DÉFINITION ET CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES
La classification et la critique raisonnée des diverses dyspepsies est de date récente. C’est seulement dans notre siècle qu’on a commencé à mettre de l’ordre dans l'étude de cette question hérissée de difficultés et qu'on a essayé de rendre à chaque organe ce qui lui appartient. Un des premiers, Chomel, tenta de faire la lumière dans ce chaos. (était pour les maladies de l'estomac, disait-il lui-même, qu'il avait été le plus consulté dans le cours de sa longue pratique; il nous a laissé, dans une œuvre considérable, le fruit choisi de son expérience. Un autre grand observateur, Beau, avait aussi compris l'importance de la dyspepsie, seule ou associée à d’autres affections, lui qui faisait des maladies de l’estomuc la clef de voûte de la pathologie interne tout entière.
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Les lésions de l’estomac et les troubles de la digestion existent rarement seuls; il est peu de maladies qu’ils n’accompagnent de façon passagère ou durable ; quand ils paraissent exister seuls, ils sont presque toujours l'expression obscure d'une diathèse, d'un état constitutionnel héréditaire ou acquis. C'est en étudiant les maladies de l'estomac qu’on se pénètre de la vérité de cette parole que mon vénéré maître Teissier, de Lyon, aimait à répéter à ses élèves : « Messieurs, il n'y a point de maladies, il n’y a que des malades. »
Cet axiome vrai pour toutes les maladies, l’est surtout pour les maladies de l’estomac. Voici dix malades qui présentent, ou à peu près, les mêmes symptômes du côté du tube digestif : douleur au creux épigastrique, pyrosis, dyspepsie, nausées, vomissements, hématémèses ; mais celui-ci est un arthritique, celui-là un herpétique; un troisième est un buveur invétéré; cet autre offre les premiers symptômes du mal de Bright; son voisin fait partie de la grande famille de l’artério-sclérose; un autre est goutteux ; de ces deuxci enfin, gens bien portants en apparence, et tout surpris de mal digérer, le premier a une insuffisance mitrale au début, le second est atteint depuis plusieurs années peut-être d'une insuffisance des valvules sigmoïdes de l'aorte.
Cette synthèse de la maladie n’est point une pure vue de Pesprit, pas plus qu'un caprice de l’imagination, car elle est féconde en indications thérapeutiques et en résultats. Dans un livre récent et rempli