ACTE as
Tel est l'aspect général sous lequel se présente la majorité des cas de leucoplasie vésicale : on pourrait le résumer en ces quelques mots: affection caractérisée, au point de vue clinique, par des symptômes de cystile (fréquence, douleurs et pyurie), et par des hématuries ; au point de vue cystoscopique : par des plaques blanc nacré, brillantes, disséminées dans la vessie ; et au point de vue histologique : par une transformation de l’épithélium de la muqueuse vésicale en épiderme corné stratifié.
Comment se fait cette transformation ? Quel rapport y a-til entre les plaques de leucoplasie et les phénomènes de cystite concomitante ? Cé rapport éstil constant ? En d’autres Lermes, dans toutes/les observations de Hallé, ainsi que dans les vingt-deux cas publiés par M. le professeur Imbert. la leucoplasie paraît secondaire à une inflammation de la vessie ; la question est de savoir si celte inflammation est indispensable pour la production de la leucoplasie, ou si l’on peut avoir des plaques de leucoplasie sans cystite préalable, ce qui révient à dire: la leucoplasie est-elle toujours secondaire? N'y atil pas une leucoplasie primitive ?
Beaucoup d'auteurs admettent qu'il faut rechercher dans la syphilis la cause des transformations leucoplasiques d'un épithélium, que cet épithélium soit buccal ou vésical ; 11 faut reconnaître cependant que nombre de leucoplasiques n’ontaucune trace de syphilis et présentent une réaclion de Wassermann négative. Que la syphilis soit incriminable dans certains cas, c'est possible, mais elle n’est certainement pas la cause exclusive de la leucoplasie.
Halle dans Son mémoire et Lübenow dans sa thèse ont soutenu que la leucoplasie était secondaire À une inflammation chronique de la vessie : cyslite blennorragique,
Fer RE
cyslite des rétrécis, eystite -des prosla uques, cystile tuberculeusè.… L’analogie qu'il y a entre la leucoplasie
buccale et la leucoplasie vésicale au point de vue anatomo-pathologique, avait fait penser que cette analogie devait exister au point de vue pathogénique : En effet, dans la leucoplasie buccale, on retrouvé souvent la cause de l'irritation chronique, c'est tantôt un chicot, tantôtun tuyau de pipe, tantôt un dentier mal fait. et frottant contre la muqueuse toujours au même niveau.
Dans la leucoplasie vésicale, on a voulu faire jouer aux calculs, si souvent rencontrés, le rôle irritant du chicôtou du tuyau de pipe, mais on ne retrouve pas toujours de calcul ou de corps étranger dans la vessie leucoplasique, et Hallé lui-même reconnaît qu'il est plus probable que la calculose vésicale soit, comme la leucoplasie, et au même titre qu'elle, la conséquence d'une inflammation chronique de la vessie ; il ÿy aurait parallélisme entre le calcul et la leucoplasie et non rapport de cause à effet. Parfois même les calculs vésicaux peuvent n'être que des calculs secondaires, formés autour de cellules desquamées que l’on retrouve au centre du calcul.
Quoi qu’il en soit, Hallé, pour soutenir sa théorie de la leucoplasie secondaire, s'appuie sur ce fait que, dans toutes les observations recueillies et publiées par lui jusqu’en 1896, il a toujours retrouvé des antécédents inflammaloires. Ajoutons que, dans les vingt-deux cas rapportés par M. le professeur Imbert, il s’agit également de leucoplasies accompagnées de phénomènes de cystite chronique avec ou sans calcul.
Ainsi pour Hallé. Ja cystite serait primitive el Londrait sous sa dépendance la leucoplasie qui serait secondaire. Que faut-il penser de cette théorie ? La leucoplasie est-