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vec la vapeur d’eau sont descendues toutes celles qui étaient sorties du sol dans la journée à l’aide de l’évaporation.
Il se passe là ce qui a été si bien démontré pour le miasme paludéen dans les pays marécageux. Aussi a-t-on mis les troupes qui travaillaient dans la campagne de Rome à l’abri des atteintes du paludisme en faisant quitter aux travailleurs les lieux miasmatiques dès la chute du jour. Les camps de Ghardimahou, de Souk-Ahrras, d’Aïn Draham étaient pour nous de véritables marais à fièvre typhoïde par le mécanisme que nous avons ci-dessus indiqué. Aussi comme pour la fièvre intermittente, dès queles germes n’ont plus été noyés par les pluies torrentielles, dès que la température cosmique est devenue assez élevée pour déterminer, une certaine évaporation, les cas de fièvre typhoïde se sont multipliés rapidement, du fait du mode d'infection que nous avons démontré il n’y a qu'un instant. Cette évaporation aurait pu rester inoffensive, si les conditions cosmiques avaient été telles que de temps à autre un vent violent fût venu balayer tous les germes accumulés sur les tentes ou même dans l'air ambiant.
Iln’existe pas en Tunisie, pendantlasaison chaude, de vent d'appel, de vent de soufflage comme celui qui sous le nom üe mistral désinfecte si énergiquement les villes françaises du littoral de la Méditerranée, Tout en balayant les germes, ce vent détermine une refrigération manifeste de l'atmosphère et, comme il est très sec, il pompe en même temps toute l’humi-
dité qu’il trouve sur son passage. Action mécanique, action réfrigérante, action desséchante, voilà ce que produit le mistral, et, on le voit, cette triple modalité météorologique à pour but de chasser les germes produits, d'empêcher non moins énergiquement que d’autres infectieux ne s’élaborent ou ne se multiplient, puisque l’humidité manque et que la température s’abaisse. Aussi à Toulon a-t-on remarqué une décroissance des plus évidentes dans la marche de la fièvre typhoïde, lorsque le mistral a soufflé pendant quelques jours.
En Tunisie, rien de semblable et le mistral n’est remplacé que par le sirocco, vent brûlant du désert qui lui aussi dessèche, et balaye, mais qui ne refroidit pas. Cependant si son action a été le plus souvent funeste sur nos hommes en pleine évolution de leur maladie, il est bon de noter que l’on a observé à sa suite un véritable ralentissement dans la production des cas de fièvres typhoïdes. Mais comme le sirocco est en dernière analyse un vent d'appel pour le midi de PEurope, il cesse de se produire lorsque les terres d'Italie, d'Espagne, de la Provence, sont échauffées, au point de ne plus subir de refroidissement nocturne, parce que dans les premières heures de la nuit le sol dégage beaucoup de calorique. Il ne se fait donc plus d'appel et le sirocco cesse de se produire, sauf peutêtre deux ou trois jours après la période pendant laquelle le mistral a soufflé. Toujours est-il que pendant les mois de juillet et d'août il n’a pas été observé au Kef.
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Comme complément de ce que nous venons de décrire au point de vue du rôle des hydrométéores (chaleur, vent, pluies), sur le développement de la fièvre * typhoïde en Tunisie, nous citonsici les quelques lignes que M. Baudoin consacre à ce sujet dans son rapport‘.
Du 12 ou 20 avril, la température a été constamment élevée. Le sirocco n’a guère cessé de se faire sentir depuis le 10 jusqu’au 21. Le 17 à Bône, le thermomètre marquait 33° à l'ombre, le 18 à 8 heures du matin, il y avait 30° sous la tente. La pluie est tombée pendant la nuit du 22 et surtout le 24 et 25; la température s’est abaissée à 10° à 5 heures du matin et à 10° à 5 heures du soir. De grandes pluies sontrevenues les 27, 28, 29 avril. Les 4, 5, 6, 7, 8 et 9 mai, elles furent à peu près continues, torrentielles à certains moments, plusieurs fois elles ont empêché d'allumer ou d'entretenir les feux des cuisines. Pendant les journées du 5 et du 6, la température ne s’est pas élevée au delà de 13°. Le 12 et le 17 mai ont été encore pluvieux.
Le 25 a éclaté un orage extrêmement violent, accompagné d’ouragan qui a renversé la plupart des tentes de la brigade Logerot. Il a plu les 27 et 29 mai, 1,2, 6, 7Tet 10 juin. Le 15, à la suite d’un orage, sont tombées les dernières pluies du mois.
Du 2 au 15 juin la température a été douce, plutôt fraiche que chaude. Le thermomètre a oscillé entre 16 et29° etn’a dépassé 30° qu’exceptionnellement. Depuis le 16 juin la chaleur est devenue gênante; elle n’a pas