CHAPITRE II. TRANSFORMATIONS
Echelle dominée
Echelletoniifiic-
AlB CONTREMOnE Ci)mrae ci-dessus, niais ea aupposaiil qu^ existe àla-clé trois bémols, Si, Mi et La
EXÉCUTION GRAI'HIQIE.
133. Si l'air donné est écrit dans l'une des deu.x variantes normales, il suffit, pour le rontrenioder, d'ajouter à la clef trois bémols ou trois dièses ('), suivant qu'on veut le faire passer du mode majeur au mode mineur ou inversement; c'est ainsi que, par l'addition de trois bémols, do majeur se change en do mineur.
On peut aussi contremoder dans la même armure, en passant du ton donné à son relatif; il suffit à cet effet de baisser ou de monter chaque note de deux degrés (-), suivant que l'air à contremoder est majeur ou mineur; c'est ainsi que, quand on le baisse d'une tierce, un air eu do majeur passe dans le ton de la mineur.
Ces deux façons de contremoder sont celles qui conservent, soit la tonique, soit l'armure: mais il est évident qu'on peut contremoder dans un ton quelconque en transposant d'un même nombre de degrés chaque note de l'air donné, et en armant la portée des accidents constitutifs afférents au ton choisi.
134. Si l'air donné est écrit dans un genre autre que le genre normal, certaines médiantes des échelles constitutives sont haussées ou baissées à l'aide d'accidents; le contreraode comportera la suppression de ces accidents et leur remplacement par des accidents d'etret contraire. Ainsi en do mineur (trois bémols à la clef) l'emploi du genre pseudique conduit à élever le la par un bécarre; dans le contremode en do majeur (rien à la clef), le la devra être abaissé par un bémol (genre orné).
REMARQLE SIR LE CONTREMODE.
135. Le contremode n'a pas seulement ponr effet de changer le mode des échelles comme le fait l'inversion, il peut aussi altérer des échelles en les transformant en fausses échelles et inversement (^).
Si l'harmonie de l'air donné est fondée uniquement sur l'emploi des trois échelles con-
( ' ) Ou bien (les Ijécarrcs ('([uivalfnts.
(-) Chaque note de l'air donné se trouve donc déplacée d'une tierce; mais il va de soi que cette tierce est tiintot majeure, tantôt mineure, sans quoi le résultat obtenu ne serait que la transposition de l'air donné et non son contrelilcMJe.
(') Le contremode produit aussi d'autres altérations: ainsi, si l'on contremode le ton de do majeur pseudic|ue, ce ipii fournit do mineur orné, la fausse échelle nii sol st'.-> devient Hit'i sol sis, l'accord de quinte diminuée se transformant en accord de ([uinte augmentée.
Ç)>. TROISIKME PARTIE. — CONTREPOINT.
stitulives du ton T, D et A, ainsi que c'est le cas pour la partie basse (') de l'exemple de la figure 88 (n" 132), l'air contremodé ne présente rien qui attire plus spécialement l'attention, si ce n'est certaines duretés inhérentes aux genres employant l'accord mineur de la dominante ( = ). Bien entendu, l'air transformé éprouve un changement de physionomie très sensible, analogue à la modification d'un visage humain exprimant alternativement la joie et la tristesse, et ne cessant pas cependant de rester un peu semblable h lui-même.
Mais, si la transformation par contremodé vient à être appliquée à un air contenant des harmonies un peu plus complexes, elle peut produire des modifications beaucoup plus profondes et très sensibles, même pour l'oreille la moins exercée.
Supposons, par exemple, que, dans un air écrit en rfo majeur, il existe une courte oscillation en /•(' mineur pseudique. Si l'on contremodé l'air donné en ajoutant à la clef trois bémols, l'accord ré fa la formé par l'échelle de ré mineur pseudique deviendra ré fa la\f, c'est-à-dii-e perdra son caractère d'échelle. Il va de soi qu'une telle altération ne change pas seulement le sens de la phrase musicale, mais peut même, dans certains cas, fournir un sens inintelligible ; en sorte que si, en lisant l'air donné, on n'avait pas remarqué l'oscillation en ré, on ne pourra pas manquer de la remarquer quand on jouera l'air à contremodé.
136. Considérons cà titre d'exemple l'air suivant {fiff. 89) .
Les premières mesures étant manifestement écrites en do majeur, il suffira, pour contrenioder, de bémoliser les trois médiantes si, mi. la des échelles constitutives. Si l'on joue l'air comme s'il existait trois bémols à la clef, on ne remarquera d'abord rien de particulier, si ce n'est certaines duretés {').
Mais, au delà des huit premières mesures, la phrase contremodée semblera perdre sa signilication et le minorisage de l'air donné fournira des résultats peu intelligibles; examinant pourquoi il en est ainsi, on constatera facilement qu'à partir de la mesure 9, l'air donné module dans le mode mineur, et que dès lors il n'y a plus lieu de le minoriser.
Mais, puisque les huit dernières mesures sont mineures et n'ont rien à la clef, ne pourrait-on pas les contremoder elles aussi, c'est-à-dire les majoriser en les jouant comme si elles avaient une armure de trois dièses ?
Oui, pour la plupart d'entre elles; oui ou non ('), pour le passage formé par les mesures II et 12; ce passage est écrit en ré (à l'exception de l'harmonie finale qui se fait sur nu dominante du ton de la). Si le lecteur considère ce passage comme écrit sur ré, dominée du ton établi, il pourra sans difticulté le contremoder comme le reste, et par suite Jouer uniformément en la majeur les huit dernières mesures. Mais, s'il intei-prète le passage dont il s'agit comme une oscillation en ré (ton mineur pseudique du champ del'air donné), il jugera probablement que l'air contremodé prend une signification très différente de sa signification primitive si l'on n'a pas soin de rétablir les quatorze notes considérées dans une situation semblable à celles (ju'elles avaient antérieurement; il est alors conduit à les
( ' ) Il est nécessaire de spécifier colle des deux parties à laquelle s'applique la présente remai'que, car ces deux parties sont profondément différentes, tant pour le rythme que pour la tonalité. La partie basse est à trois temps, et utilise exclusivement les échelles tonique et déminée de do majeur. La partie haute, alternativement à trois et à quatre temps, présente bien aussi la tonalité de do majeur, nuiis elle effleure en outre les deux tonalités mineures «■quiarmées.
(-) Les duretés des genres employant l'échelle mineure de la dominante résultent, ainsi qu.pn l'a dit plus hani (voir i" partie, Consonance, u" 50, et .!" partie, Genèses, n" S''), de ce que le lapiiert du VII° degré mineur à la
tuniquc' possède.' unr' valeur assez complexe J. On sait que, quand ces duretés sont d'un mauvais effet, il est aisé de
les l'aire disparaître eu usant mumentam'MoMit du genre ornc^ e'est-à-itire en haussant le \'l|- degré à l'aide d'un accident approprié.
(^) Voir le renvoi préccideiit.
(') U n'est pas rare qu'un même fait musical soit suseeptilde de se présenter sous des aspects ditl'érents; voir à <e sujet le renvoi du n" 180 (Dissonance).
ClIAPlTnE II. TRANSFORMATIONS.
Fig. Sy.
(kM-H
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i^j^ijr^
h'' y-Ai