LÉGISLATION SANITAIRE
L'organisation sanitaire et médicale subit aussi la loi du Tcbinn. Elle est réglementée et hiérarchisée d'un bout à l'autre de l'empire. 11 y a d'abord une administration centrale au ministère de l'intérieur. Elle se compose du département médical, de celui des approvisionnements médico-pharmaceutiques et du conseil médical.
* Nous citerons cependant, dans le Nord, la loi du Danemark, qui ne fait pat de distinction entre la propriété littéraire et les aotres sortes de propriétés. La durée en esi illimitée.
Dans chaque chef-lieu «le gouvernement, il y a un comité local (vratcMnaia ou prava) chargé de tout ce qui a rapport à la santé publique.
Chaque comité médical est composé d'un inspecteur, médecin gradé et ayant au moins dix ans d'exercice : il préside ; d'un cliirurgien opérateur, d'un accoucheur, et de plus, au Caucase et en Sihérie, d'un vétérinaire.
Le comité de Saint-Pétersbourg se nomme physicat ; celui de Moscou, comptoir national. Leurs inspecteurs s'intitulent physiciens de la ville.
Les attributions des comités sont nombreuses. Ils ont d'abord tout à la fois un droit de protection et de surveillance (ce dernier allant, vis-à-vis les personnes, jusqu'à la suspension), sur les hommes et les choses se rattachant à l'art de guérir ; propager la vaccine, prévenir les épidémies et épizootics; dresser une statistique médicale physico-topographique tic leurs gouvernements; veiller sur la qualité des comestibles, constater les cas d'aliénation mentale 1 . «'Donner, dit l'art. 13 du règlement, les secours de l'art à tous ceux qui les réclament. »
Telles sont quelques-unes des importantes fonctions de ces comités.
L'exercice de la profession médicale est soumis à l'autorisation préalable des facultés de l'empire, qui est exigée même pour les oculistes, les dentistes, les sages-femmes et les vétérinaires.
Les devoirs du médecin, comme ceux de tout sujet russe, sont tracés par la loi.
« Le principal devoir du médecin, lui dit-elle, est le dévouement à son semblable, et l'empressement de porter un secours efficace partout où il est nécessaire, sans distinction de personnes.
« Les ordonnances doivent être écrites lisiblement. »
Tout charlatan sera chassé, s'il est étranger ; frappé d'amende et d'une peine corporelle, s'il est Russe. L'amende atteindra ceux qui auront employé ses services.
L'ordonnance qui entraine la mort du malade soumet le médecin, même en l'absence de toute préméditation , à des poursuites criminelles.
Les médecins sont des fonctionnaires publics. Ils sont répartis par gouvernements et districts. Us reçoivent un traitement, outre le droit à des honoraires, pour lesquels ils sont taxés.
1 Ceci nous rappelle un fait raconté par M. de Cusline : Un litre ayant été publié contre la religion officielle, grande rumeur! Le coupable était connu: comment Je punir?
On le lit déclarer atteint d'aliénation mentale et il fut renfetmé dans ui.e maison de fous. Ce trait, véritablement atroce, ne remonte qu'au dernier règne, à Nicolas I", l'auteur de ce Décret d' aliénation mentale.
Il faul sans cesse revenir ai| Tchinu, si l'on veut comprendre l'organisation d'une branche quelconque de la société russe.
Les médecins ont un traitement, mais c'est qu'ils remplissent auprès du Tchinn civil le rôle des chirurgiens dans l'armée. Chacun d'eux doit traiter gratuitement les employés de son département ministériel. Il ne faudrait donc pas chercher là la réalisation du rêve de certains réformateurs et un terme à la contradiction qu'ils réprouvent entre l'intérêt du médecin et la santé générale. Les docteurs russes sont encore tenus, dans les villes, de donner leurs soins gratuitement aux officiers de tous, çrades et aux généraux blessés dans les campagnes de 1813 et de WU. I n'est pas parlé des sous-officiers et des soldats, pour lesquels la gratuité aurait semblé au moins aussi utile et encore d'un plus complet à-propos!
Un chapitre curieux est celui qui réglemente l'homœopathie. Le législateur nisse la met véritablement en quarantaine, et trace autour d'elle un cordon sanitaire. Il ne lui défend pas l'entrée des frontières, mais il prend des précautions comme si elle était suspecte à ses yeux d'empoisonnement permanent. C'est ainsi qu'il exige qu'un double soit conservé, non-seulement des ordonnances (la règle est générale), mais même des préparations du médecin homœopathe, afin qu'il puisse toujours être puni s'il commet une imprudence et estropie ou tue son malade.
La pharmacie est officiellement organisée comme la médecine.