‹ Essai sur la Fièvre TyphoïdeChapitre 5 sur 35 · ANG · texte numérisé non relu

ANG

moment, présente de tels caractères inusités dans son évolution, elle attaque certains de nos régiments en dehors des conditions ordinaires où elle prend d'habitude naissance que beaucoup de médecins militaires se demandent s'ils ne sont pas en présence du typhus plutôt que de la fièvre typhoïde; mais les autopsies pratiquées ne laissent aucun doute sur la nature du génie morbide qui cause tant d’invalidations et de victimes.

À quoi faut-il attribuer ces modifications, si profondes en apparence, et dans le mode de développement et dans l’allure de la fièvre typhoïde qui a sévi dès le début sur le corps expéditionnaire en Tunisie? Doit-on admettre qu’il faille rejeter les données courantes sur cette affection par rapport à ce que l’on observe d'ordinaire dans le nord et le centre de la France?

Nous ne le pensons pas.

Ayant suivi l'expédition comme attaché à l’ambulance de la brigade du général Gaume, et, après la dislocation du corps expéditionnaire, étant resté à ambulance du Kef jusqu’en février 1882, j'ai pu réunir un certain nombre de faits, recueillir des observations, collationner des documents qui permettent d'essayer de faire un peu de lumière dans tout ce qui paraît obscur, non élucidé, contradictoire sur les causes qui ont déterminé l'apparition de la fièvre typhoide au milieu de nos troupes en Tunisie.

Pour atteindre ce but, nous diviserons notre travail en deux parties.

Page 1