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CHAPITRE II. - ANALYSE MUSICALE

celles que l'on obtenait en accompagnant le chant donné, soit à l'octave (anliphonie), soit à la quinte (symphonie), soit à la quarte (diaphonie).

De ces trois inventions fondées sur une fausse science, la première, seule admissible, était dénuée d'harmonie; quant aux deux autres, elles étaient franchement intolérables, et, sous la pression du goût public, l'École dut y renoncer; mais alors les quintes de suite, naguère jugées excellentes puisqu'elles forment le fondement de l'ancienne symphonie, furent toutes et sans exception considérées comme interdites, soit par simple réaction contre l'abus qui en avait été fait antérieurement, soit parce que, ces quintes étant dans certains cas manifestement détestables, on en concluait qu'elles devaient dans tous les cas être contraires aux lois inconnues de l'harmonie.

754. Montrons d'abord pourquoi le principe des quintes de suite, sur lequel était fondée l'ancienne symphonie, est inadmissible, même pour l'oreille la moins exigeante. Supposons qu'une voix chante :

Fig. 395.

J ai du bon ta . bac dans ma etc.

et voyons ce qui se produira si l'on accompagne à la (luinte chacune de ses notes.

Première note. — La première note est do, base de l'échelle tonique; si on l'accompagne de sot, sommet de la même échelle, il ne se produira rien qui offense en soi les lois de la tonalité.

Deuxième note. — La deuxième note est ré, sommet de l'échelle dominante; si on l'accompagne de sa quinte la, on évoque l'échelle équipseudique ré /a la et non l'échelle dominante sol si ré, en sorte qu'on détourne ré de sa signification la plus naturelle; toutefois, les échelles ré et sol étant deux de celles qui font cortège à do dans le champ néant, la substitution de l'une à l'autre n'est pas complètement inadmissible, d'autant plus que la note ainsi privée de son harmonie la plus naturelle n'est pas une des notes principales de la mélodie et n'a qu'un rôle de liaison dans la phrase musicale.

Troisième note. — Mais il n'en est plus de même pour la troisième note; celle-ci, qui est sur un temps plus fort, et qui appartient à l'échelle tonique elle-même, e.xige l'harmonie de cette échelle; si on l'accompagnait de sa quinte si, c'est l'échelle mi, et non l'échelle do, que l'on évoquerait, et il en résulterait un véritable contresens. Ce qui choquerait le chanteur, si l'on faisait harmonie au mi avec la note si, c'est qu'on se mettrait en contradiction avec sa pensée musicale; ce ne serait point du tout la succession des deux quintes, puisque la quinte mi si ne cesserait pas d'être choquante, même si l'on supprimait la quinte précédente ré la.

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