CABOTEUR MALAIS NOMMÉ TOUP
Ce caboteur présente une très-grande analogie avec notre Chasse-marée, comme le montre la pi. 81. C'est à peu près la même mâture et le même gréement, mais les voiles diffèrent en ce qu'elles sont plus carrées et faites de nattes; le foc seul, toujours en coton, s'établit sur un bout-dehors qui se rentre au mouillage. Le maîtrebau est placé au milieu de la longueur, mais les extrémités sout différentes, et l'avant, qui a une forte étrave, est plus renflé et plus élevé sur l'eau que l'arrière; le gouvernail, le pont et les détails de charpentage ressemblent trop aux constructions européennes pour qu'il soit nécessaire d'ajouter des explications à la pi. 8 1 . On rencontre
ANAMBAS. 7S
leïoup dans la plupart des pays malais, et ses dimensions sont de i.'> à 18 mètres de long, 3 mètres à 3™,5o de large et environ autant de creux ; il parait bien marcher, porter d'assez fortes cargaisons, et, lorsqu'il embarque des denrées légères, on [exhausse par des piquets et des nattes.
LANTCHA.
Quoique l'extérieur de ce bateau présente beaucoup de dispositions malaises, il se rapproche aussi de nos constructions par les formes de sa carène fine aux extrémités. 11 porte des fargues détachées peintes en noir avec deux lignes blanches, comme les Pindjajaps : on y trouve le double gouvernail installé comme nous l'avons déjà expliqué, et l'avant, élancé, a un prolongement comme celui des Chebecs, usage très-répandu dans les détroits. LeLantcha(/?/. 8a) est exhaussé par des piquets et des empaillages surmontés de traverses qui soutiennent un pont factice, sur les côtés duquel on voit de longs avirons à pelle ronde. Les Malais font très-facilement ces arrangements accidentels avec des bambous attachés par des rotins, et leurs navires prennent ainsi des aspects bizarres, surtout de loin, lorsque, sans distinguer les détails, on ne voit qu'une énorme masse dont la hauteur est presque la moitié de la longueur. Les haubans sont en rotins liés de distance eu distance, et attachés bout à bout sans être tordus ni tressés; ils tiennent des mats courts et grêles sur lesquels se hissent des voiles de Chasse-marée en toile ou en nattes avec une vergue inférieure, comme les Trabaecalos de l'Adriatique. A l'époque de l'arrivée des Jonques de Siam et de Chine, ils affluent à Pulo-Pinang, et surtout à Sincapour, où ils apportent des épices et surtout des noix d'arec ; ainsi que les Toups, ils paraissent ne fréquenter que la partie occidentale de la Malaisie.