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84 Nr. 1. ARTHUR CHRISTENSEN :
M. J.S. Moller, dans le mémoire susnommé!, a recueilli à ce sujet quelques légendes, dont nous citons deux. A l'île danoise de Langeland, une couleuvre venait chaque jour auprès d’un petit garcon, qui lui grattait amicalement le dos. Enfin l’enfant voulut que la couleuvre mangeñt avec lui. Cela ne convenait pas au père de l'enfant, qui tua la couleuvre, mais alors l’enfant devint fou. Voici l’autre histoire, qui a été notée en 1937 à Grindsted dans le Jutland: Un fermier racontait qu'une fois dans son enfance, son père était assis sur l’escalier, ayant devant lui du lait avec des cubes de pain dedans, que sa mère lui avait donné à manger. La mère, à son retour, vit que l'enfant frappait quelque chose avec sa cuiller en disänt: »Tu dois manger le pain aussit. Alors elle vit une couleuvre qui buvait du lait de l’enfant. La même légende est racontée dans d’autres provinces du Danemark, et c’est une croyance très répandue en Europe, bien que contraire à l’expérience?, que les serpents aiment le lait. Les Arméniens mettent du lait de côté pour leur serpent invisible, dans l’espoir de trouver dans le bol vidé une pièce d’or.
Les jinns s'intéressent surtout aux enfants des humains. Parfois ils emportent un enfant, qu’ils rapportent quelque temps après. Il arrive aussi qu'ils mettent un enfant-garou à la place de l'enfant enlevé*. On croit encore que chaque enfant a un hamzäd, c.-à-d. un enfant de jinn, né en
même temps que lui, qui lui tient compagnieÿ.
” Husslangen, p. 3 sq.
? Moller, Husslangen, p. 9—10.
* Abeghian, p. 74.
Voir sur cette croyance chez différents peuples Hartland, The Science of Fairy Tales, chap. V.
* Neyrangestan, p. 13; Massé, II, p. 358. Dans la population rustique de la Norvège, on trouve de nos jours encore la croyance que chaque
Al est une espèce de succube qui tourmente l’accouchée et lui enlève le foie, qu'elle met dans un panier. Si l’äl réussit à traverser l’eau en portant le panier, l’accouchée meurt. On se figure cette démone, dont le nom est d’origine turque, sous l’aspect d’une femme aux mains et aux pieds maigres, au visage rouge et ayant un nez d’argile?. Elle est également redoutée par les Arméniens*.
Le folklore iranien connaît encore quelques autres démons qui ont des qualités et des fonctions spéciales. Le palis (»lécheur de pieds) lèche la plante des pieds d’un homme endormi dans le désert, jusqu’à ce qu'il ait bu tout son sang. Le davälpä (»celui dont les pieds ressemblent à des longes de cuirQ) est un vieillard qui, se tenant au bord de la route, demande aux passants de le prendre sur leurs épaules, et si quelqu'un le prend, des jambes d’une longueur de trois aunes et semblables à des serpents sortent du ventre du davälpä et s’enroulent autour du porteur, qui, désormais, sera forcé de travailler pour lui: il s’en débarasse en l’enivrantf. C’est le »vieux de la mer« du cinquième voyage de Sindbäd le marin°. Puis il y a les nasnäs, qu'on a empruntés aux Arabes. Ce sont des démons sous les apparences d’un demi-homme, n'ayant que la moitié d’un corps, avec un bras et un pied, et se
mouvant par sauts.
homme a un »fylgjat, qui l’accompagne partout du berceau à la tombe (O. T. Olsen, Norske Folkeeventyr og Sagn, p. 67).
! Massé, II, p. 356.
? Neyrangestan, p. 7; Massé, Il, p. 44—46.
3 F, Macler, Quatre conférences sur l’Arménie (Paris 1932), p. 98; Abeghian, Der armenische Volksglaube, p. 118 sqq.
# Neyrangestan, p. 127; Massé, IL, p. 353.
5 Chauvin, VII, p. 21—24.
$ Neyrangestan, p. 130. La même description déjà chez Qazwini, Wüstenfeld, p. 449. Ce démon, cependant, est peu familier aux Iraniens, et
86 Nr. 1. ARTHUR CHRISTENSEN:
Parmi les démons locaux il faut nommer Siyäh-gales, le »berger noir«, espèce de Rübezahl iranien. C’est un démon qui hante les forêts de Guilan. On se rappelle que dans l'antiquité les régions de Guilan et de Mazendéran étaient censées habitées par des démons et des démonolâtres. Siyäh-gäles vit solitairement avec ses troupeaux de bœufs sauvages dans un endroit qu'on appelle le refuge des animaux. Là, les hommes ne devront pas poursuivre ou chasser les animaux; celui qui le fait sera puni par Siyähgales. Il est souvent arrivé que des chasseurs incrédules, qui avaient poursuivi le gibier sur ce territoire, étaient trouvés morts le lendemain matin, ou qu’un autre malheur frappait eux ou leurs bêtes. On dit que le vendredi, Siyahgales se rend au bazar sous l’aspect d’un vieillard pour
vendre du beurre. Le beurre qu’on lui achète ne s’épuise
la description en varie beaucoup. Ainsi un muletier, qui a informé E. G. Browne sur les différentes sortes de démons a décrit le nasnas avec les traits du davalpa (A Year amongst the Persians, New ed., Cambridge 1926, p. 180). D’après un autre des informateurs de Browne, le nasnäs est un démon farceur, mais inoffensif. Un homme qui allait à cheval entre Chiraz et Bouchir vit au bord de la route quelque chose qui ressemblait à un agneau. Il le ramassa et le mit en travers de sa selle. Un peu plus tard, il regarda, et vit avec étonnement que l’agneau avait tellement grandi que la tête et la queue traînaient par terre des deux côtés du cheval. Effrayé, il le jeta et s’enfuit au galop. Telles sont les plaisanteries des nasnäs, dit l’informateur, mais autrement ils ne font pas de mal (ibid. p. 291). Un auteur persan du XII° siècle de notre ère, Nezämi-e-"Aruzi, rapporte le fait suivant, que lui a raconté un habitant de Nichapour (Chahär maqgäla, ed. by Mirza Mohammad Qazwini, London 1910, p. 9; traduction de E. G. Browne, Lond.1921,-p. 9):"Pendanutors voyage en caravane cet homme et ses camarades apercurent sur une colline de sable une femme nue et nu-tête, très belle, de la stature d’un cyprès, au visage de lune et aux cheveux longs. »Si on lui parlait, elle ne répondit pas, et au moment où l’on s’approchait d'elle, elle s'enfuit à une telle vitesse qu'aucun cheval n’eût pu la rattraper. Nos muletiers, qui étaient des Turcs, dirent que c’était un homme sauvage, qu’on appelait nasnäas. Et il faut savoir que c’est le plus noble des animaux quant aux trois qualités que nous avons mentionnées«.
pas, et augmente en quantité, mais si celui qui le possède, révèle le secret, le beurre se dessèche aussitôt.
Pour finir, il y a un animal apocalyptique, à savoir l’âne de Dajjal (l’Antichrist), qui, au jour du jugement dernier, sortira d’un puits situé à Isfahan. Il est rouge, et ses quatre pattes sont grises. Grand comme une montagne, il franchit près de six parasanges à chaque pas. Chacun de ses poils jouera une mélodie speciale. Des tranches de pain tomberont de ses oreilles, et ses excréments seront HéARdaties «Tous "ceux quivle suivront iront en enfer?: M. Massé ajoute: »D’où la coutume populaire d’enterrer les ongles au seuil des portes afin qu'ils forment une barrière en poussant épais comme buissons; du reste, si l’on est mauvais croyant, les ongles ne pousseront pas et l’on suivra l'âne en enfer, bon gré, mal gré«. C’est là une nouvelle interprétation, adaptée à l’eschatologie musulmane, de l’ancienne coutume d’enterrer les ongles, que nous avons
rencontrée dans le Vendidad®.
Si nos sources pré-islamiques ne nous laissent entrevoir qu'occasionnellement quelques traits de l’ancienne conception populaire iranienne des démons à travers le repeint théologique, les traditions arméniennes nous fournissent certains détails complémentaires. Pendant les époques des
Arsacides et des Sassanides des rapports spirituels intimes
1 Neyrangestan, p. 118; Massé, IL, p. 365—66.
? Neyrangestan, p. 130; Massé, IL, p. 366.
# Voir ci-dessus, p. 30—31. Les paysans du Jutland en Danemark croient que, si l’on se coupe les ongles le dimanche, le diable s'en sert pour armer ses sabots. Si l’on jette les cheveux coupés et que les oiseaux s’en servent pour faire leurs nids, on n'aura pas de repos dans le tombeau. E. Tang Kristensen, Sagn og overtro fra Jylland, 2* série, t. 2, p. 49 (no. 539 et 530).
88 Nr. 1. ARTHUR CHRISTENSEN:
reliaient les Arméniens au monde iranien. Avec le mazdéisme ils avaient adopté la civilisation des Parthes et des Perses, et si, au cours des IV® et V® siècles de notre ère, le christianisme, en Arménie, triompha de la religion des mages, il restait un fonds de croyances populaires iraniennes, entremêlées sans doute de traditions autochtones. La conformité de la démonologie arménienne d’origine iranienne, dont l'ancienneté se trahit par la forme archaïque de quelques termes d’emprunt, avec celle des Persans qu'ont enregistrée les voyageurs et les savants de nos jours, témoigne de la haute antiquité de ces traditions populaires. Toutefois, il n’est pas toujours facile de distinguer de ces éléments anciens les croyances iraniennes qui auront pénétré dans le milieu arménien à une date plus récente.
Les Arméniens connaissent les devs comme des démons montagnards grossiers et sots, de taille énorme, souvent à deux, trois ou sept têtes. Paraissant un à un ou par groupes, deux, sept ou quarante frères, ils vont à la chasse, abattent des arbres, etc. Des meules ou des quartiers de rocher leur servent d'armes. À l’intérieur des montagnes, ils gardent des trésors d’or, d’argent, de pierres précieuses etc. et des chevaux fougueux qu’ils ne montent pas. Ils volent des bœufs et emportent parfois des princesses de race humaine. Les devs femelles, qui sont également hauts comme des collines et qui ont de grosses mamelles, qu'ils jettent par dessus les épaules, sont moins ennemis des hommes que les devs mâles, qui sont anthropophages et »flairent la chair humaine«, si le dev femelle a caché un homme nouvellement arrivéi.
Les lutins, les gnomes, les esprits des maisons, dont l’appellation générique ancien-iranienne ne nous est pas
* Abeghian, Der armenische Volksglaube, p. 111—13.
connue, les jinns dans l’acception néo-iranienne du terme, se nomment le plus souvent, chez les Arméniens, d’un nom qui est probablement vrai arménien, k'ajk'. On les désigne, tout comme les Persans désignent leurs jinns, par l’antiphrase »ceux qui sont meilleurs que nous«. Les k'‘ajk's ont leurs demeures, leurs »palais«, sur les rochers ou dans les grottes des montagnes. L’écho qui se fait entendre dans les vallées alpestres et les gorges est l’effet de la singerie moqueuse des k'ajk's. Ils demeurent aussi dans l'air comme des démons du vent, et au haut des arbres, en particulier des noyers. Du reste, ils se trouvent partout, à proximité des maisons des hommes, dans l'écurie, dans le grenier et surtout sous le seuil de la porte. A l’écurie, ils s'emparent des chevaux et les font courir tant qu'on les trouve, le matin, fatigués et tout en sueur. On saisit le k‘ajk° en enduisant d'avance le cheval de goudron, ou bien en y fixant une épingle, ce qui fait cesser l'effet de l’invisibilité du démon. Au moyen âge déjà!, on racontait que les k‘ajk's allaient au combat et à la chasse, volaient du blé et tiraient le vin du tonneau, comme le lutin dans les traditions scandinaves et allemandes tire la bière du baril?. De nos jours, on croit qu'ils aiment surtout le yavic, un mets de farine avec du beurre et du miel, les gâteaux ou la confiture de raisins; il semble qu'ils soient plus friands que leurs congénères scandinaves, qui se contentent de bouillie de gruau. À leurs noces, ils abattent un
bœuf, le cuisent et le mangent, après quoi ils rassemblent
! Abeghian cite un livre d’Alischan, Der alte Glaube oder die heidnische Religion Armeniens (Venice 1895), recueil des matériaux sur le paganisme ancien de l’Arménie qui se trouvent dans les ouvrages arméniens du moyen âge.
? J. M. Boberg, Sagnet om den store Pans Dod, p. 37 sqq., 68 sqq., 104 sqq.
90 Nr. 1. ARTHUR CHRISTENSEN :
la peau et les os et font revivre l’animal; seul un pied en reste paralysé, parce que le musicien ou le coiffeur, qui a été convoqué à la fête, a volé un os pour constater l'identité de l’animal. C’est là la forme arménienne d’une légende connue aux Indes comme en Europet.
Les k'‘ajk's emportent des enfants pour les employer comme bergers; à ces enfants, ils prêtent la faculté de se métamorphoser et de se rendre invisibles. Ils aiment surtout à emporter les enfants sains, en laissant à leur place des enfants-garous. Comme les jinns iraniens, les k'‘ajk's appellent une sage-femme de race humaine pour assister aux couches de leurs femmes, et leur donnent pour récompense des peaux d'oignons, qui se changent en or, pourvu que l’on ne méprise pas leur don?.
Les paris, p'aris en arménien, qu’on appelle aussi, d’un autre nom d’origine ancien-iranienne, yaverZaharsunk‘, vivent dans l’eau, et aussi dans les forêts et les prés et sur le bord des rivières. Elles sont belles, et, ce qui est assez remarquable, elles ont des yeux bleus, et leur chevelure, qui leur pend jusqu'aux pieds, est de couleur blonde ou rousse. Extrêmement agiles, elles évitent le désir amoureux des bergers. Quelquefois, pourtant, une p'ari prend un homme pour époux et le tire sous les ondes. Comme les paris des contes persans et les fées des légendes de l’Europe, elles apparaissent parfois, sous la forme d'oiseaux, puis, jetant leurs ailes, se changent en belles femmes et se baignent dans un lac“.
1 Voir Kôhler, KI. Schriften, I, p. 259, 273, 586; Fr. von der Leyen: Das Märchen in den Gôttersagen der Edda (Berlin 1899), p. 40, 81; Wesselski, Der Hodscha Nasreddin, I (Weimar 1911), Einleitung, p. XXVI.
? Abeghian, p. 104—10.
Yaverz, comp. le yavaë-ji avestique, »douée d’une vie éternellet, Hübschmann, Armenische Grammatik, I, p. 198.
* Abeghian, p. 103—4.
Les p'‘aris se montrent souvent en compagnie des k‘ajk's, qui semblent leur avoir communiqué quelque chose de leur propre nature. On les voit formant des processions nuptiales, où elles accompagnent le mari et la mariée en jouant et en dansant, jusqu’au moment où le coq chante. Les p'aris ou les k‘ajk's femelles volent les plus beaux vêtements des jeunes femmes en les tirant des armoires fermées, puis les endossent pour danser, les salissent et les rapportent juste avant le matin. Pour les empêcher de voler les vête- . ments, les paysannes arméniennes y enfoncent des épingles!.
Parmi les démons des Arméniens, il y en a encore un d’origine iranienne, à savoir le visap?. IL est difficile de définir exactement la nature de cet être. C’est un dragon d’abord. Puis, dans beaucoup de contes, il remplace le devÿ. D'autre part, la conception des visaps semble avoir été influencée par celle des k'‘ajk's. »Parfois, lutins, ils se plaisent à traire en cachette les vaches, à emporter, sous l’apparence de mulets ou de chameaux, le grain de l’aire. Le plus souvent ils revêtent l'aspect d'hommes ou, comme AZdahak, de serpents. Mêlés aux humains, ils les contraignent à leur rendre un culte, les empoisonnent de leur haleine. Ils mènent par les campagnes de longues chasses à courre, puis se retirent en leur demeure, où ils retiennent prisonniers des princes illustres: Alexandre le Grand, Artavazd, roi d'Arménie, que doit délivrer, après une lutte qui lui vaudra le surnom de Visapak‘at, le héros national Vahagn«.
! Ibid., p. 106.
? Voir ci-dessus, p. 25.
3 Abeghian, p. 111.
# Benveniste, Revue des études arméniennes, VII, p. 7—8. — Vahagn est la forme arménienne de Vrÿragna. C’est probablement un ancien dieu déguisé sous le nom iranien. Voir Benveniste dans Benveniste-Renou, Vrtra et Vréragna, p. 75 sqq. — Visapak‘at signifie »étrangleur de visaps«.
92 Nr. 1. ARTHUR CHRISTENSEN:
Conclusion.
Nous avons suivi la démonologie iranienne à travers les âges. Elle a pris la couleur des idées religieuses successives. Parmi les daivas, les dieux de certaines grandes communautés iraniennes, quelques-uns, les dieux qui se groupaient autour de Mithra et d’Anähitä, rejetés par Zoroastre, ont été admis plus tard, individuellement, dans le cercle des dieux assistants de Mazdäh et ont repris leur empire sur l'esprit des Zzoroastriens, tandis que d’autres, qui avaient leurs adorateurs surtout dans l'Iran occidental, à savoir Indra et ses compagnons, ont été relégués pour toujours à la demeure infernale que la foi des mages leur a réservée. Mais le nom collectif de daiva désigne, chez les mazdéens de l’ouest comme chez ceux de l’est, exclusivement les dieux ennemis d’abord, puis, en général, des êtres surnaturels qui, étant méchants de leur nature, s’opposent à la bonne et vraie foi. Par un développement lent, ces daivas, ces dëvs, se sont assimilés, de plus en plus, les ogres et d’autres êtres démoniaques semblables enracinés dans les croyances ancestrales, jusqu’à ce que cette conception, qui, après la victoire de l’islamisme, n’était plus embrouillée par les réminiscences des Gathas et les idées des théologiens, est apparue nettement dans les divs et les paris des contes et des croyances populaires persans.
L'islam a apporté aux Iraniens des démons arabes divers, qui sont tous des variations du jinn, génie principal des bédouins; et les jinns, dans l’adaptation iranienne, ont revêtu le caractère de gnomes, de lutins ou gobelins, démons familiers qui ont laissé très peu de traces dans les sources anciennes, parce que la théologie mazdéenne les a
ignorés, mais qui rappellent de très près les gnomes, les
lutins et gobelins des races sœurs de l’Europe. De nos jours, les résultats de l’enregistrement des traditions populaires iraniennes, bien qu'il soit encore dans son commencement, montre l’achèvement du cycle évolutif: le div et la pari, qui sont l'héritage du mazdéisme, et le jinn introduit par l'islamisme et transformé par l'esprit national des Iraniens, nous ramènent, par le rôle qu’ils jouent dans le folklore iranien, à la plus ancienne couche des croyances
indo-européennes.
Post-scriptum.
F. C. Andreas a voulu expliquer comme des phénomènes purement graphiques une série de particularités de la langue avestique telle qu'elle se présente dans l'écriture avestique, créée au commencement de l’époque sassanide, les textes ayant été écrits auparavant avec l'alphabet araméen. La théorie d’Andreas a été acceptée par M. Lom- Meet diautres, et elle n'a pas été sans influence sur M. Reichelt et sur M. Benveniste, qui, dans ses transcriptions, sans partager en tous points les opinions d'Andreas, interprète également l'orthographe avestique du point de Hub raphique. J'ai Suivi, en général, la méthode de transcription de M. Benveniste, qui ne représente, cela va sans dire, la prononciation originale qu'avec un certain degré d’approximation. Nous ne pouvons nous faire une idée exacte de l’état phonétique du dialecte des Gathas et de celui des Yaëts, surtout en ce qui concerne les voyelles.
Tout récemment, M. G. Morgenstierne (Norsk Tidsskrift for Sprogvidenskab, XII, 1940, p. 30 sqq.), comme autrefois
Bartholomae et Jackson, attribue aux particularités en
94 Nr. 1. ARTHUR CHRISTENSEN:
question, dans la plupart des cas, une valeur phonétique. Mais M. Morgenstierne ne prétend pas que nous soyons ramenés par là à la prononciation originale: l'orthographe avestique, dans ses traits principaux, représente la prononcCiation de la langue avestique aux débuts de l’époque sassanide; et ce n’est que par des considérations d’une nature comparative qu’on puisse espérer de reconstruire tant bien que mal la prononciation originale. | En tout cas des raisons d'ordre métrique suffisent pour nous montrer que l'aspect de cette langue, morte depuis longtemps au moment où l'alphabet avestique fut créé, avait changé sous bien des rapports, surtout, probablement, sous l'influence des parlers vivants, moyen-iraniens, des théologiens qui se sont servis de l’avestique comme d’une langue sacrée. Tout bien considéré, en admettant, en partie, l’argumentation de M. Morgenstierne, je crois encore que l'explication »graphique« est à préférer dans certains
cas que M. Morgenstierne veut expliquer phonétiquement.
Liste des abréviations.
Abeghian = M. Abeghian, Der armenische Volksglaube. Leipzig 1899.
Andreas-Henning — F. C. Andreas, Mitteliranische Manichaica, herausg. von W. Henning, I-III (Sitzungsber. der Preuss. Akad. der Wissenschaften. 1932—34).
Anklesaria, v. Bundahisÿn.
AO = Acta Orientalia.
Bal‘ami — Chronique de Tabari, traduite sur la version persane d’Abou-Ali Mohammed Bel‘ami par H. Zotenberg. I-IV. Paris 1867—74.
Basset, Mille et un contes — R. Basset, Mille et un contes, récits et légendes arabes, I-III. Paris 1924—26.
Benveniste, The Pers. Rel. — E. Benveniste, The Persian Religion according to the Chief Greek Texts. Paris 1929.
Benveniste-Renou — E. Benveniste et L. Renou, Vrtra et Vréragna. Paris 1934.
Browne, v. Nihäyat.
Bundahi$n (indien), éditions facsimilées: N. L: Westergaard, Bundehesh, liber Pehlvicus, Havniae 1851, et Codd. Avest. et Pahl. Bibl. Univ. Hafn., I (K 20). fol. 88 r—129 v; (iranien), éd. facsimilée: The Bûndahishn, ed. by Anklesaria, Bombay 1908. E. W. West, PT, I.
Chauvin — V. Chauvin, Bibliographie des ouvrages arabes ou relatifs aux Arabes, I-XI. Liège 1892—1909.
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96 Nr. 1. ARTHUR CHRISTENSEN:
Codd. Av. et Pahl. Bibl. Univ. Hafn. — Codices Avestici et Pahlavici Bibliothecae Universitatis Hafniensis, I-X. Cop. 1931—41.
Damiri — Damiri, Hayätu’I-haiwän, éd. de Boulaq 1284 de l’hégire (— 1868).
Dd. — Dädastän 1 deniy, éd. facsimilée: Codd. Av. et Pahl. Bibl. Univ. Hafn., III (K 35), fol. 99 r—202 v; West, PT, II.
Dk. — Denkard. The Dinkard, by Peshotan Sanjana, I-XIX, Bombay 1874—1928; éd. de Madan I-II, Bombay 1911.
Duchesne — J. Duchesne-Guillemin, Les composés de l’Avesta. Liège, Paris 1936.
Firdausi — Firdusii liber regum qui inscribitur Schahname, éd. J. A. Vullers, I-III. Lugd. Bat. 1877—84 (édition incomplète); éd. de Téh. — édition de Téhéran, I-X, 1313—15 de l’hégire, nouveau style (— 1934—36).
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JA — Journal asiatique.
JAOS — Journal of the American Oriental Society.
Kayanides, Les, v. Christensen.
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Nihayat — Nihayatu/l-irab f1 aybarïil-furs wa’l-‘arab, résumé et extraits par E. G. Browne, JA 1900, p. 195 sqq.
Nyberg, Relig. — H. $S. Nyberg, Die Religionen des alten Iran. Deutsch von H. H. Schaeder. Leipzig 1938.
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Premier homme, le, v. Christensen.
PT, v. West.
Qazwini, Wüstenfeld — El-Cazwini’s Kosmographie, herausg. von F. Wüstenfeld. Gôttingen 1849.
Essai sur la démonologie iranienne. AT OL
Relig., v. Nyberg.
R. hist. — Revue historique.
Sad-dar-Bund. — Sad-dar-Bundahes (lire plutôt Sad-darband-i-hu, Ethé dans le Grundriss der iranischen Philologie, If, p. 123), voir Saddar Nasr and Saddar Bundehesh, ed. by Dhabhar, Bombay 1909.
Ta‘alibt — Histoire des rois des Perses par Al-Tha‘älibi, texte et trad. par H. Zotenberg. Paris 1900.
Tabarï — Annales auctore At-Tabari, ed. de Goeje, I. eds 1879.
Vend. = Vendidad.
West, PT — Pahlavi Texts translated pv EE: W. West, I-V (Sacred Books of the East, tt. 5, 18, 24, 37, 47).
Westergaard, v. Bundahiÿn.
Wikander, Männerbund = $S. Wikander, Der arische Männerbund. . Lund 1938.
Vullers, v. Firdausi.
Wüstenfeld, v. Qazwini.
WZKM — Wiener Zeitschrift für die Kunde des Morgenlandes.
© YŸ. = Yasna (Gathas: Y.28—34, 43-51, 53).
RL Vast.
ZDMG = Zeitschrift der Deutschen Morgenländischen Gesellschaft.
Zotenberg, v. Bal‘ami et Ta‘alibr. | |
Zsp. — Écrits choisis de Zäd-sparam. Éd. facsimilée: Godd. AY. et Pahl. Bibl. Univ. Hafn. IV, fol. 233 v—254 v
Indleveret til Selskabet den 4. Oktober 1940. Færdig fra Trykkeriet den 11. Februar 1941.
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| | BIND XVIII (Ke. 15.00): Kr. ©.
LÀ RANULF, SVEND: Gudernes Misundelse og Strafferettens Oprin- “ delse i Athen. Studier oyer ældre græsk Mentalitet. 1930 . 7.40
2. Hammericu, L. L.: Visiones Georgii. Visiones quas in Panel no Sancti Patricii vidit Georgius miles de Ungaria. A. D. MCCCLIII. Ne mate ni nana .. 12.60
Re, | BIND XIX (Kr. 19.10):
Faijumische Fragmente der Reden des Agathonicus Bischofs | von Tarsus herausgegeben und erklärt von W. ERICHSEN. 1932 3.40
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k BIND XXI (Kk. 25.70):
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s à RL mi GE CANIN x: +: TRAINS
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: ne à ae VE 7.00 .
PA NL ans BIND XXV (EL 29. co PAP EC où 1 OHAT, F.: Die ältesten Segen über Christi Taufe und Christi 1514 TD od: La religionsgeschichtlichem Jaichte::1938::.. "FARMER 12:50 2. PEDERSEN, HOLGER: Hittitisch und die anderen indoeuropäi- … schen Sprachen. LE D EAU MN Genet BON USE 12 500 0 ti ; Mt UE BIND AAVTE (Ke. 27.00): USSR LAS six, 1. RÆDER, HANs: Platons Epinomis. 1938....... 9 Re 275000 HN an D NEUGEBAUER, O.: Über eine Methode zur Distanzbestimmung TES . Alexandria-Rom bei Heron. 1938............. RE RATER 3.00
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