‹ Essai sur la construction navale des peuples extra-européensChapitre 19 sur 126 · CABOTEUR A VOILES LATINES · texte numérisé non relu

CABOTEUR A VOILES LATINES

Ces petits navires (pi. î5), beaucoup moins plats et moins élevés sur l'eau que les Dônis, ont des formes plus européennes et paraissent assez bien marcher; leur longueur varie de i5 a 20 mètres, et leur largeur de 3"',5o à 4 mètres. Leur corps, en général grossier et mal joint, a une membrure et des bordages cloués, percés par des baux qui soutiennent le pont et dont les têtes se voient à l'extérieur, ce qui évite de mettre des serre-bauquières; d'autres baux, placés plus bas et disposés de même, ne servent qu'à la liaison. Le gouvernail, à ferrures, est porté par un arrière pointu dont les façons sont à peine rentrantes. Ils sont peints en noir avec des carènes blanches ou jaunes, comme beaucoup de Dônis : leur partie supérieure est souvent bariolée d'une suite de demi-cercles rouges sur une bande blanche, et, de chaque côté de l'avant, une assez grande surface triangulaire est couverte de ces couleurs, emblématiques chez les sectateurs de Brama. Les voiles diffèrent de celles dont nous avons parlé jusqu'ici en ce qu'elles ont des formes latines et que la plus petite est placée à l'avant; elles n'ont pas de ris et leurs vergues sont toujours moins verticales que celles de la Méditerranée. La partie du bas qui est sur l'arriéré est seule jointe à une pièce de bois dont le bout antérieur est fixé au mât , et ces voiles en coton , souvent mélangées de laizes de différentes couleurs, sont cousues à la manière indienne. Les mats passent dans des étambrais; le plus grand est tenu par un étai et deux haubans de Chasse-marée; la drisse vient toujours très en arrière, un bras et une balancine en araignée complètent le gréement. Les plus petits de ces caboteurs, d'environ 10 mètres de long, n'ont qu'un seul mât; ils emploient tous des ancres en bois qui, n'ayant qu'un bras et ne pouvant mordre dans le terrain que d'un côté, obligent à les descendre avec une corde : le jas n'est ordinairement qu'une longue pierre attachée en travers. On les rencontre sur la partie méridionale de la côte de Coromandel avec des équipages de Lascars : ils n'ont pour canot qu'un radeau ou une petite pirogue.

Le caboteur dont nous donnons le plan (pi. ■zC>,jïg- 1, 2 et 3) est à peu près de la forme de nos canots : il est membre, bordé et cloué, ponté seulement sur l'arrière, et le reste est couvert d'un toit placé en dedans, plus bas que le plat-bord, sans aucune voie d'écoulement pour l'eau. Les têtes des baux sortent des bordages; celui du mal b b est surmonté d'une traverse a n, très-saillante des deux côtés, portant un hauban à chaque extrémité. L'arrière est plat et les bordages latéraux le dépassent; il a un long étambot à la manière des Arabes, portant un gouvernail à ferrures et consolidé par des courbes latérales. La voile est trés-étroite; les (ils cousus dans les laizes forment, en s'entrelaçant, l'espèce de blet auquel la ralingue est jointe par de petits amarrages plats

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On trouve à l'établissement français de Carical des bateaux semblables à celui dont nous venons de parler, au faux étambot près; mais, au delà, vers le nord, on ne rencontre plus que des Chelingues ou des radeaux, car la mer brise avec trop de force pour qu'on puisse employer des embarcations membrées.

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