III. — A cette démonstration on oppose trois objections
Tout d'abord il est des critiques qui contestent l'existence d'une loi absolue et catégorique. Il est clair que nous ne pouvons la prouver; c'est une question de fait et d'expérience personnelle. Que chacun rentre en soi-même et il reconnaîtra, nous en sommes convaincu, la vérité de ce que dit Kant : « La loi morale nous est donnée comme un fait de la raison pure, dont nous avons conscience a priori et qui est apodictiquement certain '. » On sait avec quelle émotion communicative il parle de la clarté de plus en plus grande qu'acquiert cette conception lorsque nous y réfléchissons : « Deux choses remplissent l'âme d'une admiration et d'un i*espect toujours renaissants et qui s'accroissent à mesure que la pensée y revient plus souvent et s'y applique davantage : le ciel étoile au-dessus de nous, la loi morale au-dedans '. » En même temps que l'existence de cette loi, nous en reconnaissons l'autorité et la légitimité; notre raison l'accepte et s'y soumet : « Il ne faut pas que, semblables à des soldats volontaires, nous ayons l'orgueil de nous