‹ Essai sur la Fièvre TyphoïdeChapitre 33 sur 35 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

1° Pour faire une expédition dans les pays d’outremer, nécessité absolue de ne pas désigner des troupes susceptibles d’être en puissance de fièvre typhoïde, surtout si elles doivent occuper le pays, par conséquent séjourner dans les mêmes campements.

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2 Non moindre nécessité de créer à cet égard un corps d’armée recruté par engagement de façon à posséder des soldats restant effectivement au moins 9 ans sous les drapeaux. De cette facon, les jeunes soldats seront éloignés des détachements actifs, au moins pendant la première année.

La légion étrangère, les zouaves, les détachements du génie, et même les batteries d’artillerie ont été très peu éprouvés par la fièvre typhoïde parce qu’ils se composaient de soldats plus âgés et ayant acquis l’immunité contre la fièvre typhoïde.

3° En cas d’impossibilité absolue d’avoir des troupes d’au moins une année de présence au corps, et de nécessité d'occuper un défilé, une position stratégique, faire changer le campement ou brûler les matières fécales par la chaux, le feu, ou le sulfate de fer, si des cas de fièvre typhoïde sont observés. Si on ne peut faire autrement, épuiser ces matières par une végétation active et hâtive, telles que celles des soleils, topinambours, etc.

4 Enfin donner au médecin militaire, seul réellement compétent, uneresponsabilité complète du développement des épidémies, par suite lui concéder le droit de proposition des mesures d'hygiène, un accès plus facile et une influence plus grande dans les conseils du commandement.

Tels sont les renseignements que nous à suggérés l'étude attentive de la pathologie du corps expéditionnaire de Tunisie, dont nous avons fait partie.

À tout civil, et encore plus, à quiconque touche

de près ou de loin à la médecine, il paraitra monstrueux que sur 40,000 hommes qu’il a été nécessaire de rassembler contre les Kroumirs il n’y ait eu de touché par les balles ennemies que 50 hommes dont 14 morts seulement, quand en rase campagne on en perdit un nombre beaucoup plus considérable par la fièvre typhoïde.

La rapport de M. Baudoin n’accuse que 50 hommes atteints par le feu de l’ennemi, et sur ces cinquante hommes, 14 seulement succombent à leurs blessures.

La grande disproportion constatée ici entre les victimes de la guerre, proprement dite et celles de la maladie a toujours existé pour les armées en campagne, il faut en convenir. Mais aujourd’hui que l'étude des épidémies est arrivée à une précision presque absolue, on doit chercher à faire disparaître les causes d’invalidation par les maladies infecto-contagieuses. On a bien rayé la variole de la morbidité de l’armée, le typhus ne s’observe plus; il faut faire en sorte de supprimer la fièvre typhoïde, tout au moins en campagne.

Pour ce qui concerne la Tunisie, on aurait pu et dù prévoir ce qui est arrivé à la brigade du général Brême principalement. Si des nécessités de défense et de mobilisation exigeaient qu’on ne désignât pas d’autres régiments que ceux qui ont constitué le corps expéditionnaire, on devait, on pouvait empêcher que la fièvre typhoïde ne les décimÂt.

Qu’au moins la défectuosité, forcée ou non, de

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cette expédition au point de vue sanitaire serve d’enseilgnement pour l’avenir. L’opinion publique est instruite, chacun est soldat, que tous exigent que les

guerres nécessaires v’entrainent que le minimum de victimes!

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