CHAPITRE II. — RÉALISATION DU TENPBUAIIENT. SiQ
Dans chaque douzaine de leviers, le premier (marqué I sur la vue de face) est toujours chargé de représenter la tonique (degré 1); le second et le troisième (marqués II** et II) représentent toujours les donx formes que peut affecter lasustonique (degré 11^ ou II); de même, le quatrième et le cinquième (marqués llV et III) représentent toujours les deux formes do la médiante (degré IIP ou ill), ... et ainsi de suite.
Tout l'ajusteur est susceptible de se déplacer par un mouvement d'ensemble, de la droite vers la gauche ou inversement, et de prendre cinquanle-trois positions s'échelonnant à ^, d'octave les unes des autres ; le levier I peut ainsi passer successivement en regard des cinquante- trois commandes de marteaux de l'octave. On désignera dans ce qui suit chaque position de l'ajusteur par un numéro d'ordre, qui sera précisément celui du cétéson rendij par la tonique de la gamme; ainsi, la position n" l (représentée sur la figure ^io) sera celle pour laquelle le levier I (tonique) de chaque octave agit sur la commande de la corde rendant le cétéson n' 1, c'est-à-dire le la normal Ci ou ses octaves.
Les commandes de marteaux C étant disposées en ligne àcâtë les unes des autres, il en est de même pour les tètes de leviers E destinées à agir sur ces cjammandes.
Mais les pieds des leviers s'échelonnent sur douze lignes différentes ( ' ), réglées comme on va le dire par îa disposition donnée à la portion antérieure des touches.
Le rectangle KLMN {vue en plan) représente les portions antérieures des douze touches d'une même octave; divisons ce rectangle par la pensée, savoir : en cinquante-trois colonnes parallèles aux touches, numérotées de 1 à 53 le long de la ligne MN, et en douze lignes perpendiculaires aux touches, numérotées I, ir, II, IIP, ..., etc., le long de la ligne MK. La partie antérieure de chaque touche sera limitée sur tout son pourtour par une succession de segments rectilignes appartenant au quadrillage ainsi constitué, en sorte que les différentes largeurs de cette louche seront toutes égales à un nombre entier de cinquante-troisièmes d'octave.
Les distances auxquelles s'échelonnent les pieds des leviers sont telles que, quand l'ajusteur se mouvra d'une extrémité à l'autre de sa course, la piste suivie par le pied du levier I ne sera autre que la ligne I; et, de mâme, les pieds des leviers II*, II, in*", ... etc., ne cesseront jamais de porter respectivement sur les lignes 11% II, IlI', ... etc.
817. La figure ^3o {vue de face) représente l'ajusteur dans sa position n" 1, pour laquelle le levier I de chaque octave commande le son G, ; on voit que les têtes des douze leviers agissent respectivement sur les commandes des cétésons n"*
dont les intervalles (en cétés) sont
presque rigoureusement conformes à ceux de la gamme chromatique juste (voir les colonnes/et g du Tableau I, n" 900); quant aux pieds des douze leviers, ils sont en rapport avec les touches
ta si\, li do dog ré réS mi fa fat toi tolf
et occupent le bord gauche de ces touches.
On remarquera (yï^ . 43o, vue en plan) que, dans la piste suivie par le pied du levier I, les touches présentent des largeurs variid)les, qu'on pourrait exprimer (en cinquantetroisièmes d'octave) par les douze chiffres suivants :
Il suffit de jeter les yeux sur le reste de la vue en plan pour constater qu'il en est ds
(■} Les pieds qni occap«Dl Im pesilions exlrémes snol eenx des leviers I et VII rcprdsenids rsspeclivemeDl en T et H lar 1* vue de eôU de la figure 43o.
TIE. — TBMPBHAyBNT.
même sur les onze autres pistes; il en résulte que, dans les positions n" 1, 2, 3 et ide l'ajusteur, les pieds des douze leviers I, IP, It, IIP etc. ne cesseront pas de correspondre respectivement aux douze touches la, si\}, si, do, .... etc.; mais, pour la cinquième position de l'ajusteur, les pieds de tous les leviers abandonneront ces touches et passeront Hur les suivantes, où ils resteront pendant les positions n" 5, 6, 7,8 et 9; de môme, pour la dixième position, tous les pieds changeront encore de touche simultanément, et ainsi de suito. Mais, pendant ces mouvements, les lêtesdes leviers, conservant leurs intervalles, ne cesseront pas de commander les cétésons d'une gamme chromatique. Il suit de là que, pour toutes les positions de l'ajusteur, les douze touches du clavier commanderont les douze sons d'une gamme réglée sur le tempérament 53, et que la tonique de cette gamme pourra être faite, si l'ajusteur est convenablement placé, à la hauteur de l'un quelconque des 53 cétésons.
918. Le Tableau suivant (voir p. 5a i) montre, pour les 53 positions possibles de l'ajusteur, les divers cétésons que peut rendre chaque touche, et les degrés de la gamme qu'elle représente successivement.
919. Première remarque. — On a supposé sur la figure 43o (vue en plan) que les pivots P des touches du cétépiano étaient disposés à côté les uns des autres sur un axe unique, et qu'il eu était de même pour les pivots G des leviers de l'ajusteur. Dans ces conditions, et eu égard aux dispositions de la Qgure, il est évident que les déplacements transmis aux commandes de marteaux par l'ajusteur auront exactement môme amplitude que si, l'ajusteur n'existant pas, les commandes étaient directement actionnées par les louches. Dans le cas où les pivots des touches P sont alignés sur deux axes différents, comme il faut néanmoins que l'axe des pivots de leviers G soit unique, l'amplitude des déplacements transmis par l'ajusteur aux commandes de marteaux sera légèrement altérée; mais cette altération n'atteindra pas a pour loo si l'on adopte des proportions analogues à celles qu'indique la &gui-e 43o (') et si l'on régie l'axe des pivots de leviers G de façon qu'il se trouve à égale distance des pivots des touches blanches et des pivots des touches noires.
920. Seconde remarque. — II est évident que les commandes de marteaux représentées sur la figure 43o {vue de face) sont quatre à cinq fois plus serrées que celles des instruments en usage; donc, à supposer que les cordes et les marteaux dussent conserver leur disposition actuelle, il faudrait avoir recours à un mécanisme complémentaire chargé : soit de substituer aux commandes des marteaux une série de fausses commandes se reliant aux commandes réelles et disposées comme elles, mais resserrées à la demande de l'espacement des touches du clavier; soit de substituer aux extrémités antérieures des touches une série de fausses extrémités se reliant aux extrémités réelles . et disposées comme elles, mais élargies à la demande de l'espacement des commandes de marteaux.
Ce mécanisme complémentaire n'a pas été représenté, car, d'une part, il est tout à fait étranger au fonctionnement de l'ajusteur, et, d'autre part, un tel mécanisme ne serait indispensable que dans le cas, supposé plus haut, d'un instrument comportant des cordes et marteaux disposés à la manière actuelle ; mais il serait inutile dans beaucoup d'autres cas, par exemple dans celui où le clavier représenté par la figure 43o appartiendrait à un orgue commandant électriquement ses différents jeux ('),
< ' ) Cette figure représente en demi-grondeur naturelle |C9 dimensions habitaalles des pianos.
(') L'usage de rûleutricilû ùtanl maintenant fort nipsndu. il esl probable que les faeteurs d'inatromeott de mnaiqaa no tarderont pas à l'employer à leur tour, non seulement pour relier la clavier et les corps sonores (cordes, Iuj'Aui. •riches, elcO-mai» même pour mellro en teuvre des corps sonores de typas nonveani, lais que seraient des diapMDDs éleclriques, ou des lames élastiques de rormcs diverses, susceptibles d'être mises en vibration de la mémo foson qoe lesi diapasons.
CHAPITim 11. — HEAUSATION I
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