PETIT BATEAU DE PASSAGE DE MACAO
On emploie de la même manière les petits bateaux de passage de Macao {pi. 67) qui , groupés sur de longs piquets, offrent un aspect très-pittoresque, surtout lorsque, à la marée basse, ils restent à près de 5 mètres audessus des vases : on les réunit pour former plusieurs chambres, on les exhausse avec des planches; leurs toits, surmontés de petites terrasses, prennent toutes sortes de formes, et une quantité prodigieuse de peuple vit dans ces réduits.
Quand ils sont en bon étal, ils transportent les passagers d'un côté à l'autre du port de Macao : leur longueur n'excède ordinairement pas deux fois leur largeur, et, quand ils dépassent 4 mètres, ils perdent leur type original et se rapprochent des autres bateaux chinois. Ils sont plats avec des côtés arrondis, surmontés d'un bordage plus épais que les autres qui sont appliqués en dehors de l'avant et de l'arrière. L'arrière presque plat, mais oblique, porte une petite cabane fermée par une cloison, où la femme qui conduit blottit sa famille : elle a ordinairement un de ses enfants sur le dos , et attache une calebasse au cou des plus grands pour les empêcher de coulers'ils tombent à l'eau; ces petits malheureux ont ainsi la plus singulière figure qu'on puisse voir avec leur tète rasée, qui a l'air d'une seconde gourde plus blanche que la première. Devant la cabane est un toit mobile en rotin, couvrant un espace libre où les passagers s'asseyent sur des tabourets, et la batelière, placée au milieu, manœuvrant sa godille, qui s'appuie sur un clou liché dans un bauc saillant, se dirige très-bieu au milieu de la cohue conliuuelle des endroits où l'on débarque. Ces canots, dont l'intérieur est très-propre, ne sont pas peints, mais enduits d'un vernis de couleur jaune. L'avant arrondi et taillé verticalement ne porte jamais de toit, car c'est là que se place une autre femme que le peu de largeur de cette partie force à ramer obliquement.