‹ Essai sur la gameChapitre 35 sur 201 · CHAPITRE I. — PAHBSTKS · texte numérisé non relu

CHAPITRE I. — PAHBSTKS

armes; pour les tons alternants, il y a équiarmure entre deux tons de modes différents, le majeui' situé à une quinte plus haut que le mineur (^fig. 67).

Les tons anciens (normaux et pseudiques) admettent chacun trois tons équiarmés ei, par suite, forment des groupes de quatre tons équiarmés disposés les uns par rapport aux autres eu quintes successives ainsi que l'indique l'exemple suivant :

Fig. 68.

Exemple des tons équiarmés axant pour a

111. On désignera, dans ce qui suit, sous le nom ds champ tout groupe de tons ayant pour degrés les sept mômes notes.

Il résulte de ce qu'on vient de voir qu'il n'esiste pas de champs ornés ; mais il existe des champs alternants (groupes de deux tons alternants équiarmés) et des champs anciens (groupes de quatre tons anciens équiarmés) (').

Les champs d'une môme espèce peuvent se différencier les uns des autres par la seule indication de leur armure ; ainsi, prenant pour exemples les tons déjà cités comme équiarmés, on dira que le champ alternant « do dièze " comprend les deux tons alternants, ayant do diëze à la clef, sa?oir :

ré mineur alternant, la mcgeur alternant,

et que de même le champ ancien « néant » comprend les quatre tons anciens n'ayant rien à la clef, savoir :

do majeur normal,

sol majeur pseudîque,

ré mineur pseudîque,

ta mineur normal.

112. Le lecteur a sans doute souvent remarqué la facilité avec laquelle lu mélodie oscille (■) entre tons équiarmés, c'est-à-dire entre les tons s'échelonnant par quintes, audessus du ton normal, si ce ton est majeur, et au-dessous de ce ton, s'il est mineur.

La Qgure suivante (dans laquelle il n'y a pas lieu, pour le moment, de prendre en considération les quatre mesures bilîées 3 his, 7 bù, 1 1 bis et i5 bis) est un exemple de la facilité avec laquelle se font ces oscillations. Encore ici les oscillations sont-elles beaucoup plus nettement accusées que dans les cas habituels, car les quatre tonalités ne sont pas seulement effleurées, mais sont nettement caractérisées par leur gamme complète, soulignée de leur accord tonique.

Cette facilité d'oscillation ne tient pas seulement à la presque idenlitô existant entre les notes des quatre équiarmés ; elle résulte surtout de ce que chacun de ces tons est lié au précédent et au suivant par une parenté toute semblable à celle qui a été définie plus haut sous le nom de voisinage : chaque ton a deux échelles constitutives en commun, tant avec le ton précédent qu'avec le ton suivant; quant au premier desquatre tons (qui n'a pas de précédent) et au dernier (qui n'a pas de suivant), ce sont ceux de do et de la, qui sont unis l'un à l'autre par connexion, en sorte que la série des quatre équiarmés est disposée

( ' ) Nous verrons plui loin ( S* partie, Gammei diverses, n' 555 ) qu'on peul ausù considérer des cbamps antiques, ID fea plus étendus qoe les champs anciens. ('] Terme ddfini parle second renvoi du a' S3 ( i* Partie, Genèses).

THOISIEIfE PARTIE. — CONTREPOINT.

Vig. 69.

MveTr^lc den qitatre équiarmé» du chomp'^Néant "

yGoO'

- PAEtENrés. 75

comme une chaîne se fermant sur eile-même, chaque mailloa étant réuni au suivant par équiarmure et les maillons extrêmes étant i-eliés en outre par connexion. La flRure suivante montre la disposition relative des échelles constitutives des Ions équiarmés du champ néant :

Fig. 70.

Ces échelles, à raison de trois pour chacun des quatre tons, sont au nombre de douze; mais on voit qu'elles se réduisent à six distinctes, car la plupart d'entre elles appartiennent à deux ou à trois des tons du champ.

ARTICLE IV. — Conséqneiices mnalcalei-

GCHBLLES n'VH MÊME CHAMP.

lis. Considérons, par exemple, le ton de do majeur et écrivons-en la gamme par tierces ; si l'on désigne par T la tierce majeure ^ et par t et /' les tierces mineurs 7 et -^ . les valeurs des intervalles successifs seront celles qu'indique la Hgure suivante :

Fig. 7'.

On voit que ces notes forment cinq échelles parfaites : celle du Ion (do mi sol), les deux échelles voisines (/« /a rfo et soi si ré), et les deux échelles connexes (ia do mi &l mi sol si); elles forment aussi, à un comma prés, une sixième échelle (ré fa la), correspondant au quatrième équiarmé du champ considéré (les trois autres équiarmés do, sol, la ont déjà été rencontrés). Enûn, si l'on considère la succession de deux tierces ayant pour hase le VII" degré de la gamme, on constate que ces tierces : si ré fa ne forment pas échelle, puisqu'elles n'embrassent qu'un intervalle de fausse quinte. Nous donnerons, dans cequi suit, le nom de/ausse échelle aux groupes de notes formant, comme si ré fa, une succession de deux tierces mineures.

114. Ce qui précède se rapporte au cas d'un ton majeur; mais il est facile de voir de roëme que, d'une façon générale, une gamme normale majeure ou mineure contient :

!• Son échelle tonique T;

a° Les deux autres échelles constitutives 0 et A, voisines de T, donc situées à une quinte (ou à une quarte), au-dessus ou au-dessous de T;

"6 TBOISIÙHB PARTIE. — CONTREPOINT.

3' Les deux échelles connexes à T, lu relative R et la corrélative G, situées à une tierce ( ou à une sixte ) au-dessus ou au-dessous de T (' ) ;

4° L'échelle tonique E (à un comma près) de Téquiarméqui n'est ni voisin ni connexe, et la fausse échelle F, situées h une seconde (ou t une septième) au-dessus ou au-dessous deT(')-

La ligure suivante, où les majuscules se rapportent au ton de do majeur et les minuscules au ton de la mineur, récapitule les résultats précédents pour le cas particulier du champ néant.

rone du champ Néant

PAKENTfiS ENTRE ÉCHELLES n't'K MËIII! CHAMP.

115. Parmi ces parentés, qui sont fort nombreuses, les plus simples sont celles qui sont indiquées ci-après en prenant pour exemple le cas du champ néant :

do : échelle tonique du ton que nous supposerons être le ton principal.

ré : équiarmé de do; dominée de la qui est le relatif de do; relatif de fa qui est la dominée de do.

mi : corrélatif de do; dominante de la qui est le relatif de do; relatif de sol qui est. la dominante de do.

fa: voisin et dominée de du; corrélatif do la qui est le relalilde do; relatif de re qui est équiarmé de do.

sol: voisin et dominante de rfo; équiarmé de do; relatif de mi qui est corrélatif de do.

ta : relatif de do; équiarmé de do; corrélatif de/d qui est dominée et voisin de do.

Il existe encore beaucoup d'autres parentés; ainsi /a est équiarmé do do majeur pseudîque, lequel est homotonique de do majeur normal, etc.

116. Si au lieu de do l'on choisissait la pour point de départ, on trouverait des résultats semblables; toutefois la disposition des degrés ne sernit la même que pour les trois échelles constitutives; pour les autres échelles, les degrés auraient une disposition symétrique de celle qui correspond au mode majeur (*).

( ' ) Si T eit majeur, C et Ft soat rospectivemeDi à une tierce au-dusdus et k une tierce aa-desious de T; c'est l'io-

{') Si T 09( majeur, E et F aont respectivement à une lecande au-desius et à une seconde au-dououi de T; c'eit l'inverse si T est mineur. Dans le premier cas, les deux tierces constituant la fausse échelle lalenl respectivement t et ('; dans le dcniième cas elles valent au contraire l' et (.

(') Aussi n'a-t-un pas le droil, lorsqu'on a Irouvd une cerlaine relation entre les dcgrét d'un mode, d'admettre sans vërilicalioa que cette relation existe aussi entre les mAmos degrés de l'autre mode.

Par exemple, lorsqu'on a remarqué que, dans le mede majeur, le VI" degré < relatif) possède une i-ortaîne propriété, il ne s'ensuit pas nécessairement que dans l'autre mode cotte propriété appartienne aussi au VI* degré (corrélatif). Voir à G* propos le renvoi du n* 164.

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