‹ Essai sur la construction navale des peuples extra-européensChapitre 123 sur 126 · KIO DE LA PLAT A. [SI · texte numérisé non relu

KIO DE LA PLAT A. [SI

de l'a prêté du climat et du peu de valeur de ses productions; adonnés à la chasse, ds passent leur vie à cheval, poursuivant des animaux souvent difficiles à atteindre, mais jamais redoutables comme ceux qui pullulent en Afrique : ces hommes, célèbres par leur taille t;le\ée, que les premiers voyageurs exagérèrent outre mesure, paraissent doux et tranquilles; ils sont actifs, vivent en tribus vouées à la vie nomade, qui a sans doute un charme particulier, car rien ne peut y l'aire renoncer les peuples qui l'ont adoptée. Cependant les Patagons ne paraissent pas avoir le caractère guerrier qui semble attaché à ce genre d'existence; ils ont bien accueilli les voyageurs que le hasard leur a fait rencontrer dans leurs excursions sur les bords du détroit de Magellan; ils ne paraissent pas séjourner plus volontiers sur les bords des baies , où cependant ils trouveraient une nourriture abondante, et n'ont pas tiré parti des ressources de la mer, si variées dans les hautes latitudes : aussi n'ont-ils construit aucuue pirogue remarquable, à ce que fait du moins supposer le silence des voyageurs à ce sujet, et ce n'est que dans une ancienne relation hollandaise que nous avons trouvé une gravure mal exécutée, représentant des bateaux d'environ 4 mètres de long, relativement aux hommes dessinés à côté, et dont les extrémités se relevant en courbe, comme celles de la Nouvelle-Irlande, ont environ i™,5o de haut. Elles ont des bancs appuyés sur une membrure qui, d'après des traits marqués à l'extérieur, paraît enveloppée de peaux cousues. Aucun détail n'étant donné sur le mode de construction de ces bateaux, nous n'avons pu en adopter les dessins.

En regard de la Patagonie est cet archipel compacte que l'on crut longtemps n'être qu'une seule terre, et qui , bordant le contour de l'extrémité de l'Amérique, s'étend au sud jusqu'au cap Horn sous le nom de Terre-de- Feu. 11 est peuplé par une race aussi faible et aussi misérable que l'était celle de Van-Diémen, vivant sur un sol aride dont la végétation est tourmentée par les vents violents qui rendent ces parages redoutables; aussi les marins en évitent-ils l'approche et reconnaisseut-ils rarement l'extrémité de ces terres malheureuses, lorsqu'ils passent d'un océan à l'autre. On n'a donc que peu de documents sur ces pays et sur les embarcations de leurs habitants, si toutefois ils ont des pirogues qui méritent ce nom.

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