INTRODUCTION
| À la veille d’être appelée à utiliser, dansla pratique de l’art médical, les connaissances acqüises pendant les années que nous avons consacrées à l'étude de la
pharmiacie el de la médecine, nous avons pensé qu'il
temps des doctrines modernés, pour nous livrer à la > : lecture des maîtres anciens, à la méditation des doc-
trines du passé.
| La connaissance de he de la médecine fait Ft comprendre l’évolution de la thérapeutique ; et cette
donner la peine d'y réfléchir.
Lés diverses phases de l'art de guérir, ses progrès et ses temps d'arrêt, ses conquêteset ses défaillances, sont autant de leçons qui doivent nous instruire; et
+ c'est, pénétrée de cétte idée, que nous avons entrepris de résumer dans notre thèse inaûgurale, les impressions que cette méditation nous a sugoérées.
. : M. le professeur Pouchet, à qui nous avons fait part de ce projet, a bien voulu nous y encourager et se nous faire en même temps l'honneur d'accepter la " présidente de cette thèse. Qu'il recoive ici l'expression __ de notre reconnaissance.
Quecette reconnaissance soit également ac quise à tous ceux qui, pendant le cours de nos études nous
nous serait profitable de nous isoler pendant quelque
évolution est pleine d'enseignements pour qui veutse.
PR Au | si
ont aidée de leurs lecons, de leurs conseils et de leur expérience. +
Quant à celui qui nous a initiée aux beautés de la science, qui n'a cessé chaque jour de nous guider et de nous encourager dans nos travaux, et dont le précieux concours nous a é!6 si utile dans l'élaboration de cette thèse, qu'il reçoive ici l'hommage denotre profonde gratitude pour l'honneur qu'il a bieñ voulu nous faire en nous associant à $a vie el à ses’ travaux.
ESTTA
La Génèse de la Thérapeutique.
La thérapeutique est cette partie de la:médecine
qui a pour objet le traitement des maladies. Son
étade mérite toute la sollicitude du médecin, car, comme l'a fort bien dit M. le professeur Landouzy : « La thérapeutique estla moralité des études médicales, la raison d'être du médeein ». L'étude complète d’une science ne va pas sans celle de son histoire, surtout lorsque cette science est, comme celle dontnous nous occupons ici, doublée d'un art. Mais pour étudier l'histoire de la thérapeutique, il faut en connaître la génèse, car pour apprécier les phénomènes qui ont présidé à son perfectionnement 1} ne faut'pas ignorer ceux qui lui ont donné naissance.
Participant à une des grandes lois de la nature : la conservation de lindividu, la thérapeutique à une origine naturelle et sa première manifestation, son acte primitif-fut le reflexe. On pourra s'étonner de nous voir attribuer à une simple fonction de la moelle la première origine d’une science dont l'étude a toujours absorbé les intelligences les plus élevées, mais qu'on prenne la peine d'observer el de réfléchir, et l’on verra que, même privé du cerveau, l'être vivant peut faire de la thérapeutique ; nous n’en voulons citer pour-exemple que cette expérience physiologique dans
laquelle une grenouille, séparée de sonencéphale, fait
des mouvements avec sa patte pour enlever la goutte:
d'acide que l'on a déposé sur sa cuisse. La nature,
d'ailleurs, pousse beaucoup plus loinla solitude, et
des réflexes encore plus délicats, — on serait Lenté de
dire intelligents, — sont au service de Ta thérapeu-.
tique naturelle : le vomissement qui nous débarrasse
des substances toxiques, la toux qui expulse les corps
étrangers des voies respiratoires et tous les. autres: reflexes de protection et de défense. Remontant de la
moelle au cerveau, la thérapeutique est fille de l'ins=
tinct chez les animaux. 11 ne faut pas négliger la thé-
rapeutique des animaux, car ce sont eux qui ont été
nos premiers maîtres dans celte science. En effet, c’esten les observant, en remarquant de quelle façon ils s'y prenaient pour se soigner, que les bergers, ces médecins primitifs, ont appris les premières notions de médecine. « L’hippopotame, nous dit Pline, a enseigné à la médecine une de ses opérations : quand une abondance continuelle d'aliments l’a rendu trop.
gras, il vient sur la rive pour chercher des roseaux |
récemment coupés : dès qu'il voit une tige aiguë, il s'y appuie et s’ouvré une veiné à la jambe. S’étant ainsi, par l'écoulement du sang, débarrassé du ma-
laise qui le gênait, il couvre la plaie de Himon » :età
propos de certaine pratique médicale, notre auteur continue : « Dans la même Égypte, un oiseau appelé ibis, a enseigné quelque chose de semblable ; il se lave les intestins en insinuant son bec recourbé dans cette partie par laquelle il est si important que le résidu des aliments soit évacué ». Hérodote raconte également que c'est pour avoir vu des chèvres se purger en mangeant de lellébore, que Mélampe songea à
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