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CHAPITRE I. MODULATIONS

et A de si\} mineur orné, et notamment l'accord de septième do dominante

ja lu (1(1 mil.

Il suffit donc d'introduire cet accord en la mineur pour être sûr que, grâce à son amphitonie, la modulation en «<;; s'effectuera aisément.

A la vérité, l'accord choisi n'existe pas dans le ton de la mineur ternaire naturel; mais l'accord gétophone

fa la do réi

existe dans plusieurs des tons de la mineur à W" degré haussé (espèce sécaltérée). Prenons donc l'un des tons de la de cette espèce, par exemple :

Ce ton et celui de

la iiiiiieur orne sécaltêré .

si^ mineur or/ir naturel

possédant l'un et l'autre l'accord choisi, la modulation pourra s'eirectuer instantanément, grâce à l'amphitonie de cet accord.

La figure 873 donne un exemple de cette modulation. On y remarque un certain nombre d'accidents, que l'on appelle souvent notes caraciérisliquen du nouveau Ion: mais il est

Vt^

i==^it:

— f f ^tr-.

Mz±t=

ip*

facile de reconnaître que ces accidents existent uni(juement parce que la portée a été armée, selon l'usage, des signes constitutifs convenant aux tons normaux et naturels. Si l'on avait placé, aux mesures i et 7, les armures correspondant aux tons adoptés, savoir

pour la mineur orné secaltéré, et

(lo:

la-.

pour .■;/■,> mineur orné naturel, il n'y aurait plus eu aucun signe d'altération accidentel (' ), et il ne serait resté aucune de ces notes que Ileber dit caractéristiques ( voir ci-dessus n» 64.5).

( ' ) ]'oir, on effet, la figure 3o3. Gammes diverses, 11° .J3'J, et le renvoi ((ui s'y Ripporlc.

693. Aoia. Pour que l'exemple précédent fût plus probant, on l'a fait porter sur les tons de la et de .«|? mineurs dont la parenté est fort lointaine.

On remarquera, en effet, que ces deux tons ont en commun deux notes seulement, et ne sauraient en avoir un plus petit nombre (')• En effet, deux gammes quelconques ayant chacune sept sons, leur ensemble forme un total de quatorze sons; mais, comme la musique tempérée n'admet que douze sons distincts, il s'ensuit que deux gammes, quelles qu'elles soient, ont toujours au moins deux sons en commun.

Toutefois, les armures des tons choisis pour l'exemple précédent ne diffèrent que de cinq accidents, et l'on pourrait se demander si, avec des différences d'armure plus considérables, on ne rencontrerait pas des difficultés de modulation plus sensibles. Cette question doit être résolue par la négative.

En effet, si l'on a égard à la synonymie des tons de /«;, dof, sol::, etc. avec ceux de xol]^, rel?, la\^, etc., on reconnaît que la différence d'armure entre deux tons peut toujours être ramenée, par enharmonie (hétérographie), à une valeur maxima de six accidents (au lieu de cinq comme dans l'exemple précédent).

Mais, dans le cas où les armures dilTèrenl de six accidents, les toniques sont à l'intervalle de six grades, et rien n'est plus aisé que de passer d'un ton à l'autre par l'amphitonie de leurs accords neutres qui coïncident gétophoniquement. Ainsi, dans l'exemple suivant :

Fis- 3-4.

^?i^ tfg^J

la modulation de do majeur (i" accord) vers fa:: majeur (3'" accord) s'effectue par l'intervention unique du second accord, lequel peut être considéré, soit comme le neutre du ton de do (en y interprétant «o/s comme un la\^), soit comme le neutre du ton de/ai (en y interprétant /« comme un iiiii).

IlEMARQli; SIR l'aMPIUTONIK DES ACCORDS ET LEUR FORCE MODULATOIRE.

694. Tout accord, si l'on a égard à l'amphitouie dont il est doué, peut être comparé à un carrefour d'où partent des voies en nombre égal à celui des Ions vers lesquels l'accord permet de moduler. Lorsque ces voies s'ouvrent nombreuses et faciles (-), l'accord possède une forte amphitonie et, par suite, permet beaucoup de modulations; en revanche, il ne rattache énergiquement vers aucun ton et, par suite, il est dépourvu de force modulatoire.

.4 cet égard, les deux types d'accords les plus opposés sont ceux que les harmonistes appellent respectivement accord de septième diminuée (accord neutre, type 333) et accord de septième de dominante (accord itréci, type 433). Nous avons vu, en effet, que le premier est comme un carrefour relié aux douze toniques de la musique tempérée par des voies presque toutes larges et faciles (Enharmonie, n" 389), en sorte qu'il se prête à l'exécution de toutes les modulations possibles. Le second, au contraire, bien que se reliant à la rigueur à toutes les toniques {Enharmonie, n° 3()î)), n'est en communication réellement simple et facile qu'avec l'une d'elles, située à une quarte au-dessus de sa base ( Dissonance, n" 208); il possède donc une grande force modulatoire vers cette tonique.

( ' ) Du moins It rs(iu'nn l'aisoiinc en musique tempéiéc

(•) En vùalité, ces voies sont tiuijoui'S au nomljre de viiifrt-fiualri', ]iuisi|ii'cii |iriiH-i] ii pi'ul lnnjc.urs. ilaiis un tnii

ipirli-rinque, faire entendre un ai-fnrd c|nplc'niu|ne: mais, si les voies sont tiiujciiii's imnilm'usrs. clli'S soni fii revanclic de raeililés fort inégales.

Mi)l)l I.ATIOXS. 4-il

REMARQl'E SIR LES THÉORIES DK FÉTIS ET DE REBER.

695. On voit que les théories de Fétis et de Re))er (résumées plus haut, n"» (iW et suiv.) ne sont applicables, ni aux modulations par parenté (Art. II). ni à la plupart des modulalions par amphitonie (Art. III) ; mais elles le sont à peu près, au moins en apparence, dans beaucoup de cas analogues au dernier de ceux qui viennent d'être étudiés (cas e), car ce cas est évidemment celui dont les savants auteurs précités se proposaient de trouver 1 "explication. Toutefois, leurs théories peuvent n'être pas vérifiées par les faits.

696. Ainsi, reportons-nous à la tigure 3y3 (n° 092) où le passage du ton de la mineur au ton de i^i? mineur est exécuté par Tintervention de l'accord /« la rc^, enharmonique de

fa la mi-:.

Ces trois notes sont précisément les degrés

V Vil 1\'

du nouveau ton. et constituent donc l'harmonie dissonante caractéristique par l'influence de laquelle Fétis explique toutes les modulations. Mais le mélange dissonant formé par les degrés V, '\'II, IV n'est pas le seul qui ait une tendance résolutoire bien marquée. L'accord de septième de sensible, par exemple, possède aussi une tendance de ce genre, bien qu'il ne comprenne pas le degré V; donc, toutes les modulations fondées sur Famphitonie de l'accord de septième de sensible échappent à la loi de Fétis.

697. Quant à la loi de Reber, elle peut aussi, jusqu'à un certain point, paraître observée dans l'exemple précité, puisque certaines notes accidentées précèdent la modulation; toutefois, il n'est pas facile d'admettre que l'accident employé (re; ou son enharmonique nii'^) soit caractéristique du ton de si^ mineur plutôt que de bien d'autres tons; d'ailleurs, ainsi qu'on l'a fait remarquer précédemment (n°^ 630 et 692), la présence de ces altérations accidentelles résulte généralement de ce qu'on n'a pas fait usage des armures convenant réellement aux tons employés; et, si l'on employait exclusivement des armures exactes {voir la figure 3o3, Gammes dàerses, n° 339), les altérations accidentelles ou notes caractéristiques disparaîtraient absolument.

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