‹ Essai sur la liberté moraleChapitre 9 sur 87 · G. BoissiER, Revue des Deux Mondes, i" mars · texte numérisé non relu

G. BoissiER, Revue des Deux Mondes, i" mars

3. TnE-LivE, I, 42, 2; V, 37, 1 ; VIII, 7, 8; VIII, 24, 4; XLV, 8; XXV, 6, 4. — Tacite, Hist., I, 3; I, 86; II, 38; III, 72; IV, 26; Ann,, III, 18; IV, 1; IV, 20; VI, 22; XIV, 12; XVI, 33.

fatalisme : « Toute affaire dépend de Dieu... L'homme ne meurt que par la volonté de Dieu, d'après le livre qui fixe le terme de sa vie... Quand tu lançais un trait, ce n'est pas toi qui le lançais, c'est Dieu... Il ne vous arrivera que ce que Dieu vous a destiné *....» Cependant M. Barthélémy Saint-Hilaire et M. de Gobineau s'accordent à soutenir que Mahomet n'était rien moins que fataliste. L'Islam, qu'il prêche, est la résignation à la volonté de Dieu, rien de plus; ce sentiment n'implique pas la négation de toute volonté humaine. Le Prophète n'a pu se soustraire à l'influence du milieu dans lequel il vivait et qui était absolument fataliste, mais il s'est efforcé de réagir : la responsabilité de l'homme et l'immortalité de l'âme sont au nombre des dogmes essentiels du Coran. Longtemps même les plus savants docteurs restèrent fidèles à ces principes; ils ne parvinrent pas à les faire triompher, et les populations musulmanes ne retinrent du Coran que les textes qui légitimaient le fatalisme le plus rigoureux. « La porte est fermée, dit une maxime des Druses, l'affaire est finie, la plume est émoussée. » Mais ce fatalisme musulman est postérieur à Mahomet et il ne saurait en être rendu responsable.

D'un autre côté, cette doctrine est loin d'être propre au monde mahométan : « A partir d'un certain degré de longitude, dit un voyageur contemporain, tous les Orientaux sont fatalistes, quelles que soient leurs croyances religieuses; le fatalisme n'est pas tou-

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