ARCHIPEL PO-MOTOU
A Testée Taïti, l'Océan est parsemé d'une multitude de petites îles inadréporiques, ressemblant aux Maldives, niais généralement disposées en plus petits groupes; elles ont reçu le nom dePô-Motou, îles basses, et sont habitées par des hommes cuivrés comme ceux de Taïti , mais beaucoup moins avancés sous tous les rapports. Ils doivent à leurs récifs inabordables d'avoir été préservés jusqu'à présent de la présence des Européens, que rien n'engage à former des établissements sur ces plateaux dont le cocotier est la seule ressource. Les naturels des Pô-Motou fréquentent ceux de Taïti. parmi lesquels on les remarque maintenant à cause de leur vigueur et de leur airplus décidé, quoiqu'ils leur cédassent en force à l'époque des voyages de Cook; ils arrivent encore aujourd'hui sur de grandes pirogues doubles assez grossières (pi. 126), dans la construction desquelles ils sont forcés de faire entrer la tige du cocotier. Le corps de chaque pirogue a pour base une quille relevée vers les extrémités et creusée à l'intérieur (fie- 4)> de sorte qu'elle n'est pas plus épaisse que les bordages qui lui sont cousus, et sont ensuite unis les uns aux autres jusqu'à la pièce h h, formant l'arête de chacun des côtés; celle-ci, cousue à la quille par les deux bouts , est aussi creusée à l'intérieur et, revenant sur elle-même, fait rentrer le haut de la pirogue, auquel elle est jointe par
(i) A voyage (0 the Pacific ucean, etc. , in the ijears 1776 to 1781), lorue II , page 7.