‹ Essai sur la Hernie Périduodénale droiteChapitre 21 sur 23 · DIAGNOSTIC ET COMPLICATIONS · texte numérisé non relu

DIAGNOSTIC ET COMPLICATIONS

Nous avons parcouru la plupart des travaux publiés sur les hernies rétropéritonéales, nous avons lu un faisceau respectable d'observations. et l'impression qui s’en dégage c’est qu'il est bien difficile. presque impossible de porter un diagnostic ferme de cette affection. Voilà bientôt un demi-siècle que Treitz désespérait à peu près de la possibilité du diagnostic et nous ne sommes guère plus avancés aujourd’hui puisque c’est tout juste si l’on peut citer au cours de cette longue période le seul diagnostic approximatif fait sur le vivant par Staudenmayer en 1886.

On s'explique sans peine une pareille difficulté si l’on songe que ces hernies d'une extrême rareté ne donnent lieu la plupart du temps qu'à des symptômes d’occlusion qui ne diffèrent en rien de ceux produits par les causes habituelles.

Nous ne parlerons pas des cas latents et ce sont probablement les plus nombreux. Il est évident qu'ils passent inaperçus, puisque rien extérieurement ne révèle

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leur présence et qu'ils n’entravent que peu ou:pas les phénomènes de la digestion.

Mais dans les cas où ces hernies donnent lieu à des accidents suraigus comme dans notre cas personnel à des accidents relativement lents comme dans le cas de Neumann, est-il possible de faire autre chose qu'un diagnostic d'étranglement interne de nature indéterminée ? Dans l’état actuel de la question un diagnostic ferme nous paraît impossible. Mais peut-être un chirurgien prévenu, pourra-t-il soupconner une bernie de ce genre si au Cours d'une occlusion de cause obscure, il constate une douleur localisée au niveau d'une tumeur développée dans une région où l'on sait exister des orifices berniaires. lumeur dont il aura soigneusement analysé les caractères, sonorité, modifications parallèles aux accès douloureux.

I s’en faut malheureusement que ces caractères soient constants. Dans notre cas personnel, la zone saillante était mate, fait dû sans doute à l’épanchement sérohématique. Dans l'observation rapportée par Lapeyre de Tours, toute la région para-ombilicale était ballonnée tandis que les régions correspondant au gros intestin ne l’étaient pas. En présence de ce fait on porta le diagnostic d’occlusion de l'intestin grêle seul, mais on n’alla pas plus loin. Neumann porta le diagnostic d’ileus de cause mécanique probablement par volvulus ou étranglement interne, dont le siège ne devait être ni trop haut puisque les vomissementsétaient survenus au bout de plusieurs jours, ni trop bas puisque le ventre n'était que modérément ballonné.

Dans le cas où Staudenmayer fit le diagnostic sur le vivant, il ÿ avait avec des phénomènes d’occlusion plus

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ou moins complets qui durèrent trente-quatre jours, une tumeur dans le côté gauche qui était apparue trois jours après le début des accidents.

Il est presque inutile d'ajouter qu'il est impossible de faire cliniquement le diagnostic de la variété de la hernie.

D'ailleurs que le diagnostic soit fait ou à faire c'est toujours à la laparotomie qu'il faudra avoir recours. Elle sera à la fois un moyen de faire un diagnostic certain, et un moyen de thérapeutique.

Que dire de ces hernies au point de vue du pronostic? Jamais elles ne se présentent comme les hernies banales, dans les conditions les meilleures pour être opérées, jamais à froid si l’on peut dire, quand elles se révèlent c’est qu'elles se sont compliquées, tantôt d’un étranglement comme cela arrive à toute hernie, tantôt d’un accident de voisinage, d'un volvulus, par exemple, au-dessus de la hernie comme cela s’est produit dans le cas de notre observation inédite.

Pour se faire une idée de leur gravité, il ny a qu'à parcourir la liste des observations : l'extrême rareté des guérisons ne montre que trop éloquemment combien le pronostic en est sérieux.

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