par la chaîne granitique.
Je désignerai par le nom de bande septentrionale^ celle qui se trouve au nord de la chaîne granitique, et par celui de bande méridionale^ celle qui est située au sud de la même chaîne.
Cependant le terrain de transition n'occupe pas exclusivement les pentes ou les versants de la chaîne primitive; il se rencontre aussi sur son faîte, et remplit les intervalles qui se trouvent entre les protubérances de roches primitives dont cette chaîne est composée. Lorsque cette disposition a lieu, les deux bandes se touchent, se confondent, et finissent par ne former qu'une seule masse continue qui recouvre ou enveloppe pour ainsi dire un noyau granitique.
Nous aurons soin d'indiquer dans le para*graphe suivant les lieux où on observe cet arrangement.
La continuité de ces bandes est fréquemment interrompue par le grand nombre de vallées transversales qui, en descendant du faîte des Pyrénées vers le nord et vers le sud , les coupent sous un angle presque droit. En outre ce terrain a été détruit en grande partie dans l'extrémité orientale de la chaîne , et ne s'y montre qu'en masses isolées et peu étendues.
Comme, dans la moitié orientale des Pyrénées, la
38a IIP PARTIE. DESCRIPTION DES TERRAINS, file de protubérances de roches primitives est située presque en entier sur le versant septentrional ( S* ^9* ^^ suiy.), il résulte de cette disposition que dans cette partie des Pyrénées, toutes les deux bandes de terrain de transition se trouvent également sur ce même versant; la bande méridionale y constitue le faite de la chaîne centrale géographique et presque toutes les montagnes dans lesquelles les vallées situées entre- la vallée de la Téta et celle de la Garonne prennent naissance. Il en résulte que la bande septentrionale se trouve tout entière sur le versant septentrional, c'est-à-dire sur le territoire français, et quelle y forme des montagnes peu élevées, assez rapprochées du pied des Pyrénées.
On a vu ( §. 75. ) que dans la moitié occidentale de ces montagnes, lesprotubérances granitiques ne formaient pas une file ou chaîne aussi régulière que dans la moitié orientale; que non seulement elles s'y trouvaient à des distances plus grandes les unes des autres, mais qu'elles s'écartaient aussi fréquemment de la ligne droite en avançant ou reculant considérablement vers le sud ou vers le nord. Il résulte de cet arrangement de la chaîne primitive que les deux bandes intermédiaires ne présentent pas non plus dans cette partie des Pyrénées la même régularité qu'elles offrent dans la partie de ces montagnes situées à l'est de la vallée de la Garonne. Il arrive souvent qu'en remplissant les vastes intervalles qui séparent les di£férentes protubérances primitives,
les deux bandes iotennédiaires se touchent et se confondent. La bande méridionale ne s'étend que très peu sur le versant septentrional, et elle est beaucoup plus étroite que la bande septentrionale , ce qui est précisément l'inverse de ce que l'on observe dans la moitié orientale des Pyrénées.
J'aurais encore à ajouter quelques observations sur la disposition du terrain de transition des Pyrénées» mais je préfère les comprendre dans l'article suivant, où j'indiquerai les contrées dont le sol est formé de ce genre de terrain.
§. i65. Nous avons déjà dit que , dans les Pyrénées , le terrain de transition était plus étendu que tous les autres ; il forme au moins les deux tiers de la masse de toute la chaîne. Nous allons faire connaître les principaux points où on l'observe.
Dans cette indication des localités, nous suivrons successivement la bande septentrionale et la bande méridionale (p. 38i ), d'abord dans Impartie orientale de la chaîne , et ensuite dans sa partie oc-cidentale.
(a) L'extrémité orientale des Pyrénées est la seule contrée de ces montagnes dans laquelle les roches intermédiaires ne dominent pas. C'est le granité qui compose la plus grande partie des anciennes provinces du Haut^Roussillon et du Haut-Conflens, et le plus souvent il y est immédiatement recou-
Étendue du terrain
de
transition ;
lieux
où on
l'obsenre.
(a) Bande septentrionale dans la partie orientale
des Pyrénées.
584 IIP PARTIE. DESCRIPTION DES TERRAINS, vert non par un terrain de tranâition , mais par les immenses dépôts de sables et de graviers qui forment le sol des riches plaines de Perpignan, et s'étendent depuis le pied des montagnes jusqu'aux bords de la Méditerranée.
Le schiste argileux et le calcaire de transition ne se montrent ici qu'en masses isolées et peu étendues, supportées par le granité ; j'en ai rencontré deux dépôts dans la vallée du Tech, la première grande vallée des Pyrénées du côté de l'orient; l'un auprès de Patauda, qui s'étend un peu au dessus de la forge, catalane dite del-Pont-Nau, et l'autre auprès de Prats de Molo et de Saint-Sauveur.
Dans la vallée de la Téta , séparée de celle du Techp^r le Canigou, le terrain de transition se rencontre auprès de Villefr anche. La masse principale est du calcaire gris compacte , qui renferme quelquefois des couches de marbre gris , veiné de rouge et de vert. M. Palassou , dans son Esiai sur la minéralogie des Pyrénées , indique du marbre gris auprès de Cerbère; je présume que ce marbre est ^u calcaire de transition ; cependant je ne puis l'affirmer, n'ayant pas visité la partie de la vallée de la Téta au dessous de Prades.
Quoique le terrain de transition ne se rencontre aujourd'hui dans les Pyrénées orientales que rarement et en petites masses isolées , il est très vraisemblable que ce terrain a eu jadis une étendue beaucoup plus considérable dans les Pyrénées orientales , et qu^il y a recouvert originairement
tout le terrain primitif, comiDe dans les autres parties des Pyrénées.
Le peu d'éléyation de la plupart des montagnes du Roussillon, leur forme extérieure commune-ment arrondie» et la nature du sol des plaines qui se trouvent à leur pied , toutes formées de débris et de roches de transport, portent à croire que cette partie de la chaîne a subi une extrême dégradation; le granité a été mis à nu par la destruction des roches qui le recouvraient, et il n'est resté de celles-ci qu'un petit nombre de masses isolées 9 comme des témoins de leur ancienne existence*
Il se présente ici une question géologique d'un grand intérêt; c'est de déterminer si la cause dévastatrice qui a agi plus fortement sur la partie orientale de la chaîne des Pyrénées que sur son centre et son extrémité occidentale, a quelques rapports avec l'ugent puissant qui a creusé le vaste bassin occupé par la Méditerranée.
Pour la résoudre il serait important d'examiner si toutes les montagnes qui aboutissent à la Méditerranée sont sensiblement plus dégradées à proportion qu elles s'approchent de cette mer.
Dans la partie supérieure de la vallée de l'Aude, située au nord-ouest de celle de ia Téta^ le terrain de transition est déjà plus répandu et surtout présente beaucoup plus de continuité que dans le *.^ RoussilloH et dans le Conftens. f ^ • p
Depuis Quillan jusqu'au delà à' Axât, la vallée
386 IIP PARTIE. DESCRIPTION DES TERRAINS. est creusée dans le terrain de transition dont la roche dominante est du calcaire gris compacte. Seulement, auprès de la forge de M. Yarnier', à peu de distance au-dessus de Quillan, le gneiss se montre sur une très petite étendue, et il se cache bientôt sous le calcaire, auprès de Balbianes, village remarquable par un grand nombre de superbes figuiers qui y forment une espèce de petite forêt. Entre Balbianes et Saint-Martin^ la vallée de l'Aude présente un défilé tortueux, long d'une demi -lieue et extrêmement étroit, semblable à une crevasse profonde dont les parois présentent des rochers calcaires taillés à pic, et d'une hauteur prodigieuse.
Au-dessus d'^fl;a<^ soit du côté àt Sainte-Colombe^ soit auprès de Carcanihree, le calcaire et le schiste argileux se terminent au chaînon granitique qui, depuis le col de Marguerite au sud de Gincla^ s etend jusqu'à Ax dans la vallée de l'Arriége.
Les roches intermédiaires de la vallée de l'Aude font paitie de la bande septentrionale du terrain de transition. (§. i63.)
Cette bande s'étend, d'un côté vers l'est jusqu a Eêtagel dans la vallée de Gljy en formant sur ce trajet la partie méridionale des montagnes des Corbieres , et de l'autre vers l'ouest nord-ouest jusque dans
' Je dois à M. Yamier des renseignements précieux sur pinsieurs objets de mes recherches; et je me rappellerai toujours avec autant de plaisir que de reconnaissance l'accueil hospitalier qu'il a bien voulu m'accoi der. î
la vallée de l'Arriége, qu'elle atteint entre Mont" Gaillard et Garabet. Dans ce trajet elle longe toute la pente septentrionale du chaînon granitique du Tabe^ dont le sommet le plus élevé est le pic de SainuBarthélemy. Elle occupe toute la contrée entre ce chaînon et Nabias Bellesta , Mont-Ferrier, Nalzen et Saint^Paul de JarraU
Cette bande présente peu de largeur à sa rencontre avec la vallée de l'Arriége; car vers le sud, auprès de Garabet^ elle s'appuie contre le granité du chaînon de Tabe^ coupé obliquement par cette vallée; et vers le nord , elle se dérobe à l'observation, en s'enfonçant, auprès de Mont'^ailtard, sous le calcaire alpin.
Elle se rétrécit encore davantage en se prolongeant à Touest, par la petite vallée de la Barguil^ 1ère et celle de Hiverner t^ dans la vallée du Sallat^ qu'elle atteint entre Lacour et Taurignan; car au sud, le granité qui la supporte se montre au jour , et du côté du nord elle se cache sous le calcaire alpin et le grès rouge.
Mais dans \dL. vallée du Sallat elle commence à s'élargir, car elle constitue toute la contrée située entre Lacour et Taurignan, où elle se plonge sous le terrain secondaire.
La bande septentrionale , en se dirigeant toujours contre Touest nord -ouest, s'étend dans la vallée du Ger, en formant sur ce trajet non seulelement toute la partie inférieure de la vallée de Castillouy mais aussi les montagnes calcaires qui
séparent la vallée de Bellongue de celle à^Arbas^ à l'exception de celles des environs de Portet et de CouledouXy qui , comme ïious Tavons dit plus haut (§. lia.), sont du calcaire primitif. Dans hvallée du Ger, les roches qui constituent cette bande, et parmi lesquelles le calcaire argileux est la roche dominante, forment le sol de tous les environs de la petite ville A'Aspet. Elles descendent vers le nord jusqu'à Soueick, et s'élèvent du côté du sud jusqu'en delà de Sengoaignet. Au-dessus de ce village, elles constituent, sur la rive gauche du Ger, la belle montagne de Cagire , dont la base est un calcaire primitif, le même qui depuis Portet j s'étend par Saint -Béat jusquà Cierp, village situé à l'entrée de la vallée de Luckon. Dans la partie supérieure de la vallée du Ger, et même déjà dans celle de Casttllon , cette bande de roches intermédiaires se confond avec la bande méridionale , comme il sera dit dans la suite.
A l'ouest de la vallée du Ger^ la bande septentrionale atteint bi^tôt la grande vallée de la Garonne^ entre Esténos et SaintSéaU et, en continuant de se diriger vers l'ouest nord-ouest, elle touche la bande méridionale et se confond fréquemment avec elle.
(6) Bande {b) Après avoir tracé, comme nous venons de le dans la faire, la marche de la bande septentrionale du onentaie terrain de transition dans la moitié orientale des pyrén'ées. Pyréuécs , uous allons indiquer celle de la bande méridionale dans cette même partie des Pyrénées,
en commençant par la vallée du Tech, et en suivant cette bande jusqu'à la vallée de la Garonne, où les deux bandes se rapprochent tellement Tune de l'autre qu'elles finissent par se toucher et même par se confondre entre elles.
La bande méridionale du terrain de transition dans la partie orientale des Pyrénées commence près de Prato de Molhj dans la vallée du Tech. Mais elle est bientôt interrompue par le granité de la chaîne centrale , et ne reparait que sur le versant méridional, à l'ouest de la montagne de Cambredase. De ce point, cette bande s'étend par les vallées de Livia et de Carai dans le pays d'Andorre^ où elle acquiert tout à coup une largeur fort considérable , car elle constitue non seulement les montagnes de ce pays , mais aussi la chaîne centrale ', et elle passe même sur le versant septentrional, où elle forme les montagnes qui bordent au sud la vallée de CArriége , depuis Castellet jusqu'à Mérous, au-dessous de Tarascon. Du côté du nord , le calcaire et le schiste argileux s'appuient contre le chaînon granitique du Tabe, qui sépare cette bande de la bande septentrionale.
La bande méridionale du terrain de transition , en se prolongeant depuis la vallée de l'Àrriége
* Cette expression de chafne centrale est toujours prise ici dans Tacception géographique \ elle désigne cet^e partie des Pyrénées qui forme la ligne de partage des eaux entre les deux versants de toute la chafne.
590 m- PARTIE. DESCRIPTION DES TERRAINS, vers Touest nord-ouest , constitue la majeure partie des montagnes de la vallée de F'icde$$oê. Les montagnes qui bordent cette vallée depuis son entrée auprès de Tarascon jusqu'au vallon de MigloSf sont formées de calcaire compacte, contenant quelques couches de brèches.
Depuis la gorge de Miglos jusqu'à peu de distance en deçà de Ficdessos, les roches intermédiaires ne se rencontrent que sur les sommités dés montagnes qui s'élèvent sur la rive droite de la rivière ; la partie inférieure de ces montagnes y le sol de la vallée et les montagnes de la rive gauche sont formées de granité, qui se prolonge i Touest jusqu'au delà de la grande vallée du Sallat.
Entre la belle cascade du torrent de Sem et te bourg de Fiedeêsos , le calcaire descend des montagnes de la rive drmte dans le bas de la yallée , et s'appuie auprès de l'entrée de la petite vallée de Suc sur le chaînon de calcaire primitif, qui sépare cette gorge de ceHe de Saleix. Toute la contrée, depuis Fiedessos jusqu'au faîte de la chaîne centrale, est formée de roches de transition , principalement de schiste argileux micacé, et de schiste argileux calcaire ou quarzeux. Le granité ne se montre qu'à la montagne de Bassies, et en quelques endroits dans le sol de la vallée, comme auprès de la forge de Caponta, et au pâturage dit le Planel de Labinas. Les montagnes les plus hautes du terrain de transition de cette contrée sont, la
TERRAINS DE TRANSITION. 3g i
Pique d' Estais y le Mont^Cahn^ et la Punta de Medacourbe.
Depuis la partie supérieure de la vallée de Fic^ dessosy la bande méridionale s'étend vers l'ouest nord -ouest jusqu'à la vallée de la Garonne ^ en formant presque toute la crête de cette partie des Pyrénées.
Dans cet intervalle , le terrain de transition compose les montagnes situées au sud et au sud-ouest à^Aulus^ dans la vallée d'Erce^ parmi lesquelles le pic de Fraicheds est la cime la plus élevée.
Cependant le granité de la montagne de Bas^ siesy dans la vallée de Viedessos^ s'étend aussi dans la vallée d^Erce^ où il se montre à découvert sur une petite étendue dans la gorge de Garbet, au sud-est à'Aulus. La partie inférieure de cette vallée est toute creusée dans la chaîne primitive « notamment à un quart de lieue au-dessous d'AuluSy dans le calcaire primitif (§. iiâ.), lequel continue jusqu'un peu au delà* de l'endroit appelé la Scala d'ErUy où il repose sur le granité.
A partir de ce point, le granité forme le sol de la vallée et les montagnes .de la rive droite du torrent, jusqu'auprès du village à' Oust , où cette vallée se joint à celle du Sallat.
Le terrain intermédiaire se prolonge de la vaUie d'Erce dcns celle d'Ustou, dont la structure est très analogue.
La partie supérieure de cette vallée, depuis
39a III* PARTIE. DESCRIPTION DES TERRAINS. Saint'Lizier d'Ustou jusqu'au faite de la chaîne centrale, est toute formée de schiste argileux et de calcaire de transition , excepté le pic de Bonrepaux sur la gauche du port d'Ustou , où je présume que le granité est à découvert. (Voyez §. 76.)
Plus à Touest, le terrain de transition passe dans la grande et belle vallée du Sallat, où il présente une étendue beaucoup plus considérable que dans les deux yallées précédentes. Il s'étend dans le sens de sa largeur, depuis le faite de la chaîne centrale j usqu'a u dessous du hameau de ConfUns deBetmajod, où il s'appuie sUr le calcaire primitif, qui y forme la pente méridionale de la chaîne primitive. Cette roche n'a pas une grande épaisseur dans cet endroit, car à peu de distance au sud de Seix, elle est déjà remplacée par le granité, qui s'étend jusqu'au village de Lacour.
Quoique la partie moyenne de la vallée du Sallat soit formée de roches primitives, on rencontre néanmoins dans cette contrée quelques masses peu étendues et isolées de roches intermédiaires; tels sont, par exemple, le schiste argileux que l'on remarque entre Seix et Saint-Sernin sur la gauche du chemin de Saint-Gironsy la grauwacle semblable à du grès, et le calcaire schisteux qu'on observe auprès à'Oust^ et qui se rencontre fréquemment sur le massif granitique qui sépare la vallée de Massai de celle d'Erce.
Ce fait, qui est absolument analogue à celui que l'on observe dans les Pyrénées orientales, prouve
TERRAINS DE TRANSITION. SgS
é¥idemment que le terrain de transition a recouvert tout le terrain primitif, et que les deux bandes qu'il présente aujourd'hui étaient alors réunies et cachaient toute la chaîne primitive. Ces masses isolées forment en quelque sorte la liaison entre la bande méridionale et la bande septentrionale, laquelle constituelesmontagnesdelapartie inférieure de la vallée du Sallatj comme il a été dit plus haut.
A Touest de la vallée du Sallat, la bande méridionale passe dans la vallée de Castillan , et dans les gorges et vallons qui y aboutissent, et dont plusieurs prennent naissance auprès du faite de la chaîne centrale. Les roches intermédiaires sont extrêmement répandues dans cette intéressante contrée ; elles y forment non seulement toute la crête de cette partie des Pyrénées, mais aussi la plupart des montagnes qui bordent cette vallée, dans la partie inférieure de laquelle les deux bandes de transition se touchent et se confondent entre elles.
Le granité ne s'y montre à découvert que dans un petit nombre d'endroits, comme à peu de distance au sud à'Angoumery auprès de Castilbn^ dans le vallon de Betmale , et au fond de la gorge sauvage dite le Riverot de Border. Ce granité fait partie du massif granitique dont le point le plus élevé est la montagne de Bottirex^ entre la vallée de Betmale et celle d'Esbint. ( § 75.) On y observe aussi quelques roches secondaires , comme nous le dirons plus bas.
Le calcaire de transition de la partie inférieure
594 ni* PARTIEL DESCRIPTION DES TERRAINS, de cette yallée, savoir depuis Ldizenach et Pouech, appartient déjà à la bande septentrionale ; et il paraît, comme on vient de le dire, que les deux bandes se touchent et se confondent auprès d*j4ngoumer et à' A las.
Les montagnes de transition les plus élevées de cette contrée sont le pic de MonivaUier^ le mail de Boulard, le tue de Mauberme et le tue de Serrauto^ tous situés sur le faîte de la chaîne centrale.
Les roches de ces montagnes sont principalement du schiste argileux tfiicacé, et delà grauwacke schisteuse renfermant fréquemment des couches calcaires : ce calcaire est très souvent blanc et grenu ; mais on en trouve aussi qui est compacte, et d'un gris plus ou moins foncé, dans lequel on observe, quoique rarement, des entroques.
Depuis la vallée de Castillon la bande méridionale s'étend dans la vallée, de la Garonne en traversant le riche vallon dit la Bellongue^ et la vallée du Ger^ dont elle constitue toute la partie supérieure, depuis sa naissance jusqu'auprès du hameau de Lacm ( dépendant de la commune de Couledoux)^ où elle s'appuie contre le calcaire primitif (§• ii2.); car depuis Lacus jusqu'à Sengoaignet, le Ger a rompu à angle droit la chaîne primitive, en creusant une traiichée étroite et profonde.
La bande méridionale présente une largeur considérable dans la vallée de la Garonne ^ car elle constitue tout le terrain de transition de la partie supérieure de cette vallée depuis Saint-^Béat, et par
conséquent tout ce qu'on appelle la vallée d'jàrran, qui n^est autre chose que la partie espagnole de la haute yallée de la Garonne au-dessus du port du Roi.
A peu de distance au sud du défilé étroit creusé dans le calcaire primitif, et dont les parois escarpées dominent la petite ville de Saint-Béat, on trouve le schiste argileux, qui est souvent ferrugineux et mêlé de fer sulfuré, et dans lequel on observe des couches de calcaire amygdalin gris et rouge. (§• i5i.) Ce schiste continue jusque dans les environs du village de Bososte, où on aperçoit dans le sol de la vallée et dans la partie inférieure des montagnes qui la bordent, du granité, ou plutôt du gneiss à feuillets très minces, passant à Tétat de schiste micacé. La vallée a mis à découvert cette roche jusque dans les environs de las Bordes et de Benous.,3e présume même que le groupe de montagnes situé au nord-est de Benous, et dont le sommet le plus élevé est le pic d'Arrez, est formé de granité et de schiste micacé.
Depuis las Bordes la vallée tourne insensiblement à l'est, et depuis Viella jusqu'à Trédos sa direction est parfaitement de l'ouest à l'est, parallèlement à la direction des roches de cette contrée, lesquelles sont la continuation occidentale de celles qui composent les montagnes de la partie supérieure de la vallée de Paillas. Ces roches sont principalement du schiste argileux, de la grauwacke, du schiste à aiguiser et du calcaire.
Elles forment non seulement le sol de la vallée ,
396 IIP PARTIE. QESCRIPTION DES TERRAINS, mais toute la contrée située au sud de Fiella , de Cazarily d' parties, et de Salardun^ jusqu'auprès du faite de la chaîne centrale, où elle s'appuie contre le vaste massif granitique de la Maladeita^ qui est à peu de distance à l'ouest. ( §- 75.)
D est très vraisemblable que le terrain de transition se rencontre également sur la pente méridionale de cette longue protubérance, savoir vers l'extrémité inférieure de la vallée de Boy, et dans la partie moyenne de Idi vallée de Ribagorsana; car les roches intermédiaires des environs de Benasque dans la vallée de rEssera se trouvent, comme nous le dirons plus bas, sur le revers méridional de ce massif granitique, et ne peuvent être que la continuation occidentale de celles que je suppose exister dans les vallées de Boy et de Ribagorsana.
Il résulte de ce que nous. venons de dire, que la bande méridionale du terrain de transition constitue en général la partie supérieure de toutes les vallées du versant septentrional, depuis la vallée de CArriége^ jusqu'à celle de la Garonne. Mais elle forme aussi la partie supérieure des vallées correspondantes du versant méridional; ainsi les montagnessituées à. la naissance des vallées de Ferreray de Cardos et de Paillas, font toutes partie de cette bande de roches intermédiaires.
Je ne connais pas sa largeur du côté du sud, parce que je n'ai pas pu descendre assez bas dans ces vallées, à cause de la guerre malheureuse dont ces contrées intéressantes étaient alors le théâtre.
(c) Après avoir suivi les deux bandes du terrain de W Bande traosition dans la partie orientale des Pyrénées, °«ï« nous allons faire connaître leur marche dans la partie
occidentale
parlie occidentale de cette chaîne , en commen- des çaot par la bande septentrionale que nous avions abandonnée pour un moment dans la vallée de la Garonne.
La bande septentrionale du terrain de transition , s'étend de la vallée de la Garonne dans celle d' Jure 9 en formant vraisemblablement >, dans cet intervalle , la plupart des montagnes qui bordent la vallée de la Barousse.
Dans les environs d*Ârreau, chef-lieu de la vallée d'Aure, elle se confond avec la bande méridionale. Les roches dont elle est composée sont du calcaire compacte ( qui dans les environs de Sarancolin prés ente du très beau marbre diversement coloré (§. i5o. ), de la brèche calcaire et^du schiste argileux ardoise. A l'ouest de cette partie de hvatlée d'Aure^ la bande septentrionale du terrain de transition se prolonge dans la vallée de Campan. .
Elle constitue d'abord les montagnes qui séparent cette riante vallée de celle d'Aure ; cependant leurs cimes sont en partie couvertes de grès rouge, et peut-être de calcaire alpin , comme on l'observe à la montagne d'Areouso, et au col par lequel on
* J'ai àiivraiseniblablement, parce que je n'ai été que dans la partie supérieure de la vallée de la Barons se , dont les roches sont principalement du calcaire de transition qui prend assez souvent la structure amygdaline.
SgS IIP PARTIE. DESCRIPTION DES TERRAINS, passe d'Espiadet à Beyrede. La roche dominante dans la partie supérieure de la vallée , aux environs du col dit \di Hourquette d'Arrau^ est du schiste argileux.
Le calcaire gris cooipacte forme une énorme masse sur la rive droite de VAdour^ depuis Sainte-' Marie jusqu'au delà de la petite ville de Campan , où elle est coupée obliquement par la rivière.
La Pêne de Lheyris , montagne si fréquemment visitée par les baigneurs de Bagnères , et qui est voisine du village d'Asté^ fait partie de ce chaînon calcaire: le schiste argileux et le calcaire schisteux çont les roches dominantes des environs de Bagneres de Bigarre ^ et c'est d'elles que sortent les eaux thermales auxquelles cette jolie ville doit sa célébrité.
Le terrain primitif ne se montre dans cette vallée que dans les gorges qui se joignent à elle par son côté occidental , telles que les vallons de Grip , de JBeaudean et de VOussouet, dont le premier prend naissance dans le massif de roches primitives du pic du midi de Bigarre , et les deux autres au pied du pic de Mantaigu, qui est formé de schiste micacé, et fait partie du système de roches primitives du pic du midi. (§. 94 bis.) J'ajouterai que le gneiss perce le terrain de transition , sur une très petite étendue, entre Bagnères et Labassère; de plus, on trouve sur la rive droite de VAdaur^ à peu de distance au-dessus du pont de Pauzac, du calcaire jaunâtre à petits grains , contenant des cris-
taux de trémolithe ( amphibole blanche ) ; je n'ai pas pu examiner suffisamment cette roche pour pouvoir déterminer son gisement et l'époque de sa formation , mais je serais très porté à la croire primitive. (§. 112.)
Les roches intermédiaires passent de la vallée de Campan dans la vallée de Baréges ou de Lavedan , en faisant au nord une espèce d'enceinte autour dece massif de roches primitives, dont le Néouvielle et le pic du midi de Bigorre sont les cimes les plus élevées.
Le terrain de transition a dans cette contrée une étendue extrêmement considérable.
Les environs de Lourdes présentent de vastes montagnes formées de calcaire de transition, con* tenant quelquefois des couches épaisses de schiste argileux ardoise. Ce calcaire et ce schiste sont la continuation de ceux que l'on observe à Campan, à Bagneres , et à Labassère.
Le calcaire est la roche dominante jusqu'auprès d'^^rg-^/^i^; il contient quelquefois des belemnites^ des entroquesj et des corps d'une forme ovoïde, qui sont vraisemblablement des coquilles bivalves. La petite vallée d'Estrême de Salves est toute creusée dans cette roche.
Auprès A'Argelez^ le schiste argileux devient la roche dominante.
11 s'étend vers le sud, dans le sens de son épaisseur, jusqu'à l'entrée du bassin de Luz, formé par la réunion de la vallée du Bastan avec celle
4oo IIP PARTIE. DESCRIPTION DES TERRAINS, de Baréges. Là on trouve le schiste micacé et les autres roehes primitives formant la continuation occidentale du terrain primitif des environs des bains de Baréges; mais je n'ai pas pu déterminer la superposition des deux terrains.
Ce même schiste argileux , contenant des couches de calcaire compacte et de calcaire schisteux, constitue aussi les montagnes de la vallée de Cauterez, depuis son entrée à Pierre fitte jusqu'à Cauterez. La vallée d'Azuriy qui se joint également à celle de Baréges ^ dans le magnifique bassin d'Argelez , présente les mêmes rochers depuis son entrée jusqu'à Arrens^ et même, d'après les observations de M. Palassou , jusqu'au Saut d'Avadé. Ces roches sont principalement du schiste argileux à feuillets très minces, d'un gris verdâtre et d'une pâte très fine, du calcaire gris compacte, et du calcaire gris schisteux. Je n'y ai pas trouvé de calcaire à structure amygdaline ni de grauwacke.
A louest de la vallée de Baréges et de celle d'Azuîif la bande septentrionale se prolonge dans la belle vallée d'Ossau; elle constitue dans et intervalle les montagnes de la petite vallée d'Estrente de Salves^ déjà citée, toutes les basses montagnes situées entre cette vallée et la petite ville de Saint-Pé, et celles de la vallée d' Assort. Les montagnes des environs de Saint-Pé sont en général calcaires, ainsi que celles de la partie moyenne et de la partie inférieure de la vallée d' Assort. La
masse principale des montagnes qui dominent cette vallée à sa naissance (parmi lesquelles le pic de GabisoSf élevé de i3âo toises, est la plus remarquable), est du schiste argileux et du calcaire schisteux.
A l'ouest de la vallée d'Asson^ la bande septentrionale du terrain de transition présente une largeur fort considérable. Elle constitue non seulement les collines et basses montagnes qui se trouvent éparses dans la plaine , dans laquelle débouchent les vallées d'Ossau et d'Aspe; mais elle s'étend fort en avant dans la vallée d'Ossau, jusqu'à peu de distance au nord des bains dits les Eaux-Chaudes (^aiguës caudes).
Car depuis la petite ville à^Arudy, qui est à l'entrée de cette vallée, jusques un peu au delà de Gère, les montagnes sont généralement formées de calcaire compacte gris de cendre foncé, contenant rarement des bélemnites, des coquilles bivalves ^ et des débris d'autres corps marins.
Ce calcaire contient en outre des grandes masses d'un calcaire blanc grenu à petits grains, que l'on serait tenté de prendre pour du calcaire primitif, d'après ses caractères minéralogîques , si on n'avait pas égard à son gisement. (§. i52. )
On observe de grandes masses de cette roche, dans le pâturage élevé , dit la plaine de Benou , situé au fond du vallon de Billères^ et au pied du col de Marie Blanque.
Le calcaire de cette partie de la vallée d'Ossau
4oft IIP PARTIE. DBSCftIPTION DES TERRAINS. eoQtkDt en outre quelques puissantes couches de schiste atgUeuH , et il parait que c'est au milieu de ces couches plus destructibles que le ealciure « que les torrents qui descendent des montagnes de chaque côté de la vallée ont creusé leurs lits. Ainsi le vallon deBilléreSf sur la rive gauche du Gave, et celui du Castel ou de la Lau, sur la rive opposée 4 sont bordés de hautes montagnes calcaires, tandis que leur sol présente communément du schiste argileux é Au reste , on observe ce fait dans beaucoup de vallons dont la direction est parallèle à la stratification. Depuis Gère jusqu'auprès des Eaux'-Chaudeê , les couches de schiste argileux deviennent beaucoup plus fréquentes dans le cal-* caire , qui , pour le dire en passant , présente des variétés fort remarquables. Nous en avons fait mention au paragraphe i5â.
Aux bains dits les Eaux-Chaudes^ célèbres par leurs eaux thermales ^ qui , comfne toutes les eaux médicinales des Pyrénées , sout hydrosulfureuses ^ le granité succède au terrain de transition; il se montre d'abord dans le lit du Gavê, mais bientôt il s'élève vers le sud à une grande hauteur, en constituant }e pied et la partie moyenne des fiion-^ tagnes qui bordent la vallée ^ et sut les cimes dea^ quelles les roches intermédiaires se maintiennent. Le granité^ après avoir atteint la hauteur de 1473 toises » en formant la majestueuse aiguille du pic du midi d'Ossau (§. laS.), se cache totit à coup sous le terrain dé transition de la bande méridio-
TERRAINS DE TRANSITION. 4o3
Dâle, qui 4 comtne nous le diroos plus bal, forme eu grande partie les montagnes au fond de cette Tallée.
A. Touest de la vallée d'OsMu la bande s^tentrionale passe dans la vallée d'Aspe^ où elle s'unit et se confond complètement arec la bande méridia-» nale, n'étant plus déparées Tune de l'autre par la chaîne de roches primitires; car à l'ouest de la tallée d'Ossau , comme nous l'avons déjà dit plus haut^ le tetrain primitif reste constamment caché sous des roches plus modernes jusque dans le pays de Labourdj où dans les environs de Hellette de Maccaje et de Cambo, à cinq lieues de Bayonne* un petit système de montagnes granitiques s'élève comme une tle au milieu des roches intermédiaires et secondaires.
Toiite la vallée d'J$pe est creusée dans k terrain de transition} seulement les montagnes qui doini-^ nent cette vallée vers sa naissance présentent danli leur partie supérieure du grès roùgé. On trouve aussi dans cette vallée du grunstein secondaire dont nous parlerons plus bas.
Le ménie calcaire, compacte, gris de cendre plus ou moins foncé, que l'on remarque dans la partie inférieure de la vallée d'Ossau, constitue en^ core les montagnes de la vallée d*Aspe^ depuis dOn entrée judques un peu au delà du bassin de Bédok^. Ce calcaire est souvent argileux, principalement auprès d'^mtw et d^jàsasp et dans lés environs A^Oleron^ ville considérable située au confluent du
4o4 ni- PARTIE. DESCRIPTION DES TERRAINS. gave d*A$pe avec le gave d'Ossau. Il renferme fréquemmeDt des fossiles, parmi lesquels od remarque particulièrement des corps circulaires et ovoïdes d'une teinte beaucoup plus foncée que le calcaire qui les renferme, et qui paraissent être des coquilles bivalves. Elles sont très communes dans la montagne calcaire dite la Pêne d'Escot, où elles avaient été déjà observées par M. Palassou ". Elles sont parfaitement semblables à celles que Ton trouve dans la vallée d'Ossau, dans celle de Campan, et à Couledoux dans la vallée du Ger, etc.
Ce calcaire renferme plusieurs couches puissantes de schiste argileux qui sont communément dégradées et creusées en vallon par un torrent. En effet toutes les gorges qui aboutissent à cette vallée depuis son entrée jusqu'au Pont-d*Esquit offrent dans leur sol du schiste argileux et de la grauwacke schisteuse, tandis que les montagnes qui les bordent des deux côtés sont toutes calcaires.
De la vallée d'Aspe^ les roches intermédiaires s'étendent dans la vallée de Soûle, connue sous le nom du pays de Soule^ en formant dans ce trajet les montagnes qui bordent la petite vallée de Barétons. Quoique je n'aie pas moi-même visité la vallée de Barétons^ j'ai appris par M. Palassou que cette vallée présente les mêmes roches que la vallée d'Aspe, autant du moins que les forêts^ les fougères et les bruyères qui couvrent en grande partie cette contrée permettent de l'observer.
* Essais, etc., pag. 65.
TERRAINS DE TRANSITION. 4o5
La vallée de Soûle et les divers y allons qui y aboutissent sont vraisemblablement tous creusés dans des roches intermédiaires parmi lesquelles le calcaire argileux est la roche dominante. Seulement les montagnes de la région supérieure présentent des roches secondaires , et le terrain de transition est caché par des dépôts de grunstein sur plusieurs points de la partie moyenne de la vallée.
A l'ouest de la vallée de Soûle, le terrain de transition se prolonge dans les.vallées de Laurhibare, de Cize et de Louzaide^ dont l'ensemble est compris sous le nom de pays de Cize.
Il constitue sur cette ligne les basses montagnes qui occupent les environs de Sainp-Justj et en général tout le pays situé entre Mauléonet SainthJeanr Pied'de-PorU La fougère qui recouvre toute cette contrée de la Basiez-Navarre^ est un grand obstacle aux recherches du géognoste; cependant il parait que la roche dominante y est un calcaire argileux, souvent sablonneux , sali d ocre de fer, et divisé en strates peu épais. Cette roche appartient probablement à la dernière période de la formation intermédiaire.
Dans les vallées de Laurhibare, de Cize et de Loitzaidej les roches intermédiaires sont fréquemment cachées par des dépôts considérables de grès rouge et de trapp. C'est ce que l'on observe dans la région supérieure des deux premières vallées, et dans les environs de Saint- Jean-Pied-'de Port. A l'ouest de ces contrées , le terrain intermé-*
4o6 III* PÂETIfi. DESCRIPTION DES TERRAINS, diaire constitue une grande partie ( peut^bre plus de la moitié) des montagnes delà charmante DO^if^ de Baigorry. On le rencontre depuis Itz4$9i^ ju^ qu'à peu de distance de Bidaray^ où il se cacliç, sur une petite étendue, sous le grès rouge. Il rep^r rait un peu au delà de ce village » et continue jus^ qu'au bassin à'Ossez.
La grande et belle montagne dite Baigùura,9\Xviit sur la rive droite de la Nhe , est toute forméo de schiste argileux de transition , renfarmant d'épais* ses couches de quarz. Le sol du bassin d'O^s^s est en partie du grunstein. La base de la montagne d^OuiteUegui et de celle de lara , qui resserrent la vallée au delà du bassin à'Ossez est formée de roches intermédiaires. Le sol du bassin de Sain^ Etienne est presque tput occupé par des roches secondaires , qui sont du grès ronge auprès d'OMc* eoren et de Borshirietta y et du grunstein auprès d^Eiheraldia , Lei$par$ , Carricagaisiûa , Saint" Éiienne etMicheéienia. Mais les montagnes qui bordent la vallée de deux côtés sont composées de roches de transition (principalement de schiste argileux) jusqu'au delà de Bihurietta. Seulement la partie supérieure des montagnes qui bordent la vallée à l'ouest est formée de grès rouge. Je doute que le terrain de transition s'étende au delà du village des Aldude$; j'ai tout lieu de crpire que le terrain secondaire ( grès rouge) constitue les montagnes situées à la naissance de la vallée ; mais noyant pas pu les visiter moi-même , je n'ose pas
TERKAINS DE TAAN0ITIOM. 4^7
Tassarer. Les roches intermédiaires qui doiiiioent dans hivallée de Baigorry sont le schiste argileux et la grauwacke schisteuse.
J'ignore si le terrain de transition existe dans les vallées de Basîan et de la Bidaesûa , dernière Tallée des Pyrénées du côté de l'ouest ; mais il est très probable que ce terrain se rencontre également dans cette partie de la province de Quipuscoa.
(<Q Rapportons maintena nt la marche que la bande ménS^nlSe méridionale du terrain de transition suit dans la ' ^^l^l partie occidentale des Pyrénées ,. et terminons par o«cWenttic là l'indication des contrées dont le sol est formé PF*néei. par les roches inteit&édiaîres.
De la vaU^e d'Arran ou 4e la Garonne, la bande méridionale se prolonge dans la charmante vaUi^ éê Lachon.
La grauwacke commune repose immédiatement 8or le calcaire primitif et sur le granité, à son entrée auprès de Cierp. On voit bientôt succéder le schiste argileu]( alternant souvent avec des couches ^ais^ ses de calcaire gris ou rouge, à structure amygda*- * liqe (§. i5 1 .), et contenant rarement des enttoques et des hélemniten i il continue jusqu'à peu dedis*< tance de la vjlle de Bagnères. Dans ce trajet, le le|w rain primitif est constamment caché, à l'exception peut-être des environs de BourgaUi$> où il serait possible que le grianite perçât le terrain intermé* diaîre; car on trouve des blocs anguleux de cette roche, au pied de la montagne sur la pente de hi^ qoelle ce village est situé.
Tout près de Bagneres le terrain de transition a été enlevé par l'excayation de la vallée, et dans sa partie basse, les roches primitives ont été mises à découvert. Mais bientôt le granité, et surtout un schiste micacé passant au schiste argileux, s'élève jusqu'aux cimes des montagnes qui bordent la vallée, comme on l'observe au Portillon de Burbey à la montagne de Camp$aure sur la rive droite, et sur le côté gauche de la vallée, à Superbagnères , montagne sud sud-ouest de Bagnères, remarquable par la magnificence de la vue dont on jouit de son sommet.
Ces roches primitives disparaissent sous le terrain de transition à l'approche de Y hôpital de BagnèreSi mauvais cabaret établi aii fond de la vallée, au pied des montagnes qui forment le faite des- Pyrénées, pour la commodité des voyageurs qui traversent la chaîne par le port deBénasque. Le terrain de transition forme la chaîne centrale depuis le mail de Pouiê et le pic Fourcanato, jusqu'auprès du port de la Glère^ creusé dans le schiste micacé.
Le faîte de la chaîne centrale et sa pente septentrionale sontcomposésprincipalementde schiste argileux; mais sa pente méridionale présente des puissantes couches de calcaire grenu, veiné de blanc et de gris^ alternant tantôt avec des couches de grauwacke commune, ou de grauwacke schisteuse contenant des empreintes végétales, tantôt avec des couches minces de schiste argileux ardoise.
Ces roches forment en outre le sol de la vallette
de Bénasque qui n'est que la partie supérieure de la vallée de l'Essera^ et s*appuieQt au sud sur la pente septentrionale du massif granitique de la Maladetta, qui s*élève majestueusement en face de la chaîne centrale. Depuis la vallette de Bénasque ces roches s'étendent dans le sens de leur direction vers Touest nord-ouest, jusque dans le vallon sauvage dit Astos de Bénasque, en longeant le flanc méridional du massif primitif de Crabioulesy du port d'Oo, et du port de Clarabide^ qui, depuis le port de la Glère jusqu'en delà du port de Lapez > forme le faîte des Pyrénées.
Les environs de la ville de Bénasque sont formés de schiste argileux et de calcaire de transition jusqu'à Sahun, et peut-être encore plus bas. Ces roches se trouvent au sud du granité qui constitue le faîte de la chaîne centrale au sud à'Arties et de Viella, et qui se termine à la vallée de l'Essera après avoir formé la Maladetta. Cela me fait croire que le terrain de transition de la bande méridionale entoure de tous côtés ce long chaînon granitique.
Quittons ces intéressantes contrées del'Aragon, et revenons sur le versant septentrional.
La bande méridionale s'étend de la vallée de Luchon dans celles de Larboust et à'OueiL Dans la première le schiste argileux, la grauwacke commune et le calcaire constituent les montagnes depuis son entrée auprès de Bagnères jusqu'aux gorges de Madasoles et à'Esquiery, où on trouve les premières roches ( schiste talqueux ) du grand mas-
4io^Iir PARTIE. DB8GAIPTI0K DES TERRAINS flif primitif des montagnes du port êfOo. tM montagnes de la vattée d'Oueitéont toutes des roches intermédiaires parmi lesquelles on trouve le même calcaire rouge entrelacé de feuillets minces de schiste argileux que Ton observe auprès de Cierp>
A l'ouest de ces vallées le terrain de transition passe dans la vallée de Leuron^ et en constitue les montagnes depuis le petit bassin dit jàrtigoê-Lonr gue f à peu de distance au sud de LoudervielUi jusqu'auprès A'Arreau^ où la vallée se termine à celle de YAure. Sur tout ce trajet, on ne trouve de roches primitives qu'à Brodèret , où le granité a été mis à découvert surune petite étendue dans la partie basse de la vallée. Les montagnes situées au sud A^ArUgue-Lengue sont du granité et du schiste mio cacé qui , au port de Lapez ^ forment le fatte de la chaîne centrale.
La roche dominante de la vallée de Leur&n est le schiste argileux.
De la vallée de Louron le terrain intermédiaire se prolonge à l'ouest dans la vallée d'Aure. Non seulement il constitue les montagnes qui bordent la vallée depuis Arreau jusqu'à son extrémité supérieure au port de Bielsa, ou plutôt au port de Baroussette^ mais même on reconnaît que les gorge» qui aboutissent à cette vallée sur son côté gauche, en prenant naissance sur le faîte de la chaîne centrale, sont aussi toutes creusées dans ce terrain. Seulement les gorges A'Azet ou de Rioumajou présentent dans leur partie supérieure du schiste mf-
TERRAINS DE TRANSITION. 4ii
caeé primitif, qui est la oontinuation occideotale de celui qur fbrine le faite de la chaioe centrale au port de Lapez 9 au fond de la vatlée de Louron.
Les yalloDS qui se joignent à la vailée d^Aure sur son cdté gauche prennent tous naissance dans rénorme massif de roches primitives qui s'élèfe entre cette yallée et celle àxxBastan^ et dont le som-* met le plus élevé est le Néouvielle.
Le chaînon de hautes montagnes qui sépare le vaUon de Couplan de celui de Badet^ par lequel on passe, soit pour se rendre par le port 4'AçuiUa à Héas, soit pour aller à Gidre dans }a vallée de Ba^ Tiges 9 par le port de Cambiel, présente les cimes les plus élevées du terrain de transition des Pyré* nées; car le Pic-Long, élevé de 1668 toises, fait partie de ce chaînon, dont la base est du granité.
Les roches intermédiaires que Ton trouve au dessous à'Arreau font partie de la bande septentrionale , car ces deux bandes se touchent entre Arreau et Sarancolin. Les roches de la partie su*périeure de la vaiiée d'Aure sont principalement du schiste argileux et de la grauirad^e schisteuf e.
Le calcaire y est moins fréqueqt que dans les autres parties de la bande méridionale.
Les vallées oorrespoadantes à la vallée d'Auresur le versant méridional des Pyrénées, sont la vallée de Qistau ou Gistain, et celle de Bieba on d^ ta Cinca. Le terrain de transition s'étend aussi dana la partie supérieure de ces deux vallées, mais il est peu répandu dans Tune et dans Vautre ; car, près de
4 1 a IIP PARTIE. DESCRIPTION DES TERRAINS. la naissance des deux vallées, il est en grande partie détruit, ne présentant pour ainsi dire que de grands lambeaux qui recouvrent le granité; de là, plus au sud et vers la partie moyenne de ces vallées, il se cache sous les énormes dépôts de roches secondaires qui, à l'ouest de Bielsa au fond de la petite vallée de Pinède^ forment le Mont-Perdu et le faîte même de la chaîne centrale.
A l'ouest de la partie supérieure de la vallée d'Aure, la bande méridionale du terrain de transition passe par les petites vallées de Héas et d'£jtaàbé, dans la grande vallée de Baréges.
Un schiste argileux très souvent carburé et une grauv^acke schisteuse, alternant avec des couches fort épaisses de calcaire, constituent toute la partie supérieure des hautes montagnes qui bordent la vallée de Héas, tels^ue les tours d'Aiguilbn^ la montagne de Troumouse^ connue des Espagnols sous le nom de Piedra-^Mala^ laquelle forme l'enceinte de ce beau ^cirque dont il a été fait mention plus haut (§• 19O; <^^ roches forment également le port de la Canau, le mont Herrant ou pic d'Agudesy etc. La partie inférieure de ces montagnes et le sol de la vallée sont de granité. (§. 18.)
Le chaînon qui sépare la vallée de Héas de celle d*Estaubé est formé des mêmes roches intermédiaires, qui, en traversant ce vallon, s'appuient sur la pente orientale du Coumelie et du Pimené, qui s'élèvent entre ce vallon et la partie supérieure de la vallée de Baréges, Le fond de la vallée d'Estaubé
est formé de roches secondaires proprement dîtes (calcaire alpin ). Ces roches reposent sur le terrain de transition, et la ligne de superposition des deux terrains passe par deux points situés Tun entre le port VietJLx et le port de Pinède , et l'autre entre la brèche d'AUanz et le pic d'Astazou.
Dans la vallée de Baréges , dont les valbns de Héa$ et d'Estaubé ne sont que des ramifications, le terrain de transition de la bande méridionale n'offre pas une grande étendue. On lobserve dans le sens de son épaisseur depuis le monticule dit la SarrcHlu-Ven^ au dessous de Gèdre, jusque presque à l'entrée du cirque ou Ouïe de Gavarnie.
A Gèdre, le calcaire de transition se trouve dans le bas de la vallée; mais depuis ce village jusqu'à peu de> distance au delà de Gavarnie^ les roches intermédiaires ne se rencontrent qu'à une certaine élévation au dessus du gave; l'excavation de la vallée a misa découvert le granité qui fait partie du massif granitique du Pimené et de celui d^Estoms^ au fond de la gorge sauvage de Lutour. Ce n'est qu'à peu de distance au sud de Gavarnie que ces roches redescendent dans le sol de la vallée, mais pour se soustraire bientôt aux recherches de l'observateur en se plongeant sous l'immense dépôt de calcaire alpin du Marboré.
A l'ouest de la région supérieure de la vallée de Baréges, les roches intermédiaires constituent en grande partie les montagnes de la petite vallée d'Ossoue et toutes celles du vallon d'Espessières et
4 14 m* PARTIE. DESCniPtlON DES TERRAINS, de celui de Poeyespéf d'où elles s'élèretit jusqu'au faite de la chaîne centrale, et s'étendent sur le yer-* sant méridionaL Elles forment le faite de la chainft centrale depuis le port de Gavamie ou de Boucharo jusqu'au delà du pie Btemô^ et recoufrent mém6 en partie l'éftoraie massif granitique de Vign^ MaU. (S- 750
Les roches intermédiaires de cette contrée sont^ principalement, un calcaire tantôt gfis et com« pacte , tantôt blàno et grenu à très petits grains, contenant peu de corps marins , tels que des bi^ temnitegf des madrépores et des eniroqnet; uH schiste argileux fréqueknment carburé; la gràii^' wàcke commune à très petits fragments, etlagr&uwacke schisteuse renfermant des empreinUs végé^ tatês.
Je n'ose pas affirmer que la bande méridionale s'étende dans la tcdlie de Cauterez et dans celle d*jàzunj parce que je n'ai pas remonté ces deux vallées jusqu'à leur naissance, auprès du faîte deit chaîne centrale. Les rocher intermédiaires que j'ai reconnues dans la partie inférieure de ces deux tallées appartiennent à la bande septentrionale, comme nous l'avons dit plus haut Cependant j'ai tout lieu de présumer que la bande méridionale constitue des montagnes au fond de la vaitée d'At^kn ; car M. Palassou a observé du marbre gris au sud du granité du Im de Suyen% et j*ai trouvé,
^ Essais j etc. , pag. i5!t.
TERRAINS DE TRANSITION^ 4i5
aa fond de la valtée d'Os$aa^ des roches intermédiaires qui ne peuvent être que le prolongement oecidental de cellet de la valUe d'Azun^ et qui, par conséquent, feraient partie de la bande méridio^ oale. En effet le calcaire qui constitue en grande partie les montagnes du faite delà chaîne centrale^ à peu de distance au sud de la mafcstaeuae pjra-^ mide granitique^ dite le pic da midi d'Ouau^ est de transition^ et présente la pluâ^grande analogie avec le calcaire des rochers qui dominent au nordouest Textiréaiité supérieure du vallon des Espe^^ iiiresprèè de Gavïàmit. J*ai même observé dans la montagne de sohiste carbufé et de ealcaire argileux qui s'élève au pied de ce superbe pio, entre la plaine d'Aneou et le vallon de Pombiêj de la grau» wacke commune à très petits fragments, et de la grauwaeke schisteuse contenant des empréinièBvé* gitaki , absolument semblables à celtes que Ton tttuve en remontant le vallon du Poeyeêbi pour alkr au pori de QavarrUe.
J'ai trouvé encore ces mêmes roches auprès du càl i*Aneeu^ et dans la plaine de Biue au nord^ ouest du pic.
A l'ouest àt la vallée d'Ossau^ la bande mérin dionale s'étend dans la vallée d'Aspe^ oix elle se confond complètement avec la blinde septentrion nale et ne forme avec elle qu'une seule masse, dont nous avons indiqué le prolongement jusqu'à l'extrémité occidentale de la chaîne des Pyrénées.
Forme des montagnes du terrain
de transition.
4i6 IIP PARTIE. DESCRIPTION DES TERRAINS.
§. 166. La forme et l'aspect des montagnes du terrain de transition varient selon la nature de la roche qui les compose, ou qui j domine, et selon leur position par rapport à la chaîne centrale.
Les montagnes formées principalementde schiste argileux et de grauwacke schisteuse présentent ordinairement une forme allongée, des sommités arrondies, des pentes douces, uniformes et recouyertes de terre végétale , qui , si les autres circonstances sont favorables, offrent une végétation vigoureuse. Les montagnes de la vallée d'Oueily celles des environs du port de Peyresourde dans la vuUée de Larboust , et de Sainte-Marie dans la vallée de^Campan^ etc. , présentent cette disposition d'une manière très marquée.
Mais lorsque ces montagnes sont fort élevées, et qu'elles font partie des hautes régions rapprochées du faîte des Pyrénées, leur aspect est bien différent. Leur sommité est alors une arête tranchante et hérissée de pics et de rochers nus; leurs pentes sont rapides , pelées , sillonnées par de profonds ravins, et coupées par des escarpements; le pied de ces montagnes et les talus qui séparent les escarpements sont jonchés de débris. En général les montagnes schisteuses de ia haute région des Pyrénées présentent un aspect de décrépitude et de dégradation remarquable , dont la cause principale doit être attribuée aux pyrites qui se trouvent disséminées dans ces sortes de roches, substance qui, par la facilité avec laquelle clic se
décompose, hâte singulièrement la destruction des roches dans lesquelles elle se trouve. On ob* serve ce phénomène dans toutes les parties des Pyrénées dans lesquelles le schiste argileux constitue de hautes montagnes. Je citerai pour exemple les environs du port d*Uttou, du port de Bénasque^dn port de Cambiet, entre la vallée de Baréges et celle ^Awré^ etc.
Les montagnes calcaires de transition présentent ordinairement des grandes masses de formes très variées^ Leurs pentes sont rarement uniformes; elles sont communément interrompues par quelques escarpements, qui cependant ne sont pas aussi grands ni aussi réguliers que ceux des montagnes calcaires secondaires.
On ne remarque pas non plus dans les montagnes calcaires de transition , cette stérilité extraordinaire qui caractérise les montagnes formées par le calcaire primitif. (§. 1 13.) Partout où la déclivité du sol ne porte pas obstacle à la formation et à la conservation de Vhxmm^ et où les influences météoriques ne sont pas contraires à la végétation , ces montagnes sont embellies par une végétation vigoureuse. La cause de ce phénomène est due à la qualité du terreau résultant de la décomposition de la roche.
Le calcaire de transition , contenant dans les Pyrénées beaucoup plusde parties argileuses etsiliceuses, et de carbone libre, que le calcaire primitif, doit produire un kivmm très propre à nourrir des végétaux.
4iB IIP PARTIE. DESCRIPTION DES TERRAINS.
Réiumé. g^ 167. Jetermînecechapitreenrésumantlesprin-
cipaux faits géognostiques qui y ont été rapportés.
l^ Les roches de traosition ou intermédiaires
constituent le terrain le plus étendu des Pyrénées.
2^ Ces roches sont, dans l'ordre de leur plus grande fréquence , le schiste argileux , le calcaire, la brèche calcaire, la grauwacke schisteuse, la grauwacke commune , et le quarz compacte.
3°. Le schiste argileux et le calcaire sont les roches dominantes dans ce terrain. (§. i^3. )
4^ Les variétés principales du schiste argileux sont: le schiste argileux ordinaire (§. i44-)' ^^ schiste argileux ardoise (§. i45-) » '^ schiste argileux micacé (§. i4t)-)» ^* '^ schiste argileux terreux. (§. 147.)
5*. Les variétés principales du calcaire sont, le calcaire compacte (§. i5o. ), le calcaire schisteux (§. 1 5 1.), et le calcaire grenu. (§. iSa.)
6°. La brèche calcaire est communément subordonnée au calcaire. §. i53.)
7^ Le quarz du terrain de transition constitue uue variété particulière désignée par M. Brochant, par le nom de ^/uarz compacte; il est communément subordonné au schiste argileux. (§. i54-)
8*, La grauwacte commune est peu répandue dans les Pyrénées, et toujours subordonnée au schiste argileux. (§. i55.)
ç)°. La grauwacke schisteuse y est plus roni-
mune , et également subordonnée au schiste argileux. (§. i56.)
1 0'. Les couches ou masses étrangères subordonnées aux principales roches du terrain de transition, sont , le schiste à aiguiser, le schiste alumineux , le schiste argileux graphique , Tanthracite , le schiste siliceux , le feldspath compacte , le porphyre à base de feldspath, le grunstein commun, la stéatite endurcie , le gypse, le fer hydraté, et le fer spathique. (§. 157,)
1 1*. Les minéraux qui accompagnent accidentellement les roches intermédiaires sont , le dîpyre , l'amphibole, la macle, le quarz cristallisé, le fer sulfuré ordinaire , le fer sulfuré blanc , le fer spathique, le plomb sulfuré, et le zinc sulfuré. (8-» 58.)
l2^ Il y a des gîtes de minerais en couches ou en filons dans le terrain de transition ; les minerais qui forment des couches sont, le fer hydraté compacte, le fer hydraté fibreux , et le- fer spathique. On les trouve ordinairement dans le calcaire. Les métaux observés dans des filons sont le fer, le plomb, le cuivre , le zinc, Tantimoine, le manganèse, le cobalt 9 le bismuth, le nickel, et Tarsenic. Les gangues qui accompagnent ces métaux sont du quarz, de la chaux carbonatée , de la chaux fluatée et de la baryte sulfatée.
Les couches sont les seuls gites que Ton exploite avec avantage : les filons sont trop pauvres et trop
4ao IIP PARTIE. DESCRIPTION DES TERRAIS, peu étendus pour couvrir les frais de leur exploitation. (S- ïSg.)
1 3^ Le terrain de transition contient des débris ' de corps organisés ^ soit d'animaux, soit devégétaux. Les débris d'animaux se rencontrent ordinairement dans les roches calcaires ; ceux de végétaux sont particuliers au schiste argileux et à la grauwacke schisteuse. (§• 160.)
i4^ Le calcaire renferme un grand nombre de grottes. (§. 161.)
I5^ Le terrain de transition est le résultat d'une seule formation , qui a suivi celle du terrain primitif; l'espace de temps qui s'est écoulé entre ces deux formations paraît avoir été fort considérable. (§. .6a.)
l6^ Ce terrain atteint au pic Long la hauteur de 1668 toises. (§. i63.)
1 7*. Le terrain de transition forme deux bandes qui s'étendent de Test-sud-est à l'ouest-nord-ouest, étant séparées par la bande de roches primitives; cependant elles se touchent et se confondent sur plusieurs points. (§. 164O
i8*. La bande septentrionale des roches intermédiaires constitue la plupart des montagnes de la région moyenne et de la région inférieure des vallées françaises. La bande méridionale constitue en beaucoup d'endroits le faîte de la chaîne centrale , et la région supérieure des vallées espagnoles, principalement dans la moitié orientale des Pyré* nées. (§. 165.)
TEEEAIT9S SECONDAIRES. Grés rouge. 4a i 19*. La fonne et l'aspect des montagnes du terrain de transition yarient beaucoup , étant dépendants de la nature de la roche qui les constitue , de leur élévation , et de leur position par rapport i la chaîne centrale. (§. 166.)