Reid, loc. cit
2. « Attribuer la pleine indifférence à la volonté, c'est lui donner le privilège de pouvoir faire l'impossible, de produire des absurdités, de faire que deux propositions contradictoires soient vraies en même temps. Cela est impossible à priori, car une décision venant d'une pleine indifférence absolument indéterminée viendrait naturellement de rien : or le grand principe qui porte que rien ne se fait sans cause ne regarde pas que le monde des corps. La liberté d'indifférence est donc impossible et ne se trouve pas même en Dieu. » (Leibnitz, éd. Erdmann, 148, 669). — Cf. Lettre à M. Coste sur la nécessité et la contingence. « C'est un des plus grands principes du bon sens, que rien n'arrive jamais sans cause ou raison déterminante. »
contradictoires, sans que le cas soit jamais parfaitement égal de part et d'autre *. »
Mais ne voyons-nous pas sans cesse les hommes, alors que tout les pousse à agir d'une certaine manière, nous surprendre et nous déconcerter en faisant précisément le contraire? Il est vrai, mais c'est qu'ils ont été déterminés par l'intervention de quelque motif dont nous ne soupçonnions pas l'existence et la force. «Il nous est toujours libre de nous empêcher de poursuivre un bien qui nous est clairement connu ou d'admettre une vérité évidente, pourvu seulement que nous pensions que c'est un bien de témoigner par là notre franc arbitre *. » C'est ce que Leibnitz déclare également : « Si l'homme choisit ce qu'il voit moins utile et moins agréable, d'ailleurs il lui sera devenu peut-être le plus agréable par caprice, par un esprit de contradiction, et par des raisons semblables d'un goût dépravé, qui ne laisseront pas d'être des raisons déterminantes, quand même ce ne seraient pas des raisons concluantes ^. »
Il n'est pas vrai que la pensée d'une action que nous pourrions faire nous laisse jamais indifférent. Ainsi que nous l'avons expliqué, la conception d'une telle idée constitue par elle-même une tendance à agir, un commencement d'exécution * ; de