PETITE PIROGUE
Il y a d'antres bateaux (pi. 11^, fig. i, a et 3) avec un corps d'une seule pièce, effile aux extrémités, rentrant vers le haut et plat au fond; l'avant, aigu, est coupé droit, tandis que l'arrière est pointu. Les bancs sont posés sur des renflements conservés, et le balancier est tenu aux leviers comme nous l'avons déjà dit; la même similitude existe pour le mât et pour la voile.
On peut en dire autant d'une petite pirogue (pi. ii$, fig. 5 et 6) qui porte quelquefois une voile en lapa d'arbre à pain , étoffe semblable à celle qu'on obtient avec l'écorce du mûrier à papier, qui, battue avec un maillet cannelé, servait jadis de vêtement à presque tous les habitants de la mer du Sud; la première, plus grossière, forme des voiles très-faibles laissant passer beaucoup d'air, et Taïti est le seul pays où nous les ayons vu employer.
PIROGUE DE TOUBOUAI.
Les habitants des îles voisines de Taïti construisent d'une manière analogue à ce que nous venons de voir, comme [éprouvent les détails suivants, dounés par le capitaine Cook dans la relation de son troisième voyage (i) .- « Leurs pirogues me parurent avoir 3o pieds de long (c/",i5) et 2 pieds au-dessus de l'eau (o"',6i); l'avant, se projetant un peu en saillie, était séparé par une coche horizontale qui semblait représenter la gueule d'un animal. L'arrière s'élevait par une courbe gracieuse en diminuant peu à peu de largeur jusqu'à la hauteur de i ou 3 pieds (o™,6i ou 0™,g2); il était sculpté partout ainsi que la partie supérieure des côtés, dont le bas, qui avait une position perpendiculaire, était curieusement incrusté de coquilles blanches et plates disposées en demi-cercles concentriques avec la courbure tournée vers le haut. L'une de ces embarcations portait sept hommes, la seconde huit, qui les manœuvraient avec de petites pagaies dont les pales étaient presque rondes; elles avaient chacune un balancier d'une assez grande longueur, et marchaient parfois si près l'une de l'autre, qu'elles semblaient former un seul bateau muni de deux balanciers. Les rameurs se tournaient quelquefois vers l'arrière, et pagayaient dans cette direction sans faire tourner leur bateau. »