‹ Essai sur la littrature romantiqueChapitre 18 sur 72 · ED · texte numérisé non relu

ED

pirer des ouvrages aussi parfaits dans leur genre multiplia le nombre des lecteurs. Les sciences qui dormoient encore, laissoient l'activité des esprits se porter tout entière vers les lettres, et cette activité étoit d’autant plus grande que lengourdissement dans lequel ils étoient restés plongés avoit été plus profond. Déjà l'application à notre droit civil, des principes de la jurisprudence romaine avoit rendu familière la connoissance des langues anciennes*On étudia, on Commenta sans relàche les ouvrages de la Grèce et de Rome. Ces brillantes compositions d’une civilisation perfectionnée étoient si supérieures aux informes essais des contemporains! Les richesses antiques faisoient

si bien ressortir la rustique simplicité des

modernes ! On adopta leurs principes; on se pénétra de leur ésprit; on fit passer dans la langue vulgaire celles de leurs beautés que la traduction ne détruisoit pas; on traita de gothiques et de surannés le petit nombre d'écrits qu'avoit produits une inspiration puisée dans les sources nationales. Enfin une grande révolution sopéra dans les

idées ; la France y prit part plus peut-être qu'aucune autre contrée de l'Occident, et son influence sur la littérature naissante d’un peuple , jusqu'alors adonné tout entier aux armes, se fit bientôt sentir. Est-il besoin d'ajouter que ce fut sous beaucoup de rapports d’une manière funeste ?

Sans doute les ouvrages des anciens se distinguent par des beautés d’un ordre supérieur, et méritent la place que leur ont de tout temps assignée les nations éclairées. Mais cesouvrages, fruits d’un génieétranger, furent écrits pour le siècle qui les vit naître, ou plutôt sont l’inspiration de ce siècle. Appropriés à l’ordre de choses qui existoit alors, ils en portent l'empreinte et lui durent leurs anciens succès. Si la Grèce entière applaudissoit à ses orateurs ou à ses poëtes, si la représentation de leurs productions y excitoit des transports dont aucun autre âge n'a reproduit la vivacité, c’est que ces productions offroient à la masse de la nation limage de ses mœurs, de ses sentimens, de ses croyances; c'est qu’elles étoient populaires, dans toute l'étendue de cette expres-

ee po em mages

ris»

DE a D rer ee + ne ge té mate rer rpm te ene ae gten abat dent "a mnt amte ed PT à mr à ri ra . pu #

sion. Mais en {es transportant dansles langues modernes, chez des peuples qui n’avoient presque que le nom d'hommes de commun avec ceux de l'antiquité, devoit-on leur accorder autre chose que l'admiration qui est due au génie sous quelque forme qu'il se présente? Et falloit-il citer comme des modèles-pratiques , et imposer comme tels à limitation des modernes, des productions aussi étrangeres à leurs mœurs, à leurs lois et à leur culte ? :

Nous reviendrons dans la suite de cet écrit sur les conséquences qu’eut en France un tel système d'imitation. Si le reste de l'Europe eût partagé au même degré, limpulsion qu’elle en reçut alors, il faudroit renoncer à trouver dans la littérature des modernes, ce caractère de nationalité si frappant dans celle des anciens. Heureusement, les circonstances particulières qui déterminérent chez elle cette révolution littéraire, n'exercérent point ailleurs, aussi promptement du moins, la même influence. En Allemagne, la nature du Nord et une langue dont l'originalité repoussoitlimitation, même

“L) dans la pensée ; en Espagne et en Angleterre, des mœurs nationales fortement prononcées; en Italie enfin, les souvenirs récens du moyen âge empêécherent la subite naturalisation du système introduit en France. Peut-être aussi cette déférence dépendit-elle de quelques progrès que la France avoit faits dans la carrière des sciences, de plus que ces nations, PTtalie exceptée. Un certain degré delumieres suffisoit pour reconnoître la supériorité des anciens; mais un degré bien supérieur eût été nécessaire pour faire sentir les inconvéniens de leur imitation. Quoi qu'il en soit des causes, les effets parlent d’eux-mêmes : en jetant les yeux sur la littérature européenne au sortir du moyen àge, on ne trouve de grands poëtes nationaux que hors de notre patrie; et cette supériorité qu’elle s'étoit acquise par ses romanciers et ses Trouvères, passant en d’autres mains, ne lui laissa désormais fonder sa gloire que sur les progrès du système d'imitation que nous la verrons adopter.

Essayons maintenant dans cette diversité d'époques et de lieux, de rassembler les

tests np ls 1 à NUE ARPUE Vpn are

er moe mg parer ps A D AE VE men OS nee | —- se - g

D nue me

n Lx 4 put ( É 1 (e À DL:

A à Mae Pur, Va

monumens épars de cette poésie nationale des modernes. Leur rapprochement en fera mieux saisir l’analogie, et au milieu des différences accidentelles, mettra au grand jour les traits communs qui les caractérisent.

Nous en composerons une littérature vraiment indigène à l'Europe moderne, où nulle pensée empruntée, nul sentiment factice, ne choquera Pesprit desa civilisation. Ajouter maintenant que c’est à cette littérature que convient le nom si vaguement employé de Littérature Romantique, c’est exprimer sans doute et non prévenir la pensée du lecteur.

PORSS ER OS PER PEOPRECPOLGEIPOSPEVESSYE EYES SZ

Page 1