‹ Essai sur la liberté moraleChapitre 2 sur 87 · VI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

VI INTRODUCTION

libre arbitre, dit M. T. Ribot, est du domaine de la métaphysique et insoluble ^ i> M. Bain, l'auteur d'un livre bien connu sur les émotions et la volonté, récarte avec une sorte d'impatience et de colère ; il l'appelle la serrure brouillée de la métaphysique, un paradoxe du premier degré, un nœud inextricable. Dans un discours célèbre, M. du Bois-Reymond range le problème de la liberté parmi les sept Énigmes du monde, et la conclusion à laquelle il aboutit se résume dans ce mot : Ignoràbimics.

Non, cette sentence prononcée au nom des principes du positivisme n'est pas légitime; non, le problème de la liberté morale est de ceux qu'aucun système n'a le droit d'écarter par la question préalable, car ce n'est pas un problème de métaphysique. Il n'est pas besoin pour l'étudier d'autre chose que des données de la psychologie et de la morale ; les esprits accoutumés à toutes les exigences de la critique n'y rencontrent rien qui les déconcerte, il peut être abordé et résolu scientifiquement.

IL — Des deux solutions contraires, il est incontestable que la négative est celle qui compte aujourd'hui les partisans les plus nombreux; ils apportent à l'appui de leur thèse des arguments dont il semble difficile de contester la force et la rigueur : les uns analysent tous les éléments de notre action, énumèrent les influences auxquelles nous sommes soumis

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