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CHAPITRE IL

RÉAUSATION DU TEMPÉRAMENT.

910. Nous venons de voir qu'on avait préconisé la substitution du tempérament ^4 au tempérament la actuellement en vigueur; mais, à supposer que cette solution eût été avantageuse, le procédé de réalisation que l'on indiquait eitt présenté de sérieux inconvénients.

On proposait, en effet, de doter les instruments à clavier de vingt-quatre touches par octave, au lieu de douze; mais le grand nombre des touches aurait rendu l'emploi de l'instrument fort difficile pour l'exécutant; quant au compositeur, il aurait probablement été obligé d'employer une écriture assez compliquée pour spécifier celles de ces vingt-quatre touches dont l'exécutant devait faire usage.

911. Il semble que la réalisation d'un tempérament plus juste que le tempérament la devrait plutôt être obtenue en se conformant au programme suivant :

Pour réaliser le tempérament n {n étant supérieur à 12), le facloiir d'orgues, harmoniums, pianos, etc., conserve le clavier actuel de la touches à l'octave, et augmente seulement, en le portant de 12 à /i par octave, le nombre de sons que l'instrument est susceptible de produire.

Un mécanisme spécial, décrit ci-après sous le nom d'ajusteur, établit la liaison entre les douze touches du clavier et douze des n sons de l'octave. Ge mécanisme est susceptible de prendre n positions commandées par n jeux analogues à ceux qui sont déjà en usage pour les orgues, harmoniums, etc. Dans ses diverses positions, l'ajusteur ajuste les liaisons, de façon que l'un quelconque des n sons de l'octave puisse être pris pour Ionique, et que les douze touches du clavier fassent toujours rendre à l'instrument douze sons s'échelounant à des intervalles inégaux entre eux, mais sensiblement égaux à ceux de la gamme chromatique juste.

Le compositeur conserve l'écriture ordinaire et se borne, en cas de modulation, et seulement quand il le Juge utile, h inscrire sur la partition un signe spécial indiquant h l'exécutant le jeu nouveau qu'il doit tirer

Enfin, l'exécutant n'a rien à changer à ses pratiques actuelles, et doit seulement, de temps à autre, faire fonctionner le jeu indiqué sur la partition.

912. Pour faire voir que ce programme est loin d'être irréalisable, on montrera, à titre d'exemple, comment on pourrait procéder dans le cas le plus complexe, celui du tempérament 93, et, à cet effet, on exposera dans quatre Articles successifs ce qui concerne le facteur d'instrument (Construire fa/usleur), le compositeur (Indiquer les jeux), l'exécutant {Manœuvrer tes jeux) et l'accordeur (Accorder f instrument).

D1X1EHI! PAUTIE. — TEK PE RAMENT.

ARTICLE I. — CoBStruire l'ajiutenr.

913, On supposera que l'ajusteur à construire est destiné à un piaao, parce que la connaissance de cet instrument est encore plus répandue que celle de l'orgue ou de l'hai-moniumC).

On décrira ci-après deux types d'ajusteurs fonctionnant, l'un par translation, l'autre par rotation (*).

914. Avec le tempérament 53, la musique tout entière, quelle que soit la série des modulations effectuées, doit être exprimée au moyen de cinquante-trois sons seulement (pris à des octaves diverses). Nous engloberons ces cinquante-trois sons sous le nom générique de cétêsons, et nous les distinguerons les uns des autres par les noms particuliers de cétéun, cétédeuj.; cététrois.... etc., ou par les désignations abrégées

C„ C„ Cj, ..., C,„ Cil-

Nous admettrons que le la normal n'est autre que le premier son de cette série, cétéun ouC,.

Enfin, pour abréger le langage, nous appellerons célépiano l'instrument obtenu en transformant le piano de telle sorte qu'il puisse rendre des sons s' échelonnant par cétés*.

Pour réaliser cinquante-trois sons par oclave au moyen d'un clavier de douze touches, on peut employer deux dispositions principales comportant, pour chaque octave, soit cinquante-trois cordes (simples, doubles, ou triples) à sons fixes, soit douze cordes à sons variables. Nous examinerons successivement ces deux dispositions.

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