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CHAPITRE U

KÏUDE l'ARTlCUUÈRE DE QUEIJJUES ACCORDS.

337. Les considérations qui précèdent vont être appliquées ù Tiitudc particulière de trois types d'accords choisis à titre d'exemple, savoir ceux où les intervalles se succèdent avec les mêmes valeurs que dans les trois modèles ci-après :

la rio mi xol. û rr fa In j, la '■, do mi.

Gomme nous serons amenés à rechercher quelles sont les diverses tonalités dont un même accord, tel que la \y do mi ou ses gétophones, éveille l'idée par enharmonie (c'està-dire grâce à l'amphitonie dont il est doué par lui-même ou par ses gétophones), il va de soi que nous ne pourrons pas désigner cet accord sous son nom habituel d'accorrfrfeyujHfe augmentée ni sous loni outre nom ayant l'inconvénient de préjuger le rôle que ses diverses notes jouent les unes par rapport aux autres. Nous ne pourrons pas non plus représenter l'accord par une formule telle que TT, analogue à celtes dont nous avons déjà souvent fait usage dans ce qui précède, car si, en do majeur orné ou alternant, l'accord la<}do mi est bien forméd'une succession de deux tierces, son gétophone sol^ do mi, eu la mineur orné ou alternani, est formé d'une quarte et d'une tierce superposées.

338. U sera donc nécessaire, pour l'étude dont il s'agit, de désigner les accords par des noms ou des formules définissant uniquement la forme matérielle de l'accord, c'est-à-dire la valeur numérique approximative des divers intervalles entrant dans sa composition, sans rien préjuger sur le i-ôle dévolu à chaque note, puisque ce rôle change quand on remplace l'accord par un de ses gétophones.

A cet effet, nous emploiei-ons, dans ce qui suit, une unité de valeur approximative des intervalles qui peut se définir ainsi.

On sait que les sept notes de toute gamme diatonique ont reçu le nom générique de degré et que ce terme s'emploie dans deux acceptions différentes; ainsi, considérant les notes ré et sol de la gamme diatonique de do, on dira, tantôt que ces notes sont deux des degrés de la gamme, tantôt que l'intervalle de ces notes est de trois degrés.

Semblablement, nous engloberons sous le nom de grades les douze notes de toute gamme chromatique, et, de même que ci-dessus, nous dirons qu'en dô majeur, ré et sol «ont deux des grades de la gamme chromatique, ou encore que, de ré à sol, l'intervalle est de cinq grades.

Enfin, nous donnerons le nom de grade tempéré ou, par abi'éviation, g. t. ou gelé, à la valeur moyenne du grade, c'est-à-dire à la douzième partie de l'octave; le gété ne sera donc autre chose que ce que les musiciens appellent habituellement un demi-ton.

Nous nous abstiendrons, malgré l'usage établi, de compter les intervalles en tons et demi-tons, parce que l'emploi de ces expressions n'est pas sans inconvénients ('); nous compterons, selon le cas, en gétés ou en grades, étant entendu que les grades de la

( ' ) Cos «xpivssions lenitenl à inli-oduire une cortaîno confusion dans Ivii XAéea ; cii uulru elles oljligent à i-iu|il(iyi'r à'!s tonnes de liiagage un peu ctioquantes. à dîi'C, par exemple, c|ua la valeur ilu denii-tun est taalAt du J ton, lautdl de J do ton, tantdt do \ de ton lavoir plus loin, 9' partie, Applications, n" 8GC cl sulv.).

■i-ii SIXIÉHE PAUTII-:. — SNirARMONlS-

i;anime chromatique, de même que les degrés de la gamme diatonique, sont loin d'avoir une valeur uniforme. Toutefois, tandis que la valeur approximative du degré varie de I gété (si do) à 3 gétés (/«[>.!/), la valeur du grade, au contraire, reste toujours voisine de t gété. en sorte que l'expression d'un même intervalle, soit en grades, soit en gétés. s'obtiendra toujourSvau moyen du môme chiffre; ainsi la quinte dite quinte juste sera toujours mesurée par tejiombre 7, aussi bien en grades qu'en gétés (')•

Le grade (ou le gété) ëtaaj pris pour unité, nous pourrons désigner par 4 4 (prononcez quatre-quatre) tout accord du iQodèle de la 7 do mi, rappelant ainsi que, dans cet accord ou dans ses gétophones, les divers, intervalles élémentaires superposés, qu'ils soient des tierces ou des quartes, ont tous une valeur de quatre grades. De même, nous désignerons par 3 3 3 (prononcez trols-trois-trois ) tout accord du modèle de si ré fa la [7, parce que les divers intervalles élémentaires, tierces ou secondes, entrant dans sa composition ou dans celle de ses gétophones, valent uniformément trois grades. De môme encore, les accords du modèle de la do mi sol et leurs gétophones seront désignés par 3 4 3 (prononcez trois-quatre-trois), car tous ces accords sont formés par la superposition de trois intervalles dont les valeurs en grades sont respectivement 3, 4 et 3,

Toutefois nous appelleronsau8sinc«/reraccord333, et fft(>icraccafd44(')!^''ccord333, en effet, est réellement neutre, c'est-à-dire ni majeur ni mineur, pui&que, comme on va le voir, il ne peut appartenir à un ton sans appartenir aussi au même ton pris dans le

(') Ubiis Ins deux cas, la mcmuro ilu rintervalle De sera qu'approximalivc ; «d «(tel, le grade nayant pas une vnlcur Axe, la grandeur d'un intervalle de 7 grades n'cal pas netlement délennindo; quaDl à l'intervalle de 7 gdl>'!<, il est an cunlraire défini avec une précision parfaite, puisqu'il correspond i u» rapport d'N valant 3"; mais celle valeur n'est qu'à peu près ëgale k celle de la qulnle - • Noua verrous plus loin qnn le fait est général et que les int«rvaltea teinpiréa s'exprioionl ( sauf Toclave ) par itca nombrpx irralionnols, no sont jamais lout à fait égaux atix intervalles Juslcs auxqueU on les nsaimile.

(') Len huit tfpes d'accords do c|ualre sons que l'on peut former en superposant tmls intervalles valant chacun (mis nu quati-e grades set«ient rcpi'ésentés de la niSnie façon l>ar les Imil forninles

i|ui sont les huit combinaiwins distinctes dos chiffres 3 et '\, pris liiiis ù Irais. Si los doux combinaisons extrêmes rei.'oivcnt les noms d'acciinls neutres et mixte» iadiqai^s plus liaul, les autres pourraient #tre d montre le Tableau ci-dessous.

chnr|ue nom uommençant par 1 ou a, suivant qu'il s'agit d'un ncroM do geptième mineure ou majeure, ou de soi gi^tiipliiines, et le reste du nom rappelant ahrdvialivemenl la fat<in duni se succèdent les divers intervalles élémentaires.

(^■ci nu signifie pus que ces dénnininations seront PHiplojées clans les pages qui suivent, et que nous dirons désoi-mais accord itrëci au lieu d'accord iîi ou à'accord de teptième de dominante; cela signifie ssulemeiil que, si les harmonistus éprouvaient le besoin, pour certuiucs études, de désiguer les accords, non plus d'après le rAli' des Dûtes constituantes, mais hien d'après la valeur brute cle leui's intervolleti élémentaires, les noms à adopter penrraieot âtre. soit ceux qu'on vient d'indiquer pour lixer les idées, soit toute autre série de noms difféii'nts, ni»if choisis par un pii>c*dé sirollaii'e.

Il faut bien reconnaltro, en effet, que te manque do dénoini nation s telles que celle li'accord itre'ci nmèno parfois ll'^^ linroionistes à employer des expressions véritablement hétéroclites, telles que colles d'accord de iepliéme de dominante tur ionique ou tur teptième degré, lesquelles paraissent iuacceptables, en raison de la contradiction qu'elles portent en elles; cette contradiction n'existe du reste que daii-i Ir-s mots qu'on emploie; quant aux fails. ils sont bien réels : on verra en effet, n" 3G!) et auiv., qne, dans un Ion donné, tous les degrés île la [jamme et tous le» iii-i'i(teiils sont susceptibles de portée l'ai'i'ord 433, celui-ci pouvant toujours résoudre sur l'accord du ton, Nan^^ amener aurune modulation; mal.'i, bien entendu, ces ncconts 4^3 n'interviennent qne comme accords itrecii, et non comme accords de septième de dominante.

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