INTRODUCTION VU
et concilient qu'il n'y a aucune différence entre les phénomènes de Tactivité humaine et tous les phénomènes de l'univers physique; les autres exposent que les progrès des sciences positives ont mis en telle lumière l'absolue nécessité des lois de l'univers, que l'intervention d'une volonté libre serait une cause de perturbation et de désordre qui rendrait illusoires toutes les prévisions, tous les calculs de la science, un véritable scandale. Considérez enfin, disent-ils, les révélations de la statistique : le relevé des actes que l'on attribue généralement à la libre volonté de l'homme, des assassinats par exemple et des suicides, présente exactement la môme régularité que la constatation des phénomènes météorologiques ou géologiques. Dans l'état actuel de la science, il n'est plus permis de se faire d'illusions; la croyance au libre arbitre est le fait ou bien d'un orgueil plus ou moins naïf qui revendique pour l'homme une place à part dans l'univers, au-dessus de tous les autres êtres, ou bien d'une pusillanimité honteuse qui craint d'attaquer les préjugés communs et d'ébranler les institutions sociales. L'opinion sur ce point est, comme disait Schopenhauer, le diagnostic des esprits sérieux ou frivoles ^
En dépit de ces accusations, il ne manque pas de philosophes qui osent encore soutenir que l'homme est libre ; mais ils entendent par là, qu'il possède le