I BOGUES DU CALLAO DE LIMA
Elles ressemblent assez à celles que nous avons mesurées au Callao de Lima (pi. i3 •, fig. i, i, 3 el 4) dont le corps n'est qu'un tronc creusé, fortifié par quelques membres, et exbaussé par une largue clouée à l'intérieur ainsi qu'aux planches qui bouchent l'avant et l'arrière; elles n'ont ni bancs ni voiles, non plus que celles d'un seul morceau (fig- 5, 6 el 7), dont les extrémités sont plates en dessus, effilées en dessous, avec quelques renfort-, cloués au fond dans l'intérieur et des renflements latéraux pour les tolets.
BALSE DES 1NTEBMEDIOS.
La côte du Pérou n'offre plus rien d'intéressant au midi de Lima; elle est dénuée de ports et battue par une houle continuelle venant du sud-ouest, à peine sensible en mer, mais déferlant avec force sur les plages; celle partie de l'Amérique ressemble en cela à la côte d'Afrique, depuis le détroit de Gibraltar jusqu'au cap Vert, qui reçoit également une houle sourde arrivant de Terre-Neuve. Aussi dans tous ces pays les communications sontelles très-difficiles, surtout devant les établissements ordinairement appelés ports intermedios, où l'on est souvent obligé d'employer un radeau nommé Baise ( />l. i32, fig. 8 et g ) , formé de deux longues outres en peau , fréquemment frottées d'huile et réunies par des coutures très-bien faites, dont l'une va d'un bout à l'autre el forme une arête, les cuirs étant appliqués l'un contre l'autre; elles ont une extrémité relevée et plus étroite, près de laquelle est un trou a, garni en bois ou en cuivre, par lequel on souffle pour gonfler et que l'on bouche bien ensuite ; chacune des outres est jointe par plusieurs tours de corde à un des bâtons h c, réunis à un de leurs bouts par un amarrage, tandis que les autres sont tenus éloignés par une plate-forme <I<1, attachée sur b c, faite de petites liges rondes réunies comme une claie par des liens en lanières de cuir. On met une natte sur ce treillage pour asseoir le passager, tandis que le canotier, placé sur des planches c e fixées sur b c, se sert d'une pagaie double (fig- 10), et manœuvre ce léger radeau au milieu des lames de la barre; lorsqu'il veut l'emporter à terre, il débouche les outres, et le charge sur ses épaules. Ces Baises sont à peu près les Catimarons de l'Inde, mais elles sont plus légères encore et se tiennent plus élevées sur l'eau.
Lorsque la mer brise, elles seules peuvent aller à terre; mais elles n'offrent aux passagers qu'un moyen de transport très-peu commode où l'on esl toujours mouillé, ce qui fait regretter de ne pas trouver sur ces côtes les Chelingues de Madras , qui franchissent les barres aussi sûrement sans avoir les mêmes inconvénients.