‹ Essai sur la construction navale des peuples extra-européensChapitre 48 sur 126 · BATEAU SERVANT A ÉLEVER DES CANARDS · texte numérisé non relu

BATEAU SERVANT A ÉLEVER DES CANARDS

Les Chinois, qui fout couver les œufs de canards par des hommes, élèvent ces oiseaux dans des bateaux (/>/. 68) changeant de lieux tous les jours pour leur faire trouver sur le bord des rivières une pâture abondante de vers el de petits poissons ; quoique cette nourriture leur donne un mauvais goût très-prononcé , ces oiseaux, très-recherchés en Chine, s'y mangent même salés et aplatis comme des morues, et forment une branche considérable de commerce avec les pays voisins.

Ces bateaux ont, de chaque côté, une grande plate-forme à claie, entourée de treillages où sont renfermés les canards qu'on préserve du froid avec des nattes déroulées sur des tringles obliques , partant du bateau et reposant au bout des plates-formes. Une planche oblique el flottante, placée à l'extrémité, leur sert de pont pour descendre à l'eau chercher leur nourriture le long des berges el dans les roseaux : on assure qu'ils reconnaissent leurs demeures et qu'ils y rentrent comme dans une basse-cour. Il y a beaucoup de variété dans les dispositions de ces bateaux : les plus grands, de t5 mètres de long, portent une cabane servant d'habitation aux gardiens de ces singuliers troupeaux.

Les navires dont nous venons de nous occuper offrent le type de toutes les constructions de la partie orientale de l'ancien continent, type que, malgré les différences de latitudes et de climats, on retrouve dans les îles tributaires de la Chine et vers le Japon. Le peu de dessins sur ces pays, que donnent les relations des voyageurs, prouve cette analogie qui n'a rien d'étonnant, tant est grande celle qui existe dans les mœurs et la physionomie des deux peuples. Les Japonais ont tous les caractères chinois portés à l'excès, et leur industrie, quoique plus bizarre encore, est plus parfaite et plus estimée. Ces ressemblances nous ont empêché de joindre à celte collection quelques dessins d'une exactitude assez douteuse représentant des Jonques japonaises, et nous nous occuperons maintenant des îles Philippines, dont les bateaux tenant à la fois de ceux des Chinois et de ceux des Malais forment un genre mixte, qui nous fera naturellement passer des uns aux autres.

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