‹ Essai, sur la constitution géognostique des PyrénéesChapitre 23 sur 36 · Du soufre. AiXpTè$ de la prise d'eaU delà forge de · texte numérisé non relu

Du soufre. AiXpTè$ de la prise d'eaU delà forge de

Biehaf dans la vatUede la Cincaj j*ai trouvé depeti^

tes masses de soufre d'un beau îauhe;empâtées daixs)

u^gros bloicide ealcaîrealpiû rempli dé Joasiles. tes.

montagnes qui erîvirojinejatt.cet endfQJt s(>ot,tQtNte3

formées decakairealpijQ' . i . ,.

5^ Da/&r^tt//Ur^> et, : :r . ,

4 • Du cuivre pyriteux. Ces deu;^ substances, pdoQÎr,

paleiaeaik fersuJfuré, ^ Irou^ept fréquemment

diaséaiii)Qei.ei»polUQi paAtie^.dpiisie calcaire.alpin.

§• i:94^.Leèal(»îrGalpin'propi!eiiieQtditne m'a GUei

point offert iole dépôts de substancçs tnétaUiquesf» miDeraii.

ma ië celui qui mé' parait se tappioeber ihxeedcaire

du Jura contiei;kt des oouche»»d€5inm^ de fer m

grains, au «le ferjosydà ghbiMforme. Ce mioerar

se pré&ente a<>JU&> laljfarme de giobùles' sphériquegf

(Ml ovxiïdes depaif^detiTt jusqu'à buit lignes de dla-

iDÀtre ; leur «socfteuresl; d.'uu brun itougeâhre (H»

jaunâtre ^ et ils sont aggiutinésrpai.untoiaieDt cai*^

eaire.€rt^feivugtn«Njx* Quelques unfs^de êtes, grainf

dont la casKurie ei»t.testacéexanoentrique , tmt ion

petit noyau d ocre de fer. • /

' La terre calcaire entre en préportions très varia^-v

bie» •, TW>ri seulement dans la composition du ci--

ment , mais aussi dans celles des globules. 11 arrive

464 Itr PAATIË. LI^SCAIPTION DES 1 BEHAINS. )K>uvèiiï que les parties calcaires domiûeDt tellement sur l'oxyde de fer que ce mioéral ne peut plu»^tre TtiDgé parmi les mines de fer ,i mais qu'il passe complètement à rétat de Toolitbe ou chaux carbQoatée globuliformre iestacée..Oû pêpt très bien observer ce passage sorVétendiied'uiiâ même couche* Ai a^i^couobedjs mine défer âi grains qui supporte immédiatement la couche de houille au roc de Cassalet (§• 192;), est sur certains points passablement riche en fer, tandis qu'à peu de distance de là, ce n'est plus qu'une Teritable oolithe [dus ou mioins ferru^nense. '

On troMve deâ couches de cette substance non: seulfuûQent ^v^roèdeVassàiets mais acissi auprès du vieux château de Roquefixade, et à la montagne du Sauveur près de la ville de Foix. Â jug^r par la quantité de fragfii€lits.cte cette mine de fér qu'on trouYedaûs led teires labourées ; des: commiioes de Rimant et dé Leiûure , il est très? probable que le calcaihe. qui constîièie le i$oI de^ ced, eèatrées con-; tient légalement des ^couches dei o&ikt substance.

Ce ihinerai est en général trop paqvire-pour être exploité avec avantage, surtout 4aBs on pays oà les bois sont Tases \ cependant les tas de scories que l'on remarquie en^plusî^urs eadroits do terril toirede la communedeLfSciir^^ semblent indiquer que l'on a travaillé ce minerai à. une, époque très reculée, où probablement les fi^réts n'étaient. pas encore aussv dévastées qu'elles* le sont: au jour^^

TERRAINS SECONDAIRES. Calcaire alpin. 465 §. 1 95. Le terrain de calcaire alpin contient beau- Débris coup de débris de corps organisés; mais, comme je corps i'ai déjà annoncé, à l'époque où je voyageais dans ^'^ les Pyrénées, j'étais trop peu versé dans la connaissance des fossiles pour être en état de déterminer et de décrire ceux (|ue je rencontrais ; je me bornerai donc à donner quelques indications générales de ceux que j'ai observés dans le calcaire alpin. Ces fossiles sont des mollusques marins univalves et bivalves, des zoophytes ou polypiers et des numismales. Je n'ai jamais trouvé dans ce terrain des débris d'ossements, quoique je les aie chercbés avec beaucoup de soin dans les lieux mêmes où on prétend en avoir découvert. Je n'y ai trouvé que ces quarz néopètres décrits(§. 1 93.), auxquels le basard avait donné quelquefois une configuration semblable à celle d'un os. Les empreintes végétales, si communes dans quelques rocbes du terrain de transition (grauwacke schisteuse), manquent complètement dans le calcaire alpin.

Il est superflu de dire que ces fossiles ne se trouvent pas en égale abondance dans tout le terrain dont nous parlons, et qu'il y a des coucbes qui paraissent en être entièrement privées.

Les montagnes de calcaire alpin , qui semblent être les plus riches en pétrifications, sont celles du voisinage du Mont - Perdu. M. Picot de Lapeyrouse et M. Ramond y ont découvert un grand

466 IIP PARTIE. DESCRIPTION DJ5S TEE&AINS. nombre d'espèces , pfirmi lesquelles ils en ont reconnu plusieurs entièrement nouvelles '.

Les montagnes à Test du part de Sahun^ entre la vallée de la Cinça et celle de YEêseray contiennent aussi beaucoup de fossiles , parmi lesquels on en trouve de fort bien conservés. Les environs de Lescure et de Rimant offrent également de fort belles pétrifications; j'y ai trouvé des terébratules et des cornes d'Ammon en très bon état , ce qui est assez rare dans les Pyrénées.

Je présume que le calcaire des environs de Bennea près à'Aleih^ dans le département de VAude, dans lequel M. Picot de Lapeyrouse a découvert un grand nombre de mollusques marins , dont plusieurs sont nouveaux , appartient au terrain de calcaire du Jura *.

Groucs. §• 196. A l'exception des larges et profondes crevasses qui, quelqueiois, traversent perpendiculairement les strates du calcaire alpin, comme par exemple à la plaine de Millariê^ sur le revers méridional du Marboréy je n'ai pas connaissance que ce terrain renferme dans les Pyrénées de véritables grottes si cx^mmunes dans le calcaire de transition de la même chaîne. Cependant, d'après

1 Journal des Mines ^ Q° 57^ pag. 39, et n SS, pag. 32 1 . Foyiir ges €ui Mont-Perdu,

* Description de plusieurs espèces nouyeUes iVorihocératUes et d'ostracUes, par M. Picot de Lapeyrouse; à Erlangen, ij^h in-folio, avec fig. enluminées.

TERRAINS SECONDAIRES. Caicaire alpùu 467 le rapport de quelques habitants de Torla dans la vallée de BroUo, et de SarabiUo dans la vallée de Gistain , il parait qu'il y a plusieurs grottes très Yastes dans le Toisinage de ces deux endroits, les^ quelles se trouvent dans une contrée entièrement formée de calcaire alpin.

Le calcaire de la partie basse du département de rjrriége , et que je crois être du calcaire du Jura (S* ^ ^7*) ' renferme une magnifique grotte, à peu de distance au sud du bourg de Maz d'Azile entre Saint-Girofu et Pamiers. Elle a environ 1 000 toises de longueur , i5o pieds de largeur, et 4o pieds de hauteur. Elle est ouverte aux deux extrémités, et une petite rivière , la Larize , la traverse dans toute sa longueur.

§. 197. Partout où on peut observer la partie Age inférieure du calcaire alpin , on remarque qu'il re- du pose sur le grès rouge (§. 168 et suiv.); cepen- *^™" dant le calcaire alpin qui constitue les murailles ^^p,v^ de rochers qui entourent la Houle du Marhoré , et celle d'Estaubé, semble reposer immédiatement sur des roches de transition ; mais il est encore permis de douter que ce gisement soit une excep* tion à la règle générale. Il est tiès possible que le grès rouge existe encore ici entre le calcaire alpin et les roches de transition, mais qu'il n'y forme qu'une couche très mince qui peut échapper très facilement à l'observation au milieu de ces masses gigantesques. Plusieurs faits rendent cette conjec-

468 IIP PARTIE. DESCRIPTION DES TERRAINS, ture fort probable : d'abord on remarque quelques blocs de grès rouge parmi les débris de roches calcaires dont le sol de la Houle du Marboré et de celle ^'E^iaubé est jonché* En outre, à peu de distance à Test de cette dernière , on remarque , dans le quartier de montagne dit la Lary^ le giès rouge en place supportant le calcaire alpin.

Dans les lieux où le sol est suffisamment à découvert pour pouvoir bien observer la superposition du calcaire alpin sur le grès rouge, on reconnaît un parallélisme parfait entre les strates de ces deux roches , d'où on doit conclure qu'il n'y a point eu d'intervalle entre les formations de ces deux roches , mais que celle du calcaire alpin a immédiatement succédé à celle du grès rouge.

On peut très bien observer cette superposition du calcaire alpin sur le grès rouge et le parallélisme entre leurs strates^ à peu de distance au sud du port de Sahun , dans la partie de la vallée de Gisiain^ qui est comprise entre le village de Plan et le défilé étroit que l'on passe pour aller à Sarabille; en beaucoup d'endroits des environs de Bielsa , dans la vallée de la Cinca; au sud-est du €o/ des Moines^ en allant verd le quartier de montagne dit la Canau Rouge, au fond de la vallée d'Ossau; au pied septentrional de la montagne de Garrié , à l'est de Saint-Giroiis , etc.

Dispositions 8- *9*' Le terrain de calcaire alpin constitue àetetl^Q, deux bandcs au nord et au sud de la chaîne primî-

TERRAINS SECONDAIRES. Calcaire alpin. 469 tiTe; elles en sont séparées par les bandes de transition et celles du grès rouge.

La bande méridionale présente une largeur beaucoup plus grande que la bande septentrionale. Car> entre la vallée de Gistain et celle de Brotto^ dans le royaume de Id^Haute-Navarrej le calcaire alpin recouvre tout le versant méridional de cette partie des Pyrénées , et atteint le faîte de la chaîne centrale en plusieurs endroits. J'ai même lieu de croire que ce terrain constitue en grande partie les sommités de la plupart des montagnes situées sur le versant méridional entre la vallée de Brotto et celle de Roncal. Mais à Test de la vallée de Gistain^ auprès du port de Sahun, il s'éloigne considérablement du faite de la cbaine centrale en se dirigeant au sud pour faire le tour des vastes massifs granitiques de la Maladetia , du part de Vi$lla , de celui de Caldès , etc. , et des dépôts de roches de transition qui recouvrent la pente méridionale de ces protubérances primitives. Mais comme la guerre m'a empêché de visiter les contrées de Vj^ragon et de la Catalogne dans 'lesquelles ce terrain se prolonge, je ne saurais indiquer la disposition que le calcaire alpin y présente.

La bande septentrionale ne se rencontre qu'au pied des Pyrénées , en formant en grande partiç les collines et les basses montagnes par lesquelles les chaînons transversaux qui séparent les vallées les unes des autres se terminent et se perdent dans |a plaine qui précède les Pyrénées 2|u nord* Ellp

470 III PARTIE. DESCRIPTION DES TERRAINS, n atteint en aucun endroit le faîte de la chaîne centrale , mais elle en reste toujours à une très grande distance au nord. Sa labeur est donc beaucoup moindre que celle de la bande méridionale ; mais si nous nous rappelons que le grès rouge du Tersant septentrional constitue ordinairement des dépôts isolés sur le faîte des chaînons de montagnes qui séparent les vallées entre elles , et que tout porte à croire que ces dépôts avaient forme originairement une seule masse continue , il est permis de présumer que le calcaire alpin a eu aussi une disposition semblable , qu'il a recouvert tout le versant septentrional , mais qu'il y a été en grande partie détruit par les révolutions qui ont opéré TexcaTation des vallées actuelles.

Élévation g^ igg. Le calcairc alpin de la bande sepienterrain, trioualc u'attcint point une hauteur considérable; il ne forme que les basses montagnes par lesquelles les Pyrénées se perdent dans les plaines du Languedoc et de la Gascogne ; mais la bande méridibbale s'élève à une hauteur considérable. C'est elle qui, à peu J)rès au céfitre de la chaîne, constitue le faîte des Pyrénées , car c'est elle qui forme le Mont-Perdu, qu'on a cru long-temps être la sommité la plus élevée de toute la chaîne, et dont l'élévation, comme on le sait, est de 1763 toises.

Étendue §.5100. Le terrain de calcaire alpin sc trouvant locaiitéB. sur les deux versants de la chaîne des Pyrénées

TERRAINS SECONDAIRES. Calcaire alpin. 471 (§. 198.), j'indiquerai en premier lieu les eoatFées dans lesquelles on Tobserve du côté de la France.

Si on se rappelle que dans les vallées du Tech et de la Tita^ à Textrémité orientale des Pyrénées, le terrain primitif est généralement à découvert) que les roches de transition ne s'y trouvent qu'en masses isoléesetpeu étendues, seulement pour attester leur ancienne existence, et que le grès rouge y a entièrement disparu^ on ne doit pas s'attendre à trouver dans ces contrées le calcaire alpin , qui , étant supé* rieur à toutes ces roches» y aura subi une destruction complète. En effet, je n^ai point observé de calcaire alpin dans ces vallées; mais, d'après les observations de M. Picot de Lapeyrouse, ce terrain est très étendu aU nord de cette partie du Roussillon, en constituant en grande partie le système de montagnes connu sous le nom des CoT" bières. C'est dans ce terrain • aux environs de Renness que ce naturaliste a décou? ert ces belles espèces d'orihacératites et d'oitracites , dont il a donné les figures et la description dans l'ouvrage que nous avons cité plus haut. (§. 196.)

Ce terrain, formé dans ses couches inférieures par le calcaire alpin proprement dit, et dans ses couches supérieures par ce calcaire jaunâtre compacte, quelquefois oolithique, que j'ai désigné par le nom de calcaire du Jura^ s'étend depuis les Corbières jusque dans la vallée de l'Aude^ où je l'ai observé, un peu au dessous de Quillan. B parait que la vallée, de ce point jusqu'à son débou-

473 IIP PARTIE. DESCRIPTION DES TERRAIS, ché dans la plaine, est entièrement creusée dans ce terrain.

Il se prolonge à Touest , depuis la vaUée de VJluie^ par la vallée de l* Arriége, dans celle du Sallat, en formant une bande de deux à trois lieues de largeur. La limite méridionale de cette bande se troure à peu près dans la direction d'une ligne qui passe par Quillany Nabias^ Bellesia^ Nalzerij Monigaillardy Foix, La, Bastide ^ Rimont et Taurignarif sur les bords du Sallat. Je ne saurais indiquer d'une manière exacte la limite septentrionale de cette bande, qui se perd au nord sous les attérissements et les roches de transport de la plaine. Je dirai seulement que les communes de Chalabrej de la Roifue d'Olmes, de Varilhes^ de Pailhesy de Montbrun et de Touille se trouvent vers cette limite.

 l^uest de la vallée de Sallatj cette bande se prolonge jusque dans la vallée d'Aure, suivant constamment la direction de l'est ^d^st à l'ouest nord-ouest. Elle constitue sur ce trajet les basses montagnes à l'entrée de la vallée de la Garonne. A l'ouest de Saraneolin, le calcaire alpin forme en partie le faite du chaînon de montagnes qui sépare cette partie de la vallée d' Jure de celle de Campan. C'est la plus grande élévation à laquelle j'ai trouvé le calcaire alpin sur le versant septentrional. U y repose sur le grès rouge qui, à peu de distance au sud, forme la montagne d!Auréousse. ( §^

TERRAINS SECONDAIRES. Calcaire alpin. 473

A l'ouest >ie la vallée d'Aure^ je n'ai pu retrouver ce terrain qu'aux environs de Navarreins dans le Béarn. Je ne doute pas néanmoins qu'il n'existe aussi dans l'intervalle qui sépare ces deux contrées; mais il doit s'y trouver complètement au pied des montagnes, et y être recouvert par les alluvions et les roches de transport qui forment le sol de la plaine.

De Navarreim cette bande calcaire se prolonge jusqu'à rOcéan dont elle forme la côte, depuis Biaritz, près de l'embouchure de YAdour^ jusqu'au delà de Sainte ean-de^Luz.

Son étendue dans cette partie de la Basse-Navarre est très considérable ; elle constitue le sol des environs de Saint-Paltais , d'où elle s'étend même jusque près de Saint-Jean-Pied-de-Port; les collines couvertes de fougères des environs d'Armendaritz, de Meharin^ d'Hisparen et A'Ustaritz^ sont formées de ce terrain, qui est ici composé principalement de calcaire argileux, de marne, de grès et d'argile schisteuse.

Indiquons maintenant les contrées dans lesquelles on observe le calcaire alpin sur le versant méridional des Pyrénées.

D'après les observations de M. Gordier, le calcaire alpin se trouve à Cardonne^ à environ quatorze lieues du faite de la chaîne centrale des Pyrénées, et constitue une grande partie du sol de la Catalogne' .

Voyez la description intéressante que ce savant a donnée du

fr

474 lU^ PARTIE. DESCRIPTION DES TfiâlAISS.

Il est très vraisemblable que ce terrain s'étend depuis Cardonne jusqu'à la vdUée d'Essera , où il constitue la partie supérieure du chaînon de montagnes qui borde cette yallée à l'ouest, depuis le village de Sahun jusqu'au dessou3 de la ville de Catnho.

Plusieurs comidérations viennent à l'appui de cette conjecture. D'abord, suivant le même savant que nous venons de citer, le calcaire alpin ne constitue pas seulement le sol des environs de Cardonne, mais encore oehii d'une grande partie de la Catalogne; les montagnes de la vallée de l'Eseera^ où je l'ai trouvé, sont situées seulement à vingt-six lieues au nord'K^uest de Cardonne, par conséquent à peu près dans une direction analogue à la direction principale de toutes les roches des Pyrénées; enfin, le calcaire de Cardonne présente exactement cette même direction ; car M- Cordier nous dit que « les bancs calcaires de Suridj village t situé sur la rive gauche du Cardoneroj â deux » myriamètres au dessous de Cardonne, se montrent » teletés de 70" vers le nord nord-est. » D'où il résulte que leur direction est de l'est sud-est à l'ouest nord-ouest.

De la vallée de l'Enera , le calcaire alpin s'étend dans la vallée de Gietain. Il y constitue les montagnes qui bordent laf vallée des deux côtés, depuis

gisement du sel gemme de Cardonne, et qui est insérée dans les Jnnaiej des Mines, tom* U, pag. 179 et suiv.

TBRRAINS SECONDAIRES. Calcaire alpin. 4^5 le torrent qui descend du port de Sakun^ jusqu'à Tendroit où cette vallée se termine à la rencontre de celle de la Cinca. Les hautes montagnes au sud du Yîllage deSatavilley qui s'étendent jusqu'au cou- Teot de SancuVictorian^ et qui portent le nom de Penna-Montanesa , sont également de calcaire alpin, et le Talion de CervetiOj qui se joint à la vallée de Giêtain, est creusé complètement dans cette roche, à l'exception desapartîe supérieure ou l'on trouve le grès rouge.

Le calcaire alpin, supporté parle grès rouge, se prolonge à l'ouest de la vallée de Gistain dans celles de la Cinca et de Brotto. C'est dans la contrée située entre ces deux vallées, que ce terrain présente la plus grande étendue et qu'il constitue des montagnes qui étonnent autant parleur masse que par la hardiesse de leurs formes. Ce calcaire y recouvre tout le versant méridional en s'élevant depuis YAinta, au pied des Pyrénées, jusqu'au faîte de la chaîne centrale , (ju'il atteint entre le port Vieux d'Estaubé et le port de Gavamie. Mais avant d'atteindre le faite de la chaîne centrale, ce même calcaire alpin Fa déjà surpassée en élévation , en constituant le Mont-Perdu f § 24. ) '• Les pointa

' Depuis les foyages de M. Ramond au Mont' Perdu, tout le monde sait i{ue cette haute montagne ( 1765 toises ) n'est pas située pr^îsënent sur le faite de la chaîne centrale, mais à quelqae distàhce au sud ; elle en est séparée par un petit bassin dont le fond «st occupé par un lac qui, pendant prés de neuf mois de Tannée, est couvert de glace. Ce bassin est borné , au nord par

470 IIP PARTIE. DESCRIPTION DES TERRAIKS. principaux du faîte de la chaine centrale formée par le calcaire alpin, sont, le port de Pinède ^ Toquerouge^ le picd'Asirazon, les Tours du Marboré, la Brèche de Roland, la Fausse Brèche et le Taillon.

Enfin , ce calcaire descend même sur le versant septentrional , pour former les gradins et les mu-r railles du cirque d'Estaubé et de la Houle de Ga^ varnie. L'ensemble de toutes ces montagnes porto le nom de Marboré.

A l'ouest de la vallée de Brotto, ce terrain s'étend probablement sans interruption sensible dans la vallée de Roncal, en constituant, dans cet interyalle^ la plupart des montagnes des vallées de

les rochers escarpés de tuque rouye qui constituent le feite de la chaîne centrale, au sud par le Mont-Perdu, et à Fouest par un col resserré entre le faîte de la chaîne centrale et le Mont-Perdu, lequel supporte ce gros rocher cylindrique que M. Ramond nomme le cylindre, et les gens du pays la grande tour; à Test ce bassin est ouvert, et c'est par ce côté que le trop plein du lac s'échappe en tombant dans la vaOée de Pinède ou deBéousej^ dessus des roches fort escarpées, de plus de looo pieds d'élévation et appelés las Parets ( les Parob ). La cataracte formée par ces eaux est très belle, et étonne autant par la hauteur de sa chute que par son volume . Ces eaux doivent être envisagées comme la source principale de la Cinca^ qu'elles vont grossir auprès de Bielsay après environ trois lieues de cours. La direction de la vallée de Pinède est de l'ouest nord-ouest à l'est sud- est; \es montagnes qui la bordent au nord constituent le faîte de la chaîne centrale ; celles qui la bordent au sud forment un chaînon qui se détache immédiatement du ilfon/-Ptfndjtf^ suivant la direction de la vallée. Ce chaînon est entièrement composé de calcaire alpin. Le col de Niscleou. de Fanlo^ et le portiUond* Escoin* on de Pouerdalas sont les seuls passages par lesquels o^ peut le franchir.

TERRAINS SECONDAIRES. Calcaire alpin. 477 Thinej de Canfranc^ A^Aira^ à'Arragues, etd'-^n- $0 : car j'ai retrouvé le calcaire alpin sur le grès rouge du revers méridional An port des Moines; et la description que M. Palassou donne des roches calcaires qu'il a observées dans la vallée de Thène, et dans celle de Canfranc^ ne laisse aucun doute qu'elles ne soient la continuation de celles de la vallée de la Cinca et de celle de Brotto. Enfin, j'ai reçu pendant mon séjour àBaigorry, un échantillon de calcaire pris dans les environs AtRoncal^ qui était rempli de numismales, comme certaines couches de calcaire alpin que j'ai observées sur le revers méridional de la Brèche de Roland^ en allant vers le plateau de Milliaris. M- Ramond en a trouvé de semblables dans la vallée de Brolto.

J'ignore quelle étendue ce terrain présente dans la vallée de Roncal.

§. SOI. La forme des montagnes de calcaire alpin est extrêmement variable. La place que chacune de ces montagnes occupe dans la chaîne 9 leur élévation , l'épaisseur des couches et le degré de leur inclinaison 9 la direction de ces couches par rapport aux vallées environnantes, enfin le mode et le degré de destructibilité des différentes sortes de pierres calcaires qui les composent, sont autant de causes qui ont concouru à modifier la forme extérieure du sol. Cependant, en général, ces montagnes ont une forme allongée dans le sens de la direction des strates; leurs pentes sont

Forme

des

montagoes

de

calcaire

alpin.

4^8 in* PARTIE. DESCRIPTION DES TERRAINS, interrompues par un ou plusieurs escarpements séparés les uus des autres par un talus , et leur sommet présente un plateau incliné dans le sens de la stratification. Les escarpements correspondent toujours à une couche de calcaire à pâte une plus ou moins exempte d'argile et de sable. Cette sorte de pierre calcaire est traversée par des fissures verticales se croisant à angle droit , et qui , étant prQ}>ablemenf l'effet du retrait, ne soat point superficielles, mais s'éteindent à une grande profondeur dans la roche. C'est à la réigularité de ces fissures et à leur grande étendue en longueur et en profondeur qu'il faut attribuer la surface unie et parfaitement verticale de la plupart de ces escarpemie^pts, leur grande étendue en longueur et la hauteur prQçligieuse de quelques uns.

La roche qui constitue les talus qui séparent les escarpements est ordinairement du calcaire argileux ou sablonneux qui , par l'influence de l'atmosphère , se fendille en tous sens , mais sculenaent à la superficie , et se réduit en petits fragments d'une forme irrégulière.

La hauteur d'un escarpement ou d'un talus correspond exactement à l'épaisseur de la couche qui, selon la nature de la roche qui la constitue, a donné lieu à l'un ou à l'autre. Quoique l'épaisseur des strates, dans lesquels les couches des diverses sortes de pierre calcaire alpine sont divisées , n'excèdent guère deux pieds , ces couches présentent souvent une épaisseur de plusieurs cen-

TBREAINS SECONDAIRES. Cakaire alpin. 479 taioea de pieds t et la conservent sur une fort ^ande étendue. Il résulte de là que les escarpe^ ments ou les talus formés par ces couches , ont souvent une hauteur prodigieuse et une très grande étendue en longueur, sans éprouver d'autre Interruption que celle de quelques ravins ou de quelques éboulements.

§. 202. Résumons en peu de mots les princi- Réwmé. paux faits que le terrain de calcaire alpin nous a offerts , et que nous venons de rapporter.

i"". Le terrain de calcaire alpin constitue environ les deux tiers de toutes les formations secondaires des Pyrénées. ( §. 1 88. )

2^ Il présente beaucoup de variétés qui , cependant^ peuvent être ramenées à trois principales que, d'après leur nature, op peut désigner' par les noms de calcaire homogène (§. 188.), de calcaire sablonneux (S- 189.), et de calcaire argileux. (§. 190.)

3"*. n existe dans la partie basse du département de TArriége , un dépôt de calcaire qui peut être assimilé à la formation du calcaire du Jura , mais qui parait faire partie du terrain de calcaire alpin, ou du moins être intimement lié avec lui. (§. 190.)

4^ Le calcaire alpin contient en couches subordonnées, du grès, de la brèche, de la chaux carbonatée fétide, de la marne compacte, de la houille , et du fer oxydé globuliforme. (192.)

à^ Les minéraux mêlés accidentellement au calcaire alpin , sont; du quarz néopètre passant

48o IIP PARTIE. DESCRIPTION DES TERRAINS, communément à Tétat de quarz agate pyromaque, du soufre s du fer sulfuré 9 et du cuivre pyriteux.

6"". Les seuls dépôts de minerais observés dans le terrain de calcaire alpin , appartiennent à la partie de ce terrain qui est analogue au calcaire du Jura. Ce sont des couches de fer oxydé globuli" forme. (§. 194.)

7*. Ce terrain contient beaucoup de fossiles marins. (§. 195.)

S"". Il parait que le calcaire alpin de la vallée de Gistaitiy et de celle de Brotio^ renferme des grottes. Le calcaire du Jura des environs de Maz d'Azil , contient une grotte fort belle 9 traversée par la petite rivière de la Larize. (§. ig6.)

9\ La^ormation du calcaire alpin a immédiatement succédé à celle du grès rouge, auquel ce calcaire est superposé en stratification parallèle.

1 0"". Le calcaire alpin présente deux bandes, Tune sur le versant méridional , et l'autre sur le versant septentrional des Pyrénées : la première s'étend en plusieurs endroits depuis le pied jusqu'au faite de la chaîne, tandis que l'autre forme seulement les basses montagnes par lesquelles les Pyrénées se terminent à la plaine. (§. 198.)

1 1". Ce terrain s'élève au Mont-Perdu, à la hauteur de 1763 toises. (§. 199.)

12*. La bande septentrionale constitue une grande partie des montagnes des CorbièreSy les

TER&AINS SECONDAIRES. T. ampUbolùfius. 481 montagnes delà partie basse du département de TArriége, celles qui se trouvent à l'entrée delà vailée de UGaronne et de \2Lvalléed'Aurô^ et le sol de la par* tie basse du département des Basses-Pyrénées. La bande méridionale constitue une grande partie du sol de la Catalogne ^ elle atteint la vallée de t'Es- $era^ au-dessous de Sahun^ et se prolonge de là jusque dans la vallée de Roncal , dans la Haute-- Navarre. (§. 200.)

i3. Les montagnes de calcaire alpin présentent des formes variées; mais en général elles sont allongées dans le sens de la directipn des strates , leurs pentes sont interrompues par des escarpements, et leur sommité est communément un plarteau incliné dans le sens de la stratification,

3'. Terrain amphibolique secondaire.

§. 2o3. C'est au zèle infatigable de M. Palassou que la science doit, non seulement la découverte de ce terrain dans les Pyrénées , mais encore les notions les plus exactes que nous ayons sur les caractères qu'il présente. Ses premières observations sur la roche qui le constitue remontent à 1774? époque de ses premiers voyages dans les Pyrénées. 11 s'occupait alors de recueillir des matériaux pour son Essai d'une minéralogie des monts Pyrénées (publié en i8i4)> quî ^ été jusqu'ici l'ouvrage le plus complet que nous ayons sur la con-

Premien documents

publiés

sor

le terrain.

48a IIP PARTIE. DESCRIPTION DES TERRAINS. stitutioD géognostiquede ces montagnes. Il y désigna cette roche par le nom de pierre verte ou d'ophite des Pyrénées. Depuis, il Ta décrite encore ayec plus de détails dans un mémoire particulier, qu'il a fait insérer «n 1798 dans le n''49 du Journal des Minet. Il y a déyeloppé son opinion sur sa nature et sur la place qu'elle doit occuper dans le» systèmes rainéralogiques ; il discute les opinidfl^ des savants auxquels il avait fait, paît de ses observations, et il combat celle de lf« deBorda^ qui attribuait à cette roche uoe ^gine volcanique.

L'importance des fait» rapportés par M. Palassou était bien propre à exciter l'attention des minéralogistes; mais par une singularité très bizarre, dont on trouve cependant plusieurs exemples dans l'histoire des sciences , on a négligé complètement de vérifier ses observations ; car, depuis leur publication , aucun des naturalistes qui ont visité les Pyrénées n'a fait de recherches sur Vophite: tous, attirés, pour ainsi dire, par les masses colossales de la chaîne centrale , ont préféré aller étudier la nature dans ces solitudes sauvages et élevées, et ont dédaigné les humbles x^oUines d*ophite qui , abandonnées au pied de la chaîne , ou cachées dans la verdure de quelques vallons, auraient également mérité de. fixer leur attention. Cependant M. Picot de Lapeyrouse et M. de Dolomieu avaient visité l'ophite du pont de Pou$ae; mais on a à regretter qu'ils n'aient point publié leurs observa-

TERRAINS SECONDAIRES. T. àmpUhoaque. 483 tioDS. M. Pasumot , il est rrai , a fait mention de ]a même masse d'ophité, qu'il désigne sous le nom de êchort en masse ; mais il ne noue a appris sur cette roche aucun fait nouveau '•

Pendant que les divers naturalistes qui fisitèrent successirement les Pyrénées , semblaient s'obstiner à passer ce terrain sous silence, M. Palassou s'appliquait à l'étudier chaque année davantage, et ses nouvelles observations, attendues avec impatience par tous ceux qui avaient connaissance de ce travail, ont été livrées au public en 1819*. L'auteur ne s'est point borné à étudier l'ophite dans les Pyrénées proprement dites ; il a même étendu ses recherches jusque dans les pays adjacents , et il rapporte dans un mémoire particulier les observations qu'il a faites sur le trapp secondaire des environs de Salies et de Daxj petites villes dont l'une est située à l'extrémité septentrionale du département des Basses- Pyrénées ,

' 1^€}yage pfysique dans les Pyrénées, pag. 86 et 3 18. Je dois citer encore M. Borda d'Oro» qui a étudié Topbite des environs de Daxy dans le département des Loindcs; mais nous ne connaissons ses observations que par M. Palassou, qui a inséré dans ses mémoires sur Tophite quelques lettres que M. Borda lui avait écrites sur cette roche.

* Ce dernier ouvrage de M. Palassou, imprimé à Pau en 1 8 1 9, est intitulé : Smle des mémoires pour servir à l'histoire naturelle des Pyrénées et despitys adjacents, Pau, 18 19. Il fait la suite d'un Mecueilde divers mémoires sur presque toutes les branches de rhistoire naturelle et physique des Pyrénées que le même auteur a publié également à Pau, en 181 5.

484 III' PARTIE. DESCRIPTION DES TERRAINS, et l'autre dans la partie méridionale du départe* ment des Landes.

D*après cet exposé des longs travaux de H. Palassou sur Tophite , on doit sentir que je ne puis décrire cette roche et le terrain qu'elle constitue, sans faire usage de ses observations. Mais, en les joignant aux miennes ^ j'aurai soin de distinguer celles qui appartiennent à ce respectable doyen des naturalistes des Pyrénées.

Composition g. 2o4* La rochc qui forme. la base principak

da terrain ^^ , t., i. i. it^rj

amphibo- du tcrram amphibplique secondau*e des Pyrénées, secondaire, cst la même quc M. Palassou a désignée sous le nom d'ophite. C'est un mélange d'amphibole et de feldspath ; et selon que Tune ou l'autre de ces substances domine , la roche pourrait prendre le nom d*amphibolite (hornblendegestein ) ou de diabase (grunstein '. )

Mais pour ne rien faire préjuger par ces noms sur le mode de formation de cette roche , sur lequel je n'ai pas encore d'opinion bien arrêtée , je conserverai ici le nom d'ophite donné par M. Palassou, me réservant d'employer,- dans quelques cas, celui de grunstein , dont l'acception est généralement connue. Du reste , je ne prétends nullement intro-

> On voit daii9 toutes les variétés de cette roche dans lesquelles les parties consUtuanie^ s qnt eu grains assez gros pour bien reconnaître leur nature, que la substance verte n'est point du pyroxéne^maisderamphibole; et que, par conséquent, cette roche ne peut être rangée parmi les dolériles

TERRAINS SECONDAIRES. T. amphiboUgue. 485 duire cette dénomioation d'aphite dans la Domenclature géologique. Les obsenrations ultérieures qui seront faites dans ce terrain extraordinaire, pourront seules nous apprendre quel est le nom qull convient d'assigner à la roche qui le compose. Vophite ' étant communément accompagné d'ar^ gile^ de gypse, et quelquefois de calcaire marneux, ces roches peuvent, d'après leur gisement, être envisagées comme essentiellement liées à lliistoire de Tophite^ quoiqu'elles n'aient, comme on doit le penser, arec cette dernière roche, aucun rapport de composition; nous les décrirons plus bas.

Quoique l'ophite ne soit essentiellement composé que de deux éléments, U présente néanmoins UD nombre considérable de variétés qui sont dues à des différences, soit dans les proportions dans lesquelles l'amphibole et le feldspath sont mêlés ensemble, soit dans le mode de leur agrégation, soit dans la grosseur des parties agrégées, soit enfin dans leur couleur.

Les nombreuses variétés produites par le con-^ cours de ces causes, éprouvent encore des modifia* cations , par les minéraux qui entrent accidentellement dans la composition de l'ophite, et par l'action météorique , qui , comme nous le verrons ci-après , occasione un changement remarquable dans la structure de cette roche.

> M. Palassou ayant fait le mot ophiCe masculin, j^ai dû lui conserver ce genre.

Si nous (àisoDs abstraction des substances dont l'ophite est accidenteUement mêlé, ainsi que des changements qu'il éprouve par l'influence de l'atmosphère, nous pouvons partager cette roche en trois variétés principales, que je décrirai sous les noms d'ophiie grenu 9 d'ophite compacte 9 etd'ophite grossier.

Ophite §. 2o5. Vophite ou grunstein grenu est commu-

^'^^^' nément h grains de moyenne grosseur ou à petits grains, rarement à gros grains. L'amphibole est ordinairement d'un vert poireau très foncé , rarement d'un vert clair ; très lamelleuse ,et d'un éclat vitreux, quelquefois un peu gras. Le feldspath est d'un gris verdâtre compacte , rarement distinctement lamelleux; il ne se ren<^ontre habituellement dans cette roche qu'en petite quantité , et semble le plus souvent n'y être que pour lier ensemble les pièces séparées de l'amphibole ; on trouve même fréquemment de l'ophite , dans lequel on ne peut reconnaître le feldspath qu'avec une loupe. Lorsque la roche est parfaitement fraîche , on a toujours quelque peine à distinguer les parties feldspathiques de l'amphibole, mais quand elle a éprouvé une légère déconiposition , ces deux substances se distinguent facilement l'une de l'autre.

Quoique l'ophite contienne ordinairement peu de feldspath, on en trouve cependant quelques variétés dans lesquelles ce minéral se rencontre en parties égales avec l'amphibole, et domine

TERRAINS SECONDAIRES. T. amphibolùpie. 487 même sur elle 9 comme, par exemple, à peu de distance au sud de Lurbes^ daus la vallée d*A$pe^ et auprès du moulin d'^Aoo?^, dans la vallée de Laurhibarre; M. Palassou a aussi observé de Tophite riche en feldspath , à Betarram^ à Salies , èi Mont- Cauiy etc.

Comme le grunstein grenu dans lequel Tamphibole domine sur le fcld.^path, est Tune des roches les plus communes du terrain amphibolique des Pyrénées, il est superflu d'indiquer les localités où elle se rencontre.

§. 206. Vophite compacte est une roche qui Opbite parait être homogène, mais qui n'est qu'un mélange intime de feldspath compacte et d'amphibole.

II est d'un vert foncée sa cassure est compacte 9 esquilleuse , à petites esquilles , passant à la cassure inégale, et quelquefois à la cassure grenue: seulement dans les Tariétés qui forment le passage de l'ophite compacte à l'ophite grenu, il est peu éclatant passant au brillant, d'un éclat gras; les fragments minces de cette roche sont un peu translucides; elle est dure, se laissant difficilement rayer par la pointe du couteau ; sa pesanteur spécifique est 2,948*; il donne par l'expiration cette odeur argileuse et amère particulière à toutes les roches

' Je Tai déterminée sur des échantillons pris au château de Lacour^ dans la vaUée du SaUat , en employant simplement de l'eau de pluie.

488 IIP PARTIE. DESCRIPTION DES TERRAINS, amphiboliques ; il se fond au chalumeau eu un verre vert-noirâtre.

Cette variété d'ophite est, comme on Ta déjà vu, un mélange d'amphibole et de feldspath , proba-^ blement en parties égales ; mais ce mélange est si intime , que Ton ne peut plus distinguer Tune de ces substances de Tautre, et on ne pourrait déter* miner la composition de cette roche , si l'on n*observait pas des passages insensibles entre l'ophite grenu et l'ophite compacte.

En examinant de près cette roche , on découvre çà et là de petites lames éclatantes d'un vert noirâtre ^ qui sont vraisemblablement de petits cristaux d'amphibole; mais on y voit aussi , en plus grande aboQ-* dance, des lames et des points brillants d'un bel éclat métallique, qui sont du fer oxydulé et du fer oligistCj comme nous le dirons plus bas. ( §. 208. )

L'ophite compacte est tout aussi commun que l'ophite grenu , avec lequel il se trouve constamment mêlé en masses irrégulières enchâssées les unes dans les autres , et sans que l'on puisse reconnaître les linutes précises où l'un finit et l'autre commence. Coname il se trouve partout où le terrain amphibolique existe, il serait superflu d'indiquer ici les lieux où on peut l'observer.

Opbite §. 207. Vophite grossier est d'un gris verdâlrcj

tantôt clair, tantôt foncé, et passe, par de nombreuses nuances, au brun Jaunâtre, rougeâire^ ou noirâtre. Plusieurs de ces couleurs se rencontrent

TERRAINS SECONDAIRES, T. amphibolûfUe. 48g quelquefois" ensemble sur un même échantillon , en forme de taches irrégulières. Sa cassure est compacte f passant tantôt à Vinégale, tantôt à la terreuse. Il est très rarement huileux; les cavités sont petites ou de moyenne grosseur, très écartées les unes des autres , remplies d'ocre de fer, ou seu* lement tapissées d'un enduit drusique de spath calcaire ; Tophite grossier est mat ou un peu sein'tillant à la lumière du soleil ; opaque , deminlur^ passant au tendre , et il répand une odeur argileuse par l'expiration.

Cette roche présente la plus grande ressemblance avec celle que les minéralogistes allemands désignent par le nom de wacke^ et qui , dans la plupart des gisements où on Ta observée , accompagne les basaltes ou laves pyroxéniques lithoïdes. Elle parait être un mélange d'amphibole, de feldspath plus ou moins altéré, d'oxyde de fer, d'argile, et peut-être d'un peu de sable^ Je n'oserais pas décider si elle a été formée telle que nous la voyons aujourd'hui , ou si elle est le résultat de la décomposition de l'ophite compacte. Le passage insensible qui existe entre ces deux roches semble justifier l'opinion de ceux qui l'envisagent comme un grunstein compacte décomposé ; mais la présence des cavités huileuses, quoique extrêmement rares, indiquent qu'elle n'est pas toujours un ophite décomposé, parce que ni l'ophite grenu ni l'ophite compacte ne contiennent jamais de cavités huileuses , à moins qu'elles n'aient entièrement

490 IIP PARTIE. DESCRIPTION DES TERRAINS, échappé aux recherches de M. Palassou et aux miennes : j'ai cependant mis beaucoup de soin à yérifier cette circonstance, sentant toute Timportance (qu'elle peut avoir dans Texamen des diverses opinions qui existent sur le mode de formation de IV phite. C'est par ce motif que je crois devoir entrer dans quelques détails sur cet accident.

Ces cavités huileuses, qui, comme je l'ai dit, ne se trouvent que dans l'ophite grossier, y sont même fort rares, car je ne les ai remarquées qu'en trois différents endroits , savoir , dans la masse d'ophite qui se trouve entre les carrières de pierre à plâtre de MontSaunés et la petite ville de Salie$^ à l'entrée de la vallée du Sallat; dans celle que l'on ohsérve à peu de distance au nord-ouest d'OgeUf sur la droite du chemin qui conduit de ce village à Oleron^ dans le ci-devant Bearn ,.et dans l'ophite qui se trouve près de l'auberge de d*Jlnhaux, entre Saint- Jean-Pied-dC'Pori et Baigorry. Ces cavités ont une forme irrégulièrement ovoïde et un peu aplatie; elles ont à peine quatre ou cinq Ugnes dans leur plus grande dimension, qui s'étend communément dans un sens horizontal; leurs parois sont recouvertes d'un enduit drusique de spath calcaire, ou d'une croûte d'ocre de fer ; cette dernière substance remplit quelquefois tout le vide. Ces cavités ne sont pas assez rapprochées les unes des autres pour donner à la roche une structure véritablement poreuse ; elles ne s'y troU" vent que dispersées , et en petit nombre.

TERRAINS SECONDAIRES. 7. amphiboUque. 491 L'ophite grossier se distingue encore des deux autres variétés par Targile qui quelquefois entre • dans sa composition. Lorsque cette roche en est fortement chargée, elle se diWse facibment en feuillets épais , ce qui lui donne l'apparence d'un schiste grossier, mais en l'examinant attentivement on est tenté de croire que cette structure schisteuse est plutôt le résultat d'un retrait que celui de la stratification.

L'ophite grossier n'est pas tout-à-fait aussi commun que les deux variétés précédentes; mais, outre les lieux déjà indiqués, on l'observe encore au Tue de JBarbut, près de Mercenac^ dans la vallée du Satlat; dans la Vallongue; à Lurbe et à Bédouin dans la valléeid'Jspe; à Gottein dans celle de Soute; etc. , etc. Il parait qu'il se trouve plus communément yers le pied ou la base des monticules que forme le terrain d'ophite , que vers leurs sommités.

§. 208. L'ophite renferme les minéraux suivants : Mménn 1*. Fer oligiste. Ce minéral, à l'état laminaire aceidenteUe- ( fer micacé) , ne manque presque jamais dans l'o- "ophite!* phite ; il s'y trouve même si communément qu'il peut servir de caractère empirique pour distinguer cette roche de certains grunsteins primitifs , auxquels elle ressemble quelquefois complètement par tous les autres caractères.^ Mais ceuï-ci ne contiennent point de fer oligiste , au moins dans les Pyrénées. Cette substance est abondamment disséminée dans l'ophite en forme de lames qui

49^ IIP PARTIE. DESCRIPTION DES TERRAINS, ordinairement sont si petites qu'on a de la peine à les apercevoir sans le secours d'une loupe. Néanmoins on en trouve assez souvent qui ont de deux à cinq lignes de côté, comme au Tue de Bar but ,, près de Mersenac; au Col de Marie-Blanque , entre les vallées d'Ostau et d'Aêpe; à Partet, etc. Ces lames ne suivent aucune direction déterminée; elles se croisent en tous 8ens« On trouve aussi quelquefois la même substance en très petits cristaux qui forment un enduit drusique sur les parois des fissures dont le grunstein est traversé , comme on peut l'observer auprès de la maison d'Urnos , près de Carricagaistoa , et entre lJrdo$ et la Bas-tide, lieux tous situés dans la vallée de Baigorry.

2"*. Fer oxidulé. Il se rencontre également dans Tophite, mais beaucoup moins abondamment que le fer oligiste. Il s'y présente en forme de petits grains qui sont le plus souvent tout-à-fait microscopiques; aussi ne peut-on constater leur nature que par l'action très marquée qu'ils exercent sur l'ai^ guille aimantée.

Le fer oligiste et le fer oxidulé réunis sont quelquefois répandus en si grande abondance dans cette roche que , d'après le rapport de M. Palassou , on a tenté de l'employer comme mine de fer à la forge de Larrau dans la vallée de Sûule\

3*. Fer sulfuré. Cette substance, si commune dans presque toutes les autres roches des Pyrénéesi

« Suite des Mémoires, etc., pag. 1 1 5.

TERRAINS SECONDAIRES. T. amphiboUque. 493 doit être très rare dans Tophite, car ni M. Palassou ni moi ne l'ayons jamais remarquée dans cette roch€ ; mais elle y a été observée par M. Grateloup dans un échantillon d» Tophite des environs de Biariltz , et par M. de Borda dans Tophite de Mortkouga près de Dax.

4*- Cuivre pyriteux. Les pyrites cuivreuses sont disséminées dans Tophite en parties fines, rarement de moyenne grosseur, ou bien elles y forment de petits filons irréguliers d'une à trois lignes d'épaisseur. Cette substance n'est pas aussi rare que les pyrites martiales ; elle se rencontre dansl'ophite de la vallée de Baigorry^ et dans ceux de Cervetto dans la vallée de Gistain, de Lacowr dans la vallée du Sallat, de Rimont^ etc.

S*". Mica. Il se trouve rarement dans cette roche en forme de petites lames ou de feuillets isolés, qui quelquefois ont jusqu'à trois lignes de diamètre. L'ophite de Lurbes , dans la vallée d'Aspe^ et celui que l'on remarque dans la vallée de Baigorry à peu de distance au sud-est de Thabitation deM» Ëtschevery, renferment des 'lames quadradgulaires de mica argentin.

6*. Talc. C'est une des substances que l'on remarque le plus communément dans l'ophite. 11 est d'un vert foncé , et disséminé abondamment en petites lames dans la roche , ou bien il recouvre les parois des fissures. Le talc est quelquefois si abon-

' Suite des Mémoit^s, etc. , pag. 3o3.

494 IIITARTIB. DESCRIPTION DES TERRAINS, dant, et si intimement mêlé avec l'amphibole et le feldspath, qu'il fait passer la roche à l'état de sefpentine , comme je l'ai observé à la Chapelle de Saint'MarCf près de Sainë-Pé^sur la rive drqite du Gave Béarnais. M. Palassou a remarqué ce même fait dans l'ophite de Bernet près d^Issor dans la vallée de Barétons.

7*. Asbeste. Cette substance a été observée par M. Grateloup dans l'ophite du Mont*Perroux\

8\ Epidote. Ce minéral, d'un beau vert clair jaunâtre, se rencontre presque toujours dans l'ophite grenu , plus rarement dans l'ophite compacte. H est habituellement disséminé dans la roche ; mais il forme aussi de petits filons, où tapisse en petits cristaux les parois des fissures , ce qui semble prouver que la formation de ces fissures et de ces filons est très peu postérieure à celle de la roche. '

L'épidote n'est point rare dans l'ophite ; on le trouve à Lacour, à Portet, au Col de Mendé, à Gottein, à Baigorry, etc. Il se trouve également dans l'ophite des Landes de Vax, car M. Palassou rapporte que MM. Grateloup et de Vallier ont obsené de petits cristaux d'épidote au monticule de Bonnehon près de Sainte-^Marie-de-Gosse ^ et quet Tas- • pect de ces jolies cristallisations est si brillant que » les yeux ont peine à supporter leur éclat lors- » qu'un soleil sans nuage les éclaire, t Cet éclat brillant, dû au poli parfait de ces cristaux, m'a éga-

I Suite des Mémoires, etc., pag. lêfi.

TERRAINS SECONDAIRES. T. amphiholùfue. 4g5 lement frappé dans les épidotes des divers lieux situés dans les Pyrénées , cpieî'ai oié*pfc»h— i>

9*. StUbiu. C'at par V. Grateloup que cette siihifjHiic intéressante a été découverte dans l'opfcfte des environs de Dax. Ce zélé naturaliste a eu la complaisance de m'en communiquer des échantillons. Elle forme de petits filons de quatre à dix lignes d'épaisseur ; sa cassure est rayonnée à rayons divergents et entrelacés. Les cavités qui se trouvent quelquefois dans ces filons présentent des cristaux de stilbite, qui, d*après l'observation de M. Grateloup, se rapportent à la variété dodécaèdre. Sa couleur est d'un blanc grisâtre ou jaunâtre, tirant légèrement sur le vert. J'ai fréquemment trouvé dans l'ophite des Pyrénées , principalement dans celui des environs de SaintnGiron$ , de Bimont, de la Bastide du Serron, etc. , des filons d'une à trois lignes d'épaisseur, d'une substance blanche, jaunâtre, à cassure rayonnée, passant souvent à la terreuse par suite de la décomposition , se fondant facilement au chalumeau, avec phosphorescence et bouillonnement, en un bel émail blanc , mais très huileux. Comme ce minéral présente tous les caractères de la stilbite amorphe de Dax^ il ne me paraît pas douteux qu'il n'appartienne en effet à cette espèce.

10*. Preknite. Cette espèce minérale forme des filons irréguliers et peu étendus dans les roches amphiboliques secondaires des Pyrénées. La masse d'ophite que l'on trouve à peu de distance au des-

4g6 IIP PARTIE. DESCRIPTION DES TERRAINS. SOUS du village de Cerveiio , situé dans un yallon latéral de la vallée de Gistain , m'a offert une fort belle variété de cette substance ; elle est d'un vert de pomme quelquefois aussi beau que dans la prehnite du Cap-de-Bonne-Espérance^ de laquelle elle se rapproche encore par ses cristaux imparfaits réunis en gerbes. On remarque encore ce minéral dans l'ophite qui se trouve au bord d'un ruisseau dit Casten-Errecca (ruisseau des châtaigniers), dans la vallée de Baigorry; il y forme également de petits filons dans l'ophite grenu ; il est d'un vert jaunâtre très pâle , et se présente quelquefois en petits cristaux qui se rapportent à la forme hexagonale. On le trouve encore de la même manière dans l'ophite du vallon dit le Bourdalet de Loubie, entre Bruges et la vallée d'Ossau. Dans tous ces endroits, quoique très éloignés les uns des autres^ la prehnite , ainsi que l'ophite qui la renferme contiennent des parcelles de cuivre pyriteux.

1 1*. Quarz. Le quarz se trouve quelquefois en petits cristaux tapissant les fissures dont lophite est traversé ; il forme aussi , mais très rarement , de petits filons de 6 à i d lignes d'éjTaisseur, offrant dans ce cas une masse caverneuse qui n'est qu'un assemblage de petits cristaux imparfaits, .salis d'argile et d'ocre de fer. J'ai trouvé du quarz dans l'ophite de la vallée de Baigorry, et je dois plusieurs échantillons de cette substance à la complaisance de M. Grateloup, qui l'a découverte dans l'ophite du Pouy d'Eme , prés de Dax. H est

TERRAINS SECONDAIRES. T. amphiboUque, 497 à remarquer que le quarz est Tune des substances qui se rencontrent le plus rarement dans Tophite.

§. 209. L'ophîle est sujet à une décomposition DiMjMîtion

do l'ophite

spontanée, comme presque toutes les roches dont àtuedécom. le feldspath est Tune des parties constituantes, spontanée. C'est aussi par l'altération des parties feldspathiques que cette décomposition de l'ophite commence. Le feldspath perd sa teinte verdâtre, blanchît et devient terne; bientôt l'amphibole perd aussi de son éclat, et change de couleur en passant du vert au jaune brunâtre; on voit paraître sur toute la roche des taches couleur de rouille, qui sont dues à l'altération des parcelles de fer oligiste et de fer oxydulé dont elle est mêlée; ces taches ne tardent point de s'agrandir et finissent par se confondre entreellesen communiquant une teinte jaunâtre à toute la roche, qui, peu à peu, perd sa dureté , se ternit , prend un aspect graveleux , et se convertit enfin en une masse ocracée complètement friable. Lorsque l'ophite est parvenu à ce degré de décomposition , son aspect est tellement changé , qu'il serait impossible de le reconnaître si l'on n'avait pas suivi tous les intermédiaires entre le grunstein frais qui ne se brise qu'à coups redoublés du marteau, et l'ophite décomposé que la seule pression des doigts suffit pour réduire en poussière. La couleur de rouille de l'ophite décomposé est due au fer oxjdulé et au fer oligiste dont il est presque toujours mélangé, et qui, après

s'être oxydés davantage, se combiDen t avec de l'eau , et, en passant ainsi à Tétat d'hydrate, prennent la couleur brune-jaunâtre qui caractérise l'oxyde de fer dans cette combinaison.

Quand l'ophite est mêlé de beaucoup de talc, il résulte de sa décomposition une terre à foubn qui, étant trop chargée d'hydrate de fer, n'est qae d'une très médiocre qualité.

Le quartier dit Charra'-Mahaixa,pTèsde Carrica- Gaiêtoa , dans la vallée de Baigorry^ renferme de la belle terre à porcelaine^ provenant de la décomposition d'un ophite abondant en feldspath et contenant peu de fer \

L'acide nitrique occasione quelquefois une vive effervescence sur le grunstein décomposé, quoique jamais la variété non altérée ne produise cet effet. M. Palassou , qui le premier a remarqué cette singularité, l'attribue aux parties calcaires qui ont été déposées par l'eau qui s'est infiltrée dans cette roche après sa décomposition.

L'ophite présente un phénomène analogue à celui que l'on observe dans les granités. On trouve des masses qui ont éprouvé une décomposition très prononcée , tandis que d'autres restent toujours intactes , sans que l'on puisse reconnaître la plus légère différence, ni dans la structure, ni dans la composition, entre celles qui sedécompo-

* On m'a assuré que l'on avait essaye dans la forge d'Echauxde faire de la porcelaine avec cette terre, et que ces essais avaient assez bien réussi.

TERRAINS SECONDAIRES. T, amphihoUque. 495

sent, et celles qui ont résisté à toute altération. Auprès de certains ophites , parfaitement intacts , on en rencontre d'autres qui sont devenus très friables, non seulement à l'extérieur, mais aussi à l'intérieur , comme on peut l'observer entre Jîtmont et Castelnau de Durban^ où de grandes masses d'ophite décomposé ont été profondément excavées pour l'établissement de la grande route de Foix à Saint^Girons.

Comme il n'y a rien d'aussi commun que l'ophite à tous les degrés de décomposition, il est inutile d'en indiquer les localités.

§. 210. L'ophite est fréquemment divisé en Dm«on masses globuleuses à peu près sphéroîdales, dont masses le diamètre varie depuis plusieurs pieds jusqu'à quelques pouces. Ces boules sont liées ensemble par de l'o^phite toujours plus ou moins décomposé. Lorsqu'on casse ces boules , on reconnaît qu'elles sont formées par des pièces testacées concentriques enveloppant un noyau de la même nature. Le nombre de ces pièces, leur épaisseur et la grosseur du noyau varient selon le volume de la masse qu'elles composent. La surface de séparation entre chaque couche concentrique est communément recouverte par un enduit mince d'oxyde de fer, ou plutôt d'hydrate de fer. La structure de ces boules n'est point produite par une symétrie analogue dans la disposition relative des parties feldspathiques et amphiboliques qui les constituent*. L'asso-

en asse

globuleuses.

5oo IIP PARTIE. DESCRIPTION DES TERRAINS, ciation de ces minéraux ne présente pas la plus légère apparence de régularité. Ils sont au contraire tout auçsi confusément entrelacés que dans les variété^ d'ophite qui n'affectent point cette séparation eifynasses globuleuses. La surface des pièces testacées et celle du noyau sont toujours un peu raboteuses.

L'ophite qui forme ces boules appartient, ou à la variété grenue (§. âo5*), ou à la variété compacte (§. iio6.). L'ophite grossier (§. 207.) ne m'a jamais offert cet accident.

L'absence complète d'une disposition régulière ou symétrique des parties constituantes de la roche, et le gisement de ces masses globuleuses, lesquelles se rencontrent constamment au milieu des grunstein décomposés ou fortement altérés , font présumer que leur forme arrondie et leur structure testacée sont aussi le résultat de la décomposition. Cette conjecture acquiert la plus grande probabilité lorsqu'on considère que ces boules elles-mêmes sont constamment plus ou moins altérées^ à l'exception du noyau , qui quelquefois parait ne pas avoir éprouvé la plus légère altération. Ces boules d'ophite sont donc un phénomène tout-à-fait différent de celui que présente le grunstein globuleux (dit granité orbiculaire) de Corse ; car les parties constituantes de ce dernier (l'amphibole et le feldspath) étant disposées symétriquement dans chaque boule, par couches concentriques cristallines et rayonnëes, on est

TERRAINS SECONDAIRES. T. an^hiboUque. Soi

nécessairement entraîné à regarder leur forme globuleuse et leur structure testacée comme étant un résultat de la cristallisation , et nullement de la décomposition. Au reste, Tophite n'est pasia seule roche dans laquelle la décomposition%^ère cette division en masses globuleuses. Elle produit un effet pareil dans presque toutes les roches à structure grenue ou compacte, dont le feldspath est une des parties constituantes. 11 est superflu d'entrer ici dans des détails sur la manière dont l'influence atmosphérique opère cette division en boules dans ces sortes de roches, tout ce qui concerne ce phénomène remarquable ayant été décret et expliqué dans le Traité de Géognosie de M. d'Aubuisspn ^vec beaucoup de clarté et de précisions

L'ophite divisé en boules est commun dans les Pyrénées, On le trouve fréquemment dans les environs de Rimont^ de Saini^Girons y au Col de Mendé, dans la v^lt^e d^ Laurhibare^ en plusieurs endroits de la vallée de Baigorry, principalement auprès du hameau dç Mitchellenia^ etc. MM. Pàlassou et Grateloup l'ont fréquemment observé, dans les environs de Lfax, et dans 1^ Ch/ilossf.

§. 2J 1. Il parait que l'ophite est très rarement stratification stratifié, et il est même très difficile de recon- rophiie. naître cette stratification, à cause des nombreuses

* Voyez lom. XI , pag<, 45 el suiv.

5oa Iir PARTIE. DESCRIPTION DES TERRAINS, fissures accidentelles dont cette roche est communément traversée, et qui , étant souvent parallèles entre elles sur de grandes étendues, peuvent d'autant plus facilement induire en erreur, que la structure grenue ou compacte de la roche ne fournit aucun indice pour distinguer les fissures de la stratification d'avec celles qui sont Teffet du retrait. Je n'ai jamais vu d^ophite bien distinctement stratifié, et M. Palassou déclare également n'en avoir jamais rencontré; mais il paraît qu'il en existe dans les environs de Dax, d'après les observations de MM. Gratetoup et de Borda '.

Fiasures ac- ç^ 212. L'ophitc cst traversé habituellement par tine multitude de fissures accidentelles, dont un grand nombre doivent être peu postérieures à la formation de la roche , parce que leurs par^wsoot recouvertes de substances qui se trouvent également mêlées avec les parties constituantes de la masse, telles que le fer oh'giste, Tépîdote et le talc. (§. 208.)

Ces fissures ont une grande influence sur la décomposition de la roche, parce que c'est par elles que l'air et l'humidité la pénètrent et l'attaquent dans son intérieur. (§. 209.) Leur fréquence et l'angle sous lequel elles se croisent influent beaucoup sur le mode de décomposition r si ces fissures sont très nombreuses , par conséquent très rappro-

* Suite des Mémoires, etc.> pag. 2!i6.

TERRAINS SECONDAIRES. T. amphiboUque. 5a3 chées les unes des autres , et si elles se croisent sous des angles aigus, la. roche se décomposera d'une manière uniforme par toute sa masse; mais si ces fissures sont peu nombreuses , par conséquent plus ou moins distantes les unes des autres ; si, en même temps, elles se croisent sous des angles à peu près droits , le premier résultat de la décomposition sera cette division en masses globuleuses dont nous avons donné la description. (§. 210. )

Par le croisement des fissures accidentelles dirigées en différents sens , la roche est divisée naturellement en parallélipipèdes et en polyèdres de formes variées ; mais jamais l'ophite n'a offert à mes yeux ces divisions en prismes alongés qui nous frappent si souvent dans les basaltes et les trachytes. M. Palassou , qui mieux que personne ^ ^P^È^ Tophite, nous dit « qu'aucun observa^ 1 teur n'a vu , ni dans les Pyrénées , ni dans les 9 collines de la Chalosxe, l'ophite disposé de cette 1 manière'. »

§. 2i5. L'ophite des Pyrénées, à l'état de parfaite Magoéiisme fraîcheur, agit sensiblement sur le barreau aiman^ rophUe. té; mais jamais aucun échantillon de cette roche ne m'a offert le plus léger indice de polarité.

Cette propriété magnétique de l'ophite est due évidemment au fer oxydulé et au fer oligiste dont il est presque toujours mêlé ; car plus cette roche

» Suite des Mémoires y etc., pag. 227.

5o4 III* PARTIE. DESCRIPTION DES TERRAINS, renferme de ces parties ferrugineuses, plus son action sur Taiguille aimantée est sensible; et elle cesse tout-à-fait dès que Tophite se décompose, parce que le fer, passant dans ce casa l'état d'hydrate , perd son magnétisore.

L'ophite de la Chalosse , d'après les observations de M. Palassou, fait également mouvoir l'aiguille aimantée '.

Goacfaes §• âi4- Je n'ai pas connaissance qu'on ait ja« trangère». ^^.^ obscrvé aucune couclie étrangère interposée

dans< l'ophite.

Dép6ui §. 2 1 5. Je n'ai point trouvé non plus de dépôts

Juquer

métalliques.

métalliques dans cette roche.

Gorpt orgamiés.

§. 21 6. L'ophite est entièrement dépourvu de fossiles.

Roches qui accompagnent l'ophite.

§. 217. Quoique Tophite ne contienne point de couches subordonnées, il est cependant habituellement accompagné par certaines roches tout-à-fait étrangères à sa composition. Mais ces roches ne forment jamais des couches interposées dans l'ophite; seulement elles se rencontrent assez constamment dans son voisinage. Dans le plus grand nombre des cas, il m'a été impossible de déterminer exactement les rapports qu'elles ont avec l'ophite ; et je ne

* Suite des Mémoires, etc., pag. 266 et 262.

TERRAINS SECONDAIRES. T. amphiholique. 5o5

puis citer que trois localités où j'ai cru avoir observé cette relation. Il m'a paru que l'ophîte était superposé à ces roches. Je ferai connaître les caractères de ces divers gisements; mais je dois prévenir d'avance qu'un géologue très distingué , M. Boue, qui a parcouru les Pyrénées en 1822, dix ans après moi , ayant visité une partie des mêmes lieux , a adopté une opinion absolument contraire à la mienne. Suivant lui, ces roches ne font qu'entourer l'ophite, et n'en sont pas recouvertes. Je reviendrai sur cet objet avec plus de détails au §. 221.

Ces roches qui se trouvent presque constamment associées avec l'ophite sont Vargilej le gypse et un calcaire. M. Boue les regarde comme appartenant au grès bigarré; nous allons donner la description de chacune de ces roches dans les paragraphes suivants.

§. 218. L'argile qui accompagne ordinairement Argile. l'ophite, et que je désignerai parle nom A' argile ferrugineuse^ est tentât molle et friable, tantôt endurcie, tantôt schisteuse^tantôtsablonneuse, tantôt enfin marneuse, faisant dans ce cas une efifervescence vire avec l'acicie nitrique. Elle est d'un gris jaunâtre ou verdâtre , rarement bleuâtre , plus souvent d'un rouge de brique ou d'un brun rougeâtre, étant souillée d'oxyde de fer; ses couleurs sont quelquefois mélangées et produisent un dessin bigarré.

Cette argile renferme quelquefois des fragments

5o6 III'TARTIE. DESCRIPTION DES TERRAINS, anguleux d'une autre argile de couleur différente, et résistant mieux qu'elle à l'action atmosphérique. Eo examinant attentivement ces fragments , on est tenté de croire qu'ils ont été originairement de la pierre calcaire argileuse, qui, par l'influence d'un agent quelconque , a été privée de son carbonate de chaux, et n'a conservé que ses parties siliceuses et argileuses.

J'ai observé ces fragments en plusieurs endroits de la vallée de Baigorry, et près de Luzenae dans la vallée de Caêtilbn. Quand l'argile en renferme eo grand nombre , elle prend l'aspect d'une brèche.

De petits filons de spath calcaire se croisant sous différents angles, traversent fréquemment cette argile; et comme ils résistent mieux à l'action de l'air que cette dernière, ils forment à sa surface des reliefs en réseau. Mais l'accident le plus digne de remarque que nous présente l'argile qui accompagne l'ophite , est son mélange fréquent et en proportions extrêmement variables avec l'oxyde de fer. C'est cet oxyde qui lui communique cette couleur rouge dont nous avons fait mention plus haut. On eo trouve quelquefois de très pur, répandu en forme de veines ou en masses irrégulières au milieu de cette argile. Dans cet état de pureté il se rapporte au fer oligiste luisant ( rother Eisenraho) ) ; il est d'un rouge de cerise tirant sur le gris d'acier fortement brillant, parfaitement friable, onctueux au toucher et tachant. Le barreau aimanté en extr^'t quelques parcelles fort menues de fer oxydulé. Cet

TERRAINS SECONDAIRES. T, amphiboUque. 5o7 oxyde de fer est très aboûdant dans les environs à'AnhauXj entre S.-Jean'Pied-de-Porl et JBaigorry. Les habitants de cette contrée l'emploient comme matière colorante, pour peindre en détrempe rouge les portes , contrevents , etc. J'ai observé encore sur la rive droite du Lerê^ auprès de Luzenac, dans la vallée de Cattilbn , une veine de cette substance qui était encore plus pure que celle d*j4nhaux. Cette veine avait jusqu'à 18 pouces d'épaisseur, mais elle était très irréguliére '• L'argile bigarrée qui renferme cette veine est sablonneuse , jaunâtre et rougeâtre ; des boules d'opbite que l'on trouve dans le voisinage prouvent que cette roche y existe, cependant je n'ai pas réussi à la rencontrer en place.

M. Grateloup a eu la complaisance de m'envoyer des échantillons de cette même substance trouvée près de Bastennes, dans le département des Landes. Voici ce qu'il m'a écrit sur le gisement de ce fer oligiste : « Le fer oligiste pulvérulent que » je vous ai envoyé, et que vous avez observé à Bai-- ^gorry^ accompagne dan s nos cantons presque con- • stamment le grunstein décomposé. Je l'ai trouvé » au Pouyd'Euse, kS aintPandaléon,eic. Cependant

^ Le maître de forge (VJlngoutnerf situe'e à un quart de lieue de cet endroit, y fit faire une petite fouiUe que l'on abandonna dés que Ton eut reconnu le gisement et la nature de ce minerai qui nVtait pas en quantité suffisante pour être exploite ; d'ail> leurs on n'aurait pu s'en servir, dans le traitement à la catalane usité dans cette forge, que comme grillade.

568 IIP PARTIE. DESCRIPTION DES TERRAINS. • celui que je vous ai adressé est de Bastennes^ et

> ayant visité dernièrement son gisement avecatten- » tion , je me suis convaincu qu'il était au milieu d'un » terrain argilo-ferrugineux mêlé de calcaire. C'esi » dans un petit chemin appelé la Hontanette qu'il se

> trouve , et où il forme des veines assez riches dans «l'argile.La commune deBasiennes contient néaQ-

> moins dû grunstein avec beaucoup de gypse. »

Je dois encore faire observer que l'argile bigarrée qui accompagne les masses d'ophite de Lei$pars, dans la vallée de Baigorry, et dont la pâte est fine et d'un beau rouge de brique, renferme çà et là de petites cavités ovales de trois à cinq lignes de diamètre, dont les parois sont recouvertes d'une mince croûte de spath calcaire drusique, et dont le centre est tantôt vide , tantôt rempli d'ocre de fer.

L'argile ferrugineuse est ordinairement la roche dominante parmi celles qui accompagnent l'ophite.

Gjpse. S* ^*9* 1*^ seconde roche qui se rencontre or-

dinairement avec l'ophite est le gypse ( chaux sulfatée).

Ce minéral est d'uq blanc grisâtre ou jaunâtre^ quelquefois d'un beau rouge de brique; il est ordinairement grenu à petits grains, rarement compacte : on en trouve aussi qui présente des pièces séparées cunéiformes , divergentes en étoile. Le gypse fibreux n'est point rare; le gypse laminaire ou la sélénite Test davantage; ces deux variétés ne se rencontrent qu'en petits filons , ou bien en

TERRAINS SECONDAIRES. T. amphiboUque. Sog

rognons , ou en veines , au milieu du gypse grenu ou de l'argile.

Ce gypse est quelquefois très pur , mais le plus souvent il est mêlé d'argile en doses très variables. La stratification y est fort peu distincte et presque toujours irrégulière et contournée. Les seuls gypses qui aient offert à mes yeux des strates un peu réguliers , sont celui qui se trouve près du montieuîe d'ophite du vieux château de Lacour , dans la vallée du SaUlat^ et celui qu'on exploite entre Salies txM(mU$aune$, à l'entrée de cette même vallée.

L'oxyde de fer, si fréquent dao^s l'argile , se rencontre également dans le gypse , qu'il colore en rouge de brique. J'ai trouvé aussi, mais très rare* ment , des échantillons de gypse laminaire renfermant des lames de fer oligiste de deux lignes de côté. Le gypse rouge est commun dans les environs de SainUGirons , de Rimontj de Cervetto , du port de Sahun, etc.

Le gypse renferme quelquefois des cristaux de quarz qui se rapportent à la variété prhmée. Ces cristaux sont petits ou de moyenne grosseur , et letir couleur est toujours , suivant celle du gypse qui les contient , ou grise ou rouge. Les cristaux rouges sont connus vulgairement sous le nom d'hyacinthes de Compostelle. J'ai trouvé de ces quarz rouges dans les environs de Castelnaude Durban, et de Cervetto en Aragon; cependant ils ne se rencontrent pas uniquement dans le gypse, mais aussi dans l'argile , comme M. Pala«-

5io IIP PARTIE. DESCRIPTION DES TERRAINS.

SOU Ta observé à Bastenneê , village situé au sudest de Dax^ et connu des minéralogistes par les* beaux cristaux prismatiques d'arragonite que l'on recueille dans son territoire.

Ces cristaux, maintenant trop connus pour qu'il soit nécessaire d'en donner la description , se trouvent, d'après les observations de ce naturaliste, dans la même argile marneuse qui renferme les quarz hématoides '. Le gypse de cette contrée en renferme également; j'en ai vu un échantillon, provenant de Bastenneg y dans la collection de M. Picot de Lapeyrouse.

Le muriate de soude, qui se rencontre si fréquemment dans les gypses anciens , existe également dans le gypse qui accompagne Tophite. Plusieurs sources , plus ou moina salées , se trouvent dans le voisinage de cette roche; telles sont celles de Salies dans la vallée du Sallat; de Camerade^ de la bastide de Serron , dans le département de l'Arriége; de Salies, en Chabsse; à* A incille , dans la vallée de Cize^ et de divers endroits de la vallée de Soûle y indiqués par M. Palassou '.

' Suite des Mémoires, etc., pag. a5i.

• La plupart de ces sources sont très faibles en salure. Plusieun ontëté exploitées, mais sont abandonnées aujourd'hui. La seule dont on retire encore du sel est celle de Salies en Chahsse. M. d'Aubuisson porte son produit à deux métrés cubes d'eau par heure , à dix-huit pour cent de salure. Voyez son Traiié de Géognosie, tom. Il, pag. 59a. Quant aux autres salines, voyez Dietrich, Description des gûes de minerais, etc., pag. a 18 , 424» 441, 455 , 456 et 527.

TERRAINS SECONDAIRES. T. amphibolique. 5ii Suivant une lettre que j'ai reçue de M. Grateloup, les sources salées de Dax et de Salies en Chalosse « accompagnent les terrains qui contiennent • le grunstein et le gypse : dans la commune de 9 Saint'-Paîidaléan ^ à une lieue au nord-ouest de nDaXf l'eau salée sort au jour à travers la roche de » grunstein; à Arzetj une source abondante est » située au pied d'une colline composée de cette «roche , et de gypse qui parait lui être adossé. >

Le gypse qui se trouve dans le voisinage de Tophite de la petite vallée de Cerbetto^ latérale de celle de Gistain, contient des veines et des rognons de $el gemme ; les habitants de ce vallon en extraient quelquefois de gros et beaux morceaux dont ils font usage dans leurs ménages.

Le gypse est communément subordonné à l'argile , en y formant des veines courtes et épaisses , ' des rognons ou de grandes masses irrégulières ; je ne me souviens pas d*avoir jamais vu ces deux roches alterner ensemble en couches régulières ; mais on trouve également des contrées dans lesquelles le gypse est tout aussi fréquent que Targile ferrugineuse, comme par exemple entre Foix et Saint 'Girons^ et à Monsaunès^ BonrepauxelLacour, dans la valléç du Sallal; il paraît même que dans ces derniers endroits le gypse domine de beaucoup sur Targile.

§. 220. Le calcaire qui, avec le gypse et l'ar- ^^^^ gile, accompagne quelquefois Tophite, et que je

Calcaire 'ÏQeux.

5ia IIP PARTIE. DESCRIPTION DES TERRAINS.

désigne par le nom de calcaire ferrugineux y est d'un blanc sale, jaunâtre jou rougeâtre, rarement d'un gris de cendre ; il est communéaient ferrugineux et argileux , passant ainsi à l'état de marne; sa cassure est inégale^ s'approchant de la ierreme. 11 est ordinairement mat^ à l'exception de quelques points brillants, dus à de petites paillettes de mica et à des grains de sable quarzeux ; il a souvent un aspect altéré et comoie carié , et est sali d'oxyde et d'hydrate de fer. On y voit aussi quelques traces de fer oligiste. M. Palassou rapporte qu'on observe < dans les plàtrières de Sainte-Ua- » rie de Gosse ( entre Dax et Bayonne ) des frag- >ments calcaires, mêlés d'oxyde ferrugineux, et «parsemés de fer oligiste en lames '. >

La présence du fer oligiste, non seulement dans l'ophite, mais dans toutes les roches qui l'accompagnent, est un fait fort remarquable, qui tend à prouver l'identité d'époque de formation de toutes ces roches, quoique de nature très différente.

Le calcaire ferrugineux est communément subordonné à l'argile ; ces deux roches alternent ensemble en couches assez régulières , comme on l'observe au quartier d' jonglas, près de Saint-Girons, et dans les environs de Bascassan, dans le pays de Cize. On remarque quelquefois un passage insensible entre l'argile bigarrée et le calcaire ferrugineux, qui est fréquemment altéré et connme

, Suite des Mémoires, etc., pag. 290.

TERRAINS SECONDAIRES. T. ainphiboUqw:. 5i5 carié, surtout dans le voisinage du gypse; circonstance remarquable qui n'a point échappé à l'attention de M. Palassou : il l'a observée au Col de Lardes y dans la vallée d'Ossau, et à Caresse ^ près de Salies en Chalosse '.

§. 221. Nous avons déjà dit que l'ophite était éo^^o^JJ? habituellement accompagné d'argile ferrugineuse, ^**«*

de gypse et de calcaire ferrugineux. Ce n'est pas l'ophite

qu'il n'existe des masses d'ophite autour desquelles les roches

-, - .qui raccom-

on n a encore découvert aucune de ces trois ro- paynenr. ches; mais on ne connaît aucune contrée dans laquelle on ait observé une de celles-ci, sans trouver dans leur voisinage l'ophite, ou au moins des indices de son ancienne existence.

Cette association s'observe presque constamment , non seulement dan» les Pyrénées proprement dites, mais aussi dans les collines de la Cha^ iosse et dans le département des Landes'; et les

* Suite àes Mémoires, etc., pag. 290.

* M. Borda d^Oro dit dans une lettre adressée à M. Palassou : « L'opbîte se trouve aux environs de Pampelune ; le gypse Tac- » compagne et il est place à côte de notre basalte dans tous les • endroits où celui-ci .se montre.» Suite des Mémoires ^ etc., pag. 299. M. de Borda nommait l'ophite basalte, le croyant d*origîiie volcanique. Ce même observateur dit encore en écrivant à M. Palassou, pag. ai3 : «J'ai vu extraire du g3rpse d'une » plâtriére située au nord-ouest et & peu de distance des masses » d'opbîte de la vallée de Baigorry, Dans les environs de Dax, » cette position respective des deux matières est tout autrement » frappante; le basalte (ophite) est toujours V indice certain de » la pierre à plâtre. »

5i4 m* PARTIE. DESCRIPTION DES TERRAINS, masses d*ophite auprès desquelles on ne découyre aucune de ces roches doivent être envisagées comnae des anomalies ou des exceptions à la règle générale. Ainsi M. Palassou, en parlant de Tophite de la vallée de Lavedan et de celle de Cawr panj nous dit, page 1 70 de ses Mémoires : c Gomme • Tophite est, en général, accompagné de gypse, » on s'étonne de ne pas trouver cette substance dans »ces terrains qui sont dépendants du terrain des » hautes Pyrénées 5 on n'en a point encore décou- » vert , ni du côté de Lourde^ ni du côté de Ba^ ngnèreSf où Tophite abonde.»

Quant aux rapports de gisement qui existent entre l'ophite et les roches qui l'accompagnent communément, c'est-à-dire à leur yéritable position relative, iï est certain qu'il y a peu de faits en géognosie aussi difficiles à bien constater, parce que les terres, les éboulements, le gazon, etc., empêchent presque constamment de voir le contact immédiat de l'ophite avec l'argile, le gypse ou le calcaire ferrugineux. Cette observation est d'autant plus nécessaire dans cette recherche, que la structure de l'ophite, n'étant point feuilletée ou schisteuse, ne peut fournir aucun indice.

Voici comment ces roches se montrent ordinairement : on voit le gypse, l'argile ou le calcaire ferrugineux percer les terres ou le gazon sur une étendue plus ou moins considérable ; et à peu de distance de là on trouve l'ophite plus ou moins à

TERRAINS SECONDAIRES. T. amphiboUque. Si5 découvert, sans pouyoir reconnaître sa jonction avec les autres roches.

L'ophite semble se trouyer à un niveau un peu plus haut que le ^ypse, Targile ou le calcaire ferw rugineux ; car il forme habituellement des monticules, tantôt coniques, tantôt alongés ou aplatis, au pied desquels on voit par places à découvert une ou plusieurs de ces roches. Telle est, par exemple, la disposition de l'ophite qui forme le monticule conique du vieux château de Lacour, dans la vallée du Saltat, et celui dit le Tue de Bar^ buty près de Mercenacj dans cette même vallée; on remarque une disposition tout-à-fait semblable dans les landes de Dax et de la Chalosse^ où, d'après les observations de M. Palassou , l'ophite se présente encore plus souvent en monticules d'une forme conique que dans les Pyrénées proprement dites. Ainsi ce célèbre naturaliste nous apprend que le monticule d'ophite appelé le Monicauij sur lequel est situé le Château de GaujaCy est entouré d'argile et de gypse ; que l'on découvre le gypse au pied du Pouy d'Euse, près de Daxj et du Pouy d'Jlrzet^ près de Saugnac^ l'un et l'autre formé d'ophite , et que l'ophite qui couvre une partie du sommet du Pouy de Mondran est entouré presque entièrement de gypse '.

On trouve aussi le gypse et l'argile au même niveau auquel on observe l'ophite, et il paraît même

' Suite des Mémoires, etc., pag. 225 61297.

5i6 IIP PARTIE. DESCRIPTION DES TERRAINS, que cette roche est souvcDt placée, pour ainsi dire, verticalement à côté du gypse , de l'argile et du calcaire ferrugineux , de manière qu'on ne peut dire, ni qu'il recouvre, ni qu'llsupporte aucunedeces roches.

Dans le quartier à'Anglas , près de Saint-Gironsj le gypse et le calcaire ferrugineux sont plus élevés que l'ophite qui les avoisine ; on remarque une disposition semblable près d^Urdos et près de Leizparsj dans la ^vallée de Baigorry. Cependant, en général , l'ophite semble se trouver à un ni?eau plus élevé que les roches qui l'accompagnent, d*oà on est porté à présumer qu'il leur est généralement superposé.

Mais , comme nous l'avons déjà dit, il n'txiste presque aucun endroit assez découvert pour voir le contact immédiat entre c^ roches et reconnaître clairement leur supeipositio^. M. Palassou, qui n'a épargné ni voyages ni peines potir bien déterminer la. position respective entre l'ophite et les roches qui l'accompagnent, n'a pas pu reconnaître d'une manière bien satisfaisante leur ordre de superposition. M. Grateloup de Dax , qui demeure dans un pays où l'ophite, le gypse et Targile abondent, et qui consacre tous ses moments de loisir pÀur en étudier la constitution géognostique, n'a pfis réussi non plus à découvrir jusqu'à présent les rapports de position qui existent entre <îes roches. Voici la notice qu'il a bien voulu sot donner sur cet objet : • Le grunstein , daiis nos » contrées, se rencontre fréquemment dans le toi-

TERRAINS SECONDAIRES. T. amphibetique. Si^

• sioage du gypse et du calcaire, soità «Soôtf-lVn-;

• daléon, à Arzet^ à Pouillouj à Gaujac, à Bra$'

• senpouy, soit au Pouy d'Euse^ etc., etc.; mais 1 jamais ni le gypse, ni le calcaire, ne se montrent

• ni au-rdessus ni au-dessous de cette roche; mes •.observations, à ce sujet, sont d'accord avec celles

• que M. Palassou a faites dans ce pays, ainsi qu'avec % celles de M. Borda d'Oro, qui rapportait le ngrunstein à des productions volcaniques. Le cal- » caire , le gypse et le grunslein , forment à elles «seules presque toutes les petites montagnes qui t recouvrent la région méridionale du département

• des Landes. !Notre calcaire est visiblement secon-

• daire; il contient généralement des coquilles nâa- 1 rines, et dans plusieurs communes de cet arroni.dissement, nous troiivons d'immenses dépôts de 9 falun à côté de ce^e roche. »

Le peu de succès de ces deux infatigables ohservateura, pour reconnaître les points de contact de l'ophlte avec les roches qui l'accompagnent, fait asses^ voir combien cette détermination est difficile. Aussi , je ne puis présenter qu'avec queK que méfiance les résultats auxquels mes recherchesL m'ont conduit. J'avouerai cependant qu'à l'époque où j'ai quitté les Pyrénées, je croyais avoir résolu cette question; cependant, les observations récentes de M. Boue l'ayant conduit à un résultat opposé, il ne serait pas impossible que je me fusse trompé: ne pouvant aller vérifier de nouveau les lieux, je vais rapporter mes idées telles que

5i8 ni- PARTIE. DESCRIPTION DES TERRAINS. )e les ai conçues il y a dix ans. La superposition de Tophite sur le gypse et sur Targile ferrugineuse m'a paru déterminée en trois endroits différents , où des coupures récentes faites par la main des hommes, soit pour élargir des grandes routes, soit pour extraire de la pierre à plâtre , ont entamé à la fois ces diverses roches.

L'un de ces points est sur le bord septentrional de la grande route de Foix à SaininGirons ^ dans le lieu dit la montée du Pasiourety à une petite demilieue avant d'arriver à Rimont;^ on y trouve du gypse rouge et blanc mêlé de beaucoup d'aiçile, sur lequel repose immédiatement de l'ophite compacte assezaltéré, qui, à quelque distance du gypse, devient de l'ophite grenu également décomposé. Le plan de superposition s'incline d'environ 5o*au nord.

M. Boue ayant observé ce gîte avec beaucoup d« soin , et y ayant même fait faire une fouille à ses frais, l'a jugé d'une manière tout-à-fait différente. B pense que j'ai été induit en erreur, et que cette superposition de l'ophite sur l'argile et le gypse n'est point réelle.

Voici comment il s'exprime à cet égard dans une lettre adressée à M. Brochant de Villîers, qu'il a autorisé à me la communiquer : « A iJ«wmontj écrit M. Boue, à la montée du Pastouretj on

• croit voir la marne inclinant au nord plonger

• sous une masse d'ophite ; et en effet, il est éW- »dent que pendant quelques pieds la marne gyP'

TERRAINS SECONDAIRES. T. amphiboUque. 619

»8ifère se trouve recouverte par l*ophite; m^is ce . lu'est qu'une fau&se apparence ; c'est un angle

• rentrant rempli. En effet, depuis que M. de Char- »pentier a été sur les lieux, on a creusé plus pro* » fondement la carrière, et on a retrouvé le gruns- »tein^ ressortant au milieu des marnes. Les marnes

• se sont modelées, en partie seulement, sur la sur- »face irrégulière bosselée de l'ophite. »

Le second endroit est situé entre Rimant et Baliarj dans le quartier dit la Garousse. J'y ai cru voir l'ophite reposer à peu près horizontalement sur l'argile ferrugineuse qui , près de Baliar^ renferme du gypse. Cet ophite est nioins décomposé que celui de la montée du Pastouret>

Enfin , le troisième est près de la prise d'eau du moulin de M. Etscheverry sur la rive droite de la Nive , vis-à-vis de Carricagaistoa^ dans la vallée de Baigorry. C'est dans une petite fouille que l'on avait faite à côté de l'ophite , dans l'argile ferrugineuse, pour chercher du plâtre, qu'il m'a paru que l'ophite était superposé sur l'argile ferrugineuse qui, près de la prise d'eau, repose visiblement sur le calcaire alpin.

En examinant le gypse qui entoure le pied du monticule d'ophite du viçux château de Lacour^ déjà cité plus haut, j'ai cru également pouvoir admettre que le gypse se trouve sous l'ophite , quoiqu'on ne puisse pas voir le contact immédiat entre ces deux roches.

Mais M. Le Valois , ingénieur au corps royal

520 IIP PARTIE. DESCRIPTION DES TERRAINS, des mines , qui 9 il y a peu de temps, a examiné ce gisement , s'est conyaincu que le gypse ne s'y trouve pas sous l'ophite, mais qu'il est seulement adossé contre cette roche.

Avant de terminer ce paragraphe, je dois rappeler encore que ni M. Palassou ni moi, n'avons ja* mais vu le gypse, ni l'argile, ni le calcaire ferrugineux in tercalés dans l'ophite , et que réciproquement nous n'avons observé aucune couche, veine, ou rognon d'ophite interposé dans aucune de ces roches.

Gisement S* ^^^ Après avoir examiné dans le paragraphe

aDcienneté P^^^c^dent la posîtiou de l'ophitc par rapport à l'ar-

d'*r**"hit ^'^ ferrugineuse , au gypse et au calcaire ferrugi-

, «t . neux , il nous reste maintenant à indiquer les rap-

dei roches * ^

qui l'accom. ports géoguostiqucs qui existent entre ces mêmes roches et celles des autres terrains , afin de pouvoir en conclure leur ancienneté relative»

Mais les mêmes obstacles qui rendent si difficile de bien reconnaître la disposition respective entre l'ophite et les roches qui l'accompagnent ^ ordinairement, empêchent également de bien sai- ' sir leur position relativement au sol principal; car la^égétation, les terres, les éboulements, ne m'ont permis de voir le point de contact entre ces roches et celles <les autres terrains, que dans un seul endroit. Cependant une foule de circonstances géognostîques et d'accidents particuliers pouvant servir ici à remplacer l'observation directe de la superposition^ j'ai été conduit à conclure que l'ophite»

TERRAINS SECONDAIRES. T. amphiboUque. 5a i le gypse , l'argile bigarrée , et le calcaire ferrugineux, étaient très modernes; qu'ils étaient dus à une formation postérieure à celle du calcaire du Jura , et postérieure même à l'excavation de la plupart des vallées.

Les principales circonstances qui m'ont paru autoriser cette opinion consistent dans les faits suivants :

l. Vophitej ni aucune des roches qui l^accompa-gnenty ne sont Jamais recouvertes par d'autres roches.

A l'exception de quelques dépôts de terre , de sable , de gravier , d'argile , ou de tuf ' , M. Palassou et moi , nous n'avons jamais pu trouver une seule roche reposant sur l'ophite et les roches qui l'accompagnent.

â. Ces roches sont environnées^ dans les diverses contrées des Pyrénées , par des roches de formation très différente.

Le granité constitue le sol autour des masses d'ophite que l'on observe auprès de Castillan et au village de Bordes^ à l'entrée du vallon de Betmalcy dans la vallée de Castillon. jjf

Le calcaire primitif se trouve à côté de l'ophUé" auprès du village de Portet , dans la FallongjUf.

Les masses d'ophite du bassin de Bédouft et de

> L*ophlte qui constitue la montagne de Theisjprès de Bedous, dans la vallée d'Aspe, est surmonte d'une masse de calcaire jau* nâtre, tantôt terreux, tantôt spathique, souvent caverneux, que BI. Palassou regarde avec raison comme une production purement locale et de la nature des tufs. Suite des Mémoires^ p. i35.

Sua m* PARTIE. DESCRIPTION DES TEKEAINS. Lurbe, dans la vallée d'jàspe^ celles de Peyrouse et de SaintrPé , dans la vallée de Lavedan y à^Ahaxe et de Bascassan, dans ]dLvaUée de Laurhibare ^elCj^nteu* tourées par des montagnea de calcaire de transition. Le schiste argileux de transition constitue presque tout le sol qui environne l'ophite de la ValUmgue^ du bassin de Saint-Étienne , dans la vaUée de Bai* gorry, etc.

Le grès rouge est la roche qui se trouve immédiatement à côté de Tophite de la partie septentrionale du bassin de Saint-Étienne ^ dans \z vallée de Baigorry; d'Anhaux et d'Imlegui^ entre Baigorry et Saint-^ean Pied-de^Port ; de la gorge du port de Sahun , vers la vallée de Gistain , etc.

Le calcaire alpin entoure Tophite du vaUon d^ Cervetto et d'Espierba^ village le plus voisin du Mont'-Perdu , dans la vallée de Pinède y etc.

Le sol des environs de Castelnau de Durban^ de Bimontj de Mercenac, de Montsauné, etc. 9 où l'ophite abonde, est formé par le calcaire alpin ^ei le calcaire du Jura.

3. Des dépôts tout-à-fait identiques d^ophite et de$ roches qui l'accompagnent se trouvent quelquefois sur la limite de plusieurs roches de formations très différentes.

L'ophite qui se trouve entre Saint-Lary et Por^ tet est entouré près de Saint-Lary paT le schiste argileux et le calcaire de transition , tandis qu'auprès de Portet il Test par le calcaire primitif; le pionticule conique d'ophite du vieux château de

TERRAINS SECONDAIRES. T. amphiboUque. 525 Lacour, dans la vallée duSallai, est dominé au sud par une montagne de granité et au nord par une montagne de calcaire de transition : Tophite de la partie méridionale du bassin de Saint-Étienne de Baigorry est adjacent à du schiste argileux de transition ; mais à Othicoren, à Eihéraldé , et dans le vallon dit Bastideccnerreca^ ou dans la partie méridionale de ce même bassin , Tophite se trouve à côté du grès rouge , tandis qu'auprès de la prise d'eau de M. Etschevcrry , l'argile bigarrée qui accompagne Tophite repose immédiatement sur une brèche appartenant au calcaire alpin.

4* Aucun des minéraux qu'on trouve dans l'ophite ne se rencontre jamais dans les roches adjacentes.

Mi M. Palassou > ni moi n'avons jamais trouvé d^amphibole, de feldspath, de fer oxydulé, de fer oligiste, ni de gypse, engagea dans les calcaires, les schistes et autres roches adjacentes à l'ophite.

5. Réciproquement, l'ophite et tes roches qui l'ac^ eompagnent ordinairement ne renferment jamais de veines ni de couches des autres roches adjacentes.

Ainsi l'ophite , l'argile ferrugineuse et le gypse ne renferment jamais des veines de granité , de calcaire, de schiste argileux, de grès rouge, etc., lors même qu'ifs sont entourés par ces roches ; car l'argile ferrugineuse , qui accompagne l'ophite et qui quelquefois est schisteuse ou s2J)lonneuse , ne. doit pas être confondue avec le véritable schiste

■ Suite des Mémoires y etc., pag. lot.

5a4 ni* PARTIE. DESCRIPTION DES TERRAINS, argileux ou avec le grès rouge ; et le calcaire ferrugineux indiquf près de Tophite doit être distingué des autres calcaires de formation différente et beaucoup plus ancienne.

6. On ne rencontre Jamais de fragments d'ophite dans les poudingues et les brèches subordonnées au grès rouge et au calcaire secondaire.

Les poudingues et les brèches nous offrent une collection , à peu près complète , dçs roches qui existaient avant leur formation d^ns le voisinage des lieux dans lesquels nous observons ces roches agglomérées. Mais les poudingues du grès de la vallée de Baigorry n'opt jamais présenté à mes yeux un seul fragment d'opbite , quoique cette roche abonde dan^ cette contrée , et s'y trouve même kd- }acente au grès rouge , comme il a déjà été dit plus haut. M. Palassou a fait la même observation dans la vaille d0 Soûle; car , en. parlant des poudingues du grès rouge qui sç trouvent vers la naissance de cette vallée , il nous apprend t qu'aucun fragment » d'ophite ni de grupstein ne se montre dans ce& A amas particuliers , quoique quelques montagnes A des environs soient conqLposées de cette roche, no- » tamment celle qui , du côté du nord , domine le 1 bourg de Sainte-Engrace\ »

y Mémoires pour servir à l'histoire naturelle des Vjrénées,^ pag. 3p8.

Ce même gëognoste rapporte encore que ces poudingues ne contiennent pas non plus de fragments de granité. Ce fait ne doit pas surprendre^ lorsqu'on se rappelle que le gra-

TERRAINS SECONDAIRES. T. amphiboUque. 525 Les brèches calcaires qui à peu près sur la limite du calcaire alpin et du calcaire du Jura forment, presque à elles seules , une petite niontagne à peu de distance au nord-ouest de la Bastide du Serron^ entre Foix et Saint-Girons , ne contiennent pas un fragment d'ophite ou de gypse^ quoique ces roches occupent dans ces environs une étendue considé* rable de terrain.

7. L'ophite ne se trouve point sur le faite des hautes montagnes^ mais toujours formant des butâtes , soit à leur pied , soit isolées dans le sol des vallées.

L'ophite se trouve ou dans les plaines, ou dans le pays de collines situé au pied des Pyrénées (comme à Dax , à Salies en Chalosse^ à Biarits sur le bord de l'Océan près de Bayonne , à Ogeii, au Bourdalat de Loubie, à Lourdes, à Saint -^Ber-trand en Comminges, à Montsaunés, Mercenac, Rimonty etc.), ou enfin dans le sol des vallées, communément dans les endroits où elles sont larges et forment des bassins ( comme dans le bassin djB Bédous , dans la vallée d^Aspe, aux environs de Gottein et Menditte, dans la vallée de Soûle, de Suint-Jean-Fied'de'-Port , de Suint - Etienne

nite est constamment cache par des roches de transition, depuis la vallée d'Ossau jusques au-delà de celle de Baigorry; mais dans la vaUée de Baigorry le grés rouge contient déjà des galets de granité , parce qu'il n'est pas éloigné des basses montagnes granitiques du Ldirbourd et de la Guipuzcoa, ($.74)

526 in« PAKTIE. DESCRIPTION DES TERRAINS. et d'Osses dans la vallée de Baigorry ). Quelquefois Tophite s'étend de la vallée principale dans les gorges qui y aboutissent , comme il sera dit dans la suite, {%. 226. )

Je ne connais qu'un seul endroit où Tophite se trouve sur le faite d'un chaînon de montagnes ; c'est au Col de Marie B langue , situé vers l'extrémité septentrionale du chaînon de montagnes qui sépare la vallée d'Ossau de celle à'Aspe. Ce col, en y comprenant le beau pâturage dit la plainede Benou , forme un large vallon ou bassin , dont l'extrémité occidentale est surmontée d'un gros monticule d'ophite, qui constitue le col proprement dit, étant au point le plus élevé du passage; mais ce monticule est néanmoins dominé 5 au nord et au sud , par de hautes montagnes de calcaire de transition , dont celle du côté du sud est la plus élevée et porte le nom A'Ahourlme \

J'aurais pu ajouter une foule d'autres faits qui tous conduisent à la même conjecture. Ainsi, par exemple, il est à remarquer que, partout où on rencontre l'ophite , il présente exactement la même structure et les mêmes accidents, quelles que soient les roches qui lui sont adjacentes, primitives, intermédiaires, calcaire alpin, ou calcaire du Jura;

« M. Palassou a encore observé Voi^hiie diU col de Lurde^ 9. une élévation peut-être plus grande qu'au col de Mane-Blanqu^î il paraîtrait que cette roche y présente la même disposition qu a» col de Marie-Blanque i car M. Palassou dit «que des pics hi- » deux et décharnés dominent le col de Lurde, >

TERRAINS SECONDAIRES. T. amphiboUçue. Sa^

que cette roche fonne des masses ou des monticules , tantôt isolés , tantôt en groupes épars ; que la plus grande étendue de ces masses est indépendante de la direction des strates des roches adjacentes , mais qu'elle a lieu , ou dans le sens de la direction de la vallée, ou dans celui de la gorge dans laquelle elles se trouvent, ou suivant la pente de la montagne contre laquelle elles s'appuient , disposition qui se remarque fort bien sur la rive droite du Gave béarnais, entre Peyrouse et Saint-- Pé; que l'argile bigarrée repose près de Carrica-- Gaistoaj sur une brèche faisant partie du calcaire alpin , etc. Ces différentes circonstances m'ont paru tendre toutes à prouver : i\ que l'ophite et les roches qui l'accompagnent sont plus modernes que le calcaire alpin et le calcaire du Jura ; 2\ que leur formation est postérieure même à l'excavation de la plupart des vallées ; et 3\ qu'elles recouvrent en stratification non parallèle et interrompue les autres terrains.

M. Boue ne partage point cette opinion : il croit que l'ophite est d'un âge beaucoup moins récent que celui que je lui attribue. Il ];econnait bien avec moi qu'il est postérieur aux terrains intermédiaires des Pyrénées, mais il le croît antérieur au calcaire alpin et au calcaire du Jura, à peu près de l'âge de la siénite de Plauen , et de tant d'autres contrées connues. Il lui a paru que les masses d'ophite de ces montagnes forment des espèces de filons dans les calcaires et les schistes de transition , et que

5a8 IIP PARTIE. DESCRIPTION DES TERRAINS.

ces filons sont souyent parallèles au plan des couches.

Je désire vivement que les détails que j'ai donnés sur les caractères et le gisement de cette roche extraordinaire puissent déterminer des naturalistes à aller de nouveau l'étudier, et que des observations décisives lèvent enfin toutes les incertitudes qui paraissent encore exister sur Tensemble de ses rapports géologiques.

DWerses opinions

SOT le mode

de formation

de l'ophite.

§. 223. Les savants qui se sont occupés de l'étude de l'ophite ne sont pas d'accord sur le mode de formation de cette roche. M. Palassou pense qu'elle est d'origine neptunienne ou plutôt non volcanique '. M. Grateloup parait être de la

> Dans le département des Basses-Pyrenëes et dans quelques autres conti*ëes de ces montagnes, Popliite est fréquemment posé entre deux chaînons de calcaire de transition; ainsi en remontant la vallée é^Aspe^ on remarque, entre le village de larbe et celui ^Escot , une masse d'ophite qui est ddminée au nord par le chaînon calcaire dit la montagne de Binet, et au sud par celui qui porte le nom de Pêne d'EscoL Ces chaînons, étant à peu prés parallèles à la direction de leurs strates, qui est de Test sud-est à l'ouest nord-ouest, aboutissent à angle droit à la vallée d'Aspe, dont la direction est du sud au nord. « Dans la «première de ces montagnes, dit M, Palassou, pag. 128, les ban- »des sont inclinées du sud sud- ouest au nord nord-est, et semttblent chercher un appui sur l'ophite qu'on trouve au sud de »Lurbe et de la montagne de Binet; mais ce n'est qu'une appa- »rence; l'autre chaînon présente le même plan d'inclinaison; les M montagnes de schiste argileux et d'ophi te, entièrement dégagées »de pierres calcaires à leur cime, sont placées incontestablc-

TERRAINS SECONDAIRES. T. ampUbolique. Sag même opinion. Mais M. Borda d'Oro, ainsi que M.'Thore, la regardent comme une roche volcanique.

«ment entre des montagnes formées de pierres de cette nature; vmais il n'est pas possible de découvrir la base sur laquelle sont »assîses les unes et les autres de ces différentes matières argiuleuses et calcaires. Leur plan est presque vertical jusqu'au «dessous du niveau des eaux du gave. Cette disposition r^specntive semblerait indiquer que Forigine de ces roches date de la Mméme époque.»

En continuant de remonter cette vallée, on rencontre sur la rivcugauche du Gave, dans le large bassin de Bedous, une énorme masse d'ophite offrant plusieurs monticules coniques auprès des villages à^Atas et à^Osse. Cet ophite est également dominé au nord et au sud par deux chaînons de calcaire de transition très élevés et fort escarpés; celui qui est situé au nord s'appjelle la montagne de Lœyens, et celui qui s'élève au sud porte le nom de Pène-d'Esquit, ou de montagne de Pétraube, Sur la rive droite du gave d'Aspe, et vis-à-vis du vallon très évasé dans lequel se trouve cet ophite, on remarqu e la gorge ou le vallon à^AjdiuSy situé également entre de ux chaînons de calcaire de transition , qui en effet ne sont que la continuation des chaînons de Layens et de Pétraube, entre lesquels on trouve l'ophite ; car ils n'en sont séparés que par le gave d'Aspe, qui les a rgmpus en s'y frayant un passage profond et étroit. Mais l'ophite ne s'étend point dans le vallon ^Aydius, Les montagnes qui bordent cette vallée au nord et au sud sont, comme on vient de le dire, du calcaire de transition, et le sol ou le Thaï veg du vallon est formé de schiste argileux.

M. Palassou pense que l'on doit conclure de cette disposition de l'ophite entre deux chaînes de calcaire de transition, que l'ophite alterne réellement avec ce calcaire; qu'il est d'une formation contemporaine avec celle de cette roche; qu'il fai^ partie des couches de schiste argileux qui sont subordonnées au calcaire, et qu'il les remplace même quelquefois.

Cependant les diverses circonstances géognostiques que j'ai cru reconnaître dans le gisement de l'ophite, et que j'ai rap-

53o HT* PARTIE. DESCRIPTION DES TERRAINS,

Les principaux arguments qu'on peut alléguer en faveur de Topinion de ceux qui attribuent à Tophite une origine non volcanique, sont 2 i*.que l'on ne voit point de cratère dans ces contrées que Ton suppose avoir éprouvé l'action du feu '. 2^ Qu'on n'y a pas encore trouvé de vrai basalte en place S ni aucune roche quelconque dont la structure indique d'une manière incontestable Torigine ignée.

portées (J. 12a.), m'empêchent d^adopter les conclusions que M. Palassott tire de ces faits, maigre la grande déférence que j*ai pour les opinions géognostiques de cet observateur. Au lien donc de conclure de ces faits que Tophite est contemporain avec le calcaire qui constitue les chaînons de montagnes entre lesquelles il se U*ouTe, et qn^il alterne réellement avec cette roche, je croirais plutôt que ces chaînons et les vallons qui les séparent existaient déjà avant la formation de l'ophite; que ces vallons ont été creusés sur des couches épaisses de schiste argileux, roche plus destructible qne le calcaire , et que l'ophite y a ëté déposé après coap.

' Je MetïB parfaitement combien cet argument peut paraître faible et insignifiant; si je ne l*ai pas supprimé, c'est parce que plusieurs savants, et entre autres M. Palassou, y ont attaché une grande importance.

" Je ne connais que deux échantiUons d'une roche analogue au basalte provenant des Pyrénées ; l'un a été trouvé par M. Palassou dans Itivalléê de Souk, et l'autre par moi sur la grande route entre Monicayole et Mnuléon dans la même vallée. Ils renfermaient des globules de mésotype de moyenne grosseur, et la pâte de la roche avait la plus grande ressemblance avec le basalte. Mais, n'ayant dans ce moment aucun de ces échantillons sous la main , je ne saurais en donner une description exacte. Gomme ils étaient détachés et roulés par les eaux, on ne peut rien conjecturer sur leur gisement. Je ferai observer seulement que l'ophite abonde dans la vàUée de Soûle.

TERRAINS SECONDAIRES. T. anxpUholiqwi. 53i

3\ Que les roches contiguës à Tophite ne présentent pas la plus légère trace de Taction du feu.

4^ Que l'ophite est toujours une diabase ou une amphibolite , c'est-à-dire un composé d'amphibole et de feldspath , tandis que le grunstein volcanique est le plus souvent une dolérite ou un mélange de pyroxène et de feldspath*

5*. Qu'on n'a pas encore trouvé dans l'ophite une seule trace de pyroxène , ni de péridot ou olivine y substances dont les roches volcaniques et surtout le basalte ne sont presque jamais exemptes.

6*. Qu'on ne connaît guère de laves qui soient ordinairement accompagnées de gypse, comme l'est l'ophite.

7*, Enfin, que l'amiante» le talc et l'épidote manquent dans les laves, ou dumoins y sont extrêmement rares, tandis que ces minéraux sont très fréquents dans l'ophite , surtout les deux derniers.

Ceux au contraire qui regardent l'ophite comme un produit des volcans, peuvent appuyer leur opinion sur les faits suivants.

i*. Que cette roche présente le gisement des roches évidemment volcaniques.

2*. Qu'on n'a pas encore trouvé de roches amphiboliques ou feldspathiques , d'une origine évidemment non volcanique, qui eussent un gisement semblable.

3*. Que les terrains volcaniques anciens, les trachytes et les basaltes , ne présentent pas toujoyrs des indices évidents de l'action du feu , tels que

532 IIP PARTIE. DESCMPTION DES TERRAINS, des roches vitrifiées et scorifiées, ni des cratères; qu'il est même le plus souvent impossible d'indiquer avec quelque probabilité le point d'où ces roches ont été vomies du sein de la terre à sa surface.

4^ Que la présence du fer oxydulé et du fer olîgiste répandus dans presque toute la masse d'ophite, et même dans les roches qui l'accompagnent, est une circonstance particulière à un assez grand nombre de laves.

5'. Que la variété de cette roche désignée par le nom d'ophite grossier (§. 207. ) a quelquefois la plus grande ressemblance avec certaines la?es lithoîdes.

6®. Et que le gypse , l'argile ferrugineuse et le calcaire ferrugineux, qui sont communément associés avec l'ophite , ne sont pas à la vérité des laves; mais que l'on conçoit facilement qu'elles peuvent être le résultat de quelques circonstances particulières , qui auraient accompagné la plupart des éruptions qui auraient produit l'ophite '.

' « M. Olivier rapporte qu'il a vu, à un quart de licuc du mo- »naf tère de Sainte-Marine (Ayia Marina ) dans l'île de Milo» ezvploiter du beau gypse dans une couche épaisse formée d'unm^ » lange de cendres volcaniques, de fragments de pierre ponce, »et de pouzzolane. Cette couche s'étendait à une grande distance, Met on observait sur plusieurs points d'anciennes excavations 1» d'où on avait pareillement extrait de la pierre à plaire i às^ •époques différentes.» Voyages dans V empire ottoman, etc., tom. n, pag. ao6. Ce savant voyageur a encore observé dugyp* parmi les produits volcaniques de Calamo, volcan situé dans 1»

TERRAINS SECONDAIRES. T. amphihoUque, 535 Tels sont les principaux arguments qu'on peut alléguer pour et contre Torigine aqueuse ou Torîgioe ignée de l'ophite : peut-être désirerait - on que j'entreprisse de les discuter; maisjelaisse cette tâche difficile à d'autres plus* habiles , qui visiteront après moi ce terrain problématique. Je m'abstiendrai à plus forte raison de décider laquelle des deux opinions est la mieux fondée , n'ayant pas moi-même pris à cet égard un parti bien prononcé.

Un des motifs de mon incertitude tient à quelques idées géologiques dont j'étais imbu à l'époque où j'ai voyagé dans les Pyrénées. Je partageais alors l'opinion de l'école de Freyberg , où j'ai étudié, sur l'origine des terrains de trapp secondaire. J'étais persuadé que ces terrains n'étaient pas des produits volcaniques. Je n'avais pas encore visité l'Auvergne, qui présente à l'observateur tant de preuves incontestables de l'origine ignée de ces terrains. D'après cela j'ai lieu de craindre, non pas, je pense, d'avoir trop préjugé d'avance l'origine aqueuse de l'ophite , mais au moins de n'avoir pa& assez scruté , faute de points de comparaison , le&

même fie, « La décomposition que les layes de Galamo ont «éprouvée, dit-i], est déjà très avancée et ressemble à celle que «l'on remarque dans toutes les parties de l'île. Les couches su- »périeures sont en très grande partie passées à l'état terreux. Le ^gjrpse s'est difjà formé dans quelques unes de ces couches^ et , scelles qui ont encore de la solidité sont très ferrugineuses, et »peu différentes, quanta leur aspect, des scories de fer.v Ibid,y

534 m* PARTIE. DESCRIPTION DES TERRAIHS. preuves ^ui peuvent conduire à admettre son origine volcanique, soit pour les reconnaître, soitpour les combattre^

Je dois déclarer toutefois que dans mon Toyage en Auvergne , j'ai cherché inutilement à trouyer dans cette contrée classique une seule roche par* faitement semblable à Tophite des Pyrénées.

DîipoMtîon g» a 24^ L'ophite et les roches qui Taccompada gnent fréquemment, se rencontrent sur les deux d'ophite. versants de la chaîne des Pyrénées et dans les pays de collines, situés, du côté du nord, au pied de li partie occidentale de la chaîne. On les trouve tantôt au pied des Pyrénées et à l'entrée des vallées, tantôt dans leur sein, surtout dans les endroits où les vallées sont larges et forment des bassins. En général , l'ophite appartient à la région inférieure de ces montagnes; il est fort rare de le trouver dans le voisinage de la chaîne centrale , cotnme à SainuEngrace et i Espierva. Il n'a jamais été rencontré sur son faîte, et , à l'exception du col de Marie-Blanque et du col de Lurde , je ne crois pas qu'on l'ait observé sur la sommité d'un chaînon de montagne.

L'ophite forme des masses isolées, aplaties, alongées, quelquefois des monticules d'une forme conique.

Dans quelques contrées, ces massestdont disposées en rangées dont la direction est à peu près parallèle à celle des autres roches; mais lesdiverscs

TERKAINS SECONDAIRES. T. amphihoUquc. 555 circonstances rapportées (§.222. ) ne me permettent pas de conclure de ce fait , qui d'ailleurs n'est point général , que l'ophite et les roches qui l'accompagnent communément constituent de yéritables bandes, comme toutes les autres roches des Pyrénées.

§. 225. La plus grande élération à laquelle j'ai ^*j^*^" trouvé l'ophite sur le versant septentrional est au ,T^' coldeMarie^Blanque^ que j'estime être à environ 600 toises au-dessus de la mer. (§.222.) Mais on le rencontre à une plus grande hauteur dans les montagnes du versant méridional ; car le village d'£spierva dans la vallée de Pinède , auprès duquel on observe cette roche, ne parait être guère plus bas que Gavamie , qui , d'après M. Ramond , se trouve à 'jt^x toises au-dessus du niveau de la mer.

§• 226. Indiquons maintenant les diverses coo- ^t^nduetrées dans lesquelles on observe l'ophite, en com- **?"*

* r ' ou on

mençant par celles qui sont situées sur le versant l'obscrre. septentrional, et en les rapportant dans l'ordre dans lequel elles se suivent de l'est à l'ouest.

J'ignore si cette roche existe dans les Pyrénées orientales , du moins je n'en ai trouvé aucun indice ni dans la vallée du Tech, ni dans les parties de la vallée de la Téia et de celle de Y Aude ^ que j'ai parcourues.

Cependant elle pourrait bien se trouver vers l'ex-

536 UP PARTIE. DESCRIPTION DES TERRALNS. trémité inférieure de ces deux dernières vallées, peut-être aussi dans les Corbières, montagnes que je n'ai point visitées.

Dans la partie orientale des Pyrénées, le premier point où j'ai rencontré cette roche est à peu de distance à Touest de Saint -Paul de Jàrrat^ dana la vallée de r^rriége; eWe y présente peu d étendue, et la végétation s'oppose à ce qu'on puisse bien reconnaître son gisement.

Une.jmasse considérable de grunstein se voit sur le revers septentrional de la montagne de Rancié, près du chemin qui conduit de Sem à Lercouil, dans la vallée, de Ficdessos. Cependant, n'ayant observé cette roche que très rapidement « je ne déciderai pas si elle est réellement de l'ophite, ou peutêtre une diabase subordonnée au calcaire primitif (§. io5.) qui environne cette masse.

Entre la vallée de l'Arriége et celle du Sallaty l'ophite abonde en nombre d'endroits situés entre Foix et Saint-Girons^ tels que Castetnau de Durban, Rimant, Baliar, etc.

Il y est presque partout accompagné d'argile ferrugineuse et de gypse.

Le sol environnant est du calcaire alpin et du calcaire du Jura.

La vallée du Sallat offre plusieurs grands dépôts d'ophite auprès de Mont-Saunes, Salies, Bonrepaux, Mercenac, Taurignan, Saint ' Girons et Lacour. Dans tous ces endroits , l'ophite est accompagné de gypse et d'argile i des carrières de pierre à

TERRAINS SECONDAIRES. T. amphibolique. 537 plâti^considérables existent à Montsaunes, à Bonrepaux et à Lacour. La roche qui environne Tôphite près de Lacour est du granité ; celui de Saint- Girons et de Taurignan est entouré de calcaire de transition; mais Vophiie de Mercenac^Bonrepaux^ Salies et MonuSaunes m'a paru reposer sur du calcaire alpin , et en partie peut-être sur du calcaire du Jura.

Li^ vallée de Castillon^ àrouestdecelleduiS'a///z^ contient également des masses dophite; la plus considérable est près du village de Bordes^ où la roche qui Tavoisine est du granité.

La petite vallée dite de la Beltongue^ qui n'est qu'une ramification de celle de Castillon^ offre de Tophite en plusieurs endroits. On a exploité du gypse près de cette roche à Saint-Larjr; entre ce village et celui de Portetj lophite repose sur du schiste argileux de transition , tandis qu'à Poriet même il est supporté par du calcaire primitif.

La vallée du Ger présente , près de Coutedoux, du grunstein qu'il ne faut point confondre avec l'ophite, parce que ce grunstein , exempt de fer oxydulé, est évidemment subordonné au calcaire primitif. Mais entre la vallée du Ger et celle de la Garonne, le véritable ophite existe près du col de Mendé, où il est environné de grès rouge.

Dans la vallée de la Garonne, l'ophite est très rare; je ne l'ai observé qu'auprès du village de Bouich ou Baux; car le beau grunstein du vallon i'Eup, près de Saint-Béat, n'est point un ophite.

538 III- PARTIE. DESCRIPTION DES TERRAINS, mais une diabase primitive , subordonnée au cai-* caire primitif, comme celle de Couiedoux. M. Palassou et M. Sengez, maire de Bagnères-de-Luchon, amateur distingué de géognosie, ont trou?é du grunstein secondaire près de Saint-Bertrand.

Je n'ai trouvé aucun indice de cette roche, ni dans la vallée de Luchon^ ni dans celles de Larboiuiy de Souron et à'Aure,

Dans la vallée de Campan^ Tophite existe près du pont de Pôuzacy sur la rive droite de TAdour : vers l'extrémité inférieure de la vallée, la roche enyironnante est du calcaire de transition , près duquel on observe du granité et un calcaire grenu jaunâtre, renfermant des cristaux d'amphibole blanche. (Trémolithe.)

La grande vallée de Éaréges ou de Lavedan ne renferme de Tophite qu'à son extrémité inférieure, là où le gave de Pau atteint les basses montagnes et les collines par lesquelles les Pyrénées se terminent aux plaines du Bigorre et du Béarn. Près de la ville de Lourde ^ l'ophite forme un petit monticule à peu de distance au sud-est de la ville. En descendant la vallée, on trouve plusieurs dépôts de cette roche. Celui qu'on rencontre à peu près à moitié chemin de Peyrouse à Saint-Pé^ auprès du pont de Rieulhes^ présente une masse considérable , appuyée contre des rochers de calcaire de transition, et descendant en s'élargissant vers sa base jusque dans le lit du Gave.

Un autre dépôt près de la chapelle de Sàint-Marc,

TERRAINS SECONDAIRES. 71 amphiboliquc. 539

à peu de distance de Saint-^Pé, est remarquable par la quantité de talc qui entre dans sa composition et qui lui donne l'aspect de Ja serpentine. Les roches qui environnent ces diverses masses d'ophite sont principalement du calcaire de tran* sition ; le schiste argileux est plus rare.

Le monticule contre lequel est appuyé le séminaire de Bétharam^ à une lieue au-dessous de Saint" Pé, est en partie formé d'ophite , contigu à des masses de schiste argileux, de grauvtracke schisteuse et de calcaire de transition.

M. Palassou rapporte comme une particularité de l'ophite de la vallée de Lavedan, qu'il n'est point accompagné de gypse '.

Je n'ai point trouvé l'ophite dans la vallée de Cauterez ni dans celle d'Azun ; mais la basse va/lée d'jissony dont le torrent, le iMzon, prend naissance au pied du pic de Gabissos , présente, d'après M. Palassou, des masses d'ophite entre le pont de la Tape^ près des villages à'As$on et de Guillemette \

Les basses collines situées entre l'entrée de cette vallée et celle d'Ossau, contiennent plusieurs masses d'ophite , notamment dans le vallon dit le Bourdalat de Loubie , entre la petite ville de Bruges et le village de Loubie-de-BaigU Les roches qui se trouvent dans les environs sont du schiste argileux,

■ Suite des Mémoires^ etc., pag. 170. * Essais j etc., pag. 12'i.

54o IIP PARTIE. DESCRIPTION DES TERRAINS, plus OU moins sablonneux et marneux, et du calcaire, appartenant probablement à la dernière période de la formation intermédiaire.

L'ophite est fréquent vers l'entrée de la vallée d'Ossau; on le trouve près de Sévignac, où il est accompagné de gypse, d'après M. Palassou '. On voit des buttes de cette roche près des villages de Loubie-de-Baigt^ d'Ogeu et A'Herrère. Je n'ai pas remarqué cette roche dans l'intérieur de la vallée d'Ossau, mais M. Palassou l'a trouvée à peu de distance au nord du village A' Asie , et au col de Lurde '.

Le chaînon de montagne qui sépare cette vallée de celle A'Aspe^ renferme un dépôt d'ophite au col de M arie^B langue , que nous avons décrit plus haut (§. 222).

La vallée d'Aspe contient de l'ophite en plusieurs endroits, et c'est dans cette contrée où se trouve le dépôt le plus considérable de cette roche que j'aie observé dans les Pyrénées; il constitue le sol de la partie occidentale du beau bassin de Bedous ^ en formant sur la rive gauche du gave d'Aspe plusieurs buttes qui, par leur forme conique , et par leur élévation , attirent l'attention du naturaliste. La plus considérable est la montagne de Theis , si-* tuée entre le torrent d'Osse et celui d'Atas^ se trouvant au milieu d'un large vallon , dominé au

' Suite des Mémoires j etc., pag. i5i.

■ Suite des Mémoires, etc., pag. i45.

TERRAINS SECONDAIRES. T. amphiboUque. 541 sud par la montagne de Petraube , et au nord par celle de Layens , Tune et l'autre de calcaire de transition. J'ai donné quelques détails sur le gisement de l'ophite de Bedous , dans la note qui se trouve au commencement du §. 223. J'ajouterai seulement qu'il se trouve du gypse près de cet ophite, dans un lieu appelé le Puy \

Un autre dépôt d'ophite , bien moins considérable que celui du bassin de Bedous , se trouve à peu de distance au sud du village de Lurbe. Les roches environnantes sont du calcaire et du schiste argileux de transition.

Le gypse, toujours compagnon habituel de l'ophite, ne manque pas non plus dans cette contrée. Il n'est pas , il est vrai , inmiédiatement contigu à l'ophite , mais il en est très peu éloigné. On le trouve presque au bord du Gave^ à côté du village de Lurbe. M. Palassou a trouvé sur la pente de la montagne de Lagnos , au sud-ouest de Lurbe, de gros blocs d'ophite, les uns arrondis , les autres anguleux , et il rapporte que « la chaîne calcaire » qui du côté du sud est contiguë à l'ophite , ren- » ferme dans son sein du gypse qui se distingue » par sa blancheur et la finesse de son grain \»

La petite vallée de Barétons , située entre la vallée d'Aspe et celle de Soûle , présente trois différents dépôts d'ophite ; l'un est près à'Ance , où l'on

' Suite des Mémoires y etc., pag. i35. • Suite des Mémoires, pag. 127.

54a UP PARTIE. DESCRIPTION DES TERRAINS, trouve également du gypse, et les deux autres sont au sud à*Arette dans le yallon qui conduit au port d'Arias \

Le grunstein secolidaire abonde dans la vallée de Soale. On découvre de grandes masses de cette roche près de Gottein , à peu de distance au sud de Libarrens , village connu des minéralogistes par le dipyre qu'on trouve dans ses environs. (§. i58.)

Près de Menditte , sur la rive gauche du Saison , Tophite est accompagné de gypse et d'argile ferrugineuse. M. Palassou, en parlant de ce gypse, dit : € qu'on ne doit pas s'étonner de trouver cette 9 substance dans ce quartier, non seulement parce * qu'il abonde en ophite et en d'autres matières ar- » gileuses, mais parce qu'il renferme, en outre, une f fontaine salée '. »

Suivant le même observateur, on trouve encore de l'ophite à Sanguis^ à Lisey où il est également accompagné de gypse, et à Saint- Engrace. Les roches qui avoisinent l'ophite de la vallée de Soule^ sont du calcaire et du schiste argileux de transition ; seulement l'ophite des environs de Saint- Engrace est entouré de grès rouge.

Eu continuant vers l'ouest nous trouvons de nombreux dépôts d'ophite dans les diverses vallées dont l'ensemble porte le nom de Pays de Cize. Les environs de Leeumberry, deMendive, d'Ahaxe^ de

i Suite des Mémoire s j pag. lao.

• Suite des Mémoires, etc., pag. ii5.

TERRAINS SECONDAIRES. T. amphiboUque. 54? Bascassarif d'j^inciUe, de Saint-Michel^ de La-carre, de Sainir-Jean-Pied-^e-Port , d'^scarat ^ de Choubitoa, d'Anhaux , etc. , abondent en ophite , en gypse, en argile et en calcaire ferrugineux. Le sol sur lequel ces roches se trouvent est un terrain de transition ; seulement au nord-ouest de Saint'Jean''Pied-de''Port l'ophite est environné de grès rouge.

La charmante vallée de Baigorry^ située à Touest du PajB de Cize , renferme deux grands dépôts d'ophite. Le plus considérable occupe tout le fond du bassin dans lequel est situé Saint-Etienne, chef-lieu de la vallée ; il s'étend même dans quelques uns des vallons qui s'ouvrent dans ce bassin , tels que ceux dits Baêtidecâ-errecca et Leizparseco-errecca. Ce d^pôt d'ophite est fréquemment accompagné de gypse et d'argile ferrugineuse ; les roches qui l'avoisinent au sud et à l'ouest sont du schiste argileux et du quarz de transition , tandis que le grès rouge le limite au nord et à Test.

L'autre dépôt d'ophite de la même vallée se trouve dans le bassin d'Ossez^ à une lieue au dessous de Saint'Eiienne. Il est beaucoup moins étendu que le premier , n'occupant que l'endroit le plus bas du bassin auprès du village de Gahardu. La roche environnante est du schiste argileux de transition.

J'ignore s'il y a del'opbite dans la vallée de Bas-tan et dans celle de la Bidassoa.

Tous les lieux que nous venons d'indiquer sont

situés uniquement sur le Tersant septentrional des Pyrénées , et plus ou oioins rapprochés du pied de la chaîne. Mais Tophite n'est point exclu du versant méridional ; je ne l'ai cependant observé que dans la vallée de Gistain et dans celle de la Cinca mais on verra qu'il est probable qu'il existe encore ailleurs.

On remarque une masse d'ophite peu considérable vers la naissance du vallon qui conduit de la vallée de Gistain au Port de Sahun. Cet ophite est également accompagné de gypse, et la roche environnante est du grès rouge. Une autre masse d'ophite se trouve sur la rive droite du torrent de la vallée de Gistain ^ à un quart de lieue au dessus de sa réunion avec la Cinca. Son giseii^nt est très remarquable , en ce que cette masse semble être intercalée dans le calcaire alpin , sans cependant former une véritable couche. De l'argile ferrugineuse mêlée d'un peu de gypse se trouve entre le calcaire et l'ophite.

La petite vallée de Sin , dont le torrent grossit celui de Gistain ^ renferme une grande masse d'ophite au-dessous du village de Cervetto. Elle est entourée par le même calcaire alpin qui , à une distance de sept lieues à l'ouest , constitue le groupe de montagnes dont la cime la plus élevée est le Mont-Perdu. A peu de distance au dessous de cette masse d'ophite , on trouve un petit dépôt d'argile et de gypse contenant du sel gemme.

La vallée de la Cinca présente un dépôt d'ophite

TERRAINS SECONDAIRES. T. amphiboUqué. 545 accompagné de gjrpse auprès A'Espierba, village le plus voisin du Mont-Perdu. La roche enfironnante est le calcaire alpin»

Il y a tout lie» de croire que ces deux dépôts d'ojphite ne sont pas les seuls du versant méridional. Il est même très probable, d'après plusieurs indications, que Tophite existe encore en beaucoup d'au* très contrées des Pyrénées espagnole^ , et qu'il y est aussi fréquent que dai» les Pyrénées françaises. L'abondance du gypse au pied du versant méridional « forme déjà une présomption asseï; forte à cet égard, car on sait qu'il est bien rare dans les Pyrénées de trouver du gypse sans ophite. En effet j'ai vu des morceaux d'ophite parmi des échantillons de roches récoltées dans les environs de Bbmbo, petite ville située dans la partie inférieure de la vallée de CEssera en Aragon : de plus M. Palassou rapporte que M. de Borda a trouvé cette roche accompagnée de gypse dans les environs de Pampetune '•

L'ophîte et les roches qui l'accompagnent habituellement, se rencontrent, non seulement dans les Pyrénées proprement dites , mais aussi dans les pays adjacents , et à une distance considérable de ces montagnes. Ainsi j'ai observé une masse d'ophite à Méharain, entre Saint-Palais et Hasparen dans la Basse-Navarre. L'Océan baigne de ses flots plusieurs masses d'ophite situées le long de la côte

' Suite des Mémoires, etc., pag. a 19. • / , *^>'/A

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Goo»

546 IIP PARTIE. DESCRIPTION DES TERRAINS, du golfe de Biscaye entre Biarits et Bidari dam les environs de Bayonne.

M. Palassou a décrit les nombreux dépôts d'opbite qui se trouvent dans les environs de Salie$ et de Dao; dans le départepient des Landes. Il paraît d'après ses Mémoires, et d'après les renseîguemcots que M. Grateloup a bien voulu me donner, que Tophite abonde dans les environs de Dax , qu'il forme une foule de petits monticules, et qu'il est habituellement accompagné de gypse et d'argile ferrugineuse. Les roches qui environnent ces dépôts d'ophite sont des marnes, des calcaires, des grès marneux , des sables et même des faluns; ces ' roches sont donc très modernes, çt appartieûnent probablement à cette 'classe de terrains tertiaiM que M. d'Âubuisson a désignés le premier par le nom Ae terrain mameux\

Forme S* ^^7* L'ophite constituc habituellement des

^d'o^tî!* ^"^^^s ou monticules isolés, aplatis, tantôt coniques, tantôt alongés et terminés par un plateau ou par une crête arrondie , jamais par une pointe aiguë ou par une arête tranchante. La pente de leurs flancs a une inclinaison très variable; en général, elle est plutôt douce que rapide, et rarement Interrompue par des escarpements un peu considérables.

Lorsque Tophite n'a point subi d'altération, ces buttes sont très arides , parce que les eaux plu-

> Traité de géognosie , tom. Il , pag. ifiS.

TERRAINS SECONDAIRJSS. T. amphibolique. 547 Tîales ne s'y arrêtent point , mais s'écoulent et se perdent promptement par les nombreuses. fissui;es dont la roche est traversée. Mais quand Tophite a éprouvé quelque décomposition, la végétation est assez belle, si toutefois d'autres circonstances étrangères à la nature de la roche ne lui apportent aucun obstacle; cette différence tient à ce que l'ophite, à l'état de décomposition, s'imbibe d'eau et conserve une humidité assez constante sous. la terre végétale qui le recouvre.

§. 2a8. Résumons les principaux faits contenus Résumé. dans ce chapitre.

1. Le terrain amphibolique secondaire de3 Pyrénées est formé d'amphibolite ou de diabase que M. Palassou désigne par le nom d'ophite. (§• âo40

2. L'ophite présente trois variétés principales désignées par les noms d'ophite grenu , ophite compacte et ophite grossier. (§. 2o5., §. 206., §. 207.)

3« Les minéraux qui se trouvent acc.identjellement ds^ns l'ophite sont : le fer oligiste, le fer oxydulé, le fer sulfuré, le cuivre pyriteux, le mica, le talc, l'asbeste, l'épidote, la stilbite, la prehnite et le quarz. (§. 208.)

4* L'ophite est très sujet à se décomposer. (S- ^09.) " /

5. Il se divise en masses globuleuses par l'influence de l'atmosphère. (§• 210.)

6. La stratificatioQ est peu distincte dans l'ophite. (§.211.)

548 IIP PARTIE. DESCftlFTlON DIS TSaâAIDtS.

7. Il €st traversé fîar Un grand nombre de fissures accidentelles. (§.21!;)

8. L'ophite agit sur Tâlguille aimantée , à cause du fèroxfdulé et du fer oligiste qu 11 renferme.

g. Il ne renferme poiût de couckes étraogères.

10. On n'y a point trouvé de éépM&dt jotmtmù métalliques. (§.215.)

11. Il ne contient aucun indice de corps organisés. (§. a 16)

12. L'ophite est habituellement àcoonpagné d'argile j de gypse^ et de calcaire. (§. 317.)

i3. L^argile est habitueltement ferrugineuse, et renferme même des veines de ifer oligîste pulvéralent pur. (§. 218.)

i4* Le gypse «st moins abondant que Targile à laquelle il pàratt être habituellement subo^ donné; il renferme du fer oUgiste et du sel gemme qui dtonne lieu à dès sources salées. {§. 21 9.)

i5. Le calcaire contient également du fer oligîste, et est soutent altéré et- comme cayerDeux, surtout quand il se trouve dans le voisinage du gypse. (§.220.)

16. Les rapports géognostiques entre Tophite et ces roches sont difficiles à saisir, et il esi; dôu* teux qu'il leur soit superposé. (§. 221.)

1 7. L'ophite et les roches qui raccompagnent paraissent être très modernes, et peut-êtie postérieures à rexcavçrtion de la plupart dés vallées dei Pyrénées. (§. au2.)

TBEftAINS SEGQNDAIIUSSL 7. wnpkiboUifu^ 5%

ift. VopîokHx dès-'gédgnoetes sur l'origiae de Tophile eèt partagée ; les uns Tenyisageât eomme une rocKe neptunienne , les autres comoii^ un produit des volcans. (§. 225.)

ig. L'ophite se trouve principalement dans les riions inférieures des vallées , et au pied de la chaîne. (^ ^94*)

2ù. La plus grande ëléva^ion à laquelle on ait observé cette roche est d'environ 700 tAîses audessus de la mer, (§. àaS.)

2 1 • L'ophite existe sur les deux versants de la chaîne; il est plus fréqu^t dans la partie occidentale que dans la partie orientale des Pyrénées , et il abonde dans les Landu de Dow. (§. 22Q.)

22. L'ophite se présente sous forme de monticules ou buttes isolées apli^ties, tantôt coniques, tantôt alongées et terminées par un plateau ou par une crête arrondie. (§• 227.)

Pour readre plus complète la description géognostique des Pyrénées, j'aurais dû encore parler du terrain de transport qu'on observe dans la plupart des valléoa 9 et du terrain tertiaire qui constitue en grande partie le sol des plaines qui précèdent les Pyrénées du côté du nord. Quant au premier» j*aToue franchement et sans beaucoup de regrets , que mon attention ayant été constamment trop absorbée dans mes Yoyages par les masses colossales formées de terrains anciens, je ne me suis pas assex occupé de l'observer, et qu'aujourd'hui les données que j'ai réunies sur sa nature ne me

55o IIP PARTIE. DESCRIPTION DES TERRAINS.

paraissent pas suffisantes pour la décrire avec quelque assurance. Le second ne faisant pas partie des Pyrénées proprement dites, j'ai cru pouvoir négliger son étude, qui aurait trop étendu le plan déjà bien yaste que je m'étais proposé, et auquel je pouvais la considérer sinon comme entièrement étrangère , au moins comme accessoire. Heureusement ces deux lacunes se trouvent remplies par les travaux de MM. de Lapeyrouse, Palassou et d'Aubuisson. M. de Lapeyrouse, dont les sciences déplorent aujourd'hui la perte , a décrit avec beaucoup de soin le terrain de transport de la vallée de l'Arriége, et de celle de Vîcdessos. Cette description fait partie d'un excellent mémoire intitulé Fragments de la minéralogie des Pyrénées , inséré dans le troisième volume des MéMoiaBS DE l'acâd&mib des sciences DE TovLousE. M. Palassou a fart une étude particulière de ces terrains , et ses observations sur ce sujet important font l'objet d'un Mémoire sur les attérissements formés des débris des Pyrénées, inséré dans le recueil des Mémoires pour sentir à l'histoire naturelle des Pyrénées et pays adjacents , Pau , 1 81 5.. Enfin , M. d'Aubuisson a donné une description fbrt intéressante du terrain tertiaire situé au pied du versant seplentriopal des Pyrénées. Voyei son Traité de géognosie, vol. 3, pag. 4^5 et suivantes..

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