‹ Essai sur la leucoplasie primitive de la vessieChapitre 13 sur 16 · OBSERVATION V · texte numérisé non relu

OBSERVATION V

(Recueillie dans le service de clinique des voies urinaires de M. le professeur Escat.)

Leucoplasie vésicale primitive hémorragique.

Mme K..., trente-quaire ans. Entre le 3 juillet pour hématurie. |

Antécédents. — Mariée, pas d'enfants ni de fausses couches ; trois frères et sœurs morts en bas âge ; mère morte de bronchite ; père vivant et bien portant ; aucun antécédent génital : jamais de pertes blanches,

Historique. — Souffrait légèrement de la vessie depuis deux ans et demie, mais sans fréquence ; urines un peu troubles avec, à intervalles irréguliers, de petits filets de sang. .

La première hématurie remonte à six mois : depuis elles se sont succédées el rapprochées jusqu’au 3 juillet où la malade, inquiétée par l'abondance de son hémorra gie, entre à l'hôpital. On lui fait de l'aspiration des cail lots suivie d’un lavage de la vessie. L'hématurie s'arrête et on peut alors pratiquer la cystoscopie.

Examen cysloscopique pratiqué le 14 juillet. On aperçoit dans la région du trigone deux ulcérations à ? cenlimètres de distance : érosions allongées de la grosseur d'une pièce de 0 fr. 50. entourées de nuages ‘épithéliaux,

muqueux, blancs, caractéristiques ; le reste de la mu,

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queuse présente divers aspects de la transformation leucoplasique.

1° Une zone de cystite avec congestion, (fins laeis vasculaires), et présentant de petites érosions en coups d'ongle.

2° Une zone de kératinisation à aspect blanchâtre où le lacis vasculaire disparait complètement. Gelte zone dépasse largement le trigone. La muqueuse semble reprendre son aspect normal dans les zones supérieures de la vessie. |

L'uretire droit se trouve en pleine ulcération leuco: plasique et on ne le trouve qu'après avoir soulevé les nuages épithéliaux ; le petit ulcère saigne légèrement après Ces manœuvres.

Traitement. - Instillatiôns de nitrate d'argent deux fois par semaine, et administration d'antiseptiques imternes : Urotropine et salol.

Sous l'influence de ce traitement, la malade, revue le 21 janvier 1920, paraît être en voie de guérison : les urinés sont claires, les hématuries ont disparu, et il persiste simplenient quelques légères douleurs en urinant.

Examen cystoscopique le 21 janvier. — On constate la cicatrisation de l'ulcération. La zone située autour de l'uretère droit présente encore une ‘rougeur diffuse entourée au-dessus de lorifice urétéral par un croissant blanchâtre nacré, ayant un caractère cicatriciel.

Un peu plus bas, large plaque blanchätre de la grosseur d’une pièce de 0.50 cent. presque rectangulaire. Cette dalle blanchätre ne présente pas de lacis vasculaire. Au-dessus, la muqueuse estrouge, d'une rougeur diffuse, mais la malade est en période menstruelle et la rougeur peut êlre due à cel état.

a 7 En te moment, il ne reste plus aucune lésion pouvant rappeler l'état primitif.

à OBSERVATION VI

(Due à l'obligeance de M. le professeur Escat et publiée par lui à la V* Session de l'Association Française d'Urologie en 1901).

Leucoplasie vésicale primitive à forme pseudo-membraneuse

M. V..,trente-neuf ans, en juin 1900, se plaint de troubles vésicaux et de fétidité des urines datant déjà de quinze mois. Pas de fréquence de la miction ; capacité vésicale normale. L’urine est trouble à l'émission et d'une félidilé repoussante, cadavérique, et à réaction ammoniacale. Elle laisse déposer une mullitude de débris blanchâires dont les plus gros ont quatre à cinq millimètres de diamètre : les uns flottent à la surface du verre, les autres plus épais et incrustés de matières calcaires s'accumulent rapidement au fond.

L'urine ne renferme pas de pus, et le trouble est dû à des cellules épithéliales’et à une flore bactérienne variée. Il est très difficile d'examiner ces fragments au microscope, car ils sont putrifiés et se colorent très mal, on distingue cependant une trame cellulaire incrustée de phosphates ammoniaco magnésiens. el des cellules pavimenteuses stralifiées très denses.

Au premier abord, on croit à une forme de papillomasie généralisée. On pratique l'examen cystoscopique facilité par une tolérance parfaite de la vessie, et lon trouve sur tout le bas-fond des: corps blanchätres,

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flottants, peu élevés, sur lesquels les :instillations de nitrate d'argent n'eurent aucune action.

L'urotropine donna seule une amélioration rapide, mais le 1” mai 1901 la guérison tardant à venir, on pratique une taille hypogastrique et l'on trouve une vessie entièrement tapissée par un enduit blanc d'argent, épais environ de trois millimètres rappelant les enduits pultacés de la gorge.

Curettage énergique de toute la surface vésicale, suivie de l’escarrification ignée totale de la muqueuse vésicale au thermocautère. Drainage de x vessie. Guérison au bout de quelques mois.

Revu dix-huit ans après, le malade va toujours bien.

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