‹ Essai sur la gammeChapitre 239 sur 266 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

RK.VLISATION DU TKMl'KKAMl'NT.

910. Nous venons de voir qu'on avait préconisé la substitution du tempérament 24 au tempérament 12 actuellement en vigueur; mais, à supposer que cette solution eût été avantageuse, le procédé de réalisation iiue l'on indiquait eût présenté de scrieu.x inconvénients.

On proposait, en effet, de doter les instruments à clavier de vingt-quatre touches par octave, au lieu de douze ; mais le grand nombre des touches aurait rendu l'emploi de l'instrument fort difficile pour l'e.xécutant; quant au compositeur, il aurait probablement été obligé d'employer une écriture assez compliquée pour spécifier celles de ces vingt-quatre touches dont l'exécutant devait faire usage.

911. Il semble que la réalisation d'un tempérament plus juste que le tempérament 12 devrait plutôt être obtenue en se conformant au programme suivant :

Pour réaliser le tempérament n {n étant supérieur à 12), le facteur d'orgues, harmoniums, pianos, etc., conserve le clavier actuel de 12 touches à l'octave, et augmente seulement, en le portant de 12 à /* par octave, le nombre de sons que l'instrument est susceptiljle de produire.

Un mécanisme spécial, décrit ci-après sous le nom d'a/usteur, établit la liaison entre les douze touches du clavier et douze des /* sons de l'octave. Ce mécanisme est susceptible de prendre n positions commandées par «jeux analogues à ceux qui sont déjà en usage pouiles orgues, harmoniums, etc. Dans ses diverses positions, l'ajusteur ajuste les liaisons, de façon (jue l'un quelconque des n sons de l'octave puisse être pris pour tonique, et que les douze touches du clavier fassent toujours rendre à l'instrument douze sons s'échelonnant à des intervalles inégaux entre eux, mais sensiblement égaux à ceux de la gamme chromatique juste.

Le compositeur conserve l'écriture ordinaire et se borne, en cas de modulation, et seulement quand il le juge utile, à inscrire sur la partition un signe spécial indiquant à l'exécutant le jeu nouveau qu'il doit tirer

Enfin, l'exécutant n'a rien à changer à ses pratiques actuelles, et doit seulement, de temps à autre, faire fonctionner le jeu indiijnc sur la partition.

912. Pour faire voir i[ue ce programme est loin d'être irréalisable, on montrera, à titre d'exemple, comment on pourrait procéder dans le cas le plus complexe, celui du tempérament 53, et, à cet effet, on exposera dans quatre Articles successifs ce qui concerne le facteur d'instrument {Construire l'ajusteur), le compositeur {Indiquer les jeux), l'exémtant {Maurfui'rer les jeux) et l'accordeur [Accorder l'instrument).

DlXlliMK PAnTlE. — ÏE.Ml'KRAMENT.

ARTICLE I. — Construire l'ajusteur.

913. On supposera que l'njusleur à construire est destiné à un piano, parce que la connaissance de cet instrument est encore plus répandue que celle de l'orgue ou de l'hannonium (').

On décrira ci-après deux types d'ajusteurs fonctionnant, l'un par translation, l'antre par rotation (-).

914. Avec le tempérament 53, la niusi(jue tont entière, quelle que soit la série des modulations effectuées, doit être exprimée au moyen de cinquante-trois sons seulement (pris à des octaves diverses). Nous engloberons ces cinquante-trois sons sous le nom générique de cétésons, et nous les distinguerons les uns des autres par les noms particuliers de cétéun, cétédeuj;, cétàtrois.... etc., ou par les désignations abrégées

Nous admettrons que le 1<7 normal n'est autre que le premier son de cette série, cétéun ou C,.

Enfin, pour abréger le langage, nous appellerons cétvpiano l'instrument obtenu en transformant le piano de telle sorte qu'il puisse rendre des sons s'échelonnant par cétés.

Pour réaliser cinquante-trois sons par octave au moyen d'un clavier de douze louches, on peut employer deux dispositions principales comportant, pour chaque octave, soit cinquante-trois cordes (simples, doubles, ou triples) à sons fixes, soit douze cordes à sons variables. Nous examinerons successivement ces deux dispositions.

CAS DE CINQUANTE-TIIOIS SOî(S FIXES PAR OCTAVE.

915. Rappelons d'abord sommairement le fonctionnement d'un piano ordinaire, afin d'expliquer ensuite plus simplement celui d'un cétépiano.

Un piano comprend en général sept octaves, dont chacune possède douze touches correspondant respectivement à douze cordes (simples, doubles ou triples). Lorsque le pianiste frappe une touche en B {xoiv fig. 429), celle-ci oscille autour de son pivot P, et, tandis que son extrémité postérieure B s'abaisse, son extrémité antérieure .4 se soulève et vient actionner la commande G du marteau chargé de mettre en vibration la corde correspondant à la touche frappée.

916. Ceci posé, il est aisé de comprendre comment peut fonctionner le cétépiano représenté par la figure 43o, dont la disposition est de tous points semblable à celle de la figure 429. Chacune des sept octaves du cétépiano comprend cinquante-trois cordes

( ' ) Il sera d'ailleui's très facile d'appliquer au cas de l'orgue (mutatis mutandis) ce qui va être dit pour le cas du piano; au contraire, en traitant le cas de l'orgue, on n'aurait pas eu l'occasion de signaler la façon d'éluder certaines petites difficultds spéciales à l'emploi de cordes vibrantes.

(') On a soigneusement éliminé des figures suivantes tout détail n'ayant qu'un intérêt d'exécution, et on n'a indiqué que ce qui est nécessaire à l'intelligence du fonctionnement des mécanismes; on a même faussé intentionnellement la représentation de certaines pièces, ulin de rendre les figures plus faciles à saisir. En un mot, on s'est proposé surtout d'exposer des solutions de démonstration, plutôt (pie des solutions d'exécution. En ell'et, une série do dessins étudiés en détail et cotés eût été sans intérêt pour un lecteur n'ayant pas la pratique des mécanismes: et elle eût été sans intérêt même pour les facteurs d'instruments de musique : chacun d'eux, en elTet, aura une propension toute naturelle à ne trouver bonne qu'une étude exécutée conformément à ses idées particulières, et en tenant compte de la nature de l'outillage et des habitudes du personnel dont il dispose; il a donc paru inutile de mettre sous leurs yeux des croquis plus poussés que les ligures ci-après, puisqu'ils trouveront dans ce qui va suivre tous les renseignements nécessaires à l'établissement de dessins d'exécution.

i:il\l'ITIIi: U. KKAI.ISATKIN 1)1 TKMPKIl AMEXT.

Vue de face

Vue en plan

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Brisure d'environ 73 centimètres

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