‹ Essai sur la construction navale des peuples extra-européensChapitre 113 sur 126 · PIROGUE A BALANCIER · texte numérisé non relu

PIROGUE A BALANCIER

Le capitaine Cook rend une justice méritée au balancier des îles Hawaï, où l'on a compris qu'en lui donnant une courbure assez prononcée {pi. 127 -, fig- 6, 7, 8, 9 et 10) on établissait une espèce de compensation dans ses effets, puisque, n'enfonçant dans l'eau ou n'en sortant que progressivement, il ne pèse ni ne résiste brus-

(1) A voyage lo the Pacific océan underlaken bij thc conunand of H. M. and performed under Ihc direction ofcaplains Cook, Clerk and Gore, in the years 177G to 1780. ■>'' volume, page 243.

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quement comme un balancier droit; c'est aussi Je seul pays où cet effet ait été un peu augmenté en faisant le balancier étroit au lieu de le faire rond. Il est joint à la pirogue par deux leviers courbes et obliques a a, taillés à buit pans, polis, et relevés à leur extrémité pour mieux retenir leur amarrage croisé; ces leviers , qui ne diffèrent que par un renflement qui se trouve sur celui du mât du côté opposé au balancier, sont joints au corps par deux amarrages traversant le plat-bord, et par un troisième ( fig. g) passant sous une traverse k, assujettie à un renflement intérieur m m. Le corps est, du reste, entièrement semblable à celui des pirogues doubles, et quelquefois même plus effilé. Nous ignorons quelle était l'ancienne voilure de ces pirogues, qui maintenant emploient toutes la voile à livarde transfilée à un gui ainsi qu'au mât : celui-ci , qui repose au Tond, est attaché au levier et soutenu de chaque côté par deux haubans qui y sont aussi amarrés, et par un étai qui embrasse l'avant; toutes les pièces de la mâture sont en bois ordinaire, le bambou paraissant être très-rare dans ces îles. Le balancier se place au vent ou sous le vent, suivant le bord qu'on court; car quoique les extrémités soient presque semblables, ces pirogues ne virent pas comme les autres, et, sans rien changer à la voilure, elles conservent le balancier à bâbord, qu'il se trouve au vent ou sous le vent. Elles marchent très-bien, et, lorsque , le soir, une brise fraîche les ramène de la pèche , elles glissent sur l'eau avec rapidité, et obéissent légèrement à l'impulsion des vagues ; elles sont montées par cinq ou six hommes, qui gouvernent au moyen de la pagaie ordinaire {fig. n), avec laquelle elles marchent aussi très-bien ; elles sont très-soignées, parfaitement polies, mais jamais peintes et rarement frottées d'huile. Il y en a de petites, dont la longueur n'excède pas 7 mètres, sans que les autres dimensions soient diminuées, non plus que celles du balancier, des leviers et de la voilure.

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