PAL LS
utiliser sur ses semblables les propriétés spéciales de cette plante.
D'autres observations indiquent surabondamment que l'exemple des animaux à apporté à la thérapeutique un certain nombre d’autres remèdes. En dehors de-Fobservation des animaux, dont il ne faudrait pas s'exagérer l'importance, les prémiers hommes ont puisé dans leur propre instinct, dans leur intuition, les principes élémentaires de la thérapeutique. Au commencement des âges. alors qu'aucune science expérimentale ne pouvait servir à établir les règles d’une. médication, alors qu'aucune observation n'avait pu. ètre recueillie sur des produits non encore employés, la nécessité d'échapper à la maladie ou de s’en délivrer
. Ld . .
provoquait chez le malade ou chez ceux qui voulaient
le guérir l'idée d'essayer tel ou tel moven et, de cette intuition, parfois stérile, parfois nuisible sans doute, mais aussi parfois certainement efficace, a surgi l’un des piliers de la méthode thérapeutique qui à prévalu depuis la fondation de la médecine jusque vers la seconde moitié du siècle; nous voulons parler de l’empirisme, « Carine faut pas se dissimuler que la médecine estrestée longtemps l'humble servante de l'empirisme, et ne l’est-elle pas toujours un peu? » (1) Ce mot d’empirisme déchu de son acception primitive, et, relégué désormais parmi les pratiques honteuses, Imavouables et réprouvées.mérilait cependant mieux que l'abjection à laquelle il est injustement condamné. Patriarche tout puissant de l'ancienne médecine, roi détrôné qui, pendant des siècles, régnaiten maître sur
" E. BRissaup. Histoire des expressions populaires relatives
à l'anatomie. etc,
. tarde le a Fe
L’Evolution de la Thérapeutique
Sitôt après sa naissance, la thérapeutique fut empirique (savante par expérience) et, peu à peu, s'enrichit de pratiques et de recettes que l'expérience avait fait juger efficaces. Les Babyloniens exposaient leurs malades sur les places publiques et faisaient appel aux bons conseils des passants qui pouvaient avoir vu des cas semblables et connaître quelque remède pour les soulager.
Les Egyptiens auxquels il est convenu d’attribuer la création de la médecine, furent également les créateurs de la pharmacie ; ils employaient des liniments, des potions toniques et des emplâtres, ils faisaient usage de laxatifs et de lavements et joignaient à cet thérapeutique empirique des pratiques sacrées, des incantations, {ce qui prouve que la médecine suggestive est de tous les temps.
Les Grecs qui empruntèrent aux Égyptiens leurs premières connaissances médicales, commencèrent tout d'abord, par faire de la médecine suggestive : ils traitaient les maladies internes par les prières, les vœux et les charmes, se bornant, dans la pratique, à panser les ulcères et les plaies. L'hydrothérapie, cependant, venait en aide à la suggestion et Mélampe rendait la raison aux filles de Præœtus, frappées d’alié-
si Abou nl au moyen sbiauen sacrées Ten les ne ‘avec ie l'elléore. Dans ee
‘caments. Ils s Su par . A révéler. Mais à mesure que les pratiques 6 : pee le secret se relàcha et, au. me | siècle
niques, au régime et à la re qui, Fe s stars pendant te de la es po ù
matériaux dés connaissances di aies acquises a : lui pour en édifier un monument qui, après 24 siè cles es <br EE de ious € CEUX qe le ‘conna
mais il a HE la ste et, a premier coup, portée à un point de perfection tel que, même de. nos ne on ne l’a guère 4 Son sine médical
| Ant de vue je l’effe
dt TE MES
emier, à nait. àL l'empirisme, lorsqu'il ditdans sa médecine nouvelle : 1 « Je pense qu'il neconvient pas, en médecine, derecouri aux hypothèses, il faul arriver de ce qui est con=. nu à ce qui est inconnu, il fault prendre les instruclions des hommes les plus simples, s'il parait qu'ils à
faire oublier que c D'ou ja qui dE ue
AATT CP
savent quelque chose de décisif pour l'occasion. C’est ainsi, je pense, que loul notre art s'est formé. Il ne
fault pas manquer de faire attention à ce que le hasard
peul présenter, st cela Se confirme plusieurs fois. » Mais il fallutencore attendre plus de deux siècles avant que Philinus de Cos et Sérapion d'Alexandrie ne formulassent les lois de l'empirisme. Ceux-ci lui reconnurent trois sources d'études : 1° Le hasard qui fournit les faits ; 2° Les essais qui font connaître s’il est possible de reproduire ces faits ; 3° L'analogie par laquelle on applique à un cas semblable les procédés reconnus utiles à l’aide des deux moyens précédents. Arcagatus qui, vers 217 avant J.-C., introduisit à Rome la médecine grecque, était un thérapeutiste . un peu brutalssi l'on en croit le surnom de Bourreau que lui donnèrent ses contemporains. Mu siècle suivant Thémison se montra plus modéré, son métho- disme, qui attribuait toutes les maladies au strictum ou au laæum ne lempêchait pas de faire de l’empirisme, comme $es prédécesseurs, toutes les fois — et cela devait arriver souvent — qu'il ne pouvait faire entrer une maladie dans le cadre trop étroit de sa
doctrine.
Vers cette époque, Athénée d’Atftalia fondait le preumalisme, dont Platon et Aristote avaient été les précurseurs. et dont Arétée fut le disciple. Cette doctrine, passa comme un soufle sur l’empirisme qui n’en fut pas ébranlé, et s'éleignit pour reparaître avec Stah] sous le nom d’animisme vers la fin du xvur siècle. Pendant ce temps la pharmacie prospérait à Rome, et la matière médicale s’enrichissait d'acquisitions nouvelles, Son herbier, déjà varié,comptait parmi ses plantes actives : le pavot, la jusquiame, l'aconit, la
ae Véllébore, euphorbes, Ja ma
salines et bitumineuses. ll . . on
a que de Crète, ee de en Fun en ee
d’autres encore Au règne minéral el ln lareonis, l’antimoine, le fer, |
He
… sulfate : | l'acétate de cuivre, le re x 18 2
| potasse lalun, da chaux, Tor et l'art Le | ge
dres, les à vipères, | et. elle ‘utilisait es e
HP
rales qu elle divisait en sulfareuses, unes
ja de 78 nt différents — toute la Hu
Tee pour. An sa fe RER sa ‘elle fut, 7 ne a traversé ne siècles, ;
€ ee
(1) FORCE raconte qu’un malide lui répondit un jour ; « ae pour des pauvres gens ce que vous m ordonnez-là, là me ru pour. moi des remèdes d’un grand prix. » Nu
(2) Borpeu. Recherches sur l’histoire de la: médecine.
années, donner chaque soir un bol de thériaque à tous les malades de l'hôpital de Montpellier, tandis que les | écoles de celte métropole de la médecine relentissaient d'invectives contre celle composition. J' ai vu, Conlinue- 1 lil, donner de la thériaque el méme à très forte dose ni dans toutes lesincommodilés, danslousles ménages,par % De toutes les vieilles gens d'expérience, et j'ai vu réussir > celle manœuvre dans beaucoup. d'occasions où Je
lions puisées dans les principes de la théorie. » Plus récemment Trousseau la conseillait dans les te de dans les rougeoles à forme grave.
Galien apparaît pour remettre un peu d’ ee dans
Pr 8 égarer dans le domaine de la fantaisie. Il fait revi- vre les doctrines d'Hippocrate : les quatre humeurs
cardinales : le sang, la pituite, la pre et l’atrabile, le
LES cacochymie. Faire revivre la doctrine d'Hippocrate,
rapeutique, du reste, n’a rien d’original, et, s’il a mé- : rité la réputation de médecin habile et heureux dans le traitément des malades, c'est par l'emploi judicieux des moyens inventés avant lui.
Après Galien, pendant la décadence de l'empire romain, la thérapeutique semble revenir en arrière ; F Aétius d'Amide traite par les incantations, il extrait les corps étrangers de l’æsophage au moyen de con-
: } jurations «sors de ce gosier, leur dit-il, comme Jésus- Se, Christ fit sorlir Lazare du sépulcre el comme Jonas sortit du ventre de la baleine ». Alexandre de Tralles
n'aurais su quel parti prendre en suivant les indica- MAUVAIS caractère, dans les varioles confluentes et
1 marche de da science médicale qui semble vouloir.
FiD Es dont l'excès aboutissait à la phlétore et les : autres dont la trop grande abondance produisait la
É c'était ARTE un nouvel essort. Sa thé-
tombe dans l'excès contraire et compose un remède. consistanten 365 potions que le malade devra prendre
dans l’espace de deux ans.
Pendant la longue éclipse du ONE âge, PA rate me
fut l'unique refuge offertaux lumières de la vie intel-
lectuelle, mais il ne faudrait pas s’exagérer le rôle de cette nation dans le progrès des sciences. Sans doute,
les Arabes ont beaucoup fait pour la pharmacie, qu'ils pe 7
ont en quelque sorte sinon créée, du moins perfec- | tionnée à tel point qu'il a fallu les découvertes de la chimie moderne organique et inorganique pour éle-
-ver le niveau auquel ils l'avaient portée. Nous savons
qu'Avicenne argentait et dorait les pilules, qu'il fabriquait des extraits, des sirops et des électuaires dont les manipulations délicates auraient ravi d’aise ; les pharmaciens d'il y a 20 ans. L’alambic leur était familier, et Albucasis découvrit, en s’en servant, l’alcool de vin. Avec les Arabes, la chimie s’enrichit de plusieurs composés jusque-là inconnus : oxyde rouge de mercure, le sublimé, les acides nitrique et chlorhydrique, le nitrate d'argent. Déjà un codex réglementait l'emploi des médicaments et chaque produit. nouveau ne pouvait être prescrit qu'avec l’assentiment du gouvernement. Mais, le mystérieux, l'inexplicable, l'impossible les attirait. Albucasis s'essaya dans la transmutation des métaux. et si ses recherches et. celles des autres alchimistes ont contribué pour une large part aux ne ebaux progrès de la chi mie, iln'ena pas été de même des travaux sur la panacée ea ne l'étude a excité l’enthousiasme et l’ardeur de ce savant et de ses nombreux disciples ; car les essais auxquels se sont vainement livrés les chercheurs, ont absorbé des forces intellec-
tuelles considérables, dont une orientation plus rationnelle aurait certainement pu tirer AA profit pour les progrès de la thérapeutique encore à l'état d’enfance. Leurs onguents, leurs électuaires, leurs Sirops, toute leur matière médicale est faite de composés eiute fantaisistes et illogiques, au point de vue
de l'idée thérapeutique. Seule la préparation en est
minutieuse et savante. Aussi, doit-on se montrer
réservés dans les éloges que réclament les perfection-
nements apportés par les Arabes à l'artde guérir. Nous ne nous attarderons pas sur le Code de la
santé dans lequel Jean de Milan a traduit en vers léonins les préceptes de l'Ecole de Salerne, cette théra-
peutique stagnante du moyen âge, el nous arrivérons
à la Renaissanee que domine la fougueuse stature de . ce démollisseur de génie qui fut Paracelse. Disons de
suite que la gloire de Paracelse il la doit à son génie | préeur seur bien, plus qu'à sa brutalité de démolisseur, - car l'édifice d'Hippocrale et de Galien sur lequel il se ruait avec sa pioche nous est parvenu presque intact et le monument dont lui-même a jeté les bases à ses côtés a passé à travers les siècles en s’élevant chaque jour davantage. [l sema les premiers germes de la chi-
mie médicale dont iln’était pas question avant lui, préconisant vigoureusement l’antimoine, le fer, le plomb,
l'arsenie et le mercure ce spécifique de la syphilis qui
demeure maintenant et qui demeurera longtemps en-,
core peut-être un des derniers rétranchementsde l'em-
pirisme qui succombe. « L'expérience à appris, nous HS EE que le mercure est le souverain el unique remède x LA
pour guérir toutes les ulcères mélées avec la grosse vé-
role. On a relenu le mercure sublimé en celle affaure
comme pour remède général, parceque sagrandeverlu : Le |