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développe le plus tôt. Le sentiment dans l’homme précède la réflexion, et de là vient que la poésie, ce produit apparent du plus haut degré de culture, est pourtant aussi la première de ses créations. Mais, sauf ces cas rares, C'est à une époque bien postérieure et sous l'empire soit d’un culte, soit d’institutions dés long-temps établies, que la littérature a pris véritablement naissance. Nous la verrons, parmi les nations antiques, sortir du sein des croyances religieuses; parmi les modernes, des institutions et des mœurs.
Cependant ces causes ne suffisent pas pour en développer le germe; une organisation heureuse et des circonstances appropriées sont encore des conditions nécessaires. Des nations entieres, l’ancienne Egypte, par exemple, semblent en avoir été privées par des institutions qui arrêtoient en quelque sorte la vie et pétrifioient la pensée. Dans ce vaste tableau des sociétés humaines, les exceptions se pressent en nombre aussi grand que les régles, et prétendre tout ramenerà l'unité à n'est souvent qu'ignorer la difficulté et non pas la résoudre.
Mais, en général, s’il existe dans cette variété deux peuples qui se soient constitués sur des bases absolument différentes, où le climat, la religion, les institutions se distinsuent non par de simples nuances, mais par des caractères tranchés, ne devra-t-on pas s'attendre à trouver dans le résultat du développement de leurs facultés, les traces de ces différences ? Et la manière de juger et de sentir de lun pourra-t-elle jamais représenter fidèlement celle de l’autre ? Prenons pour exemple les nations antiques opposées aux nations modernes. Comparons les iles brillantes de la Grèce et leur ciel toujours serein, avec les brouillards et les forêts du nord de l'Europe; le polythéisme d'Homère avec les rites du christianisme; enfin les démocraties anciennes avec les institutions féodales ou avec les monarchies actuelles. Quels traits de ressemblance trouverons-nous entre ces peuples, autres que ceux qui tiennent aux notions abstraites de l'humanité ? et devrons-nous nous étonner que des hommes élevés dans un ordre de choses si différent,
aient acquis un ordre différent d'idées, se
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