‹ Essai sur la liberté considérée comme pricipe et fi de l'activité humaineChapitre 30 sur 33 · L. Peisse, Noie aux œuvres de Cabanis · texte numérisé non relu

L. Peisse, Noie aux œuvres de Cabanis

NOTE (n), page 4t).

« L'excitation que le sang artériel, affluant au cerveau, apporte et entretient dans son organisme est une condition nécessaire à Taclivité de Tâme. La conséquence en est que la perte du sang amène l'évanouissement et la suspension des fonctions intellectuelles. La qualité même du sang modiGe l'état du cerveau. Le moindre changement dans la nourriture produit des variations dans les manifestations de Tâme. »

MuLLER, Physiologie de Vhomme.

NOTE (o), page 46.

Si Pascal avait dit juste en affirmant que la maladie est Tétat normal du chrétien, il aurait par cela seul condamné la doctrine chrétienne. Mais il a exagéré encore l'exagération des plus austères. Comment, même au point de vue le plus spiritualiste, un état d'inaction forcée serait-il l'état normal de l'homme, condamné au travail^ disent les Ecritures? Et pourtant Bossuet, lui aussi, est conduit par la logique à dire dans son IraWé de la Concupiscence, ; « Je ne m'étonne pas si un saint Bernard craignait la santé parfaite dans ses religieux ; il savait oU elle notis mène. »

NOTE (pi page 53.

On objectera que i'équilation, la natation, Tescrime, enfin tous les exercices improductifs, ne sont qu'à l'usage du très-petit nombre de ces favorisés du sort ffui possèdent les richesses et le

loisir. Dans un état social plus conforme à la juslice, lorsque la liberté, une liberté vraie, sera devenue la base des sociétés, ce qui est aujourd'hui une règle exceptionnelle, un conseil aux privilégiés, sera heureusement applicable à tous.

NOTE (q), page 55.

Ce n'est point ici le lieu d'entrer dans plus de détails, mais qu'on songe à cet usage absurde, d'employer presque exclusivement la main droite ; à cette négligence qui fait tant de vues louches, etc., etc.

NOTE (r), page 54.

La sélection naturelle qui dans les règnes inférieurs produit, selon la théorie de M. Darwin, la variété et l'amélioration des espèces végétales et animales, semble, dans la civilisation, remplacée par une sélection sociale qui , tout au rebours de la nature, en ne se préoccupant que de convenances

factices, en les créant en quelque sorte, unit les individus les mieux faits pour dégrader et enlaidir, en y perpétuant leurs vices physiques et moraux, la race humaine.

NOTE (s), page 54.

« La manière de vivre agit puissamment sur le cours des générations, en modifiant la forme humaine jusque dans sa structure osseuse.

a, Une habitation élégante et commode, des habitudes de propreté, un vêtement confortable, le grand air dans la mesure exacte qu'exigé la santé, contribuent avec Talimentation à accroître l'élégance d'une race. »

Vestiges de l Histoire naturelle de la création.

NOTE (0, page 55.

« Cette composition et cette structure si délicate et si variée du corps humain en a fait une sorte d'instrument de musique d'un travail diflQ-

cîle et exquis, et qui perd aisément son harmonie. Ainsi, c*est avec beaucoup de raison que les poètes réunissent dans Apollon Part de la musique et celui de la médecine, attendu que le génie de ces deux arts est presque semblable, et que Toltice du médecin consiste proprement à monter et à toucher la lyre du corps humain, de manière qu'elle ne rende que des sons doux et harmonieux. » Bacon.

NOTE (w), page 55.

c< Ce serait une triste république qu'une république de béats, qui auraient mis tout leur bonheur dans la contemplation d'une autre vie, et s'entretiendraient dans la haine de celle-ci. Où serait le levier avec lequel on ferait mouvoir de tels hommes? »'

Beggaria, Ves Délits et des Peines.

NOTE (v), page 64.

c( L'ennemi qui n'est qu'abattu peut encore

se relever: mais celui qui s'est réconcilié est véritablement vaincu . » Sghilt J»t .

NOTK (X), page 65.

« D'une grande clarté qui était en mon entendement a suivi une grande inclination en ma volonté. » Dëscartes, Méditations,

NOTE (y), page 65.

«Les hommes mêmes ne sont malheureux que faute de la connaître (la vérité) d'une connaissance aussi distincte que le sentiment de leurs passions est vif et pressant. »

BoNALD, Législation primitive.

NOTE (z), page 71.

On a vu quelquefois confondre la liberté avec Tindifférence dans le choix des motifs qui nous font agir. Descartes réfute admirablement cette erreur : « Cette indifférence, » dit-il dans ses

Méditations^ a fait plutôt paraître un défaut dans la connaissance qu'une perfection dans la volonlc, car, si je connaissais toujours clairement ce qui est vrai et ce qui est bon, je ne serais jamais en peine de délibérer quel jugement et quel choix je devrais faire; et ainsi je serais entièrement libre, sans jamais être indifférent. »

c( La liberté absolue ne peut faire le mal, la libertà assoluta non jmô il maie, » écrit Gioberti. Del Rinnovamento civile d'Italia,

Les théologiens expriment la même idée lorsqu'ils affirment que Dieu, souverainement libre, ne peut pas néanmoins vouloir le mal.

NOTE (aa), page 93.

« L'éclat des étoiles nous réjouit et nous inspire, écrit Alexandre de Humboldt à Varnhagen, et cependant tout se meut à la voûte du ciel en courbes mathématiques. »

NOTK {ab), page 94

M. de Humboldt caractérise ces rapports par le terme expressif i*individtiatité géographique.

NOTE (ac), page 95. ^

« Pour le poëte, pour le philosophe, pour le saint, toutes les choses sont utiles et sacrées, tous les événements profitables, tous les jours saints, tous les hommes divins. »

Emerson, Essais.

NOTE (ad), page 99.

On se rappelle la belle expression du songe de Colomb. La voix inconnue lui dit qu'il est choisi par Dieu pour délivrer l'Océan : De los atamientos de la mar Oceana^ que estaban cerrados cou catenas tan fuertes, te diô las Hâves,

NOTE (ae), page 101.

« La loi qui défend de tuer les animaux est

fondée bien plus sur une vaine superstition et une pitié de femme qiin sur la saine raison. »

Spinoza.

NOTE (af), page 102.

Il est à désirer que la loi prenne les animaux sous sa protection, et que des hommes bienfaisants revendiquent leurs droils. Ce vœu est prématuré, je le sais; il le sera, tant que nous verrons une portion considérable de la race humaine traitée comme la brute et considérée non comme personne, mais comme chose, non comme agent libre, mais comme instrument aveugle.

NOTE (ag), page 107.

« L*homme, dit Tabbé Lacordairc, a accumulé w contre sa compagne tout ce qu'il a pu imagmer de duretés et d'incapacités. Il en a Fait une captive; il Ta couverte d'un voile et cachée à l'endroit le plus secret de sa maison comme une divinité malfaisante ou une esclave suspecte; il lui

a raccourci les pieds dès Tenfance, afin de la rendre incapable de marcher et de porter son cœur où elle voudrait; il Ta attachée aux travaux les plus pénibles comme une servante ; il lui a refusé Tinslruction et les plaisirs de l'esprit.

« On Ta prise en mariage, sous la forme d'un achat et d'une vente; on l'a déclarée incapable de succéder à son père et à sa mère, incapable de tester, incapable d'exercer la tutelle sur ses propres enfants, et retournant elle-même en tutelle à la dissolution du mariage par la mort. La lecture des diverses législations païennes est une révélation perpétuelle de son ignominie, et plus d'une, poussant la défiance jusqu'à l'extrême barbarie, l'a contrainte de suivre le cadavre de son mari et de s'enseveUr dans son bûcher, afin, remarque le jurisconsulte, que la vie du mari soit en sûreté. »

NOTE (ah), page 109.

En effet, les animaux, qui ne sont pas libres.

ne sont nDlIement curieux d'apprendre ce que l'instinct ne leur enseigne pas. Le castor ne s'inquiète point des procédés par lesquels Tabeille fabrique le miel ; la fourmi ne demande point à Toiseau comment il bâtit son nid.

NOTE (ai), page IH.

Chez un peuple scythe, il était d'usage que celui qui voulait épouser une fille se battit auparavant avec elle. Si la fille était la plus forte, elle emmenait son époux captif et demeurait maitresse dans le ménage.

NOTE (aj), page 112.

Un des signes sensibles de Tinfériorité de la femme, c'est qu'elle perd son nom, c'est-à-dire sa personnalité, en se mariant. Il y a toute une révélation dans cette coutume. Chez les Romains, la femme conservait son nom de fille. En Suisse et dans quelques autres pays, presque partout dans la classe industrielle où la femme est active et se

rend utile, le mari ajoute le nom de sa femme au sien, composant ainsi un nom double pour rendre sensible leur vie à deux.

NOTE {ak), page lU.

« Il arrivera, je le crois, une époque quelconque où des législateurs philosophes donneront une attention sérieuse à l'éducation que les femmes doivent recevoir, aux lois civiles qui les protègent, aux devoirs qu'il faut leur imposer, au bonheur qui peut leur être garanti; mais, dans l'état actuel, elles ne sont, pour la plupart, ni dans l'ordre de la nature ni dans l'ordre de la société. Ce qui réussit aux unes perd les autres; les qualités leur nuisent quelquefois, quelquefois les défauts leur servent; tantôt elles sont tout, tantôt elles ne sont rien. Leur destinée ressemble, à quelques égards, à celle des affranchis chez les empereurs : si elles veulent acquérir de l'ascendant, on leur fait un crime d'un poirvoir

que les lois ne leur ont pas donné; si elles restent esclaves, on opprime leur destinée. »

Madame de Staël, De la Littérature considérée dans ses rapports avec les institutions sociales.

NOTE (al), page 115.

Il est curieux de voir, et je le note en pas> sant, quoique cela n'ait pas de rapport direct à ce qui suit, comment Bossuet lui-même (Traite de la Concupiscence) se trouve mal à Taise dans réxplication de ce dogme. La solidité de ce grand esprit est comme étonnée, se relâche un moment jusqu'à former une conjecture pleine de condescendance pour la faiblesse du cœur humain : « Qui sait, dit le sublime docteur, si le dessein de sa sagesse (de Dieu) n'était pas de faire un jour goûter à nos premiers parents ce fruit, et de leur en donner la jouissance après avoir, durant quelque temps, éprouvé leur fidélité? »

NOTE (am), page 150.

M. de Bonald confond dans un même anathème, dans un même mépris, le divorce et la démocratie, dont il montre l'étroite liaison historique et rationnelle. Acceptons ce fait. Nous sommes en pleine démocratie ; demander le divorce c'est donc demander une conséquence de notre état «ocial. .

NOTE (an), page 147.

c( Un des phénomènes qui peuvent servir à prouver ce commerce réciproque, cette communauté de mouvements vitaux qui sont entre la mère et le fœtus, ce sont les enfants acéphales^ c'est-à-dire ceux qui naissent sans crâne et sans cerveau. Ils meurent dès leur naissance parce que ces parties sont essentielles et nécessaires à l'homme, qui vit de sa propre vie; le fœtus vit sans elles parce qu'il doit à la mère une partie

de la force qui ranime et qui supplée aux organes qui lui pGianquent. »

Roussel, Système physique et moral de la femme.

NOTE (00), page 147.

Campanella, dans sa Cité du soleil^ veut que l'homme, <c avant de se livrer à Tunion sexuelle, soit pur de toutes mauvaises actions et réconcilié avec Dieu. »

« En Lacédémone et autres bonnes polices, dit Charron (De la Sagesse)^ il y avait punition et amende contre les parents quand leurs enfants étaient mal complexionnés. d

NOTE (ap), page 148.

Ce sont les termes habituels des théologiens chrétiens. On voit qu ils consentent comme à regret au mariage. Le quatrième concile de Carthage veut que les nouveaux mariés gardent la

continence la première nuit des noces, par respect pour la bénédiction nuptiale.

Bossuet lui-même, si garanti par son esprit robuste et sain de toute exagération, s'exprime ain^i dans son Traité de la Conctipiscence : a Dieu! qui, par un juste jugement, avez livré la nature humaine coupable à ce principe d'in** continence, vous y avez préparé un remède dans Tamour conjugal ; mais ce remède fait voir encore la grandeur du mal, puisqu'il se mêle tant d'excès dans Tusage de ce sacré remède. » On comprend la fatale influence d'une telle conception donnée pour base à l'institution qui contribue le plus directement au bonheur et à la dignité deThoiume.

NOTE (aq), page 151.

Un prêtre illustre me disait un jour que dans les cas les plus désespérés, lorsqu'il avait vainement tenté de faire vibrer une corde quelconque dans le cœur d'un criminel, il lui rappelait sa

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mère vivante ou morte, et qu'à ce souvenir ii était rare de ne pas surprendre une émotion dans les âmes les plus endurcies, sur les visages les plus impassibles.

NOTE (rtr), page 462.

il arrive, dans les Etats autrichiens par exemple, qu*un Etat se compose de plusieurs peuples de races et de langues diverses. Mais ce sont là des États inorganiques, si Ton peut s'exprimer ainsi, qui ne tiennent que par des liens artificiels, toujours prêts a se rompre.

NOTE (as), page 163.

« Les objets de l'institution et du maintien de tout gouvernement doivent être d'assurer l'exislence du corps politique de l'Etat, de le protéger et de donner aux individus qui le composent la faculté de jouir de leurs droits naturels et des autres biens que l'auteur de toute existence a

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répandus sur les hommes; et toutes les fois que ces grands objets du gouvernement ne sont pas remplis, le peuple a le droit de le changer par un acte de la volonté commune et de prendre les mesures qui lui paraissent nécessaires pour procurer sa sûreté et son bonheur. »

Préambule de la Conêtitution de Pensylvanie,

NOTE (ai), page 164.

La volonté du législateur subie comme loi par les peuples enfants (acte de servitude), la loi reconnue et acceptée par tous comme vérité (acte de liberté) ; tel est, en deux mots, le caractère différentiel des temps d'ignorance ou de civilisa^ tion véritable.

NOTE (au), page 170.

c( J'ai remarqué une chose singulière, c*est qu*il n*y a guère de maxime de morale dont on ne fit un aphorisme de médecine, et réciproque*

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