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Établissons brièvement ces différents points

a. Les Traités qui formulent la loi de génération des accords par tiei-ces superposées ne l'appuient jamais d'une démonstration rigoureuse, mais se bornent à dire qu'elle est conforme aux faits; or il est aisé de voir pourquoi pendant longtemps il a paru en être ainsi : d'abord les accords consonants étant formés de notes d'une môme échelle, sont conformes à la pseudo-loi; quant aux arcords dissonants, on verra plus loin (n° 171) que pendan' longtemps on a principalement employé ceux qui ne sont formés que de deux échelles (hissonants); or, dans un accord ainsi formé, si les échelles ont i ou 3 échelons en commun, il est évident que les notes s'échelonnent par- tierces; et il en est encore de même si les deux échelles n'ont aucun échelon commun, car alors elles comprennent six des degrés de la gamme, cest-à-dire toute la gamme sauf un degré; or, si l'on considère la âgure suivante, représentant les sept degrés d'une gamme énumérés par tierces succet<-

sives, 11 est évident que, si l'on fait manquer un seul de ces degrés, les autres n'en formeront pas moins une série de notes distantes de tierce.

b. On peut, sans offenser le goiit, violer la pseudo-loi, et l'on trouve souvent en musique des groupements de notes non formés de tiei'ces superposées, et néanmoins plus harmo-

nieui que des superposi lions de tierces. Ainsi, en la mineur {fig. 106), l'assemblage 1 (superposition d'une seconde à une tierce) donnera bien plus la sensation d'un accord que l'assemblage a (superposition de deux tierces). Semblablemenl, l'assemblage 4i dont on peut dire tout au moins qu'il est inusiië, devrait être réputé accord puisque les sept notes de la gamme sont susceptibles d'être énumérées par tierces; tandis que l'assemblage 3, si fréquemment employé avant de résoudre sur la tonique, ne devrait pas ôtre considéré comme un accord.

c. W est vrai que, pour cerlains théoriciens, les assemblages 1 et 3 doivent néanmoins (Hre réputés accords parce qu'ils dérivent respectivement des séries de tierces

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dans lesquelles on a fait manquer quelques termes ; mais, si l'on apporte celte atténuation à la rigueur de la loi de génération des accords par superposition de tierces, tout assemblage quelconque de noies devient un accord, puisqu'il peut être considéré comme dérivant lie l'aœord S privé de quelques-unes de ses notes (et affecté s'il y a lieu d'accidents convenables); dès lors le critérium permettant de distinguer un accord d'un groupe de notes quelconque disparaît, et la loi fondée sur lui devient illusoire.

157. Il n'y a donc pas lieu de tenir pour véritable la loi d'après laquelle un accord ne pourrait être formé que de notes susceptibles d'être échelonnées par tierces.

OHAPITHE II. — ACCORDS DISSONANTS XATUBELS.

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