‹ Essai sur la construction navale des peuples extra-européensChapitre 65 sur 126 · CANOT DE PULO -PINANG · texte numérisé non relu

CANOT DE PULO -PINANG

La jolie petite île de Pinang (noix d'arec), située à l'entrée du détroit de Malacca , a la réputation méritée d'être le séjour le plussain et le plus agréable des mers de l'Inde; elle est d'une fertilité adaiirable, et son port toujours tranquille, où viennent les navires malais des côtes voisines, a fait acquérir de l'importance à un pays jadis désert, que le roi de Quéda donna en dot à un capitaiue anglais qui s'empressa d'en faire hommage à la compagnie des Indes. On y construit des bateaux légers, semblables aux canots européens, à cela près qu'ils n'ont pas de quille (Jig. i, a et 3, /;/. 83). Leur membrure est faible, et les bordages, minces et assemblés à plat, sont cloués et calfatés; ils portent deux voiles à livardeet marchent bien à l'aviron, qu'ils préfèrent à la pagaie. Ou ne les emploie que comme bateaux de passage, la pêche étant faite par des pirogues dans le genre de celles dont nous allons parler.

SAMPANN DES AKAMBAS.

Les îles Anambas, qui se trouvent dans la partie méridionale de la mer de Chine, offrent l'aspect riant et pittoresque des pays volcaniques des tropiques, où les montagnes aiguës sont couvertes d'une épaisse végétation; elles sont en dehors de la zone où régnent les terribles typhons, et jouissent d'un beau temps presque continuel. On y trouve un grand nombre de ports explorés avec soin en i83t par le commandant Laplace, avant lequel cet archipel et celui des Natunas étaient presque inconnus, et ne liguraieut sur les cartes que comme un amas d'îles placées au hasard. Elles sont habitées par quelques Chinois et par des Malais adonnés à la pêche du trépan, espèce d'holothurie, qui, séchée au soleil, devient un mets très-recherché en Chine, et forme un des principaux revenus des petits princes de Bornéo, auxquels appartient le monopole de celle branche de commerce.

Nous avons pu examiner avec soin les pirogues des Anambas, car l'une d'elles {fig- 4 et 5, pi. 83) fut embarquée à bord de la Favorite avec les Malais qui nous servaient de pilotes : elle était large, avec des fonds très-plats et des extrémités aiguès à laçons rentrantes. Le bordage et la membrure étaient disposés à l'européenne; le pont, de planches volantes ou de claies en lattes de bambous reposant sur la serre-bauquière, était interrompu sous la cabane; sur l'avant, les côtés étaient exhaussés par un empaillage auquel faisait suite une fargue b a et b' a , séparée

de celle du bateau b c e et l> c e', et supportée par des courbes clouées sur les prolongements des bancs : en outre, des bambous attacbe's près du grand mal s'élevaient vers l'arrière , où une traverse liée à un montant les soutenait. Cet échafaudage ne sert qu'à poser les bambous nécessaires à la pêche du trépan; on les ajuste les uns au bout des autres pour piquer, avec la Tourelle qui termine le dernier , l'holothurie qui vit sur le sable où sa couleur noire la l'ait distinguera de grandes profondeurs; et, pour mieux la découvrir, les Malais ont des chapeaux de plus d'un mètre de diamètre, qui font de l'ombre sur l'eau et préservent les yeux des pêcheurs de la réflexion du soleil. Le gouvernail était un aviron court, attaché en d' et appuyé sur l'une des coches e; la voile, très-grande pour le bateau , en joncs légers et parallèles tenus par des attaches (fig. 18), se roulait par le bas au moyen du tourniquet/ (/?g\-4)- Ces bateaux marchent bien, sont légers et très-volages; ils sont peints eu noir avec des raies blanches tracées sur les moulures des fargues.

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